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Ahoy !

Issue de la marine française, contrairement au « pantalon à point » ou à la vareuse, qui rencontreront moins de succès, la marinière (ou tricot rayé) est devenue un basique, extraordinairement adopté à partir des années 50 – par Picasso, BB, Jean Seberg ou Prévert, au point qu’elle signale à peine son illustre épopée : du sac du matelot au café du coin, elle fait à présent partie du paysage. Paletot et caban, avec leur ligne épurée et graphique, survivront également, dans une moindre mesure, dans le civil.

On doit cette popularité pour l’accoutrement du marin à un formidable concours de circonstances : engouement pour la baignade, suite aux politiques hygiénistes vantant les mérites de la promenade au grand air et de l’exercice (puis quelques années plus tard grâce à l’instauration des congés payés), exaltation des fiertés nationales à la Belle Epoque, émancipation des femmes à l’orée du 20ème siècle enfin, naturellement, intemporel désir de prendre le large.

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Pourquoi s’habiller comme un garçon ?

Généalogie :

C’était il y a près d’un siècle. Un petit bout de couturière révolutionnait son monde, et le nôtre, en s’appropriant une garde-robe masculine et en inventant un petit fourreau noir, qui tout en élégance dissimulerait les formes des femmes. Cette couturière c’est Coco Chanel et la mouvance des garçonnes qu’elle habilla, fit s’écrouler à jamais la barrière entre les codes vestimentaires masculin et féminin.

L’histoire a continué avec des « garçonnes », les garçons manqués et autre tomboys qui marqueront leurs époques. Avant les années 20, on pouvait peut-être penser à Jeanne d’Arc ou Calamity Jane. Aujourd’hui ces icônes portent le nom de  Faye Dunaway ou Pam Grier, Diane Keaton, Patti Smith, Brigitte Bardot, Jane Birkin et Charlotte Gainsbourg pour ne citer qu’elles. Etre un garçon manqué, ne se limite évidemment pas à porte des salopettes, des jeans déchirés et des tee-shirt sérigraphiés sur une vieille paire de Converses. C’est avant tout une attitude. Celle d’une femme bien dans sa peau, capable de s’assumer pleinement et prête à jouir de sa vie ardemment. Le principe est toujours le même après un siècle : ne pas craindre de s’échapper d’une « phallocratie » oppressive, s’approprier des qualités toutes masculines, et s’imposer sur leurs terrains avec courage et talent.

Mais revenons à nos chiffons, car justement depuis des années, à chaque saison, c’est un courant que les créateurs s’empressent de suivre. En atteste les retours fréquents à cette « tendance » que le marketing s’applique à « renouveler ». Lexicalement en tout cas. Quand il y a deux ans, ont parlait du phénomène « boyfriend », en cet automne 2011, on parlera de tendance « boyish ». La différence ? Un côté moins relax et confortable. Un style plus proche du gentleman, plus strict, plus dans… les « règles de l’art » Fini les hoodies imposants, les jeans dégoulinants. Cette année on parlera plutôt sportcoat, chino, derby et chemise col club. Tout un vocabulaire archaïque auquel vous serez bientôt initiée.

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