Les urgences: j’y vais ou j’y vais pas ?

Oyez, oyez, chères GB, aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet qui peut concerner chacune d’entre vous : les urgences. Sujet hautement vaste et parfois complètement flou, il ne vous a peut-être pas échappé que les personnes travaillant dans le monde hospitalier s’en plaignent régulièrement, et ce à juste titre parfois (un petit coucou donc à toutes les GB médecins, infirmières ou aides-soignantes, étudiantes ou non)… !

Et pour cause : 75% des patients se présentant aux urgences ne souffrent d’aucune pathologie inquiétante. La plupart des patients repartent donc chez eux par leurs propres moyens (en râlant, souvent ), avec une ordonnance de Doliprane/Spasfon/Ibuprofène (rayer la mention inutile), après en moyenne 2 à 6 heures d’attente.  Seulement, je préfère vous rassurer tout de suite sur un point : en médecine nous ne sommes pas des monstres (enfin, pas en majorité), et il est évidemment tout à fait concevable qu’il soit compliqué, pour une personne n’y connaissant pas grand chose en pathologie, de déterminer si oui ou non une situation de santé nécessite des soins urgents (d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un enfant, d’une femme enceinte ou d’une personne âgée).

En revanche, chaque jour des patients sollicitent à tort les urgences, non pas parce qu’ils ne savent pas si leur état est inquiétant ou non, mais parce que pour eux il est plus simple (et moins cher…) de passer par les urgences plutôt que d’aller chez le médecin généraliste, ou parce qu’ils n’ont tout simplement pas compris le rôle des urgences (autrement dit : on n’est pas chez mémé).

C’est ainsi qu’on en vient parfois à « soigner » des gens qui ont attendu 6h dans une salle d’attente bondée et remplie de microbes pour un bouton de moustique qui gratte. Situation totalement absurde, vous en conviendrez… !

Alors du coup… les urgences, c’est quoi ? C’est tout bête (oui car on est un peu bête en médecine) : c’est un service d’accueil de malades et de blessés nécessitant potentiellement des soins urgents. Les patients viennent soit par eux-mêmes, soit par transport plus ou moins médicalisé. Le rôle d’une structure d’urgence est donc de pouvoir accueillir n’importe qui, à n’importe quelle heure, pour n’importe quelle urgence.

Pourtant, même si ça paraît clair, beaucoup de personnes ont du mal à faire la distinction entre les urgences et leur médecin généraliste : « bah oui, si je suis malade je dois être soigné, donc c’est forcément urgent ! » (déjà entendu plusieurs fois par des collègues à l’accueil des urgences). Une urgence par définition, c’est lorsqu’un pronostic vital (= risque de mourir à court terme) ou fonctionnel (perte de la mobilité d’un membre, de la fonction d’un organe ou de la fertilité par exemple) est engagé. Selon les hôpitaux, les urgences peuvent être centralisées (toutes les urgences au même endroit), ou dispersées par spécialités, comme c’est le cas au CHRU de Lille où il existe des urgences médicales, chirurgicales, pédiatriques, gynéco-obstétricales, cardiologiques, ophtalmologiques…

Parfois certains ont de la chance et ont George Clooney dans leur équipe.

Comment ça se passe, les urgences ?

Généralement vous êtes accueillie par une infirmière qui déterminera, en vous posant quelques questions et en vous examinant rapidement, le degré d’urgence que vous présentez. Par la suite, si vous êtes à l’article de la mort, vous serez pris en charge tout de suite. Si c’est moins urgent (ou pas du tout), vous attendrez (un peu, beaucoup… mais jamais passionnément). Lorsqu’une salle sera libre et que ce sera à votre tour, un externe (comme votre dévouée Ampholyte) ou un interne en médecine vous examinera (rarement un docteur). Peur d’être examinée par un étudiant ? Pas de panique ! Lorsque vous êtes examinée par un externe, il y aura TOUJOURS un médecin (interne ou docteur) qui passera derrière et vérifiera que l’externe a bien fait son boulot.

Une fois l’examen terminé plusieurs possibilités : soit vous rentrez chez vous, soit vous passez des examens complémentaires, soit vous êtes opérée, soit vous voyez un spécialiste… Sachez que les ¾ des patients rentrent chez eux, ce qui est énorme et reflète bien le fait qu’au final, il existe assez peu de vraies situations graves (plutôt rassurant non?).

Comment savoir si je nécessite des soins urgents ?

Il y a les situations évidentes : vous êtes bleue, votre cœur ne bât plus, et votre mec panique / votre peau se décolle partout / vous pissez le sang / vous avez eu un accident et vous avez perdu vos deux bras. Mais ça, j’ai pas besoin de vous en parler…
Petit topo non exhaustif des signes pour lesquels vous avez une raison légitime de vous présenter aux urgences (plutôt que d’aller sur Doctissimo… mauvaise idée, vous avez forcément un cancer) : → Sur le plan cardio-vasculaire : – votre mollet vous fait très mal, sans raison apparente. Il est chaud, rouge, gonflé. Vous prenez la pilule et pire, vous fumez. Encore pire, vous avez décidé d’attendre et vous avez désormais un peu de mal à respirer : c’est une urgence. Beaucoup de GB ont une contraception hormonale et ne sont pas informées des risques que l’on appelle « thrombo-emboliques ». Ces signes peuvent être ceux d’une phlébite voire d’une embolie pulmonaire : n’attendez pas !

– Vous avez mal au thorax comme si on vous comprimait la poitrine : même si une forte angoisse peut en être responsable, ça reste une urgence potentielle.
→ Sur le plan pulmonaire :
– une crise d’asthme qui ne passe pas malgré la Ventoline, avec des difficultés à parler ;
– une bronchite qui a duré un moment, qui ne s’arrange pas, une forte fièvre et de grosses difficultés soudaines à respirer ;
– vous avez avalé de travers votre cacahuète au dîner de tante Raymonde et vous étouffez ;
– après avoir mangé des fruits de mer chez tante Raymonde (qui souhaite visiblement vous tuer), vos lèvres, votre langue, puis votre gorge gonflent brutalement.

Le sosie de Kim Kardashian a en effet abusé de fruits de mer chez Tante Raymonde.

→ Sur le plan gynécologique :
– fortes douleurs pelviennes accompagnées de saignements utérins plus abondants que des règles ;
– lors d’une grossesse : arrêt des mouvements fœtaux, contractions intenses avant 37 semaines d’aménorrhée ou perte de liquide, fièvre…

→ Sur le plan digestif ou urologique :
– fièvre et douleur abdominale intense, ictère ( = vous ressemblez à Homer Simpson et vous avez très mal au ventre) ;
– douleur lombaire d’un seul côté ou des deux côtés après une infection urinaire, accompagnée d’une fièvre.

→ Tout traumatisme des membres ou du thorax : suspicion de fracture, entorse, luxation.

→ En neurologie, toute crise épileptique ne cédant pas aux médicaments habituels, tout déficit moteur soudain, une céphalée avec de la fièvre avec une incapacité à supporter la lumière…

Bref, liste non exhaustive évidemment, mais j’ai tout du moins parlé de ce qui peut concerner les GB (c’est-à-dire en majorité des jeunes femmes en bonne santé). Dans le doute, plutôt que d’aller attendre 6h aux urgences, vous pouvez toujours appeler le SAMU (15) : le régulateur au bout du fil saura répondre à vos interrogations et vous orientera en fonction du risque. Soit il enverra un véhicule chez vous, soit il vous dira de venir vous-même aux urgences, soit il vous dira de consulter votre médecin généraliste. N’hésitez jamais à les appeler ! Autre possibilité, lorsque vous avez une question d’ordre médical, il est toujours possible de demander un avis en téléphonant à SOS médecins.

Allez, en bonus, un petit florilège des motifs étranges de consultation aux urgences :

– J’ai un bouton de moustique qui me gratte. Mais qui me gratte très fort.
– OH MON DIEU ma fille a de l’acné, faites quelque chose !!
– Docteur je suis très inquiète : on m’a posé un stérilet avant-hier et aujourd’hui il y a de l’orage. C’est dangereux non ? Ça fait paratonnerre ? (Non. Mais en revanche vous capterez Canal+).
– Je suis tombée et j’ai un bleu qui me fait mal. Très mal. Genre là si j’appuie j’ai mal. (Prescription de sortie : ne pas appuyer sur le bleu).
– Docteur c’est normal d’avoir beaucoup de poils sous les aisselles ?
– Je vous amène ma grand-mère, on ne peut pas partir en vacances avec elle. Puis j’ai remarqué qu’elle a le nez qui coule, vous pouvez la prendre une semaine non ? (Petit rappel moral : on n’abandonne ni son chien au bord de l’autoroute, ni mamie démente ou tante Raymonde aux urgences lorsqu’on part en vacances).
– Docteur, mon cœur ne bat plus. Je dois être réanimé. (Premier cas de mort-vivant de toute ma courte carrière).
– J’ai vomi hier. Je n’ai plus vomi depuis mais je préfère venir au cas où.
– J’ai 60 ans et je n’ai plus mes règles depuis 5 ans, c’est un cancer hormonal ?
– J’ai un petit zizi.
– Je suis un cheval (…??).

Cas gravissime de transformation en cheval.

Voilà à quoi servent les urgences et quand il faut y aller. N’oubliez pas qu’il faut suivre aussi son instinct : même s’il faut rester objectif, on ne vous en voudra jamais d’être venue aux urgences pour quelque chose qui n’est pas grave mais qui vous a beaucoup stressée ! Même si parfois on râle, on reste humain. Sur ce, restez en bonne santé, cinq fruits et légumes par jour, tout ça tout ça… A bientôt chères GB !

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Publié le 3 mai 2015, dans Être une gloryboxeuse, Day By Day, Société, Vis ma vie, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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