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Les vanités : c’est pas la mort !

« Memento mori », « souviens-toi que tu vas mourir », c’est la promesse que glissait déjà l’esclave à l’oreille du général romain pendant la cérémonie de son triomphe. Quels que soient tes accomplissements, quelles que soient tes richesses… comme le plus démuni, le moins bien loti, tu vas disparaître !

Les vanités, des peintures et sculptures qui évoquent la mort -la seule et unique issue de la vie, rappelons-le, s’apparentent donc à des pense-bêtes, des sortes de post-it rappelant notre misérable condition humaine (on risquerait d’oublier). Thème en vogue à l’Antiquité, par la représentation de crânes sur des mosaïques, à l’époque du Haut Moyen-âge avec les danses macabres, il connaît un essor particulier avec la pensée réformée au XVIIème dans la peinture du Nord , et toujours, souligne la fugacité de la vie et donc l’inutilité des biens terrestres : logique implacable s’il en est.

Trois Crânes, Géricault

Peinture empreinte d’un pessimisme patent, elle résiste à la glorification des capacités techniques, artistiques et philosophiques, bref tout ce que célébrait la Renaissance, période qui précède la Réforme dans l’histoire de la pensée. Les peintres de « vanités », qu’ils dépeignent des saints méditants, des crânes roulant ou des nature morte confondante de réalité et assourdissante de morale, offrent une  invitation solennelle à observer les choses qui « feraient » l’existence : les honneurs, le triomphe, le savoir… d’un point de vue profond – et certainement amer. Ils nous invitent en effet à contempler, en somme, la vacuité de l’existence et l’égalité de tous face à la mort : bonne ambiance. Le sujet est pénétré de tourments religieux bien sûr, mais l’inquiétude face à la mort, les soupçons à l’égard de l’utilité de la vie et de nos exploits temporels sont aussi un thème laïque. Nul besoin de Dieu pour révoquer l’existence !

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