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Lecture : Marc Dugain

Il y a des écrivains qui créent un monde à part, d’autres qui écrivent toujours sur le même thème ou le même genre de romans. Marc Dugain est un écrivain qui nous promène d’un thème à l’autre, d’un monde à l’autre, au gré des sujets qui l’intéressent, avec comme point commun la place de l’individu dans la société.

Né en 1957, Marc Dugain commence sa vie active après Sciences Po Grenoble en devenant financier puis homme d’affaire, notamment dans le domaine de l’aéronautique. Dans les années 1990 et jusqu’au début des années 2000, il dirige la compagnie aérienne Proteus. Rien à voir avec l’écriture de roman me direz-vous. Et pourtant, à l’approche de la quarantaine, Marc Dugain amorce un tournant radical dans sa vie.

Photo : Jérome Bonnet pour Télérama

En 1998, il publie son premier roman, La chambre des officiers, succès phénoménal vendu à plus de 300 000 exemplaires et qui obtient 18 prix littéraires. Depuis, il se consacre principalement à l’écriture. Passionné d’Histoire et de politique, ses romans retracent le parcours de personnages parfois publics, parfois anonymes, dans le monde du XXe et du XXIe siècle, avec à chaque fois en fil directeur la place de l’individu dans son histoire et dans l’Histoire.

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La rentrée littéraire 2014 – sélection

Si toi aussi tu as -enfin- fini cette pile de bouquins grandissante au fil des mois. Si toi aussi tu as eu un été pourri -parce que tu bossais, parce que tu étais en stage, parce qu’il pleuvait six jours sur sept…- et as eu le temps de lire et relire tous tes classiques, même ceux que tu avais détestés au lycée. Si toi aussi tu démarres cette rentrée avec pour résolution de lire plus. Si toi aussi… Bon, vous avez compris ! Eh bien ça tombe à pic puisque  nous voilà en septembre et s’il y a bien un mot qui décrit au mieux ce dernier mois de l’été c’est bien celui-ci: RENTREE.

Faut que je lise. Faut que je lise. LIRE

On va tout de suite zapper la partie rentrée des classes pour passer à celle qui nous intéresse aujourd’hui: la rentrée littéraire. Je ne vais pas vous énumérer les quelques six cents ouvrages prévus pour cette rentrée littéraire mais plutôt vous faire part des quelques livres que je compte bien lire… avant l’année prochaine !

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De la lecture pour l’été : un kiné au service de l’histoire

« Les Mains du miracle » est un livre de Joseph Kessel paru en 1960 chez Gallimard. Il raconte la biographie romancée du médecin Felix Kersten, spécialisé dans les massages thérapeutiques, qui aura soigné Heinrich Himmler, en échange le dirigeant nazi aura accepté d’épargner de nombreuses vies durant la Seconde Guerre mondiale. L’ouvrage vient tout juste d’être réédité, en mars 2013 (en Folio) après avoir été indisponible pendant des années. Lire la suite

Des romans qui sentent le bain de soleil

Puisque les vacances approchent, ou sont déjà entamées pour certaines, de toute évidence, les préparatifs pour le jour du départ seront au cœur de toutes les discussions. S’il s’agit de penser à tout, dans les moindres détails, notre sélection bouquin est alors une part essentielle de tous ces préparatifs : quoi de mieux que des livres ayant pour sujet un ailleurs exotique, différent, captivant ? Eh oui, pour tromper l’ennui sur la plage quand on tente de transfigurer notre teint blafard en un hâle somptueux, lors des kilomètres que représentent le trajet ou alors tout simplement parce qu’en vacances on a le temps de LIRE justement, il faut être dûment équipée ! Mais ces conseils vaudront aussi pour celles qui n’ont pas eu la possibilité de partir cet été, qui sont coincées chez elles à maudire chacune d’entre nous partant vers de nouvelles aventures… Pour vous aujourd’hui une petite sélection de bouquins à lire, que ce soit en vacances sur un transat ou durant la pause déjeuner au boulot, qui vous feront autant voyager que leurs narrateurs!

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Sélection lecture pour la Saint-Valentin


A l’occasion de la Saint-Valentin, voici une sélection de quelques romans parlant d’amour.

Stormy vous conseille :

« A moi pour toujours » de Laura Kasischke

 » A moi pour toujours  » : voici le message que contient le billet anonyme que trouve Sherry Seymour dans son casier de professeur à l’université, un jour de Saint-Valentin. Elle est d’abord flattée par ce message qui tombe à pic dans sa vie routinière : son couple fatigué, son père malade et son fils unique de plus en plus distant sont les uniques composants de son quotidien. Son admirateur secret finit par obséder ses pensées : elle réussit à découvrir son identité, le rencontre et se lance dans une liaison torride avec lui. Le mari de Sherry se met alors à jouer un jeu dangereux sur lequel bientôt, plus personne n’aura de prise. Sherry perd vite le contrôle de sa vie faussement équilibrée. La tension monte, jusqu’à l’irréparable..

On rentre dans l’univers d’une femme avec ses doutes, ses interrogations sur ses amitiés, sa famille, sa vie de mère et d’épouse.. Mais c’est aussi un livre à rebondissements auquel on ne s’attend pas du tout ! D’autres personnages intéressants entourent Sherry, comme Sue, sa meilleure amie qui veut absolument tout savoir de cette idylle, et le jeune Gareth, dans sa relation ambigüe avec elle . L’histoire est vraiment prenante et on passe un bon moment de lecture.

Extrait :

« Sois à moi pour toujours. Qui peut bien m’avoir envoyé le premier message, et puis le second, et pourquoi ? Est-ce que j’ai dis un jour cela à quelqu’un, Sois à moi pour toujours ? Si jamais, je l’ai fait, je ne peux qu’imaginer que c’était à Reggie Black, l’été de mes dix-sept ans. Mais je n’ai jamais voulu qu’il fut à moi. Je voulais être à lui. Qu’il me réclame. C’était notre ambition à toutes, nous les filles, à l’époque. […] Est-ce que quelqu’un m’a jamais dit, de manière anonyme ou pas, « Soit à moi, pour toujours » ? Il avait fallu attendre si longtemps, pour que l’on me réclame ainsi et c’était un parfait inconnu !

Un autre roman : « Peut-être une histoire d’amour » de Martin Page


Virgile adore Paris, mais n’aime pas son travail : il est rédacteur dans une agence de publicité. Il vit seul sans conviction et a ses petites habitudes ( telle que celle de faire du yoga trois fois par semaine), et va tout aussi souvent chez le psychanalyste. Rien de bien palpitant en somme, tout comme dans sa vie sentimentale : il a l’habitude d’être délaissé par les femmes qu’il aime..

Pourtant un soir, sur son répondeur, il reçoit ce message : « Virgile, c’est Clara. Je suis désolée, mais je préfère qu’on arrête là. Je te quitte Virgile, je te quitte ».
Or, il n’a aucun souvenir de cette dénommée Clara. Il cherche en vain une explication satisfaisante et finit par prendre une décision inattendue : reconquérir cette femme qu’il ne connaît pas. Peut-être une histoire d’amour est une comédie romantique dont Virgile est le héros décalé. Rebondissements et quiproquos se marient aux réflexions sur l’amour et pimentent cette fable pleine d’esprit.

Extrait :

« Situés entre le Louvre, le Conseil d’Etat et la Comédie-Française, les bureaux de l’angence de publicité où Virgile travaillait étaient bien entourés. La station de métro enrobée de perle multicolores, comme une construction d’enfant pour la fête des mères, le ravissait. Pourtant, Virgile ne partageait pas d’intimité avec le quartier ; ils se côtoyaient en se tenant sur leurs gardes, conscients l’un et l’autre que cela pourrait mal finir. Le jeune homme ne revendiquait que deux îlots dans ce morceau doré du premier errondissement : la librairie Delamain et le café-restaurant A Jean Nicot, dernier tripot qui échappait à la clientèle chic endémique.
Il monta dans le bus et valida son titre de transport. Il avait cessé de prendre le métro depuis six mois, lassé de subir un constant sentiment d’oppression et s’occasionnelles crises de paniques.
Le trajet du corps accompagne celui de l’esprit. Virgile quittait sa journée de travail petit à petit. Il ne suffit pas de sortir de son bureau, d’emprunter l’ascenseur et de franchir les portes de l’immeuble. Une transition est nécessaire. La course parmi la circulation, le mouvement des roues du bus et celui de ses yeux sur le paysage des piétons, des voitures et des vélos, débarassaient Virgile de son travail et de ses collègues. A mesure qu’il s’approchait de chez lui, il se retrouvait. Virgile n’était pas toujours la même compagnie pour lui-même, mais la cohabitation entre ce qu’il croyait être, désirait être et était se déroulait sans trop de disputes. »

Sesilina, elle, vous recommande :

« Les yeux jaunes des crocodiles » de Katerine Pancol

Parce que la Saint Valentin n’est pas une fête réservée aux doux amoureux, mais qu’elle est simplement la fête de l’amour qu’il ne faut pas oublier au quotidien, je vous présente ici deux romans qui en parlent très justement.

Quel drôle de titre que celui de Katerine Pancol pour un roman qui conte l’amour sous toutes ses formes. « Les yeux jaunes des crocodiles » nous transporte dans un monde connu de tous, puisqu’il s’agit d’un monde où la vie quotidienne connaît ses aléas, où les gens se croisent et se décroisent, et où l’amour fleurit puis pince le cœur.
A la lecture de ce roman, on se lit, on se reconnaît, on comprend et on ressent. Que va devenir cette femme trompée, abandonnée par son époux ? Comment va t-elle rassurer ses filles sur l’amour que les parents leur portent malgré l’absence d’un père ? Comment va-t-elle reprendre goût à l’avenir ? Est-ce un homme singulier qui va l’aider à franchir le cap d’un nouvel amour naissant ? On retrouve dans ces pages, la femme esseulée qui cherche désespérément l’attention, le mari déçu, perdu et plein de questions, l’épouse qui ne rend pas son mari heureux, la maîtresse qui manque de confiance… Face aux difficultés de la vie, l’amitié profonde se laisse aller aux confidences, l’amour parental rassure et apaise, l’amour destructeur mais puissant de désir fait frissonner… Bref, l’amour est partout autour de nous et ce roman n’est pas sans nous le rappeler.

Extraits :

« Alors elle se mit à pleurer. Accrochée au rebord de l’évier, elle pleura, pleura. Son dos était secoué de sanglots. Elle pleura d’abord sur le vide que cet homme allait laisser dans sa vie, seize ans de vie commune, son premier home, son seul homme, le père de ses deux enfants. Puis elle pleura en pensant aux petites filles. Elles n’auraient plus jamais le sentiment de sécurité, la certitude d’avoir un papa et un maman qui veuillent sur elles.
Enfin, elle pleura d’effroi à l’idée de se retrouver seule. »

« Je l’aimais tellement, je voulais qu’on s’enfuie ensemble, il disait qu’il n’avait pas d’argent, je me suis confiée à lui et ce fut le début de tous mes ennuis. Ce homme, Jo, est un homme lamentable mais si séduisant… »

« A quoi tient la naissance d’un sentiment ? A une impression fugace, fluctuante, changeante ? A un angle qui dépasse, laissant la place à une illusion qu’on projette sur l’autre ? »

Et la suite de ce roman : « La valse lente des tortues »

Si comme moi, vous vivez la nostalgie de la fin d’un roman comme la fin d’une vie, vous serez heureuses de retrouver les héros et héroïnes de Kanterine Pancol dans « La valse lente des tortues ». Si les crocodiles restent le plus souvent immobiles, les tortues, elles, avancent, même lentement.
Ce roman est empreint de tout cet amour quotidien que nous donnent nos parents, sans condition, ainsi que nos frères et sœurs, nos amis. Mais il nous rappelle aussi nos premiers émois à 13 ans, le cœur qui s’emballe, les joues qui s’empourprent, le large sourire qui se fige et les yeux brillants. Il fait note des amours interdits emplis de désir brûlant, et de l’amour fraternel si fragile mais essentiel. On redécouvre l’importance de l’amitié dans la construction de soi, son soutien dans les moments les plus difficiles. Que ressent-on lorsqu’on est amoureux ? Pourquoi accorde-t-on tant d’importance au moindre mot de celui qui fait battre notre cœur ? Qu’est-ce qu’un cil offert dans un mouchoir de soie, ou une citation de Sacha Guitry écrite dans un roman ? Une preuve d’amour évidemment.
Mais parce qu’il n’y a pas d’amour sans haine ni problèmes, on vit également avec ces personnages les moments de détresse, de craintes et de trahison. On ressent la jalousie et la tristesse des uns, quand d’autres parlent aux étoiles pour garder l’espoir d’une vie pleine d’amour.

Extraits :

« Il y eut ensuite une minute de grande solennité qui les entraina dans un domaine où ils  n’étaient encore jamais entrés : celui de l’abandon. Ils se mangeaient l’intérieur de l’âme, le velouté du cœur et pouvaient dire, sauf qu’ils ne prononçaient pas les mots, exactement
ce à quoi ils pensaient. Ils se le dirent avec les yeux. Comme si ça n’existait pas ou que ça ne devait pas exister encore. »

« Je ne savais pas que ça me ferait ça, j’ai envie de le hurler au monde entier dans la rue !
En fait non, j’ai envie de le chuchoter à tout le monde comme un secret qu’on peut pas s’empêcher de raconter. […] Je le dis sans parler. Ça se mélange grave dans ma tête. Y’a un truc en plus, c’est que j’ai l’impression de rayonner. […] Je suis plus la même. Et pourtant je suis la même. Ça fait comme si j’avais un grand ballon dans la gorge, comme si j’avalais plein d’air. Ça fait le cœur qui s’envole qui bat comme une casserole avant de le voir, tellement j’ai peur de pas être assez jolie, qu’il m’aime plus ou quoi. J’ai peur tout le temps. Je vais aux rendez-vous sur la pointe des pieds de peur qu’il change d’avis »

« J’ai l’impression que quelque chose va sortir de ma poitrine et de mon ventre tellement je suis heureuse. Quelque chose va exploser et montrer mes entrailles à tout le monde. […] J’ai rien dit à ma mère. Ça me tue quand j’y pense. Je me demande si elle aussi, a les entrailles qui explosent quand elle pense à Philippe. Je me demande si l’amour, c’est pareil à tous les âges… »

Et vous, avez-vous d’autres livres d’amours à conseiller ?

Stormy et Sesilina

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