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The Virgin Suicides – décryptage

Virgin Suicides est sorti quand j’avais 14 ans, c’était l’automne, le début du lycée et j’avais attendu le film pendant des semaines : un extrait de la bande annonce, le moment où Cécilia déclame, très sûre de soi, à un médecin «Vous n’avez jamais été une adolescente de 13 ans», tournait en boucle à la radio que j’écoutais à l’époque. J’y suis allée à cause de cette phrase et de la bande originale de Air, dont on était repus avant même de se déplacer au cinéma et je n’avais, du coup, aucune idée de l’imagerie du film, de la lumière toujours déclinante qu’a choisi de filmer Sofia Coppola, de la blancheur vaporeuse de la photographie et des chemises de nuits des soeurs Lisbon, une ambiance générale qui deviendrait si rapidement mythique, et qui, pour l’ado de 14 ans que j’étais, était de l’ordre du choc esthétique. Je n’avais jamais rien vu de tel. Evidemment Virgin Suicides est grimpé directement au panthéon de mes films préférés, y a culminé un moment. A force de le voir et de le revoir entre mes 14 et mes 18 ans, je le connaissais par coeur et j’ai commencé à mettre un mot plus précis sur ce qu’y avait tellement résonné : j’étais persuadée que Jeffrey Eugenides, qui a écrit le roman dont est tiré le scénario du film, et Sofia Coppola après lui, avaient tout compris : la solitude, la difficulté, la putréfaction, bref l’horreur et le miracle d’être une fille adolescente. Des années ont passé, et même si les trucs de Sofia Coppola marchent moins bien, que je me laisse moins avoir, je trouve le film toujours aussi beau, aussi juste et lumineux. Quasiment chaque plan est un tableau en lui-même, une réussite folle, qui mérite d’être apprécié tout seul, comme isolé de la trame du film auquel il appartient. La preuve en images : décodage du film et tutoriel à l’adresse de toutes celles qui aspirent ou ont aspiré à être une soeur Lisbon. Lire la suite

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