Archives de Catégorie: Monidole

Marie Marvingt, la Fiancée du danger

Qui parmi vous a déjà entendu parler de Marie Marvingt (à part les Nancéen(ne)s peut-être) ? Étrange de se dire que la femme la plus décorée de France et probablement la plus énergique de son époque est presque complètement tombée dans l’oubli aujourd’hui.

Ma rencontre avec Marie Marvingt date de l’année 2003, où je l’ai découverte totalement par hasard au détour d’une page du Quid. A cet instant, je me rends compte qu’il est fort probable que certains d’entre vous ne sachent pas ce que c’est qu’un Quid (bon coup de vieux en perspective, mais tant pis, j’assume). Sachez qu’il s’agit d’une sorte de Wikipedia sur papier, écrit en tout petit et qui contient « tout sur tout et un peu plus que tout ». De quoi occuper les longs après-midis d’hiver en sautant d’une page à l’autre. Bref, je tombe donc sur l’article consacré à Marie Marvingt, et là, j’hallucine tellement que je me dis « Pas possible, c’est un fake, un canular, si ça se trouve, les gens du Quid – ces petits rigolos – l’ont inventée pour piéger leurs lecteurs ». True story.

Et puis, quelques années plus tard, lors d’un séjour à Nancy, au détour d’une rue, je tombe sur une maison sur laquelle une plaque indique « Ici vécut Marie Marvingt ». Comme ça m’étonnerait que les gens du Quid poussent le vice jusqu’à aller apposer une plaque sur une maison, il faut se rendre à l’évidence, ce phénomène a bien existé. « Bien existé », c’est le mot, en effet.

Marie_Marvingt

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Mon idole – Freddie Mercury

Lorsque j’ai dû écrire un paragraphe sur mon idole en Seconde (il y a des années de cela, oui, effectivement chère lectrice), j’avais pensé à Charles de Gaulle. Mais j’ai aussi estimé que ça ferait trop prout-prout-madame. Et puis surtout, j’espère que pour le moment, je ne vous apprends rien, Charles de Gaulle n’a pas chanté « Innuendo », ni porté des mini jupes roses avec un perruque coupe au carré. ET NON. De toute façon, ça ne lui irait pas. Je pouvais donc me rabattre sur quelqu’un d’autre.

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Mon idole: M.I.A.

La première fois que j’ai écouté M.I.A. elle était définitivement trop loin pour moi. A l’époque, elle sort l’album Kala (intitulé en référence à sa mère), acclamé par la critique tout comme son premier album Arular (qui porte le nom de son père). A cette époque, elle est le plus grand nom du mouvement nu rave et compose sa musique électronique sur un séquenceur Roland MC-505. Trop compliqué, inaudible pour moi, j’ai laissé le nom et la musique de M.I.A. sur le côté. J’étais alors bien loin de penser qu’elle serait l’une des artistes qui susciterait en moi, le plus d’inspiration aujourd’hui.

La vie de M.I.A, Mathangi « Maya » Arulpragasam, de son vrai nom, est d’abord lié au Sri Lanka. Née à Londres, elle quittera avant ses un an le vieux continent pour vivre avec ses parents et sa grande sœur au Sri Lanka. Là-bas, son père reprend sa place d’activiste politique, fondateur d’une organisation révolutionnaire étudiante pour l’indépendance de l’Îlam Tamoul. Son enfance est bouleversée par la guerre civile, et avec sa mère, sa sœur et son frère, elle part vivre à l’autre bout du pays, loin de son père. La guerre civile se poursuit, son école est détruite et finalement, elle retourne avant ses onze ans, à Londres, en tant que réfugiée avec sa famille, encore plus loin de son père. Sa mère poursuit son travail de couturière, et Maya intègrera plus tard une école d’art et de design, où elle apprendra aussi la vidéo et le cinéma.

Artiste polyvalente, elle débute en tant que peintre exposant même pour la première fois  en 2001 à Portobello Road. Cette approche visuelle de l’art, influence son rapport à la musique. A ces deux premiers albums, elle associera des visuels et un style vestimentaire particulier. Pour le premier « Arular » le style est assimilé à une ambiance guerrière et très mode. Pour le deuxième, le style est plus joueur et plus enfantin, tout comme l’album Kala. Lire la suite

Mon idole : Angelina Jolie

Angelina Jolie, c’est d’abord un visage : des yeux immenses, des lèvres outrageusement charnues et accessoirement, une plastique impeccable. C’est aussi un personnage troublant, insondable, qui ne laisse jamais indifférent. Elle inspire parfois la haine, la jalousie, et bien souvent la fascination voire l’obsession. Une femme imposante, une actrice impressionnante, détentrice d’un Oscar et capable d’être au générique d’un film d’action comme Salt et d’y endosser un rôle d’abord prévu pour… Tom Cruise.

Oscars 1996, avec son père John Voight

Mais sous le glamour lisse des images en papier glacé, se cache une véritable complexité. Quand, à 11 ans, la jeune Angelina Jolie Voight, fille des acteurs, alors divorcés, John Voight et Marcheline Bertrand, décide de devenir elle-même actrice et de se lancer dans le mannequinat, tout n’est pas si simple. A cette époque, elle porte un appareil dentaire et des lunettes, et fait souvent face aux moqueries de ses camarades. Son mal-être et son manque de confiance en elle font vite d’elle une marginale, marginalité cultivée par sa passion pour les couteaux, la sang et la mort. Peu réjouissant.

A 14 ans, elle quitte le domicile de sa mère pour vivre avec son petit-ami punk. Elle se teint alors les cheveux en rose, porte du noir et a pour hobby la mutilation. Au même moment, elle abandonne ses lunettes, son appareil et se lance dans le travail de mannequin. Une revanche sur son image qui lui permettra de regagner confiance en elle et de retourner au théâtre pour interpréter son premier rôle : celui d’une dominatrice allemande. Mais son malaise perdure, et sa confiance joue au yo-yo. Lire la suite

Amélie Nothomb

Un chapeau sur la tête, 20 romans à son actif et toujours habillée en noir, pas de doute, nous parlons bien d’Amélie Nothomb. L’auteur belge a sorti son vingtième livre cet été : Tuer le père, aux éditions Albin Michel.

Amélie Nothomb dédicaçant un ouvrage lors du Salon du Livre de Paris le 14 mars 2009.

J’ai découvert Amélie Nothomb grâce à son neuvième roman, Stupeurs et Tremblements, prix de l’Académie Français en 1999. C’était l’une de ces lectures obligatoires pour la seconde. Tout le monde l’a détesté ; je l’ai adoré. Lire la suite

Monidole : Alexander Mcqueen

Le dernier portrait d’Alexander McQueen, par Steven Klein

Le créateur Alexander McQueen nous a quitté le 11 février 2010 – déja -, mettant fin à ses jours et à mes espoirs de le voir un jour fouler du pied un catwalk après un de ses merveilleux défilés. Je suis d’accord, les deux enjeux ne sont pas comparables, mais quand même : je suis bien triste. McQueen était de ceux capablesde réconcilier n’importe qui avec la haute couture : loin de la prétention des collections pour grand mères liftées, chacune de ses saisons passait comme une exposition mouvante, un tableau de maître fluctuant, car celui qui reçut à 4 reprises le prix du designer britannique de l’année ne dessinait pas des vêtements, mais des oeuvres d’art.

Alexander McQueen est né en 69 (excellent cru comme chacun sait). Fils d’un chauffeur de taxi et d’une prof de sciences sociales, le jeune Lee (de son premier prénom) est le petit dernier d’une fratrie de six enfants, un milieu modeste qui n’augure habituellement pas de fulgurantes carrières dans la mode. Mais à force de faire des robes pour ses soeurs, le démon fashion s’empare de son avenir : il quitte l’école à 16 ans et commence son apprentissage chez des tailleurs et des costumiers de théâtre, à l’origine de sa capacité phénoménale à parfaitement couper des vêtements. Comme on se lasse de tout, même de tailler des costumes à Gorbatchev et au Prince Charles, McQueen rentre à la célèbre Central Saint Martins College of Art and Design. Celui qui n’était alors qu’un tailleur anglais voit son destin basculer.

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Monidole : James Dean, la jeunesse éternelle.

Figure emblématique du cinéma américain et devenu une légende après sa mort, James Dean fait partie de la liste des Grands du monde culturel à s’être éteint au tout début de sa carrière. En effet, à l’aube de ses 25 ans, James rejoignit Marilyn Monroe, Jayne Mansfield, Patrick Deweare, Gérard Phillipe et Romy Schneider entre autres.

Plus jeune acteur de l’époque à entrer dans la prestigieuse Actor’s Studio, Jimmy (n’est-ce pas mignon ?) souhaite améliorer ses capacités à s’approprier un personnage et ne faire plus qu’un avec. Comme beaucoup d’acteurs, il commence par faire du théâtre dans sa petite ville natale, Fairmont, soutenu par sa mère et le pasteur et docteur James De Weerd qui semble lui avoir donné le goût des pratiques artistiques et notamment la comédie. Habité par une grande soif de reconnaissance, le jeune homme en veut toujours plus et quitte rapidement la ville pour tenter sa chance à New York. Il parvient à figurer et même obtenir un rôle plus important dans quelques séries B, la plupart du temps grâce aux relations qu’il entretient avec le réalisateur Rogers Brackett. Lire la suite

Monidole : R.E.M., la séparation

Ce mois-ci, les 90’s nous hurlent qu’il ne faut pas les oublier : Nevermind fête ses vingt ans, les Red Hot sortent un nouvel album et surtout, R.E.M., qui triompha internationalement en 1991, se sépare. Malgré une fin de carrière franchement tiédasse, l’héritage artistique du groupe géorgien demeure impressionnant. Bilan !

C’était à la fin des années quatre-vingt-dix. Dans une de ces abominables fêtes de village qui traumatisèrent plusieurs générations de gens civilisés et raffinés. Autour de moi, des adultes, non dénués de bon sens, s’extasiaient sur les standards de Police ou de U2, prêchant le bon vieux temps que nous n’avions pas connu, nous, futurs nerds 90’s, qui avions eu le malheur d’échapper au Hair métal, aux claviers Bontempi et aux coupes mulet. Une fois ce dangereux discours terminé, la Danse des canards retentissait et je les voyais bondir les uns vers les autres pour ébaucher une cauchemardesque chorégraphie que ma mémoire a jugé bon d’enfouir dans les abîmes de mon inconscient. Et soudain, au milieu de ce film gore pour mélomane, retentissait une chanson pop, brillante et naïve, un duo de guitare intelligent et jamais bavard, et une voix aussi chaude que brisée, qui semblait dire que, oui, une alternative est possible. Cette chanson, c’est The One I Love, de R.E.M.

Ce qu’incarne R.E.M. dans les années 80, c’est une véritable bouffée d’oxygène dans le paysage musical ambiant. Pas qu’il n’y ait rien à se mettre sous la dent dans la décennie, non, mais R.E.M. est le seul groupe à proposer une musique pop rafraîchissante, maligne, positive et en même temps rigoureusement indépendante. Les héros des 70’s sont largués, le punk est en mode sombre et malsain, les hard rockers font de la musique aussi grasse que leurs cheveux et la pop vire à l’électro-cynisme. On dit souvent que les albums du Velvet Underground se sont très peu vendus, mais que les rares acheteurs ont tous formé des groupes. Indéniablement, cette maxime a été créée pour un groupe comme R.E.M. Mais si Sonic Youth a dû user la galette du destructeur White Light / White Heat, R.E.M. serait plutôt influencé par leur troisième album éponyme, rempli de chansons folk éblouissantes.

On dit aussi, bien souvent, que R.E.M., c’est U2 à visage humain. Il y a de ça. Lire la suite

Drive : l’explosion de Ryan Gosling

A la vue de l’affiche, vous pensez sans doute que Drive n’est qu’un Fast & Furious de plus. Je ne sais pas si vous avez notez le petit épis de blé au dessus du titre, avec l’inscription « Prix de la mise en scène, Festival de Cannes ». On ne donne pas ce genre d’épis de blé à des films comme Fast & Furious.

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Monidole : Kate Bush, la sorcière du son

Je pourrais aborder Kate Bush en prenant le mythe par son commencement : son enfance en Angleterre dans la bien nommée ville de Bexleyheath, sa formation de danseuse, de mime, sa famille prompte à encourager le talent de la jeune, très jeune Cathy… Mais Kate Bush plus qu’une histoire c’est une sensation, un remède, une mythologie, une magie. Sa musique parle à l’âme de ceux qui veulent bien l’entendre, tant et si bien que la presse la surnomme bientôt « la sorcière du son« , et plutôt que de la décrire avec des mots qui seront forcément trop pompeux, je préfère la partager avec vous.

Préambule

En tant qu’enfant chérie des années 80, je connaissais Kate Bush comme tout le monde : la conteuse étrange de Wuthering Heights, la folle dingue de Babooshka, la rêveuse de Running up that hill. Et puis j’ai traversé, comme tout un chacun certainement, un épisode difficile, une sensation de vide infini, de murs lisses contre lesquels on glisse, de chute inexorable vers le néant, quand tout et n’importe quoi nous traverse et nous heurte, jusqu’à en perdre le plus basique : respiration, expiration.

Il est des gens qui dans de telles situations s’engagent dans l’humanitaire, pour se heurter à la vie, voient un psy, écrivent des livres. Je ne saurais plus dire comment je suis tombée sur l’album Never For Ever de Kate Bush et surtout sa 11ème piste : Breathing. Lire la suite

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