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The Kinks

J’ébaucherai cet article par une révélation fracassante : ce mois de février 2012 ne célèbre aucun anniversaire relatif à la carrière des Kinks qui justifierait un article sur ce groupe pop cinquantenaire. Enfin, si, un : il y a un an, Ray Davies, leader du gang, déclarait une reformation imminente et… Oui, bon, tout le monde s’en fout. Ne faites pas semblant, les reformations n’intéressent personne, et surtout pas moi !

(Mon compte en banque tient à témoigner : je me rappelle bien avoir raqué pour un concert des Stooges, des Pixies et de NTM ces dernières années, alors entendre HeLiuM snober les reformations,  ça me fait bien marrer. Ha ha.)

Oui, bon, ce que je voulais dire avant d’être grossièrement coupé dès mon premier paragraphe, c’est que l’actualité des Kinks étant inexistante, je n’ai aucun angle d’attaque, aucun prétexte pour parler ici de leur musique, de leur musique que j’aime profondément, et c’est bien embarrassant. Ces derniers temps, les Kinks ont eu une importance colossale dans ma propre vie : depuis des mois, ils ont tout simplement rythmé mes journées, toutes mes journées, quasiment sans exception. Oui, The Kinks, le vieux machin né en 1964, l’éternel numéro quatre des sixties anglaises, (après les Beatles, les Stones et, pfff, les Who…) qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, je ne suis plus à un anachronisme près. Les Kinks, vous les connaissez, on les chante même chez la Nouvelle Star ! Girl, you really got me now… Qui ? Steeve Estatoff ou Julien Doré, je ne sais plus trop, mais si cela vous intéresse vraiment, je vous invite à chercher sur Google et à arrêter de lire cet article. (NDLR : Helium on dit pas ça aux lecteurs d’un blog, c’est mauvais pour les statistiques) Lire la suite

Red Hot Chili Peppers

Les Red Hot Chili Peppers, ou comment une bande de guignols californiens est devenue l’un des plus gros groupe de rock du monde. Aujourd’hui ils carburent à la tisane, mais à leurs débuts, dans les années 80, ils étaient déjantés et fougueux, pas professionnels, pas carriéristes, pas sérieux. En près de 30 ans de carrière, les Red Hot ont rempli toutes les closes de leur contrat de rock stars, surtout celle concernant les drogues, consciencieusement consommées jusqu’à la fin des années 90 et jusqu’à l’album dit « de la maturité », Californication.

Quand on écoute le premier album éponyme, il y a de quoi se poser des questions. Est-il possible que les mecs responsables d’un truc crétin et moche comme True Men Don’t Kill Coyotes soient les mêmes qui ont écrit Under The Bridge ? Mais dès le deuxième disque, les énergumènes trouvent le moyen de débaucher Georges Clinton, pape du funk et ex Funkadelic. Certes, le bassiste Micheal « Flea » Blazary a un feeling hors du commun et Hillel Slovak est un guitariste Hendrixien en diable. Mais les chansons composées n’en sont pas toujours, vastes délires potaches ou mégalos. Résultat, les meilleurs titres sont des reprises (Hollywood et If You Want Me To Stay). Kiedis ne chante pas très bien, rappe comme un blanc, manie étrangement le rythme et le flow et ne parle que de cul et de ses potes. Kiedis est un vrai freak, en fait, et cela colle parfaitement avec la basse hystérique de son compère Flea. Musique de potes sans grande ambition si ce n’est d’imiter les vieilles idoles, celle-ci se démarque par une énergie hallucinante et complètement exempt de recul, et un humour un peu barré. Petit succès public, l’album est une réussite et les Red Hot Chili Peppers comptent déjà un encourageant nombre d’admirateurs.

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Girls : le groupe à suivre ?

On raconte beaucoup de choses sur Girls, on raconte que Christopher Owens, leader du groupe, aurait grandi dans une secte comme on les fait si bien aux U.S.A., qu’il y aurait perdu son frère décédé alors qu’il n’était qu’un bébé à cause de la méfiance de la secte en question envers les soins médicaux pour les enfants, qu’il aurait été élevée uniquement par sa mère, obligée par la même secte (décidément fréquentable), à se prostituer, avant de trouver son mécène au Texas, un milliardaire qui l’aurait pris sous son aile et permis par la suite d’enregistrer à San Francisco ce disque miraculeux qu’on a entre les mains depuis septembre 2009. On raconte que le frontman halluciné aurait crée Girls sur les cendres de Curls, après une vraie mauvaise rupture, de celle qui te laisse le coeur en mille morceaux le plus longtemps possible, c’est à dire, à vie, celles dont on se remet jamais, tout ça grâce à Chet «JR» White, homme providentiel et non moins cuisinier/bassiste, qui l’aurait sorti de sa torpeur à l’époque. 

Avec un tel parcours, on peut seulement attendre de Girls un disque ou prodigieux ou vraiment loupé : qui sortirait indemne de la vingtaine d’années de vie d’Owens? On raconte beaucoup de choses, mais dès qu’on lance Album (c’est le génialement inspiré titre du disque), on sait d’emblée à quoi on a affaire : un disque d’une profonde tristesse, on a jamais écrit d’aussi belles paroles sur l’angoisse et le chagrin, et surtout aussi simplement (I’m sick and tired of the way that i feel, i’m sick of dreaming and its never for real) -à part sans doute Lou Reed sur Berlin, mais étrangement fou, psychédélique saupoudré d’un irrésistible second degré. Christopher Owens a beau nous dire à chaque chanson à quel point son coeur est brisé, il le fait avec légèreté, presque primesautier.

Album s’ouvre avec Lust For Life, une démonstration en 2’25 du talent presque désuet de Girls, qui se contente de faire une très bonne pop, férocement indie, penchant clairement du côté barré à en lire les lyrics (I wish I had a sun tan, I wish I had a pizza and a bottle of wine, I wish I had a beach house, then we could make a big fire every night, instead I’m just crazy I’m totally mad, yeah I’m just crazy I’m fucked in the head). Owens, apôtre de la simplicité, chante sur des évidences criantes, et parvient avec Lust for Life, à écrire la chanson dont on aurait tous aimé être l’auteur, qu’on aurait tous aimé chanter, mais à défaut, on aurait tous été très fier d’être au générique du clip.

Girls, dont la voix du chanteur rappelle celle désespérée du plus élégant des névrosés : Jarvis Cocker, connaît ses classiques, sur Big Bad Mean Motherfucker, le groupe nous offre une plongée directe chez des Beach Boys… qui aurait mal réglé leur distorsion, on écouterait bien ce titre qui sature à mort en voiture, en vacances, en regardant la mer, sur une mauvaise radio qui crachoterait. Mais on trouve aussi des chansons qui pourraient devenir des hymnes absolus, tel Hellhole Ratrace (im all alone with my deep thoughts. im all alone with my heartache and my good intentions (…) ive got a sad song in my sweet heart. and all i really ever need is some love and attention), magnifiquement triste, et qui semble à première vue être la plus belle (et la plus aboutie) chanson du disque.

Album est en fait tellement bon qu’il peut se permettre d’éviter l’écueil de la cohérence, et   est donc capable de livrer un enchaînement du type Morning Light, shoegaze autant que faire se peut, Curls, un beau morceau instrumental, simple, direct, avant de conclure sur Darling, aux harmonies sérieusement sha-la-la. Plus qu’il n’est triste, Album est probablement foncièrement doux-amer, animé par ce sentiment terrible de devoir grandir, passer à autre chose, sans y être tout à fait prêt.

Avec un disque hyper attendu par la critique, célébré par un brillantissime 9.1 chez Pitchfork, Girls avait pour le moins le vent en poupe. Pas étonnant que leur passage au Point Ephémère à Paris pour les 5 ans du club ait été le point de rendez vous de choix de tous les hipsters du coin. Sur scène, on regrette presque que le groupe prenne son envol, le set est calibré et on s’éloigne petit à petit des concerts d’autrefois, où les potes venaient faire des maracas, des percus et du mélodica, où on multipliait les efforts pour rendre les chansons du groupe toujours plus dingues et psyché’. Mais c’est incontestablement bien, et quelques «groupies» (au sens le plus sympa du terme) y mettent déjà du leur en lançant des pétales de rose blanches sur les musiciens. Live, les chansons semblent d’emblée inégales, tant on adore les incroyables arrangements des chansons sur le cd, qui font qu’on l’écoute, ré-écoute, et réécoute encore, en y découvrant toujours de nouveaux détails (et peu de disque peuvent prétendre à ce critère…), mais la petite bande de Chris Owens se défend, et on sent bien qu’il se passe quelque chose, impossible que les fascinantes chansons bordéliques et extrêmement tristes vous laissent totalement indifférents.


On raconte beaucoup de choses sur Girls, on raconte que Chris est et sera toujours obsédée par une certaine fille, qu’il a truffé son Album de messages à son attention («you’ve been a bitch, i’ve been an ass (…) i know i’ve made mistakes, but i’m asking you to give me a break, i really want to be your friend forever»), on raconte que les membres du groupe aurait avalé toutes les drogues qu’il était possible de trouver à San Francisco, mais si l’on peut foncièrement colporter une rumeur, c’est la suivante : Girls n’a qu’un album au compteur, mais le groupe est au moment critique que connaissent bien des groupes de rocks : au bord de se faire vraiment beaucoup connaître ou de tout planter avec un disque trop obscur, trop de pilules, ou trop d’histoire de filles. Suffisamment de bonnes raisons pour en faire LE groupe à suivre en 2010.

(Album, sorti le 22/09/09 sur   True Panther Sounds)
(Myspace)

2′ de culture rock : le shoegaze

Shoegaze, ça vous dit rien ? Croyez moi, comme vous faites indubitablement partie de ce que j’aime appeler, en bonne sociologue, la « génération Coppola », ces filles tout à fait adorables biberonnées à la sainte trinité de l’esthéticisme girly fin de 20ème siècle : virgin suicides-lost in translation-marie-antoinette, vous en connaissez déjà plus long que ce que vous pouvez suspecter. Et oui, miss Coppola avait fait un embargo sur le sujet avec son film Lost In Translation et s’était fait ambassadrice de la musique Shoegaze en filmant Scarlett-râh-Johanson sous toutes ses coutures dans Tokyo.

Shoegaze, une tentative d’analyse

La musique shoegaze se circonscrit très précisément à la première moitié des nineties, et géographiquement à la perfide Albion. En fait, on doit le terme à une tentative des journalistes de rassembler sous le même credo des groupes de jeunes ayant le pied lourd sur la pédale d’effets. Mais dans le shoegaze, on ne sait plus si la technique (nappes de guitares très saturées, voix reculées, fantômatiques, comme si on était « sous l’eau ») précède ou découle du concept.

Nous sommes en 1990 et le monde du rock est repu des postures de rock star, on commence à créer des groupes avec de nouvelles idées : on s’abstient de démonstration de force, on rejette la médiatisation, du coup, naturellement, les configurations habituelles – l’incontournable duo chanteur charismatique & guitar hero, deviennent « deux guitares », des sons très messy apparaissent, la voix, ramenée au même niveau que les autres instruments est souvent éloignée, noyée sous les amas de guitares. On comprend mieux pourquoi les shoegazers revendiquent aussi l’appellation de dreampop.

Car cette musique, éthérée mais furieuse, bouillonnante, (les anglais ont le mot parfait pour la décrire : fuzzy), est avant tout la musique idéale pour errer intérieurement et rêvasser gentiment. Difficile de définir cette musique britannique qui fait concurrence au grunge plus directement crade des Etats-Unis, et à la britpop locale (Oasis, Suede, Pulp, Blur-90’s) : le shoegaze se présentant comme nettement plus cérébral, en fait, c’est sans doute avec une image, la pochette de Loveless, l’album culte de My Bloody Valentine, qu’on représenterait le mieux le style en question : évadé et confus.

Les groupes emblématiques

« On » a coutume de désigner My Bloody Valentine comme la quintessence du mouvement shoegaze : ceux par qui tout a commencé, c’est aussi certainement les plus connus, et dont le style est le plus abouti. Sauf que détail : Dinosaur Jr et surtout, Jesus and The Mary Chain avait décidé de multiplier les plages de guitare avant eux, on doit aussi aux Cocteau Twins le goût très shoegaze pour les voix perchées/éloignées/d’un autre monde, bref les racines du shoegaze datent facile des années 80, et, on pourrait pousser le vice à reconnaître dans les guitares du Velvet Underground les premiers balbutiements du mouvement.

Lorsque le mouvement bat son plein, au tout début des 90’s, des groupes comme Seefeel, Lush (féminin), Ride, The Boo Radleys ou Slowdive, mais aussi Verve (avant de se faire massivement connaître en se surfixant un « The » et en pondant « Urban Hymns ») font parler d’eux, à côté du mythique MBV (ci-dessous).


Aujourd’hui, les préceptes shoegaze ne sont pas tout à fait oubliés et sont suivis par les groupes noisy qui existaient déjà plus ou moins à l’époque ou celle qui a suivie (Sonic Youth, Brian Jonestown Massacre, les deux premiers albums de Mazzy Star), ou inspirent les petits jeunes (A place to bury strangers, Serena Maneesh, No Age), mais qu’on ne se méprenne pas, le dernier (bon) album des petits frenchies Stuck In the Sound n’a pour autant de « shoegazing » que le nom.

Loveless – My Bloody Valentine : 47′ de pur fouillis mental, absolument magnifique et plein de grâce.
Nowhere – Ride : éthéré mais fulgurant, Nowhere est le premier album de Ride, et un masterpiece total.
Souvlaki – Slowdive : très beau, très calme, ce bel album pénétrant et atmosphérique rappelle par moment les islandais de Sigur Ros (mais avec 10 ans d’avance) et emmène définitivement vers d’autres contrées.

La playlist pour se prendre pour Scarlett à Shibuya (pas mal trustée par Loveless justement) :

Look Shoegaze

« Shoegaze », avant tout, signifie : « regarder ses pompes », et, si les critiques moyennement bien intentionnés ont ainsi surnommés la scène de l’époque, c’était pour rendre hommage à leur jeu de scène super évolué. Vous vous en douterez, le look
shoegaze est à l’image de ces grands garçons pas super super bien dans leur peau, aussi éloigné des chemises à jabots et des moues de Jimmy Page qu’Amy Winehouse de la sobriété. Le nolook shoegaze c’est donc : un jean (ici pac sun), un tee (de MBV et celui à manche longue : American Eagle Outfitters), un pull (J.Crew), des sneakers, bref un ptit look de nerd du rock’n’roll aux cheveux dans les yeux tout facile à copier.

Retour de Werchter

Dans le sac que je mets sur mon dos jeudi dernier pour me rendre à la Gare du Nord, on trouve pêle-mèle : deux shorts, un marteau, des bottes en caoutchouc, des lunettes de soleil, et de très rock’n’rolls boule quiès que je laisse soigneusement de côté, contre la recommandation de ma prévoyante maman. (toutefois, vos oreilles sont un don précieux, prenez en soin). Direction la petite ville de Werchter, en Belgique, pour quatre jours de musique !

L’avantage du Rock Werchter, c’est qu’il n’y a pas cinquante douze milles scènes, seulement deux. Ainsi, en règle générale, point de dilemme cornélien lorsqu’il s’agit de choisir à qui donner son attention. Une fois notre tente planté dans un des campings du festival, ni une, ni deux, Festivalbuddy et moi nous rendons sur « Marquee », la plus petite des deux scènes, pour y voir mes überchéris du printemps dernier, les Vampire Weekend, un groupe de pop-rock us mâtinés de beat africains, tout droit sortis de Columbia University. Parfait pour débuter les hostilités : c’est joyeux et entraînant, tout comme il faut.

La première soirée s’annonce mainstream pour nous, puisqu’on se rend ensuite sur Main Stage pour ne plus la quitter. Mika, Lenny Kravitz, REM et les Chemical Brothers s’y succèdent ! La pluie s’invite durant le set du premier, qu’à cela ne tienne, le festif Mika finit tout de même torse nu, entouré de ses big girls, de pin up, ou d’ours géants, toutes paillettes dehors. Cette rockstar de Lenny Kravitz prend des bains de foule sans oublier de nous donner une leçon de musique, avec ses tubes à rallonge hyper chiadés, ses solos en veux tu en voilà et ses riffs de guitare dégueulasses à souhait. Le public ne boude pas son plaisir et chante en chœur.

REM arrive et je réalise que les bottes de pluie façon Kate Moss à Glastonburry ce n’est finalement  PAS une coquetterie. J’ai de la peine pour la fille qui passe devant moi, a du être super stylish à un moment dans l’après midi, mais vient juste de perdre sa tong. La plaine du Werchter prend une allure apocalyptique : il fait froid, il fait nuit, tout le monde est mouillé, le sol n’est plus rien d’autre qu’une immense flaque de boue. Mais REM est évidemment, trop trop cool, ça donne du courage pour la suite : je finis par attendre les Chemical Bros en grelottant, espérant me réchauffer en dansant.

Ils arrivent à une heure du mat’, je suis dans une autre dimension mais ça va. Ensuite, Festivalbuddy et moi regagnons à peu près notre tente, pour se rendre compte que, dans notre maîtrise totale de l’organisation nous avons oublié d’emporter une… lampe torche ! Dîner de conserve en tête, à tête, dans le noir, avec nos pelisses trempées sur le dos. La première nuit est pas facile facile (bof le tapis de sol en pente et le partage du sac de couchage), et le réveil le lendemain matin promet une petite journée tranquille. D’ailleurs, il fait beau et quand on gagne Main Stage vers midi et des brouettes, le site nous paraît méconnaissable tant il est désert.

Bonne surprise à la découverte du premier groupe du jour, Black Box Revelation, deux vaillants gaillards (une guitare, une batterie) qui assènent un bon garage rock furieux. Le mythique groupe de metal californien Slayer vient faire headbanger quelques fans. Puis, ça devient l’anecdote nécessaire à tout festival réussi, on nous annonce que les Babyshambles ne pourront pas assurer leur concert, Pete Doherty parait-il aurait quelques soucis avec la loi. On déserte ensuite Main Stage pour se poser tranquille devant Marquee, on écoute d’un œil et d’une oreille My Morning Jacket puis la petite Duffy. Direction la scène principale en fin d’aprèm : Jay-Z rocks grave ! La soirée se déroule doucement entre The Verve (sympa de t’avoir vu Richard Ashcroft, mais tu me laisseras pas un souvenir impérissable) et ce vieux papy indispensable de Neil Young. De quoi reprendre des forces avant Digitalism : pogo, pogo, promettait le programme du festival (je t’avoue que comme tout était écrit en flamand, c’est le seul truc que j’ai compris).


La deuxième nuit est tout aussi folklorique que la première, on joue brutalement au Uno au camping ! Mais samedi matin arrive, et moi, j’ai pris le pli. Ca fait maintenant 48h que je m’hydrate à la bière, me nourris de conserve et de frites (3 food tickets !), n’ai pas eu de toit sur la tête, mes bottes sont devenus ma seconde peau, j’ai repéré les warpzones (aka : les wc à éviter et celles qui restent pratiquables). Qui plus est, aujourd’hui c’est « la grosse journée », de MGMT à Radiohead, en passant par les Hives et les Kings Of Leon !

Coup de cœur pour Galaxy, un groupe de hiphop complètement ouf qui enflamme la petite scène. Petite déception devant MGMT (le chant pas toujours juste juste juste), mais c’est encore plus psyché live que sur cd : good enough for me, et puis, le buzz opère : ça danse, crie et tape des mains sous la tente du Marquee. Les Hives, un vrai ouragan, sont aussi géniaux et déments qu’on pouvait s’y attendre. Freezemob en pleine chanson, plein de grimaces, 3 bains de foule, quota de conneries racontées entre les chansons au-delà de toute espérance, c’est vraiment LE groupe à voir live. Mes chouchoux du Tennessee, les Kings Of Leon, nous font découvrir de nouvelles chansons et jouent leurs titres phares (On Call, She’s such a charmer, Molly’s Chamber, Mc Fearless, Fans…).


La petite pause du jour, les fesses posés sur des sacs poubelles (l’accessoire dernier cri apparemment), c’est Ben Harper. Festivalbuddy ayant flashé sur « un gros noir qui groove méchamment », rendez-vous à Marquee. Tout le monde semble connaître Gnarls Barkley, puisque ça danse sévère là bas. Comme d’hab, suis la dernière au courant, il s’agit d’une chanteur du tube « Crazy » ! Autre ambiance sur Main Stage, où on parvient à capter la fin du set de Sigur Ros, qui font plâner Werchter. Puis, on se recueille devant les incontestables stars du jours (« best band in the whole world », nous promettait le leader des Editors dans l’après-midi), Radiohead. Pas grand-chose à rajouter si ce n’est, énorme et magnifique. Idiotheque, Just, Lucky, 2+2=5, Paranoid Android, You and Whose Army… Je m’attendais à un set super brainiac, c’est juste hallucinant. De ma très convoitée “liste des groupes à voir”, Thom York et ses acolytes passent sans conteste à la “liste des groupes à REvoir”.


C’est repus de soleil et de musique qu’on gagne la tente sur ces entrefaits, et quoiqu’il se passe durant la troisième nuit, je ne suis pas au courant : à bout de force, je dors. Tant que j’irai même jusqu’à me réveiller le lendemain en déclarant un stupéfiant « qu’est ce que j’ai bien dormi » (au moins 4h d’affilée). Quatrième et dernier jour de festival, ça sent la fin… J’imagine les organisateurs de la 34ème édition du Rock Werchter en apné, attendant ce soir pour respirer de soulagement. Pour se réveiller doucement en ce dimanche matin, John Butler Trio est du service. C’est super bon et gai. Suivent les coqueluches des kids, Panic @ The Disco. Ensuite on patiente en attendant Jack White et la fin d’après midi en se promenant une dernière fois sur la plaine, à travers le chill out, le stand où se ridiculiser à Guitar Hero, et « hey on peut même manger des trucs healthy ici ! », veggie wok pour tout le monde ! Aux alentours de 18h, heure rock’n’roll s’il en est, The Raconteurs investissent Main Stage, c’est complètement kiffant et lourd au dernier degré. On saute Justice pour rempaqueter à toute vitesse la tente, et on s’achève devant Beck et Tom Barman de Deus.

Conclusion : Werchter, yeah !

Sélection streetstyle de festival / Hommage au public foufou, farfelu et souvent looké du Rockwerchter 2008.

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