Archives d’Auteur: helium86

Helium contre les remakes : le cas Verhoeven – massacre au bistouri

On vous le dit, on vous le re-dit, on vous le répète, mais enfin, vous n’écoutez pas ou quoi ? A Hollywood, on n’a plus d’idée.

Fini, c’est fini, on sait plus quoi faire. Suites, remakes, préquels, suites de préquels, n’importe quoi, tout le temps, plus rien à foutre, c’est bientôt la fin du monde. Au point que les critiques ont laissé tombé, z’ont plus rien à se mettre sous la dent. Allez, Lincoln contre les vampires, c’est un bon film « décomplexé ». Les Dark Night, allez hop, chefs d’œuvres, direct. Bin voyons. Quant aux antiquités de Paul Verhoeven ? Bah on va les refaire. Les originaux ont vieilli. Si si, je te jure. On est jamais assez cynique, hein.

Total Recall bis est donc sorti, avec Collin Farell et vous savez quoi ? C’est une merde ! Un des films les plus cons de l’année selon Ecran Large ! Ca alors ! Pas de problème, bientôt pour compléter ce tableau de chasse on assistera à la ressortie de Robocop, dont le scénario cru 2012 (lisez deux mille bouses) fait déjà frémir d’horreur ceux qui ont eu la malchance de l’avoir sous les yeux. Robocop chez Al Quaeda, il paraît. Putain, les fumiers. Starship Troopers ? 1997 ??? Si si. Apparemment « moins drôle, moins violent et moins politique ». Putain, les fumiers. Excusez les gros mots, c’est pas mon habitude. Pour m’exprimer plus correctement, disons que j’invite cordialement les initiateurs de ces ignominies à pratiquer le sexe anal avec leur maman. Explication.

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The Fuck ?! Bernard Henri Lévy

Que fait Bernard Henri Lévy entre deux actes diplomatiques héroïques ? Il fait des films avec Alain Delon, l’autre plus grand français de la Terre. Avec Le Jour et la Nuit sorti en 1997, BHL dévoile sa tourmente à travers le personnage d’Alexandre (Delon, donc), écrivain taciturne retiré dans une amérique du sud en proie à la guerre civile. Meurtri par la folie et la méchanceté des hommes, il ne trouve la paix qu’avec de brèves ballades en montgolfière (la fuite, le rêve). Heureusement, la belle Arielle Dombasle (Madame BHL à l’époque), qui va jouer dans l’adaptation de l’un de ses chefs d’oeuvres littéraires, va le tirer de son désenchantement.

Ratage historique et formidable, à la hauteur de l’énorme promotion qui l’a suivi, Le Jour et La Nuit a redéfini les limites du ridicule au sein du cinéma français. Se voulant parabole intellectuelle, philosophique et humaine, ce fiasco n’est en fait qu’un brave effort onaniste d’un BHL sûr de son génie, appuyé par l’interprétation de son double métaphorique Delon, si bon acteur qu’il n’a même pas besoin de jouer. Les acteurs y sont d’ailleurs pour beaucoup, le pire étant encore Karl Zéro en producteur bavard (si si, Karl Zéro) dont on qualifiera sobrement l’interprétation de trop belle pour être vraie. Le tout, d’un sérieux inébranlable, est parsemé d’érotisme moite (« regardez le beau cul de ma femme !« ) d’effets spéciaux baltringues (ah la la, cette explosion de montgolfière…) et bien sûr, d’une somme de prétention hallucinante.

On aurait pu enterrer ce métrage gênant comme une énième anomalie monstrueuse du cinéma français, mais c’était sans compter l’acharnement de BHL à nous prouver qu’il s’agit d’un grand chef d’oeuvre malade incompris (« J’ai voulu faire trop grand, trop beau, trop fort » cherchez pas il l’a vraiment dit).  Donc, aujourd’hui, en 2012, sortie d’un DOUBLE DVD, avec sur un premier CD la bouse en question, et sur le second, attachez vos ceintures, un documentaire sur le complot cabalistique des critiques qui ont VOULU l’échec de Saint Bernard Henry. Avec la participation de l’équipe du film, et de tous les potes de BHL, dont l’ignoble Yann Moix, scribouillard du Figaro et glorieux réalisateur de Cineman (qui a reçu une seule bonne critique : celle de BHL) qui eu jadis comme projet d’adapter sur grand écran Voyage au bout de la nuit de Céline (comme WTF news, on fait pas pire). Voici donc la bande annonce du machin, illustrant tout le mal que peut engendrer une telle somme de mégalomanies déplacées. On appréciera la tentative bidonnante du montage qui tente désespérément un lifting esthétique pour rendre branché un film définitivement ringardisé par sa photographie de téléfilm.

La Rumeur

« Considère moi comme une bombe / Dont tu as allumé la mèche / Et qui égrène les secondes / D’une saison blanche et sèche » (L’Ombre sur la mesure)


C’est à point nommé que débarque le nouvel opus du groupe de rap français le plus passionnant de ces dernières années. Dès le lendemain du premier tour, dont le résultat n’a ému personne. Alors que le score du FN n’a jamais été aussi important, que Sarkozy rend légitime une bavure policière, et que François Hollande se réclame du sinistre Tartuffe que fut Mitterrand. Le climat est à l’orage, l’époque à l’écœurement, le futur est incertain.
« L’avenir ne me dit rien et c’est réciproque » (Qui ça étonne encore ?)

L’avenir n’est plus à craindre, parce que le présent craint déjà. C’est ce que dit le titre du dernier album de La Rumeur. Tout brûle déjà. Et ouais, La Rumeur n’est pas là pour rigoler, presque quinze ans qu’elle revendique ce postulat : chez La Rumeur, on n’entendra jamais La Fièvre ou Le Mia. Sombre, lourde, oppressante, La Rumeur ne nuance jamais sa colère, son désespoir, sa rage. Inutile de préciser que ça en fait fuir plus d’un. La prise de position est certes contestable, si l’on considère la musique avant tout comme un loisir, mais reste que Ekoué, Hamé, Philippe et Mourad ne font pas marche arrière et assument jusqu’au bout. Le retournement de veste, l’eau dans le vin, pas le genre de la maison. Bien sûr, ça créé des embrouilles, parce que non content de rapper sans concession, les quatre de La Rumeur ont des textes à la hauteur de leurs ambitions, mais surtout une rhétorique de fer, un discours construit, une intelligence ciselée. Et ça, c’est toujours plus compliqué à corrompre que le rappeur français moyen. Skyrock en fait les frais, sous les pluies d’injures et d’attaques acharnées du groupe, ne supportant pas de voir le rap exploité et affadi par une bande de requin en costards. Lire la suite

Phil Spector : Ascenseur pour l’échafaud


Recommandation de l’auteur : faire tourner la vidéo suivante pendant la lecture de l’article.


 

On ne peut pas vivre correctement sa passion pour le rock et ses génies malades sans un jour croiser le chemin de Phil Spector. Longtemps il fut bon ton d’ignorer son importance capitale dans le monde de la Pop, il a quasiment fallut attendre son incarcération en 2003 (voir en fin d’article) pour que son travail soit reconnu à sa juste et inestimable valeur. Qu’on le tienne responsable du présumé échec artistique du Let it Be des Beatles ou de la spectaculaire dégringolade du rock’n’roll vers les affres du show business, Spector n’en demeure pas moins le plus brillant des pères fondateurs du courant le plus inutile et le plus vital de l’histoire de la musique, la Pop.

Car si Warhol a prédit l’art éphémère, l’art comme produit de consommation et le quart d’heure de gloire, c’est Spector qui a illustré le concept à son paroxysme, l’étirant dans de phénoménales proportions, jusqu’à la contradiction. Nous sommes en 1960, et désormais, les artistes sont jetables une fois essorés de leur talent, et les petites bluettes naïves que l’on en a tirées sont d’éternels chefs d’œuvres. Laissons le blues, la country et le rockabilly aux fifties : les années 60 seront Pop.

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Curb your enthusiasm

Ben Stiller, David Schwimmer, Mel Brooks, Julia-Louis Dreyfuss, Alanis Morissette, Jason Alexander, Jerry Seinfeld, Martin Scorsese, Dustin Hoffman, Martin Short, Shaquille O’neal, Sacha Baron Coen, Michael J. Fox, Rosie O’Donnell. Oui, je commence cet article de la façon la plus putassière et racoleuse qu’on puisse imaginer, en citant pêle-mêle plusieurs des prestigieux guest-stars s’étant déjà pris la tête avec Larry David, inconcevable anti-héros de la série comique la plus folle de ce vingt-et-unième siècle, Curb Your Enthusiasm. Lire la suite

The Kinks

J’ébaucherai cet article par une révélation fracassante : ce mois de février 2012 ne célèbre aucun anniversaire relatif à la carrière des Kinks qui justifierait un article sur ce groupe pop cinquantenaire. Enfin, si, un : il y a un an, Ray Davies, leader du gang, déclarait une reformation imminente et… Oui, bon, tout le monde s’en fout. Ne faites pas semblant, les reformations n’intéressent personne, et surtout pas moi !

(Mon compte en banque tient à témoigner : je me rappelle bien avoir raqué pour un concert des Stooges, des Pixies et de NTM ces dernières années, alors entendre HeLiuM snober les reformations,  ça me fait bien marrer. Ha ha.)

Oui, bon, ce que je voulais dire avant d’être grossièrement coupé dès mon premier paragraphe, c’est que l’actualité des Kinks étant inexistante, je n’ai aucun angle d’attaque, aucun prétexte pour parler ici de leur musique, de leur musique que j’aime profondément, et c’est bien embarrassant. Ces derniers temps, les Kinks ont eu une importance colossale dans ma propre vie : depuis des mois, ils ont tout simplement rythmé mes journées, toutes mes journées, quasiment sans exception. Oui, The Kinks, le vieux machin né en 1964, l’éternel numéro quatre des sixties anglaises, (après les Beatles, les Stones et, pfff, les Who…) qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, je ne suis plus à un anachronisme près. Les Kinks, vous les connaissez, on les chante même chez la Nouvelle Star ! Girl, you really got me now… Qui ? Steeve Estatoff ou Julien Doré, je ne sais plus trop, mais si cela vous intéresse vraiment, je vous invite à chercher sur Google et à arrêter de lire cet article. (NDLR : Helium on dit pas ça aux lecteurs d’un blog, c’est mauvais pour les statistiques) Lire la suite

Red Hot Chili Peppers

Les Red Hot Chili Peppers, ou comment une bande de guignols californiens est devenue l’un des plus gros groupe de rock du monde. Aujourd’hui ils carburent à la tisane, mais à leurs débuts, dans les années 80, ils étaient déjantés et fougueux, pas professionnels, pas carriéristes, pas sérieux. En près de 30 ans de carrière, les Red Hot ont rempli toutes les closes de leur contrat de rock stars, surtout celle concernant les drogues, consciencieusement consommées jusqu’à la fin des années 90 et jusqu’à l’album dit « de la maturité », Californication.

Quand on écoute le premier album éponyme, il y a de quoi se poser des questions. Est-il possible que les mecs responsables d’un truc crétin et moche comme True Men Don’t Kill Coyotes soient les mêmes qui ont écrit Under The Bridge ? Mais dès le deuxième disque, les énergumènes trouvent le moyen de débaucher Georges Clinton, pape du funk et ex Funkadelic. Certes, le bassiste Micheal « Flea » Blazary a un feeling hors du commun et Hillel Slovak est un guitariste Hendrixien en diable. Mais les chansons composées n’en sont pas toujours, vastes délires potaches ou mégalos. Résultat, les meilleurs titres sont des reprises (Hollywood et If You Want Me To Stay). Kiedis ne chante pas très bien, rappe comme un blanc, manie étrangement le rythme et le flow et ne parle que de cul et de ses potes. Kiedis est un vrai freak, en fait, et cela colle parfaitement avec la basse hystérique de son compère Flea. Musique de potes sans grande ambition si ce n’est d’imiter les vieilles idoles, celle-ci se démarque par une énergie hallucinante et complètement exempt de recul, et un humour un peu barré. Petit succès public, l’album est une réussite et les Red Hot Chili Peppers comptent déjà un encourageant nombre d’admirateurs.

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Monidole : R.E.M., la séparation

Ce mois-ci, les 90’s nous hurlent qu’il ne faut pas les oublier : Nevermind fête ses vingt ans, les Red Hot sortent un nouvel album et surtout, R.E.M., qui triompha internationalement en 1991, se sépare. Malgré une fin de carrière franchement tiédasse, l’héritage artistique du groupe géorgien demeure impressionnant. Bilan !

C’était à la fin des années quatre-vingt-dix. Dans une de ces abominables fêtes de village qui traumatisèrent plusieurs générations de gens civilisés et raffinés. Autour de moi, des adultes, non dénués de bon sens, s’extasiaient sur les standards de Police ou de U2, prêchant le bon vieux temps que nous n’avions pas connu, nous, futurs nerds 90’s, qui avions eu le malheur d’échapper au Hair métal, aux claviers Bontempi et aux coupes mulet. Une fois ce dangereux discours terminé, la Danse des canards retentissait et je les voyais bondir les uns vers les autres pour ébaucher une cauchemardesque chorégraphie que ma mémoire a jugé bon d’enfouir dans les abîmes de mon inconscient. Et soudain, au milieu de ce film gore pour mélomane, retentissait une chanson pop, brillante et naïve, un duo de guitare intelligent et jamais bavard, et une voix aussi chaude que brisée, qui semblait dire que, oui, une alternative est possible. Cette chanson, c’est The One I Love, de R.E.M.

Ce qu’incarne R.E.M. dans les années 80, c’est une véritable bouffée d’oxygène dans le paysage musical ambiant. Pas qu’il n’y ait rien à se mettre sous la dent dans la décennie, non, mais R.E.M. est le seul groupe à proposer une musique pop rafraîchissante, maligne, positive et en même temps rigoureusement indépendante. Les héros des 70’s sont largués, le punk est en mode sombre et malsain, les hard rockers font de la musique aussi grasse que leurs cheveux et la pop vire à l’électro-cynisme. On dit souvent que les albums du Velvet Underground se sont très peu vendus, mais que les rares acheteurs ont tous formé des groupes. Indéniablement, cette maxime a été créée pour un groupe comme R.E.M. Mais si Sonic Youth a dû user la galette du destructeur White Light / White Heat, R.E.M. serait plutôt influencé par leur troisième album éponyme, rempli de chansons folk éblouissantes.

On dit aussi, bien souvent, que R.E.M., c’est U2 à visage humain. Il y a de ça. Lire la suite

On ne joue plus : Patrick Dewaere dans Série Noire

Frank Poupart n’est qu’un médiocre VRP, un baratineur de première qui parvient difficilement à boucler les fins de mois. Coutumier de l’entourloupe, il roule constamment son boss et ses clients qui, pour ainsi dire, ne méritent pas mieux. Car tout est laid autour de Poupart, les rues, les immeubles, les appartements, les gens. Il vit dans la plus sinistre banlieue que l’on puisse imaginer, avec une femme qui se force à l’aimer (Myriam Boyer), mais qui ne tardera pas à se barrer.

Et c’est seul que Poupart va se mettre à disjoncter. On le sent pourtant rêveur, rigolard, presque jovial, le Frank, on lui trouverait même une âme d’artiste. Mais que voulez vous, ce pauvre branque n’a simplement pas fait un seul bon choix de toute sa vie.

Patrick Dewaere

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On ne joue plus : Harvey Keitel dans Bad Lieutenant

Lors du tournage de Nosferatu de Murnau en 1922, on raconte que Max Schrek, interprète du fameux vampire, terrorisa toute l’équipe de tournage en se laissant un peu trop prendre au jeu, certains même crurent dur comme fer que Shreck était un véritable vampire… Cette rubrique s’intéresse à la limite fragile qui sépare un interprète de son rôle, le jeu dangereux de l’identification à un personnage de fiction, la réalité à travers un scénario imaginaire…

Harvey Keitel dans Bad Lieutenant

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