Jussi Adler-Olsen, nouveau maître du thriller

Quand on parle « thriller », on pense Mary Higgins Clark, Harlan Coben, Stephen King, Mo Hayder ou Patricia Cornwell. Depuis une dizaine d’années, il faut y ajouter Jussi Adler-Olsen. Ce nom ne vous dit rien ? Heureusement, Glory Box est là pour combler cet immense vide dans votre culture littéraire et mon petit doigt me dit que l’auteur danois ira rejoindre les autres sur votre liste après cet article !

Jussi Adler-Olsen

Jussi Adler-Olsen

On va passer rapidement sur sa biographie, ce n’est pas là le sujet. Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen, né en 1950 à Copenhague est, depuis 2007, l’un des auteurs de plus en plus en vogue pour les amateurs du genre. Pour preuve, il a reçu en 2010 les boghandlernes gyldne laurbær, c’est-à-dire le prix du club des libraires. La même année, son roman Dossier 64 est la meilleure vente de livres en 2010 au Danemark. Et nous voilà arrivées au cœur du sujet : la série des Enquêtes du Département V !

Car ce qui a fait passer Jussi Adler-Olsen du statut d’auteur de polar à celui de maître du suspens réside dans une série de six enquêtes où la personnalité des personnages tient une place au moins aussi importante que les cold case qu’ils résolvent. Tout au long des ouvrages, que j’ai découverts par le plus heureux des hasards dans ma bibliothèque municipale, le lecteur suit le grincheux commissaire adjoint Carl Mörck du Département V des affaires non élucidées vieilles de plusieurs années, Hafez el Assad l’érudit réfugié syrien (personnage prémonitoire ou juste tristement dans l’actualité ? A vous de choisir !) et Rose la punkette nymphomane bipolaire, aidés (ou pas, d’ailleurs), par d’improbables assistants. Des caractères bien trempés et terriblement bien écrits, dans lesquels l’influence du père psychiatre de l’auteur se ressent. Les enquêtes teintées d’humour noir de l’inspecteur torturé sur fond complexe d’intrigues et de sous-intrigues tiennent plus de treize millions de lecteurs en haleine dans le monde, qui le lisent dans une quarantaine de langues.

Des ouvrages indépendants les uns des autres

Miséricorde, le premier opus des Enquêtes du Département V

Miséricorde, le premier opus des Enquêtes du Département V

Outre le canevas psychologique des personnages avec leur part sombre, interdite, secrète, et l’ironie, les romans laissent aux lecteurs leur pouvoir d’imagination et ce malgré la précision de l’auteur qui se rend vraiment sur les différents lieux, visite, fouine et glane des informations indispensables auprès de flics à la retraite. Pas de hasard donc dans ces romans qu’on n’a pas envie d’arrêter même après la lecture du point final.

Mon roman coup de cœur ? Celui par lequel j’ai découvert la série : Miséricorde, le premier volume qui retrace l’enquête pour retrouver Merete Lyyngaard, avenir politique du Danemark qui croupit dans une cage depuis des années. L’ambiance est telle dans ce premier opus qu’en ouvrant Profanation, la suite, on se demande comment l’auteur pourrait réussir un tel coup de maître une deuxième fois. Et pourtant, quand Carl Morck et son assistant Assad se mettent à décortiquer un dossier déposé par une main anonyme sur leur bureau, au sujet d’un double meurtre dans une maison de campagne qui aurait déjà trouvé son dénouement – le coupable permet d’innocenter une bande de jeunes gens très riches pratiquant des parties de chasse avec des trophées douteux – on est tenu en haleine par une écriture fluide, des personnages clivés et une histoire forte et violente.

Les quatre premiers opus de la saga.

Les quatre premiers opus de la saga.

Promesse, sortie en janvier 2016

Si l’intrigue et le rythme du troisième épisode, Délivrance, m’a un peu moins convaincue, la psychologie des personnages et les délicates références au contexte socio-politique danois poussent à tourner les 660 pages jusqu’à la dernière. Dossier 64 est le dernier opus que j’ai lu, bien qu’il ne soit pas le dernier de la série. Car c’est un autre des (nombreux!) points forts de la saga : les épisodes peuvent se lire indépendamment les uns des autres. Les personnages et leur contexte perdent un peu de profondeur mais le sens n’en est pas altéré. Dans cette quatrième enquête, le trio est poussé à rouvrir une macabre enquête sur la disparition inexpliquée d’une prostituée qui les mène à une sombre affaire d’internement et de stérilisation forcés de femmes. Clairement, avec Dossier 64, Jussi Adler-Olsen fait monter la tension d’un cran en nous plongeant dans un sombre chapitre de l’histoire du Danemark, où l’influence des extrêmes est plus que jamais d’actualité. Pourtant, l’épisode suivant (que j’ai lu avant, donc), L’Effet Papillon, avait déjà placé la barre très haut avec une enquête complexe de disparition et de meurtres sur fond de corruption internationale au suspens haletant entre les rues de Copenhague et l’Afrique.

Le dernier né de la saga, sorti en France en janvier 2016.

Le dernier né de la saga, sorti en France en janvier 2016.

Alors, convaincues ? Allez, comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, sachez que le sixième opus des Enquêtes du Département V, Promesse, est sorti en janvier 2016. Je n’ai pas encore eu le temps ni l’occasion de le lire mais l’intrigue semble tourner autour de la mort d’une jeune fille retrouvée dans les branches d’un arbre dix-sept ans auparavant. Les avis sont un peu plus mitigés mais reflètent-ils réellement un roman peu convaincant ou cinq autres particulièrement riches et éprouvants qu’il est difficile de tenir le rythme ? Qu’importe, ce livre finira bientôt sur ma table de chevet, parce que retrouver le trio de personnages, c’est comme retrouver de vieux amis. Des amis qu’on pourra revoir pendant encore quatre ans ; le Département V comprendra dix tomes – pas un de plus – et les grandes lignes en sont écrites depuis le début et conservées dans un coffre.

La petite info en + 

La première adaptation TV des polars de Jussi Adler-Olsen ne convainc pas. Pourtant, Nikolaj Arcel, qui a œuvré sur l’honnête série basée sur le triptyque Millénium de Stieg Larsson, figure parmi les scénaristes. Mais les deux premiers téléfilms, Miséricorde et Profanation font pâle figure face aux livres avec des personnages aplatis.

 

La première enquête, Miséricorde, était présentée en vidéo à la demande en 2015 et Profanation au cinéma en avril 2015.

La première enquête, Miséricorde, était présentée en vidéo à la demande en 2015 et Profanation au cinéma en avril 2015.

 

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Publié le 7 février 2016, dans Bouillon De Culture, Lire, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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