Archives de Catégorie: Lire

Amélie Nothomb

Un chapeau sur la tête, 20 romans à son actif et toujours habillée en noir, pas de doute, nous parlons bien d’Amélie Nothomb. L’auteur belge a sorti son vingtième livre cet été : Tuer le père, aux éditions Albin Michel.

Amélie Nothomb dédicaçant un ouvrage lors du Salon du Livre de Paris le 14 mars 2009.

J’ai découvert Amélie Nothomb grâce à son neuvième roman, Stupeurs et Tremblements, prix de l’Académie Français en 1999. C’était l’une de ces lectures obligatoires pour la seconde. Tout le monde l’a détesté ; je l’ai adoré. Lire la suite

Des romans qui sentent le bain de soleil

Puisque les vacances approchent, ou sont déjà entamées pour certaines, de toute évidence, les préparatifs pour le jour du départ seront au cœur de toutes les discussions. S’il s’agit de penser à tout, dans les moindres détails, notre sélection bouquin est alors une part essentielle de tous ces préparatifs : quoi de mieux que des livres ayant pour sujet un ailleurs exotique, différent, captivant ? Eh oui, pour tromper l’ennui sur la plage quand on tente de transfigurer notre teint blafard en un hâle somptueux, lors des kilomètres que représentent le trajet ou alors tout simplement parce qu’en vacances on a le temps de LIRE justement, il faut être dûment équipée ! Mais ces conseils vaudront aussi pour celles qui n’ont pas eu la possibilité de partir cet été, qui sont coincées chez elles à maudire chacune d’entre nous partant vers de nouvelles aventures… Pour vous aujourd’hui une petite sélection de bouquins à lire, que ce soit en vacances sur un transat ou durant la pause déjeuner au boulot, qui vous feront autant voyager que leurs narrateurs!

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Françoise Sagan, mon amour

Françoise Sagan disparaît en septembre 2004, au moment où j’entre en khâgne. Je m’en souviens précisément. Son nom, évidemment, m’était familier, Sagan, comme le beurre de Normandie et les abricots du Roussillon, c’est la France carte postale, une image d’Epinal, mais au fond, je ne la connais pas vraiment et je suis surprise du déferlement médiatique que son décès engendre : pendant un week end on ne parle que de ça. De Françoise, de ses scandales, de ses romans, de ce qu’elle détestait et de ce qu’elle aimait.

 Moi, j’ai 18 ans, et je découvre les romans et la personnalité de Françoise Sagan en même temps qu’elle disparaît, et, à en croire les nouvelles, c’est une française emblématique qui nous quitte. La fascination que suscite Sagan, qui lui valut une quantité folle d’interviews et un film réalisé en 2008 par Diane Kurys avec Sylvie Testud dans le rôle titre, tient sans doute plus à sa vie qu’à son œuvre. Lectrice des plus grands, Dostoïevski, Faulkner, Proust, Fiztgerald et William Styron, Sagan regrettera d’ailleurs longtemps que son écriture, une ribambelle de tours naturels et heureux, soit comparée à « une petite musique ». En fait, il est impossible d’entendre le nom de Sagan, un pseudonyme qu’elle s’est choisie à 19 ans, car son père refuse que leur nom de famille soit associé à son premier roman, Bonjour Tristesse, une centaine de pages un brin scandaleuse, sans l’associer aux excès : Sagan est et restera connue pour aimer les bolides, pour ses dépendances à l’alcool, aux drogues, et sa gestion calamiteuse de l’argent.

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Caryl Ferey

Une enquête bien noire, un choix des personnages intéressant, une part importante de la culture et des traditions, un cadre spatial exotique et surprenant ainsi que quelques passages de voyage, pour moi c’est cela les polars de Caryl Férey.

Mon histoire d’amour avec les romans noirs de Caryl Férey a commencé cet été sur la plage, les doigts de pieds en éventail à me faire dorer la pilule sur les côtes de l’Atlantique. Rangé méthodiquement dans ma bibliothèque  (comprendre : en tas par-dessus tous les autres) avec tous les autres livres pas encore lus, je glisse Zulu (avant-dernier roman de l’auteur) dans mon sac de voyage. Les vacances passent et je retarde de plus en plus la lecture de ce livre tant il me semble être barbant et sans intérêt (j’avais déjà essayé une première fois de le lire, mais les premières pages m’avaient découragée). Finalement, ma mère le lit, m’en fait presque une éloge et la bête curieuse qui est en moi se réveille. En effet, les pages défilent et c’est génial ! Lire la suite

Graphic Novels – La Bd aux frontières du roman

Le meilleur moment pour faire le plein de lecture, à part l’hiver avec un chocolat chaud fumant, c’est bien sûr l’été, lorsque les aprèm sont longues. Quoi de mieux que s’affaler sur un lit, une plage ou un hamac, une grosse pile de livres d’un côté, un smoothie framboise / lait d’amande de l’autre ? On en profiterait pour découvrir de nouveaux auteurs et pourquoi pas les «graphic novels», ces ouvrages grâce auxquels la Bande-Dessinée s’est offerte une respectabilité culturelle, au point d’inspirer les scénarii de plusieurs films cultes de ces dernières années…

La graphic novel en situation… D’une bd indépendante aux studios hollywoodiens.

Qui vous fait croire que le monde de la bande dessinée n’est qu’un sous genre littéraire, pauvre de surcroît, vous ment de manière éhontée. A côté des célèbres comics – de super héros aux pouvoirs fantastiques ou de chats paresseux, des bandes dessinés d’enfants ou des manga se trouve tout un genre encore relativement méconnu en France, celui des «Graphic Novels», ou «roman graphique», quoique l’expression ne soit pas tellement adoptée. Les «graphics novels» ne sont pas de «simples bande dessinées» mais de vrais récits, dont la complexité pourrait s’apparenter à celle des romans. Pourtant, les premiers à défendre l’appartenance des Graphic Novels au vulgum pecus de la B.D. sont les auteurs de graphic novels eux même. Alan Moore par exemple (le papa des Watchmen, V for Vendetta…) critique le terme qu’il réduit à une expression de marketing, quant à Daniel Raeburn, il considère que le terme «graphic novel» est à «comic book» ce que «technicien de surface» est à «femme de ménage» : au moins c’est clair, c’est pas parce qu’une B.D. a un début et une fin  une trame narrative, qu’elle doit s’émanciper du genre underground des comics indépendants.

Si l’on se dispute pour établir quel fut le tout premier format de Graphic Novels, le petit monde de la bd semble s’entendre pour dire qu’en tout état de choses, les premiers ouvrages revendiquant l’appellation datent de la fin des années 70. C’est Art Spiegelmann, avec sa b.d. Maus, qui retrace l’histoire de sa captivité en camp de concentration, récompensé par un prix Pullitzer en 1986, qui fait connaître le terme au grand public et à la critique littéraire, redorant du même coup le blason de la bande dessinée. Mais à l’origine, les Graphic Novels sont plutôt l’oeuvre de graphistes aussi déglingués et géniaux qu’underground, dans la lignée de Robert Crumb. On vend ces comic books d’un genre nouveau à quelques exemplaires dans de petites librairies à San Francisco jusqu’à ce que, rencontrant l’assentiment des lecteurs de bande dessinée habituels, mais aussi des journalistes, les Graphic Novels s’écoulent tels des best sellers, un tas de récompenses se créant d’ailleurs pour saluer les meilleurs efforts du genre…

Si les «graphic novels» semblent être caractérisé par une narrativité semblable à celle d’un roman, un format qui dépasse les réglementaires 45 pages des comics, et un graphisme relativement étudié, finalement, à en croire les commentaires des principaux intéressés -les auteurs, on reconnaît essentiellement la graphic novel au regard que pose la critique littéraire sur l’objet en question… Contrairement à la BD : la graphic novel est socialement et culturellement acceptable.

Peut-on réduire le monde des graphic novels à celui d’une B.D. plus prétentieuse que la moyenne, qui se passerait de super héros ? Que nenni, le géant Marvel DC est d’ailleurs parmi les premiers à adopter le format. Ce qu’il faudrait peut-être retenir, dans une tentative de caractériser ce pan hétéroclite de la bande dessinée (il y a des graphic novels autobiographiques, des fictives, des fantastiques…), c’est que la richesse des récits qui y sont mis en page et la créativité des graphismes – de Robert Crumb à Daniel Clowes, rend le genre très cinégique : on ne compte plus les ouvrages du genre passant au grand écran par le truchement des plus grosses maisons de production d’Hollywood : Ghost World, From Hell, Batman Begins, Sin City ou Watchmen pour ne citer qu’eux! Tous étaient, à l’origine, des bandes dessinées. Ou des graphic novels. Suivant votre camp.

Une sélection d’indispensables :

Temoignage historique, récit farfelu, ou super héros culte, ces différents ouvrages furent ou seront adaptés au cinéma, voici une petite sélection de bandes dessinées sont devenues aussi incontournables que n’importe quel roman classique.

 

Persepolis : le récit autobiographique de Marjane Satrapi est malheureusement plus que jamais d’actualité, en 4 tomes, Marjane raconte sa vie de jeune Iranienne, née en 1971 et qui doit vivre son enfance et adolescence en pleine Révolution Islamique.

Les bds de Frank Miller, Sin city, The Dark Knight : D’abord dessinateur chez Marvel et Dc Comics, Frank Miller n’a jamais tout à fait décroché des super héros, du fantastique et du polar, mais s’affranchit des codes du genre en créant son propre Batman (c’est à lui qu’on doit le Batman de Nolan, torturé et jusqu’au boutiste) et en renouvelant totalement Daredevil. Jackpot lorsqu’on lui propose de porter à l’écran Sin City ainsi que 300, qui sortiront tous deux en 2005. Avec plusieurs projets de ciné sous le bras, Frank Miller ne perd pas pour autant de vue la BD et lance une nouvelle série relatant la formation de Robin par Batman !

Ghost world, de Daniel Clowes, devenu un teen movie culte (et enfin intelligent), révélant au passage une Scarlett gravement adolescente. Ghost World est à l’origine une bd des 90‘s qui retrace avec l’objectivité du scientifique une histoire d’amitié qui s’effrite, une fois le lycée terminé. Familier mais cynique et mordant à souhait, Ghost World est à raison devenu une délicieuse référence en matière de comédie noire.

Black Hole de Charles Burns : enfin publié en France de manière intégrale en 2006, Black Hole a été largement récompensé et serait confié au réalisateur de Se7en, Fight Club, David Fincher. Charles Burns comptait rendre hommage aux films d’horreur des 70’s avec son intrigue rapportant comment un groupe d’adolescents de Seattle contracta une étrange MST à Seattle…

Un genre particulier, l’autobiographie :

Si un thème se distingue dans le récent milieu des graphic novels, c’est celui de l’autobiographie. Parce que la bande dessinée fait appel au dessin et donc s’avère être un format idéal pour restituer souvenirs et décors, et parce que son format long peut confiner à l’intime, l’autobiographie est rapidement devenue un genre de prédilections chez les graphistes.

Fun Home : Alison Bechdel revient sur sa vie familiale, en concentrant ses souvenirs sur la relation complexe qu’elle entretenait avec son père, mais rapporte aussi son expérience vis à vis de sujets sulfureux comme l’orientation sexuelle, la question de la construction du genre ou du suicide. Vraie autobiographie, à teneur psychanalytique garantie, et gros boulot sur le dessin (il a fallu sept ans à Alison Bechdel  pour illustrer son récit), Fun Home est un incontournable !

365 days : Pendant un an, de 2002 à 2003, Julie Doucet a écrit un journal illustré relatant son quotidien, son dessin grunge mais habité – elle n’utilise que de l’encre noire, rappelle celui de Crumb, et son style très intime a rapidement rendue les ouvrages de Julie Doucet cultes. Mais depuis, l’auteur canadienne a malheureusement décidé d’arrêter les comics… Nul doute que ses bande dessinées n’en deviendront que plus indispensables.

Blankets : Roman d’apprentissage de Craig Thompson qui relate son adolescence, son premier amour et son éveil sexuel, Blankets est en fait né du désir de l’auteur d’écrire une bande dessiné à propos de cette expérience métaphysique : dormir pour la première fois aux côtés de quelqu’un.

American Splendor : De 1976 à 2008, Harvey Pekar a publié des tranches de sa vie mises en bande dessinée ; la particularité de ce comic, mis à part son rythme de publication irrégulier, et sa très longue durée d’existence, c’est qu’au scénario on retrouve toujours Harvey Pekar, par contre, au crayon, les illustrateurs se succèdent, Harvey Pekar prend donc naissance à chaque fois sous des traits différents grâce à Eddie Campbell, Chester Brown, ou Alison Bechdel… Adapté en film en 2003, American Splendor est le récit autobiographie d’Harvey, qui n’a rien pour lui à la base, il s’agit d’un Mr Moyen, indécrotablement grogon et pourtant incroyablement touchant!

Sélection lecture pour la Saint-Valentin


A l’occasion de la Saint-Valentin, voici une sélection de quelques romans parlant d’amour.

Stormy vous conseille :

« A moi pour toujours » de Laura Kasischke

 » A moi pour toujours  » : voici le message que contient le billet anonyme que trouve Sherry Seymour dans son casier de professeur à l’université, un jour de Saint-Valentin. Elle est d’abord flattée par ce message qui tombe à pic dans sa vie routinière : son couple fatigué, son père malade et son fils unique de plus en plus distant sont les uniques composants de son quotidien. Son admirateur secret finit par obséder ses pensées : elle réussit à découvrir son identité, le rencontre et se lance dans une liaison torride avec lui. Le mari de Sherry se met alors à jouer un jeu dangereux sur lequel bientôt, plus personne n’aura de prise. Sherry perd vite le contrôle de sa vie faussement équilibrée. La tension monte, jusqu’à l’irréparable..

On rentre dans l’univers d’une femme avec ses doutes, ses interrogations sur ses amitiés, sa famille, sa vie de mère et d’épouse.. Mais c’est aussi un livre à rebondissements auquel on ne s’attend pas du tout ! D’autres personnages intéressants entourent Sherry, comme Sue, sa meilleure amie qui veut absolument tout savoir de cette idylle, et le jeune Gareth, dans sa relation ambigüe avec elle . L’histoire est vraiment prenante et on passe un bon moment de lecture.

Extrait :

« Sois à moi pour toujours. Qui peut bien m’avoir envoyé le premier message, et puis le second, et pourquoi ? Est-ce que j’ai dis un jour cela à quelqu’un, Sois à moi pour toujours ? Si jamais, je l’ai fait, je ne peux qu’imaginer que c’était à Reggie Black, l’été de mes dix-sept ans. Mais je n’ai jamais voulu qu’il fut à moi. Je voulais être à lui. Qu’il me réclame. C’était notre ambition à toutes, nous les filles, à l’époque. […] Est-ce que quelqu’un m’a jamais dit, de manière anonyme ou pas, « Soit à moi, pour toujours » ? Il avait fallu attendre si longtemps, pour que l’on me réclame ainsi et c’était un parfait inconnu !

Un autre roman : « Peut-être une histoire d’amour » de Martin Page


Virgile adore Paris, mais n’aime pas son travail : il est rédacteur dans une agence de publicité. Il vit seul sans conviction et a ses petites habitudes ( telle que celle de faire du yoga trois fois par semaine), et va tout aussi souvent chez le psychanalyste. Rien de bien palpitant en somme, tout comme dans sa vie sentimentale : il a l’habitude d’être délaissé par les femmes qu’il aime..

Pourtant un soir, sur son répondeur, il reçoit ce message : « Virgile, c’est Clara. Je suis désolée, mais je préfère qu’on arrête là. Je te quitte Virgile, je te quitte ».
Or, il n’a aucun souvenir de cette dénommée Clara. Il cherche en vain une explication satisfaisante et finit par prendre une décision inattendue : reconquérir cette femme qu’il ne connaît pas. Peut-être une histoire d’amour est une comédie romantique dont Virgile est le héros décalé. Rebondissements et quiproquos se marient aux réflexions sur l’amour et pimentent cette fable pleine d’esprit.

Extrait :

« Situés entre le Louvre, le Conseil d’Etat et la Comédie-Française, les bureaux de l’angence de publicité où Virgile travaillait étaient bien entourés. La station de métro enrobée de perle multicolores, comme une construction d’enfant pour la fête des mères, le ravissait. Pourtant, Virgile ne partageait pas d’intimité avec le quartier ; ils se côtoyaient en se tenant sur leurs gardes, conscients l’un et l’autre que cela pourrait mal finir. Le jeune homme ne revendiquait que deux îlots dans ce morceau doré du premier errondissement : la librairie Delamain et le café-restaurant A Jean Nicot, dernier tripot qui échappait à la clientèle chic endémique.
Il monta dans le bus et valida son titre de transport. Il avait cessé de prendre le métro depuis six mois, lassé de subir un constant sentiment d’oppression et s’occasionnelles crises de paniques.
Le trajet du corps accompagne celui de l’esprit. Virgile quittait sa journée de travail petit à petit. Il ne suffit pas de sortir de son bureau, d’emprunter l’ascenseur et de franchir les portes de l’immeuble. Une transition est nécessaire. La course parmi la circulation, le mouvement des roues du bus et celui de ses yeux sur le paysage des piétons, des voitures et des vélos, débarassaient Virgile de son travail et de ses collègues. A mesure qu’il s’approchait de chez lui, il se retrouvait. Virgile n’était pas toujours la même compagnie pour lui-même, mais la cohabitation entre ce qu’il croyait être, désirait être et était se déroulait sans trop de disputes. »

Sesilina, elle, vous recommande :

« Les yeux jaunes des crocodiles » de Katerine Pancol

Parce que la Saint Valentin n’est pas une fête réservée aux doux amoureux, mais qu’elle est simplement la fête de l’amour qu’il ne faut pas oublier au quotidien, je vous présente ici deux romans qui en parlent très justement.

Quel drôle de titre que celui de Katerine Pancol pour un roman qui conte l’amour sous toutes ses formes. « Les yeux jaunes des crocodiles » nous transporte dans un monde connu de tous, puisqu’il s’agit d’un monde où la vie quotidienne connaît ses aléas, où les gens se croisent et se décroisent, et où l’amour fleurit puis pince le cœur.
A la lecture de ce roman, on se lit, on se reconnaît, on comprend et on ressent. Que va devenir cette femme trompée, abandonnée par son époux ? Comment va t-elle rassurer ses filles sur l’amour que les parents leur portent malgré l’absence d’un père ? Comment va-t-elle reprendre goût à l’avenir ? Est-ce un homme singulier qui va l’aider à franchir le cap d’un nouvel amour naissant ? On retrouve dans ces pages, la femme esseulée qui cherche désespérément l’attention, le mari déçu, perdu et plein de questions, l’épouse qui ne rend pas son mari heureux, la maîtresse qui manque de confiance… Face aux difficultés de la vie, l’amitié profonde se laisse aller aux confidences, l’amour parental rassure et apaise, l’amour destructeur mais puissant de désir fait frissonner… Bref, l’amour est partout autour de nous et ce roman n’est pas sans nous le rappeler.

Extraits :

« Alors elle se mit à pleurer. Accrochée au rebord de l’évier, elle pleura, pleura. Son dos était secoué de sanglots. Elle pleura d’abord sur le vide que cet homme allait laisser dans sa vie, seize ans de vie commune, son premier home, son seul homme, le père de ses deux enfants. Puis elle pleura en pensant aux petites filles. Elles n’auraient plus jamais le sentiment de sécurité, la certitude d’avoir un papa et un maman qui veuillent sur elles.
Enfin, elle pleura d’effroi à l’idée de se retrouver seule. »

« Je l’aimais tellement, je voulais qu’on s’enfuie ensemble, il disait qu’il n’avait pas d’argent, je me suis confiée à lui et ce fut le début de tous mes ennuis. Ce homme, Jo, est un homme lamentable mais si séduisant… »

« A quoi tient la naissance d’un sentiment ? A une impression fugace, fluctuante, changeante ? A un angle qui dépasse, laissant la place à une illusion qu’on projette sur l’autre ? »

Et la suite de ce roman : « La valse lente des tortues »

Si comme moi, vous vivez la nostalgie de la fin d’un roman comme la fin d’une vie, vous serez heureuses de retrouver les héros et héroïnes de Kanterine Pancol dans « La valse lente des tortues ». Si les crocodiles restent le plus souvent immobiles, les tortues, elles, avancent, même lentement.
Ce roman est empreint de tout cet amour quotidien que nous donnent nos parents, sans condition, ainsi que nos frères et sœurs, nos amis. Mais il nous rappelle aussi nos premiers émois à 13 ans, le cœur qui s’emballe, les joues qui s’empourprent, le large sourire qui se fige et les yeux brillants. Il fait note des amours interdits emplis de désir brûlant, et de l’amour fraternel si fragile mais essentiel. On redécouvre l’importance de l’amitié dans la construction de soi, son soutien dans les moments les plus difficiles. Que ressent-on lorsqu’on est amoureux ? Pourquoi accorde-t-on tant d’importance au moindre mot de celui qui fait battre notre cœur ? Qu’est-ce qu’un cil offert dans un mouchoir de soie, ou une citation de Sacha Guitry écrite dans un roman ? Une preuve d’amour évidemment.
Mais parce qu’il n’y a pas d’amour sans haine ni problèmes, on vit également avec ces personnages les moments de détresse, de craintes et de trahison. On ressent la jalousie et la tristesse des uns, quand d’autres parlent aux étoiles pour garder l’espoir d’une vie pleine d’amour.

Extraits :

« Il y eut ensuite une minute de grande solennité qui les entraina dans un domaine où ils  n’étaient encore jamais entrés : celui de l’abandon. Ils se mangeaient l’intérieur de l’âme, le velouté du cœur et pouvaient dire, sauf qu’ils ne prononçaient pas les mots, exactement
ce à quoi ils pensaient. Ils se le dirent avec les yeux. Comme si ça n’existait pas ou que ça ne devait pas exister encore. »

« Je ne savais pas que ça me ferait ça, j’ai envie de le hurler au monde entier dans la rue !
En fait non, j’ai envie de le chuchoter à tout le monde comme un secret qu’on peut pas s’empêcher de raconter. […] Je le dis sans parler. Ça se mélange grave dans ma tête. Y’a un truc en plus, c’est que j’ai l’impression de rayonner. […] Je suis plus la même. Et pourtant je suis la même. Ça fait comme si j’avais un grand ballon dans la gorge, comme si j’avalais plein d’air. Ça fait le cœur qui s’envole qui bat comme une casserole avant de le voir, tellement j’ai peur de pas être assez jolie, qu’il m’aime plus ou quoi. J’ai peur tout le temps. Je vais aux rendez-vous sur la pointe des pieds de peur qu’il change d’avis »

« J’ai l’impression que quelque chose va sortir de ma poitrine et de mon ventre tellement je suis heureuse. Quelque chose va exploser et montrer mes entrailles à tout le monde. […] J’ai rien dit à ma mère. Ça me tue quand j’y pense. Je me demande si elle aussi, a les entrailles qui explosent quand elle pense à Philippe. Je me demande si l’amour, c’est pareil à tous les âges… »

Et vous, avez-vous d’autres livres d’amours à conseiller ?

Stormy et Sesilina

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