J’irai dormir chez vous : Le Havre !

On continue notre Tour de France des GB, avec Greta, qui nous parle aujourd’hui du Havre. Ça tombe bien, le Tour de France des coureurs cyclistes y a fait halte il y a quelques jours à peine. Mais promis, on ne parle pas (beaucoup) de vélo dans cet article.

– Brièvement, comme décrirais-tu Le Havre ?

Une ville singulière – vraiment. Aucune autre ville de France ne ressemble au Havre : ville très jeune fondée en 1517, elle n’a raison d’être que par son port. Et ce qui a été son atout majeur est ce qui a signé son arrêt de mort en une nuit de 1944, au cours de laquelle la ville a été détruite à quasi 100%. Pour être reconstruite par un architecte plein d’audace, Auguste Perret, très longtemps décrié puis finalement encensé par la critique, et finalement par l’UNESCO. On est donc passé de ville moche et triste à « the place to be ». Plein de paradoxes qui font du Havre ce qu’il est – une ville singulière, je vous le dis !

Immeuble de logement construit par Auguste Perret lors de la reconstruction du Havre

Immeuble de logement construit par Auguste Perret lors de la reconstruction du Havre

– Peux-tu nous parler d’un lieu qui te rappelle un bon moment de ton enfance ?

Bizarrement, je n’allais quasi jamais à la plage quand j’étais petite. Bien plus à la forêt de Montgeon et au parc de Rouelles, où les Havrais se baladent, font du vélo ou vont ramasser des marrons le dimanche. Loin d’être une forêt exceptionnelle, elle reste mignonne avec son colombier et ses jeux où j’ai passé des heures et des heures… Une fois de plus, cette forêt est un paradoxe bien havrais : jouxtant son côté idyllique en harmonie avec la nature, d’anciens bunkers, lourds héritages de la Seconde Guerre Mondiale, tranchent et éventrent la beauté du lieu.

Balade à vélo dans le parc de Rouelles

Balade à vélo dans le parc de Rouelles

– Un lieu où tu aimes aller avec ta famille ?

Outre les centres commerciaux, j’apprécie d’aller à la plage avec ma mère. Le Havre a la chance d’avoir un centre ville ouvert sur la plage : de l’imposant Hôtel de Ville, on longe l’avenue Foch (l’une des avenues les plus larges d’Europe), désormais également en tramway, avant d’avoir, comme une fenêtre complètement ouverte, la plage et l’horizon infini devant soi. A côté du grand skate parc, il y a quelques stands de glaces et de frites, ainsi que des restaurants dans les cabanes en été, face à la mer et aux galets. Puis on regarde l’horizon et la falaise d’à côté, Sainte-Adresse, en mangeant notre glace, souvent le vent dans la tronche, un porte-conteneurs qui passe au loin et c’est un peu le bonheur.

Seul au monde sur la plage du Havre, ses galets et son porte-conteneurs.

Seul au monde sur la plage du Havre, ses galets et son porte-conteneurs.

– Un lieu où tu aimes aller seule ?

La plage est un lieu où même pendant les jours de beau, on est relativement tranquille. Quoi de plus beau que de sentir le vent et entendre le bruit des vagues, tout en pouvant rentrer chez soi en tramway? Le mélange de la nature et de la ville est quelque chose que Le Havre a à offrir. Sinon, je traîne souvent dans la librairie La Galerne et sa grande collection de livres ou encore des marchés comme celui des Halles, où on sent que le Havre a beau être une grande ville, l’esprit de village y est toujours aussi fort.

Le Havre vu de la plage.

Le Havre vu de la plage. Source.

– Si tu devais me faire visiter Le Havre, que voudrais-tu me faire découvrir ?

Je viendrais te chercher à la gare et je te ferais une visite des monuments Perret, qui font la renommée du Havre depuis quelques années auprès des connaisseurs (et pas que !). Un passage à l’Hotel de Ville, je t’emmènerais faire une visite guidée d’un appartement typique Perret des années 50, menée par une vraie femme de l’époque ! Puis on continuerait vers le Volcan (ou, comme disent les Havrais, le « pot de yaourt »), haut lieu de la culture havraise.

Le Volcan, ou Pot de Yaourt, salle de spectacle imaginée par l'architecte Oscar Nimeyer.

Le Volcan, ou Pot de Yaourt, salle de spectacle imaginée par l’architecte Oscar Niemeyer. Source.

Longeons ensuite la rue de Paris et rejoignons le Musée Malraux, face à la mer. Il abrite la deuxième plus grande collection de tableaux impressionnistes. Car il faut savoir que le premier tableau impressionniste, de Claude Monet, représente… Le Havre ! A la sortie, nous longerons le bord de mer, par le port de plaisance et continuerons vers la plage, où nous pourrons manger dans un restaurant des baraques d’été.

Puis continuons sur le joli quartier de Saint-François qui abrite encore quelques maisons d’avant la destruction de 1944 et qui tranche avec la modernité, pourtant juste en face, du quartier Perret. Pour la pause café, nous irons dans mon local « Chocolate Passion » (face à la librairie La Galerne) qui fait un fondant en chocolat à tomber par terre ! Et pour le dîner, tu pourras choisir entre mon japonais préféré (Le Yamato au marché aux poissons) ou… un kebab, car les kebabs havrais sont les meilleurs au monde. Promis !

D’ailleurs, tout est compilé dans ce beau reportage d’Arte :

– Un événement que tu attends chaque année avec impatience au Havre ?

Malheureusement, cela fait plusieurs années que j’ai quitté Le Havre, mais j’essaie souvent d’être présente pour la Foire Saint-Michel. Elle s’installe d’ailleurs dans un lieu assez incongru, juste en face de l’université. Dur de se concentrer ! La foire est grande et il y en a pour tous les goûts : des manèges à sensation, des gaufres, un casino, on ne s’y ennuie pas. Et quand elle est finie, fin septembre, on continue à la foire de Rouen, encore plus grande…

Autre événement encore plus typique : un match de foot, bien sûr ! Le HAC est l’équipe doyenne de France, fondée en 1872, alors forcément, le football, c’est une tradition chez nous. Notre nouveau stade Océane, bien évidemment bleu (ciel et marine, les couleurs du HAC), est tout neuf et abrite à certains moments des matches internationaux. Certes, notre équipe ne brille pas trop aujourd’hui et peine en Ligue 2, mais il est toujours drôle d’entendre la ferveur des Havrais qui crient leur haine envers leur équipe… mais la défendront toujours bec et ongles auprès d’un étranger.

– La plus belle vue de la ville ou ses alentours ?

Probablement du Cap de la Hève, surnommé « le bout du monde » par les Havrais. Prenons le bus 1 et descendons auprès du phare, et nous voici déjà sur la falaise avec la Manche qui s’étend. Il n’y a pas grand chose d’autre que de l’eau, on ne voit même pas la ville, mais on a vraiment l’impression d’être au bout du monde. Rien que la verdure et l’eau bleue, on se croirait seul au monde… alors que nous sommes dans une ville de deux cent mille habitants.

Le Havre et l'église St Joseph, la nuit.

Le Havre et l’église St Joseph, la nuit.

Si vous préférez les vues sur les villes, il suffit de remonter la falaise et le Quai Albert Ier direction Sainte-Adresse (le Beverly Hills de LH) et de s’arrêter à l’Observatoire: en plus de la plage et de ses galets, on a une vue sur les plus importants monuments du Havre comme l’Eglise Saint-Joseph et l’Hôtel de Ville. Particulièrement la nuit cette vue est incroyable et ses lumières donnent un faux air de New York…

– Un dernier petit mot ?

Eul’ Hav’ c’est archi bath dé ! Viens donc nous rend’ visit !

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À propos de Greta

Française (de papiers), Allemande, Québécoise et Suisse de coeur qui a mangé l'ironie et l'humour (périmé) avec la cuillère. Manie la langue et la culture allemande comme les mecs manient l'hélicobite. J'aime les épinards, la littérature française et regarder "Confessions Intimes". J'aime pas la guerre, le racisme et la croûte des gâteaux.

Publié le 20 juillet 2015, dans Day By Day, J'irai dormir..., Vis ma vie, Voyages, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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