Courir sa première course officielle ou… Pourquoi sauter le pas ?!

Il arrive un jour où tu chausses tes baskets pour aller courir une nouvelle fois mais cette fois-ci quelque chose a changé. Tu recherches plus que la satisfaction des kilomètres parcourus, que l’air frais sur ton visage en cette vague de grande chaleur ou encore de cette sensation de liberté et de légèreté quand tes pieds quittent le sol à chaque foulée. Bon, si à la lecture de cet article tu viens de courir pour la première fois de ta vie, que tu as des courbatures monstres et que tu n’as éprouvé aucun plaisir à courir je comprends tout à fait ce cri d’horreur en lisant cela. Non je ne suis pas folle, toi aussi tu ressentiras un jour ces sentiments-là. PATIENCE et persiste !

Ce moment que tu pensais peut-être ne jamais vivre est là: tu t’inscris à ta première course officielle. Comment tu en es arrivée là ? Bonne question. Pour Hope, c’était une revanche sur elle-même en foulant le bitume pour les 10 km du Château de Vincennes: « J’ai toujours été sportive, même si ces dernières années j’étais concentrée sur le basket. En PAES j’ai arrêté complètement le sport (+8 kilos) et quand j’ai enfinnnn obtenu ma première année, je me suis dit « Tiens, si on commençait à recourir pour se mettre en forme pour la saison prochaine? », et là le drame : je tiens à peine 5 minutes. Je ne m’étais absolument pas rendue compte qu’après un an, il faudrait bosser pour retrouver ma condition physique. Tout ça pour dire que participer à une course officielle c’est un peu une revanche sur cette période, j’avais envie de me prouver qu’aujourd’hui j’en étais capable et puis, j’ai toujours eu l’esprit de compétition dans le sport donc forcément… ». Pour Onske, c’est un défi personnel qu’elle se lance en franchissant la ligne d’arrivée des 10km de la Braderie de Lille:  » Si je me suis inscrite à cette première course, c’est simplement par challenge. Après plusieurs mois de remise en forme en salle (je n’avais jamais fait de sport, j’ai commencé seulement en Terminale pour grappiller des points au bac…), je me lance le défi en avril de finir une course officielle. Afin d’avoir le temps de me préparer sachant que je partais de zéro en course à pied je choisis cette course qui a lieu début septembre. Au début, mon objectif est de les faire en 1h15… ». Pour Light c’est le côté caritatif d’une course dans sa ville qui la pousse à s’inscrire, après seulement deux mois et demi de pratique de la course à pied ! « Je me suis inscrite un peu dans un concours de circonstances, j’avais commence a courir, une personne me parle de cette course, puis j’ai vu un prospectus… Puis on m’a dit qu’une grosse entreprise payait l’inscription et versait un euros du kilomètre à une association pour déficients visuels (cause qui me touche particulièrement). J’ai pris ça comme un signe, je me suis inscrite pour la bonne cause ! »

Une fois l’inscription faite, reste peut-être la partie la plus importante en terme d’investissement et de patience: celle de l’entrainement avant-course. Pour beaucoup des novices en course officielle, même si on ne part pas avec des objectifs de courses incroyables on a toujours dans le coin de la tête l’espoir de faire un temps record, de se dépasser le jour-j et d’être fière de soi. En fonction des objectifs et des capacités de chaque coureuse le travail en amont est primordial pour apprécier la course le jour -J. Souvenez vous de votre première sortie longue, de votre première série de fractionné ou tout simplement de votre toute première sortie running marquant votre nouvelle vie sportive… Dure, hein ? Bon, pour éviter de revivre ça on s’entraine, on tient bon et si tout se déroule comme prévu on apprécie notre course le jour fatidique au lieu de la subir !

Question entrainement (on en parle sur le forum !) chacune de nos coureuses l’a fait à sa sauce. Hope avait déjà des entraînements de baskets chaque semaine elle a ajouté quelques sorties running de 10 km un mois avant la course et a écouté ses sensations ! On l’excuse, elle était en pleines révisions de partiels. Onske, avec beaucoup de détermination, s’est entrainée sur tapis jusqu’aux beaux jours et les jours de grandes chaleurs. Au début elle courait 3 km jusqu’à atteindre la barre des 10 km, distance qu’elle devait parcourir pour la Braderie de Lille. Pour Light, « pas vraiment d’entrainement particulier, je courrais, c’est tout. Aucun objectif, au niveau du mental… Gros gros stress le jour même. L’appréhension de ne pas y arriver, de me surestimer (et ce n’etait qu’un 5km!). J’avais surtout l’appréhension d’être moins bonne que les autres, de me retrouver derrière. » C’est peut-être ce qui freine le plus les coureuses débutantes: se confronter aux autres et à des niveaux différents. Mais il n’y a que le travail qui paie et une personne plus douée que vous le doit à 80% à du travail acharné depuis très longtemps. Le soutien des proches joue beaucoup ! La preuve, Hope a tardé à s’inscrire mais sa mère a trouvé les mots pour la motiver «  »Mais bien sûr que si t’es capable ! » et je me suis inscrite dans la foulée. »

Si la motivation est la clef, parfois votre détermination et votre entrainement ne suffisent pas à tenir pendant une course… Et là, l’entourage, les encouragements, le soutien d’autres coureurs prennent le relais pour vous porter jusqu’à la ligne d’arrivée. Si Hope et Light étaient bien entourées aussi: deux marathoniens dans sa famille pour Hope et son père qui avait le même objectif pour Light, elles ont couru en famille et ont eu un soutien permanent durant leurs courses respectives. Pour Onske ce sont dans les applaudissements et encouragements des spectateurs qu’elle a puisé la force de finir sa course en respectant son objectif. « Ma motivation, c’est la même à chaque course officielle : voir tous ces gens courir aussi bien pour la performance que pour le plaisir, aller tous dans la même direction, se donner des micro-buts (comme rattraper quelqu’un…) Et puis, le PUBLIC (<3) : ces gens qui crient, applaudissent, vous encouragent, même de simples inconnus, qui jouent de la musique, chantent. A chaque fois ca me donne des frissons, c’est beau à voir. » D’ailleurs chacune salue la bonne ambiance de ces courses où de parfaits inconnus t’encouragent, te tapant dans les mains (je ne sais pas qui est le plus fier dans ce moment-là ? L’enfant qui tend la main ou toi qui se sent super athlète ?)… Je me souviens que pour mon premier semi-marathon, j’avais les larmes aux yeux, j’étais fatiguée et ressentais tellement de douleurs que je pensais que le 17 km serait le dernier de cette course pour moi… Mais avoir de parfaits inconnus qui criaient ton nom et te disaient de ne rien lâcher ça MOTIVE A FOND ! J’ai ravalé mes sanglots et j’ai continué à mettre un pied devant l’autre en pensant que chaque pas me rapprochait de cette put$*% de ligne d’arrivée.

En 1967 au Marathon de Boston les femmes étaient interdites de concourir. Kathrine Switzer y a participé sans révéler son genre et faillit ne jamais franchir la ligne d’arrivée. 5 ans plus tard, les femmes eurent officiellement le droit de courir le marathon de Boston.

En parlant d’arrivée, c’est bien tu as bien sué pendant la course et tu as tenu tout du long ! Ta playlist ne t’a pas lâché, tes jambes non plus. Tu vois enfin cette arche signalant l’arrivée au loin. Mais que ce passe-t-il ? Tes jambes se réveillent alors, ton esprit est vif ! Il te semble que chacune de tes foulées te propulse plus loin. Bien évidement tu as choisi le meilleur morceau du monde pour faire ce dernier kilomètre avant la victoire. (Débat dans un autre article !) Dans ta tête la foule est en délire, les gens crient ton nom, te hurlent de courir plus vite. Dans la réalité les gens crient tout court et applaudissent tout le monde, c’est encore mieux ! La fin est proche, elle se rapproche tellement vite que tu n’as pas le temps d’anticiper ces émotions qui se bousculent une fois que tu as franchi la ligne. « Une immense vague de fierté, l’impression d’avoir tout donné et d’être arrivée à quelque chose de cool » pour Hope.  Onske ne sait plus exactement à quoi elle a pensé, mais a ressenti elle aussi  « De la fierté et l’envie de continuer. C’était dingue, pour moi, d’y arriver. Un vrai challenge réussi. » et Light  » une grosse fatigue (sprint final), la fierté d’avoir fini et d’avoir fait un bon temps (pour moi a cette époque la). C’est vraiment ça, la fierté. De se dire qu’on a accompli un truc, qu’on peut faire une course officielle même quand on a pas un niveau de fou (avant de débarquer dans le monde du running, pour moi ce n’était que des champions qui faisaient ça). » Pour chacune d’entre elles l’envie de continuer à se dépasser et surtout de recommencer est là. Elles ont d’ailleurs toutes atteint de nouveaux objectifs et établis de nouveaux records personnels depuis !

Pour ma part, chacune de mes nouvelles courses a été une expérience unique et qui m’a beaucoup appris sur ma pratique et ma façon de m’entrainer. J’ai pleuré à mon premier 4 km officiel, à l’époque courir 20 minutes était un supplice. J’ai atteint la ligne d’arrivée après 29 min de torture. Aujourd’hui je mets ce temps-là pour faire 5 km. Lorsque j’ai participé à mon premier 10 km j’ai mis moins d’une heure mais j’étais exténuée à l’arrivée. Aujourd’hui je mets moins de 55 minutes sans souffrir le martyr. J’espère pouvoir dire bientôt que parcourir 21 km n’est plus un calvaire et que l’an prochain je terminerai cette distance symbolique le sourire aux lèvres. Je veux garder ce plaisir de chaque sortie running, cette sensation de bonheur ! Je ne m’éclate pas du tout dans les sorties fractionné. J’en fais donc peu, à reculons qui plus est. Je sais que mes performances en course officielle en pâtissent et le jour où je me contentais de mes temps actuels est révolu. Je viens de terminer un 10 km en un temps qui ne me convient plus. Je veux plus. Pour cela il faut parfois faire des exercices qui ne sont pas marrants au début. Mais si c’est comme mon amour pour la course à pied, qui a grandi en pratiquant alors on espère la même chose pour le fractionné !

A la lecture de cet article j’espère avoir convaincu ou fini de convaincre toutes ces personnes qui sont encore en train d’hésiter à se lancer. Lancez-vous ! Entre amis, en famille, entre collègues… Pour une cause ou une course symbolique… Peu importe  vos choix de course mais soyez seule maîtresse de vos décisions ! Si vous voulez courir en course officielle faites-le. N’ayez pas peur de la douleur, de la fatigue ou de ne pas y arriver. L’échec est moins difficile à accepter que de ne jamais tenter. La ligne d’arrivée est toujours plus proche que vous ne le pensez !

A vos baskets ! Et à vos commentaires !

À propos de Sunsh

Soignante à plein-temps, brunch-addict, coureuse des montagnes de l'après-midi, fétarde de la nuit et globetrotteuse continuellement.

Publié le 6 juillet 2015, dans Day By Day, Sport, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :