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Enfin une adaptation du Magasin des suicides

Le père. 45 ans. Mince, élégant, brun, les cheveux plaqués en arrière, comme un danseur de tango qui vendrait de la mort. Fine moustache, prestance, sourire commerçant. Même si, au plus profond de lui, tout cela le touche infiniment. Au moins, il ne le montre pas, et tient le coup, pour satisfaire les clients.

Avis à celles qui ne connaissent pas la différence entre un dessin animé et un film d’animation : regardez « Le magasin des suicides« , de Patrice Leconte. Adapté du roman de Jean Teulé, ce film était un vrai pari, plutôt bien réussi. Bourré d’humour vraiment noir, il retrace (presque) fidèlement l’histoire initiale. L’histoire ? Dans une ville morose où la seule échappatoire réside dans la pendaison, l’empoisonnement ou la défenestration, le commerce des Tuvache se porte à merveille. Ils vendent depuis plusieurs générations tout le nécessaire pour réussir son suicide. Mais la crise guette. Lucrèce et Mishima, les patrons du magasin, sont les malheureux parents de Marilyn et Vincent. Et quand Lucrèce accouche d’Alan, tout change. Le bambin respire la santé et la bonne humeur, mettant à mal la sinistrose indispensable à la bonne tenue du commerce. Ajoutez à cela une grande sœur adolescente qui tombe amoureuse et le paternel, lui, à deux doigts du suicide, rien ne va plus chez les Tuvache.

La bande annonce

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The Fuck ?! Bernard Henri Lévy

Que fait Bernard Henri Lévy entre deux actes diplomatiques héroïques ? Il fait des films avec Alain Delon, l’autre plus grand français de la Terre. Avec Le Jour et la Nuit sorti en 1997, BHL dévoile sa tourmente à travers le personnage d’Alexandre (Delon, donc), écrivain taciturne retiré dans une amérique du sud en proie à la guerre civile. Meurtri par la folie et la méchanceté des hommes, il ne trouve la paix qu’avec de brèves ballades en montgolfière (la fuite, le rêve). Heureusement, la belle Arielle Dombasle (Madame BHL à l’époque), qui va jouer dans l’adaptation de l’un de ses chefs d’oeuvres littéraires, va le tirer de son désenchantement.

Ratage historique et formidable, à la hauteur de l’énorme promotion qui l’a suivi, Le Jour et La Nuit a redéfini les limites du ridicule au sein du cinéma français. Se voulant parabole intellectuelle, philosophique et humaine, ce fiasco n’est en fait qu’un brave effort onaniste d’un BHL sûr de son génie, appuyé par l’interprétation de son double métaphorique Delon, si bon acteur qu’il n’a même pas besoin de jouer. Les acteurs y sont d’ailleurs pour beaucoup, le pire étant encore Karl Zéro en producteur bavard (si si, Karl Zéro) dont on qualifiera sobrement l’interprétation de trop belle pour être vraie. Le tout, d’un sérieux inébranlable, est parsemé d’érotisme moite (« regardez le beau cul de ma femme !« ) d’effets spéciaux baltringues (ah la la, cette explosion de montgolfière…) et bien sûr, d’une somme de prétention hallucinante.

On aurait pu enterrer ce métrage gênant comme une énième anomalie monstrueuse du cinéma français, mais c’était sans compter l’acharnement de BHL à nous prouver qu’il s’agit d’un grand chef d’oeuvre malade incompris (« J’ai voulu faire trop grand, trop beau, trop fort » cherchez pas il l’a vraiment dit).  Donc, aujourd’hui, en 2012, sortie d’un DOUBLE DVD, avec sur un premier CD la bouse en question, et sur le second, attachez vos ceintures, un documentaire sur le complot cabalistique des critiques qui ont VOULU l’échec de Saint Bernard Henry. Avec la participation de l’équipe du film, et de tous les potes de BHL, dont l’ignoble Yann Moix, scribouillard du Figaro et glorieux réalisateur de Cineman (qui a reçu une seule bonne critique : celle de BHL) qui eu jadis comme projet d’adapter sur grand écran Voyage au bout de la nuit de Céline (comme WTF news, on fait pas pire). Voici donc la bande annonce du machin, illustrant tout le mal que peut engendrer une telle somme de mégalomanies déplacées. On appréciera la tentative bidonnante du montage qui tente désespérément un lifting esthétique pour rendre branché un film définitivement ringardisé par sa photographie de téléfilm.

L’amour dure trois ans, du livre au film

Vous avez mis votre féminisme de côté pour lire la théorie de Marc Marronnier selon laquelle l’amour dure trois ans ? Vous avez apprécié l’écriture si propre à Frédéric Beigbeder et vous vous demandez ce qu’il vaut comme réalisateur ? Eh bien ce n’est pas si mal que ça.

« Le meilleur film de Frédéric Beigbeder » annonce la pancarte à l’entrée du cinéma. Ça fait bonne impression mais on relativise vite : c’est la première fois que l’auteur passe derrière la caméra pour réaliser un film.  Et qu’on se le dise tout de suite, si vous n’êtes pas fans des romans de Frédéric Beigbeder, peu de chance que vous tombiez sous le charme de L’amour dure trois ans. L’histoire, c’est celle de Marc Marronier, critique littéraire le jour et chroniqueur mondain la nuit, qui vient de divorcer d’Anne. Nul doute pour lui à présent, l’amour ne dure que 3 ans. Et pour le prouver, il écrit un pamphlet qu’il cherche à faire publier. Mais sa rencontre avec Alice va ébranler toutes ses certitudes. Une histoire d’amour assez banale rythmée par la patte très particulière de Beigbdeder : un peu de drogue, du sexe, de l’amour et beaucoup de cynisme. Alors quand on sait que c’est ce même Beigbeder qui va réaliser l’adaptation de son propre roman, on s’attend à un cocktail explosif. Celles qui ont lu le roman seront déçues de ne pas retrouver l’histoire originale mais une suite du roman. Quinze ans après la sortie du best-seller, le livre est mis en abyme, permettant au réalisateur Beigbeder de moquer gentiment l’écrivain Beigbeder, et on découvre une tout autre version de L’amour dure trois ans, plus actuelle, plus réfléchie.
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Crazy Stupid Love : la comédie de la rentrée (de l’année)

La rentrée ça fait chier, c’est bien connu. On retournerait bien sur la plage, on recommencerait bien les mojitos au petit dej, on aurait bien gardé notre bronzage et on décapiterait bien notre patron. Et comme tout cela restera de l’ordre du fantasme inassouvi, il ne nous reste qu’une solution pour continuer à rêver : le cinéma.

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L’empire Marvel, examen du cas Captain America

Qui ne connaît pas Superman, Hulk, Captain America, Iron Man ou encore les X-men ? Impossible d’être passée à côté puisque l’énorme société Marvel exploite ses super-héros en long, en large et en travers. A l’origine ces histoires fantastiques de surhommes ont été lancées en… 1939 par Martin Goodman, éditeur américain, pour les célèbres bandes-dessinées devenues cultes, les « comics ». Quelques années plus tard, la série « The Marvel Superheroes » arrive sur le petit écran et cartonne sur une soixantaine d’épisodes. Et de nos jours, c’est au moins un blockbuster par an qui sort des studios Marvel, mais c’est encore un marché extraordinaire de goodies en tout genre (figurines, t-shirts, posters, etc). Le succès est tel que depuis 1970, la célèbre convention Comic Con de San Diego réunit les plus grands fans de comics, laquelle s’est cependant élargie à la « pop-culture » fantastique en général, que l’on retrouve au cinéma, dans les mangas, dessins-animés, les jeux de cartes et séries télévisées. Inspection en règle de cette immense pan de la culture du 20ème, et 21ème siècle!

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Le film de l’été: Super 8

Pour le synopsis, Super 8 raconte l’histoire d’une bande de pré-ados qui tournent un film amateur et qui sont témoins d’un accident de train qui va bouleverser leur vie et celle de toute leur banlieue.

La promo du film aura bien insisté sur le fait que le film est un hommage aux films de Spielberg. Et aux médias d’ajouter qu’il serait même un passage de relais entre Steven Spielberg et JJ Abrams (Jeffrey Jacob pour son nom complet) . JJ Abrams, qu’on aura tous découvert avec la série Alias, et plus tard avec Lost ou Fringe, réalisateur de Mission Impossible 3 et Star Trek, est un spécialiste en terme de scenarii chiadés, maîtrisant bien le déroulé de mystères pesants. Il a su montrer qu’il savait intégrer la science-fiction à des situations réalistes, comme l’avait fait Steven Spielberg.

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American Translation: si j’avais pu j’aurais bien voulu !

Repéré depuis quelques semaines parmi les films à l’affiche prochainement, je me faisais un petit plaisir de poser cours et stabilos et d’aller visser mes fesses sur un autre fauteuil que celui du lycée pour deux heures de détente devant American translation. C’était sans compter sur ma malchance habituelle: je me suis rendue compte que les cinémas de mon quartier ne proposent pas ce film. Grosse panique « je fais quoiii ? » puis une idée m’a été soufflée – d’ailleurs merci ! – pourquoi ne pas parler de ce qui m’a donné l’envie de voir ce film ? Sont-ce les décors ? Les acteurs ? Le synopsis ? Des réductions sur les pop-corns? Eh bien, parlons-en !

Le choix d’un film

Je l’avoue, l’esthétique influence mon choix de film: de beaux acteurs, une belle affiche, une bonne bande-son (si j’ai eu l’occasion de voir la bande-annonce) ou encore le traitement de l’image. De plus, à part quand James Dean est à l’affiche, je porte un regard sur le synopsis. Ah, Orlando Bloom joue un jeune homme amoureux de deux femmes aussi belles l’une que l’autre et partage l’affiche avec Fergie et Britney ? Waouh trop bien ! Mais bon, il faut avouer que de beaux acteurs motivent peut être plus à voir une daube assurée qu’un film d’auteur avec des acteurs aussi inconnus que vous et moi.

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« La Conquête » de Xavier Durringer

On en parle depuis le début de l’année : le premier film sur un président encore en exercice. La première fiction basée sur des faits sortis en plein mandat présidentiel. Un film sur Nicolas Sarkozy à l’aube d’une nouvelle campagne électorale. Et là, on se partage entre l’envie de  découvrir un portrait incisif et percutant et la crainte de souffrir un film-campagne, le portrait d’un homme, de sa sensibilité, de ses faiblesses et de son humanité.

Les gants de Xavier Durringer sont restés bien blancs après avoir ouvert le capot de cette « Ferrari » qu’est Nicolas Sarkozy. Sorti le 18 mai, le film raconte la période de 2002 à 2007, ou l’histoire d’un Ministre de l’Intérieur en lice pour une conquête du pouvoir face à Jacques Chirac (Bernard Le Coq) et Dominique de Villepin (Samuel Labarthe). Des faits connus de tous sont ici romancés, sous fond d’histoires de couple dégringolant et d’après rivalités. Ce que révèle le film : Lire la suite

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