Les livres qui m’ont fait du bien

Aujourd’hui, une GB nous livre un témoignage poignant sur la façon dont certains livres lui ont apporté le soutien dont elle avait besoin et les réponses aux questions qu’elle se posait alors qu’elle traversait des moments éprouvants et difficiles de sa vie. 

Au cours de mon adolescence, les choses n’ont pas été forcément simples. Quelque part, un peu comme tout le monde, mais l’un des soucis qui m’a le plus perturbée a bien failli me faire plonger au fond du trou. J’avais du mal à trouver du soutien auprès de ceux qui m’entouraient. Ce sont finalement des livres qui me l’ont apporté, au fur et à mesure des années, au fur et à mesure des évènements de ma courte vie. Ils m’ont aidée à mieux comprendre le monde qui m’entourait, à traverser des moments plus ou moins difficiles et à prendre des décisions importantes pour ma vie. Je voudrais aujourd’hui partager cette expérience avec vous.

Pour les citer, il s’agit principalement de Au cœur des émotions de l’enfant d’Isabelle Filliozat (il a été le premier !) et de Parents Toxiques de Susan Forward. D’autres livres, plus « philosophiques », m’ont aussi redonné force et courage. Je pense à L’Alchimiste de Paulo Coelho et à Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré, du même auteur. Deux œuvres qui m’ont sincèrement touchée et qui m’ont appris à suivre mon instinct et à ne plus chercher à devenir une autre personne. Ces quatre livres m’ont permis d’évoluer, notamment à travers un certain nombre d’évènements récents de ma vie.

Retournons quelques années en arrière…

A quinze ans, j’étais perdue dans mes études, accompagnée de quelqu’un et voulant quitter mes parents. La maladie de ma mère me terrifiait. Je voyageais de ville en ville avec seulement quelques affaires m’appartenant et au fil du temps, j’étais de plus en plus déprimée… Cela a duré jusqu’à mes 20 ans finalement. C’est à ce moment-là que j’ai plongé dans la lecture, cherchant à comprendre plus exactement la dépression de ma mère et à rêver à celle que j’étais réellement, avant de devenir celle que je suis aujourd’hui véritablement.

A la lecture d’Au cœur des émotions de l’enfant de Filliozat, j’ai d’abord compris une chose importante : non, ma mère n’était pas un alien, ni moi d’ailleurs, nous étions seulement différentes par nos personnalités ou nos réactions. Pleurer était toujours un fardeau, comme si j’abandonnais ma fierté à chaque fois qu’une larme coulait et ca a duré… Ce livre était le début de quelque chose de nouveau pour moi, car j’ai compris grâce à lui que toutes mes émotions étaient enfouies en moi.

Mais le temps passe… Et il s’écoule toujours. Il y a deux ans, je me suis laissée déborder. Non par mes émotions mais par ma propre vie. Des études à l’arrêt, des relations de plus en plus compliquées avec mes parents, la dépression de ma mère qui empirait, bref, une vie pas tout à fait rêvée. C’est à ce moment-là, il y a maintenant un an et demi, que j’ai lu Parents Toxiques de Susan Forward. Aujourd’hui, je ne l’ai plus, je l’ai laissé chez mon ex pour tout vous dire car désormais, cela fait partie du passé… Mais cet ouvrage a été, pour moi, une révélation. J’ai pleuré, beaucoup, en le lisant. Difficile de lire des témoignages poignants quand, vous-même, vous vous rendez compte que vous avez vécu cela avec vos propres parents.

En le lisant, je qualifiais sur le coup mes parents de « déficients ». Oui, le mot est dur mais il résumait ma situation à cette époque. J’étais en charge de ma mère dépressive, je devais prendre des responsabilités qui n’avaient pas à être prises par moi. Aujourd’hui, avec le recul, je sais ce que j’ai fait, cela ne s’oublie pas, mais j’ai compris pourquoi beaucoup me disaient, quand j’avais 13 ou 14 ans : « Arrête de vouloir grandir trop vite ». C’est facile de croire que tout se fera en claquant des doigts mais c’est bien plus dur quand on se prend la réalité (ou la vérité, dans mon cas aussi…) en pleine face. C’est ainsi qu’avec l’ouvrage de Forward, j’ai pu me rendre compte qu’il fallait que je passe au dessus de la dépression de ma mère et de mon statut de « jeune fille soumise » pour mon ex. Cela a été la décision la moins simple, mais en décembre 2014, j’ai coupé les ponts avec mère et cela a été la révélation : l’emprise ne devait plus être présente.

Suite à ça, tout s’est enchaîné plus ou moins rapidement, même si ces mois m’ont parus éternellement longs. Quelques années auparavant, j’avais déjà lu L’Alchimiste, c’était en 2011 je pense… Il m’avait bien sûr touché mais à la première lecture, il ne m’avait pas fait autant d’effet qu’il y a un an. Quand je l’ai lu, c’est étrange mais ce petit berger m’a fait d’autant plus comprendre que ma vie n’était pas celle que je voulais. Je l’avais déjà compris étant donné que peu de temps avant, je venais de commencer les séances chez ma psychologue, mais cet ouvrage m’a fait insister sur ce fait. Quand j’ai lu le second livre de Coelho – pourtant spécial il faut l’avouer ! – j’ai eu un second « choc ». Cela peut paraître bizarre mais je me voyais là, désespérée, à lire un livre qui remuait tellement de choses sur ma vie d’il y a un an ; au chômage, en couple depuis plus de 6 ans et pourtant, bien trop mal avec celui que j’avais aimé.

Les choses se sont accélérées au fur et à mesure de mes séances chez la psychologue. Ainsi, j’ai rompu les ponts avec ma mère et entre temps, j’ai repris le travail en arrêtant d’aller à droite, à gauche dans mes études. Mais soumise à mon ex (le mot est fort, oui mais c’était vraiment ça… j’étais sa chienne et lui le maître !), je continuais à déprimer jusqu’au jour où j’en ai eu marre d’entendre toutes ses critiques au quotidien et d’être une pauvre femme au foyer qui n’était même plus embrassée. La liberté, le soulagement est arrivé le jour où je me suis séparée de mon ex et que je suis partie de chez lui. Je me suis retrouvée à la rue, oui, mais en ayant compris ce qu’était finalement la vie : des hauts, des bas, mais tant que la dignité est là, tout va (elle que j’avais perdue au cours de ces années).

J’ai relevé la tête, un jour de juillet, et aujourd’hui, à travers ce témoignage, je me permets de le dire : oui, ma psychologue m’a aidée d’une certaine façon à apprendre moi-même qui j’étais, mais ces livres m’ont aussi permis de prendre des décisions, de me rendre compte que je n’étais pas heureuse et qu’importent les maladies, les difficultés d’argent que j’ai connues, les jugements que j’ai eus. J’étais quelqu’un d’autre pour faire plaisir aux gens qui m’aimaient, mais j’étais devenue quelqu’un que je détestais.

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Publié le 31 janvier 2016, dans Être une gloryboxeuse, Vis ma vie, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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