Reprendre ses études après 30 ans

En ce mois de janvier 2016, la rédaction de Glory Box a choisi de démarrer l’année sur un thème positif s’il en est : repartir du bon pied. Voici donc le témoignage de Leila, qui après avoir travaillé pendant plusieurs années, a décidé de changer de vie et de reprendre ses études.

Je m’appelle Leila, j’ai 32 ans, célibataire, 1 enfant et je suis … Etudiante !

Bon, non, en vrai je suis salariée mais je ne travaille plus. J’ai entamé il y a quelques mois une formation de secrétaire médicale.

Pourquoi reprendre des études ? 

J’ai arrêté l’école très tôt, je n’ai même pas le Bac. Ça a toujours été un complexe pour moi, même si j’ai réussi à évoluer sans, je reste persuadée que c’est un bagage en plus. Et comme je souhaite changer de carrière pro, je n’avais pas d’autre solution. Je souhaite changer de vie, la grande distribution m’a beaucoup apporté, j’ai adoré ma vie là-bas et je suis fière de ce que j’y ai accompli mais ça coince avec ma vie de maman solo : les horaires décalés, bosser les weekends, les jours fériés, les vacances scolaires, etc… J’ai ressenti le besoin d’être beaucoup plus présente pour Loni et du coup j’ai tout fait pour aller dans ce sens. Mais avant d’entamer ce changement, il fallait que je passe par la case reprise d’études.

Pourquoi le secrétariat médical ?

Après la 3ème, j’ai fait deux années de CAP Préparatrice en Pharmacie, j’ai donc côtoyé le milieu médical et ça m’a toujours passionnée. Quand je bossais dans la grande distribution, j’allais très souvent donner un coup de main à la parapharmacie et ça me faisait kiffer de parler molécules, d’employer tous les termes médicaux que j’avais appris à l’école. Du coup le secrétariat médical a été une évidence. Je garde le côté relationnel que j’adore tout en renouant avec le milieu médical.

Et je ne vais pas vous cacher que les horaires d’une secrétaire médicale ont aussi fait pencher la balance. Même si j’ai bien conscience que beaucoup de secrétaires médicales travaillent aussi les samedis matins, c’est quand même plus relax que le commerce ou la restauration par exemple.

Comment je m’y suis prise ?

J’ai dû monter un gros dossier et me montrer très convaincante. Ma formation est entièrement prise en charge par le Fongecif Ile-de-France.

La première démarche a été de trouver une école (pour moi c’est Pigier Performance Paris), et de convaincre cette école de m’accepter lors d’un entretien. Ensuite, j’ai fait un courrier à mon employeur pour lui demander une autorisation d’absence. Je ne sais pas si c’est partout pareil mais, là-bas, c’est toujours accepté. Vient ensuite l’étape la plus difficile : monter le dossier, et surtout la lettre de motivation pour le Fongecif car sans l’accord de cet organisme je ne pouvais pas entamer ma formation. J’avais d’ailleurs déjà fait une demande il y a un an, qui m’avait été refusée. J’ai donc fait ma lettre de 4 pages, envoyé les 12 derniers bulletins de salaire, CV, bulletin de note de la dernière classe suivie…etc. Puis l’attente… Cette fois-ci, ça a été assez rapide mais ça peut durer trois mois. Ils ont jusqu’à un mois avant le début de la formation pour répondre.

Le gros avantage du CIF, c’est que je continue à toucher mon salaire. Je fais toujours partie de ma boîte et donc je conserve tous les avantages : tickets resto, remboursement des transports, cartes cadeaux, etc…

Et alors, comment se passe la reprise d’études ? 

Alors là, c’est une révélation, GROS KIF, j’apprends tellement de choses !!!! Alors qu’au collège et lycée j’étais plus que médiocre parce que je préférais foutre le bordel plutôt que de bosser en cours. Là, c’est tout autre chose, je suis hyper assidue, j’ai des super notes, j’adore tout ce que j’apprends. Je suis vraiment heureuse en cours. Bon je ne vous cache pas que c’est hyper dur. Déjà rester assise 8h par jour, j’ai pas l’habitude, rester concentrée non plus ! Et puis il faut bosser à la maison.

Je m’organise, j’ai de la chance, l’école est à seulement 20 min de chez moi donc je récupère Loni à 17h30 (notez que la première semaine il pleurait tous les soirs quand je le récupérais… parce qu’il n’était pas le dernier à partir !!!), je m’occupe de lui, on travaille un peu (j’essaie de lui apprendre à lire), on se pose un peu, le bain, le dîner, à 20h30 il va au lit et là je commence à bosser. Mais dernièrement, je n’arrive pas à tenir, je suis épuisée donc je m’endors à 22h, du coup je mets le réveil à 4h30 pour bosser jusqu’à 7h. C’est un rythme à prendre, une grosse organisation mais le jeu en vaut la chandelle. La preuve, je n’ai pas une seule note en dessous de 15/20 pour l’instant !

Et après ?

Après j’ai le choix : soit je retourne bosser dans ma boîte (ce qui n’est pas le but !), soit je trouve un job dans ma branche (ça c’est mieux !). Mais moi, je souhaite me lancer à mon compte. Alors je me demande si je ne vais pas continuer, utiliser mes heures de DIF pour faire une formation en Gestion par exemple !

Je n’ai QUE 32 ans, même si c’est un sacrifice financier, j’ai envie de kiffer, d’être fière de moi.

De toute façon qui a dit qu’il fallait arrêter d’étudier au-delà d’un certain âge ? Dans ma classe, la moyenne d’âge est de 35 ans, la plus jeune a 25 ans et la plus âgée 53 ans (toutes en CIF) ! Même si c’est difficile et que ça demande des sacrifices, c’est aussi un gros kif ! Je ne regrette absolument pas ma décision. Maintenant il ne me reste qu’à obtenir mon diplôme.

Et c’est bien tout le mal qu’on te souhaite, Leila !!!

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Publié le 10 janvier 2016, dans Être une gloryboxeuse, Vis ma vie, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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