Vis ma vie d’Auxiliaire Spécialisée Vétérinaire avec Cerise

Sur GB, et notamment sur le topic de celles qui bossent, nous parlons beaucoup de nos métiers sans toujours vraiment savoir en quoi consiste celui des autres GB. Pour le retour des articles « vis ma vie de GB » nous avons choisis de proposer à Cerise, l’amie des bêtes, de nous parler de son métier d’ASV, comprendre : Auxiliaire spécialisée vétérinaire.

Tout d’abord, parles-nous de ton cursus 

Après un BAC Scientifique, je suis partie en Fac de bio et j’ai fait une licence en Physiologie Animale et Neurosciences. Au cours de ma 3eme année de licence, j’ai commencé à chercher un vétérinaire pour me prendre en formation en alternance pour la rentrée suivante. C’est finalement bien plus rapidement que prévu que j’ai trouvé un patron qui voulait que je commence la formation (et donc à bosser pour lui)  dès le mois d’avril. J’ai donc fini ma licence à distance et ai commencé la formation d’Auxiliaire Spécialisée Vétérinaire dans une clinique en alternance avec le GIPSA (l’école qui délivre le diplôme d’Auxiliaire Spécialisé Vétérinaire.)

Pourquoi avoir choisis cette voie ? Était-ce une vocation depuis le début ou un métier découvert lors de tes études ?

Jusqu’à mon entrée en L1 biologie, je voulais passer le concours véto et puis vu mon niveau en maths et physique/chimie j’ai abandonné. D’autant plus qu’en entrant à la fac j’arrivais plus à bosser mes cours. Je faisais le strict minimum donc bosser un concours, fallait être honnête, je n’en étais pas capable.  Et ayant fait plusieurs stages en clinique vétérinaire, j’avais vu le métier de vétérinaire mais aussi celui d’auxiliaire spécialisée vétérinaire. Et en réfléchissant, j’ai réalisé que c’était plutôt ce métier là qui était fait pour moi.

Au final, ce ne sont pas les vétérinaires qui passent le plus de temps auprès des animaux, ce sont les ASV qui rassurent les animaux, les promènent, les surveillent, les nourrissent, leur apportent soins et caresses !

Female assistant watching a veterinarian draw blood

Une journée type pour toi, ça se passe comment ?

Dans ma clinique, on s’organise de façon à ce que chacune de nous ait un poste en particulier. Chaque jour, on occupe un poste différent ce qui fait qu’il n’y a non pas une journée type, mais 4 journées type !

Il y a le poste d’assistante de chirurgie qui consiste à accueillir les animaux qui viennent pour des chirurgies, on vérifie auprès du propriétaire le type d’intervention prévu, si l’animal est dans les bonnes conditions pour être opéré, on rassure le client et répond à ses interrogations en expliquant comment va se dérouler la journée de son animal. Ensuite on seconde le vétérinaire pour l’avant, le pendant et l’après chirurgie. C’est à dire qu’on prépare tout ce dont il y a besoin pour la chirurgie, on prépare l’animal, on surveille ses paramètres vitaux durant toute l’anesthésie (et on réagit en cas de problème !), on aide le vétérinaire durant la chirurgie s’il a besoin d’une paire de main supplémentaire pour tenir les instruments ou les organes. Enfin, une fois la chirurgie terminée on s’occupe du pansement et on surveille l’animal jusqu’à son réveil. C’est également à l’assistante de chirurgie qu’incombe le rôle de veiller aux bonnes conditions d’hygiène de la salle de chirurgie et du matériel chirurgical : on nettoie, désinfecte et stérilise au maximum.

Il y a le poste de responsable du chenil et d’assistance en soin. Cela consiste à prodiguer les soins aux animaux hospitalisés : donner les traitements, refaire les pansements, effectuer les radios de contrôle, veiller/aider à la prise des repas, surveiller les perfusions, … On veille également à leur bien-être : vérifier que les cages sont propres, que les gamelles d’eau sont remplies, détecter un animal en hypothermie, câliner les demandeurs de câlin, … Enfin, on aide les vétérinaires lors des différents examen et actes médicaux : auscultation, échographie, radiographie, prise de sang, pose de sonde urinaire …

Que ce soit des chiens, des chats ou des rongeurs, il faut savoir être attentif, les observer et s’efforcer de les comprendre, de s’adapter à chaque caractère. Les soins sont pour moi un moment de partage avec eux, je fais le maximum pour qu’ils se sentent le moins stressés possible.

Il y a le poste d’assistante polyvalente qui consiste à aller là où il y a besoin d’aider (chirurgie, soins, rangement/nettoyage) et à tenir l’accueil entre 12h et 14h.
Enfin, chaque jour il y a 2 ASV d’accueil. Notre rôle à l’accueil ne consiste pas seulement à donner des rendez-vous et accueillir les clients qui viennent voir le vétérinaire. Nous devons également apporter un conseil personnalisé et adapté aux besoins de l’animal et du client en face de nous (cela peut être des conseils sur l’alimentation, la vaccination, des conseils pour s’occuper correctement d’un chaton, pour voyager avec son chien…). Nous assurons également les ventes, nous occupons des formalités administratives et gérons les analyses de sang dans notre laboratoire.

En plus de ces tâches, on a toute un rôle dans la gestion des stocks et de l’hygiène. En effet, à aucun moment nous devons manquer de seringues ou de gaz anesthésique par exemple. Tout comme à aucun moment la clinique ne doit rester sale, les taches de sangs en salle de soin, les pipis de chien à l’accueil, les poils sur la table de radio, tout doit être nettoyé au plus vite. Je considère le domaine de l’hygiène comme très important. En tenant une clinique propre, je protège mon chat ainsi que les animaux des autres. Avec l’application de bonnes règles, on limite au maximum la contamination et les risques d’infection.

Quel rapport entretiens-tu avec les animaux ? Est-ce que ce n’est pas trop dur de ne pas s’attacher ?

Alors, là, ça dépend des animaux. Je peux m’attacher très rapidement à un animal comme ne pas m’attacher du tout.

Déjà, il y a des tas de caractères différents chez les animaux. Il y a ceux qui sont tellement hyperactifs qu’ils en deviennent fatiguant. Il y a ceux qui attaquent avec qui tu vas avoir le moins de contact possible et que tu vas devoir endormir pour pouvoir les manipuler. Ceux-là on s’y attache moins de manière générale.

Après il y a les animaux trouillards ou douloureux que t’as envie de rassurer/soulager et qui vont faire que tu vas t’impliquer plus et passer plus de temps avec eux. Il y a ceux qui arrivent KO et dont tu vas t’occuper sur plusieurs jours. Le fait de les voir évoluer ça crée un attachement. Il y aussi tout simplement les animaux hyper sociables qui réclament les câlins et ne bronchent pas pendant les soins (voir qui essayent de te léchouiller alors que tu leur poses un cathéter !). Ceux-là deviennent plus facilement nos chouchous.

On s’attache aussi différemment selon le propriétaire. On s’attachera moins au petit chihuahua agressif de la pimbêche désagréable qu’au vieux chat grognon du papy qui est gentil avec toute l’équipe.

De manière générale, l’attachement est assez bref, puisqu’on est toute conscientes que ces animaux ont des propriétaires et repartiront aussi vite qu’ils sont arrivés. Mais c’est toujours agréable de revoir un animal auquel on s’est attaché parce qu’il revient pour son vaccin ou une coupe de griffe, bref une consultation pour animal en bonne santé !

Après ça fait toujours de la peine de voir un animal en souffrance ou prêt à être euthanasier mais on doit se maîtriser et se comporter de manière professionnelle. Pour l’instant, ça m’est arrivé qu’une fois de vraiment pleurer pour un animal. C’était une minette adorable qu’on avait eu en hospitalisation pendant une semaine, ses propriétaires l’ont ramené le lendemain de sa sortie car son état se dégradait à cause du fait qu’elle n’était plus sous perfusion. Et comme la laisser sous perfusion en permanence n’était pas possible, ils ont pris la décision de la faire euthanasier. J’ai pleuré avant d’aller voir les propriétaires, je me suis reprise, j’ai été faire les papiers avec ces derniers, puis je suis retournée pleurer dans le vestiaire une fois que mon travail auprès des gens était terminé.

Qu’est-ce qui selon toi est le plus difficile dans ton métier ? Le plus agréable ?

Le plus difficile ? Le fait de ne pas pouvoir être partout à la fois ! Vu le rythme de notre clinique, avoir 3 personnes à l’accueil et 4 lignes de téléphone qui sonnent est courant. Être en train de faire les soins d’un chien et avoir un vétérinaire qui descend en salle de soin pour que tu l’aides à s’occuper de son chat tandis qu’un autre vétérinaire te demande par l’interphone de lui préparer la salle d’échographie est courant. Avoir un animal à préparer rapidement pour une chirurgie car le chirurgien attend et devoir également t’occuper du post-opératoire de l’animal précédent est courant. Il faut choisir et déterminer les priorités. Dans ces moment-là, je regrette de ne pas avoir deux paires de bras supplémentaires ! J’ai l’impression de devoir bâcler mon travail pour pouvoir aller plus vite et faire attendre le moins possible les gens qui ont besoin de moi et je déteste ça.

Le plus agréable ? Voir un animal arriver dans un état catastrophique et le voir repartir sur ses 4 pattes en pleine forme ! Et puis surtout, quand le temps nous le permet, prendre le temps justement de bien faire les choses et de chouchouter nos patients. J’adore aussi le coté médical, comprendre ce qu’il se passe dans le corps de l’animal et apprendre comment y remédier ! J’aime aussi apporter des solutions aux clients qui ont un problème, donner des conseils. Et quand ils nous remercient parce qu’en effet ça a marché, c’est super gratifiant !

En bref, des choses que j’adore dans mon métier j’en trouverais des tas !

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Publié le 11 octobre 2015, dans Être une gloryboxeuse, Day By Day, Société, Vis ma vie, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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