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Le problème de la beauté #1

Comment en est-on arrivé à ça ?

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Avant que l’on fonce toutes têtes baissées vers des régimes absurdes mais surtout un quintal de haine de soi et de détestation pure et sans mélange, à l’approche de l’été et de l’injonction saisonnière : avoir un BIKINI BODY en 3 semaines (pro tip : un bikini body c’est un corps. Avec un bikini. Qui s’amuse comme une tarée à la plage avec ses copains ou à l’ombre en s’enfilant les 800 pages du dernier Donia Tartt), un petit article pour s’attaquer à la beauté, son industrie, et la demi-tonne de problèmes qu’elle cause sur son passage.

Beauty I love you but you’re bringing me down

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Qui est la It-Girl ?

La it-girl ?

– « une fille qui fait beaucoup la fête »
– « quelqu’un qui connaît plein de monde »
– « une fille avec du style, et auxquelles les autres filles s’identifient ».

Une it-girl, c’est tout ça à la fois.

Une fille qui capte l’air du temps et l’exhale, au point d’en devenir une icône : des années 20, on retient les flappers ou garçonnes, des années 60 les beautés dérangées gravitant autour des groupes de rock de l’époque : groupie comme Pamela des Barres ou mannequin comme Twiggy… La it-girl est donc avant tout une fille qui attire, qui a ce truc, ce je-ne-sais-quoi, it, d’hypnotisant, auquel on ne peut pas résister. Elle déclenche des coups de foudre. Sa a simple façon d’être fait fantasmer et suscite un désir frénétique.

Ou, comme l’écrivait Elinor Glyn au début du xxème siècle, « le it est cette qualité possédée par certains individus et qui attire tous les autres comme une force magnétique. Avec le « IT » vous conquérez toutes les hommes si vous êtes une femme, et toutes les femmes si vous êtes un homme. (…) Celui qui possède le «IT» doit absolument ne jamais manquer d’assurance et doit avoir un sex-appeal magnétique qui est irrésistible.» Vaste programme.

Séductrice, attirante, pétillante…  on ne s’étonnera pas de retrouver la it-girl dans le milieu de la fête. La it-girl pourrait être essentiellement réduite à un autre trope, la party girl, voire à la pro du scandale: avant toute chose, elle sait faire parler d’elle. Grâce à sa retombée médiatique, les multiples photos qui paraissent d’elles, la it-girl est aussi essentielle à l’industrie de la mode: elle stimule la passion et des milliers voudraient être elle car sa vie, en apparence du moins, a l’air pour le moins facile. On n’est pas it-girl sans être connue, sans avoir des admirateurs, jusqu’à être copiée.  Est-ce à dire que le seul avenir de la condition féminine c’est l’imitation et la consommation ? Revenons aux fondamentaux, qu’est ce que ce IT opérant comme un charme ensorcelant ?

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Masturbation féminine : le grand tabou

Illustration de Kunisada Utagawa

Se branler, se pougner, faire cracher popole, faire le cinq contre un, se taper une queue, la veuve poignée, faire pleurer la mariée… Tellement d’expressions pour parler de la masturbation masculine et si peu pour la masturbation féminine. A croire que le monde tourne autour d’un seul axe : le chibre de ses messieurs (allez, on va faire comme si ça n’était pas vrai).

– Mais comment ça masturbation féminine ? Les femmes se masturbent donc ?

– Eh oui. Comme les hommes, les chimpanzés et les dauphins.

– Oh les salopes. Lire la suite

Courtney Love et moi – chronique partiale et subjective

Mon intérêt pour Hole s’est manifesté d’une façon anormalement tardive. Comme toute jeune fille normalement constituée, j’aurai du écouter Hole à 14 ans, entre 2 cours de gym, où j’allais en traînant les pieds. Mais, sans être pour autant spécialement convaincue du rôle de Courtney Love – la chanteuse et frontwoman de Hole, dans la disparition de Kurt Cobain, Hole n’était pour moi qu’un groupe de «wannabee». Du sous grunge hystérique, qui plaisait à MTV car Courtney Love, ses tiares, ses frasques, sa manie de montrer ses seins sur scène en était une excellente cliente. Disons le franchement Hole c’était vulgaire et Courtney Love une sellout contradictoire: moi j’ai surtout connu la Courtney Love de 1996, époque Larry Flint, cheveux bien coupés, robe Versace et lèvres au collagène, emmerdant le monde, les journalistes, les critiques musicales, et, probablement, ses fans.

C’est limite 10 ans plus tard que je suis arrivée à Hole, et par des voies détournées, par le chemin de traverse du militantisme féminin et des riot grrrls dont on parlait la dernière fois. Jusque là, je me contentais de chantonner Celebrity Skin quand elle passait à la radio, et non sans culpabilité.
Résultat, quand l’été dernier, par défi et esprit de contradiction j’ai lancé Live Through This c’était à la fois un délicieux voyage dans le temps vers les nineties et une surprise totale: j’ai été choquée de tout ce que j’avais manqué, de la tristesse et de la colère à l’état le plus brut renfermées dans ce disque et, last but not least, noyés sous les strates géologiques que constituent les pages de tabloïd qui ont été écrites à propos de Courtney Love. Après près d’un an en compagnie de celle qu’on réduit souvent à une tragique épave cokée jusqu’aux yeux, c’est l’heure du verdict…
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Grandeurs et misères des Riot Grrrls

Ephémère, aussi fugace et rageur qu’un rif de Bikini Kill, le mouvement culturel des Riot Grrrls a débuté et s’est terminé au Nord-Ouest des Etats-Unis. Sa particularité ? Bien avant les Spice Girls, les Riot Grrrls proclamaient l’avènement du « Girl Power ».

En 2011, à l’aune des blogs de modeuses, de l’horreur que fut Sex And The City 2 pour la gente féminine, et autres « Toddlers and Tiaras », bien sûr, on a surtout l’impression que le pouvoir revenant aux filles se résume au pouvoir de consommer,  de choisir entre un fond de teint minéral ou avec du paraben, mais, pendant un bref interstice : une vingtaine de mois, « Girl Power » avait une autre signification et d’autres credo.


Bikini Kill – Rebel girl (1993)
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