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Diane Arbus : la parade des monstres

Diane Arbus est une des plus grande portraitiste du XXème siècle, si ce n’est la plus grande, pour avoir révolutionné l’univers du portrait en peu de temps et finalement, peu de photos. Le travail qu’on lui connait le plus est celui exposé en ce moment au Jeu de Paume : les freaks, les monstres, les marginaux, les transformistes, les bêtes de cirque, au bistrot, à la fête foraine ou chez le coiffeur, et qu’elle immortalisait de manière frontale, brutale, directe, sans mise en scène ni sucres ajoutés.

Diane Arbus grandit dans une famille d’origine juive d’Europe de l’Est et extrêmement aisée. Son père, David, est un commerçant fructueux et goûte à tous les luxes de la vie : appartement immense, chauffeur, gouvernantes pour chaque enfant, autant de signes extérieurs de richesse que Diane s’efforcera d’effacer toute sa vie : « Je suis née tout en haut de l’échelle, et toute ma vie, je l’ai dégringolé aussi vite que j’ai pu« .  Si Diane rejette autant ses origines, c’est peut être parce que l’argent n’apporte effectivement pas le bonheur : pendant que son père travaille et se pavane, sa mère est dépressive et d’une froideur à faire palir un iceberg. Pour autant, enfants et parents sont tous sensibilisés à l’art : papa est un honnête peintre amateur, Howard, le frère, est un poète estimé qui gagnera un prix Pulitzer, et Renée est sculpteur. Diane est la plus douée des trois, mais la plus fragile aussi : elle se pose 1000 questions, n’est sure de rien, et même si ses capacités la distingue, elle renonce à faire des études universitaires.

A la place, Diane tombe amoureuse :  elle rencontre Allan Arbus à 14 ans et ils se marient 4 ans plus tard. C’est ensemble qu’ils commencent la photo. Lire la suite

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