Lecture : Baptiste Beaulieu récidive

Alors que son premier roman Alors voilà, 1001 vies aux urgences, publié fin 2013 et basé en partie sur les anecdotes de son blog, sort en Poche, Baptiste Beaulieu, jeune médecin de 29 ans, récidive en publiant ce mois-ci un tout nouveau roman intitulé Alors vous ne serez plus jamais triste. A travers cette nouvelle histoire, il ne nous propose pas exactement un récit initiatique, mais plutôt celui d’une ré-initiation à la vie.

9782213680712-X

Un jeune médecin, qui a perdu sa femme qu’il adorait, ne voit plus d’autre solution pour retrouver le bonheur que de la rejoindre en mettant fin à ses jours. Alors qu’il se dirige vers l’hôpital pour régler quelques affaires courantes avant de passer à l’acte le soir même, il monte dans un taxi conduit par une vieille dame excentrique et fantaisiste qui semble avoir, entre autres dons, celui de savoir quand les gens vont mourir, simplement en les regardant dans les yeux. Après maintes négociations avec son client, elle parvient à lui extorquer sept jours de rab de vie, qu’elle va mettre à profit pour lui rappeler ce que sont la vie et la mort, et surtout que le bonheur est avant tout vivant.

Tel Clarence, l’ange sans ailes envoyé au secours de George Bailey dans La vie est belle, de Franck Capra, la vieille Sarah (ou plus exactement Lady Sarah Madeline Titiana Elizabeth Van Kokelicöte, excusez du peu) tente de raviver le goût de vivre du jeune Docteur en cherchant à lui montrer qu’il est non seulement encore utile dans ce bas-monde, mais qu’il a surtout encore envie de vivre, même si cette envie est bien cachée. Malgré des expériences plus fantaisistes, loufoques et surprenantes les unes que les autres, le patient est coriace et sa détermination à en finir difficilement ébranlable. Pourtant, de temps à autre, une lueur de vie semble parvenir à se faufiler jusqu’à son cœur et son esprit. Se joue alors une lutte entre l’exaspération que lui inspirent les facéties de Sarah et les épreuves auxquelles elle le soumet (traduction directe de sa colère face à la mort de son épouse), la tendresse qu’il ressent peu à peu pour la vieille dame et le désespoir d’avoir perdu son grand amour.

Le récit se présente sous la forme d’un compte (mais surtout d’un conte) à rebours, marquant chaque jour avant l’enterrement. L’effet est d’ailleurs renforcé par l’inhabituelle mais fort bienvenue numérotation décroissante des pages. Avec l’humanité, la tendresse, la poésie et l’humour que l’on avait déjà tant appréciés dans Alors voilà, Baptiste Beaulieu nous entraîne dans le sillage de cette vieille dame pleine de vie peinant à raviver celle de ce jeune Docteur malheureux.

On rit, on pleure, on est ému et l’on se dit que le bonheur réside avant tout dans de petites choses qui à elles seules peuvent nous convaincre que la vie vaut bien la peine d’être vécue. Et ce même si parfois, hélas, certains partent chevaucher des poneys multicolores beaucoup trop tôt. On se laisse entrainer par le style joyeux, direct et fluide de l’auteur, jusqu’à l’échéance finale, l’enterrement, alternant entre espoir et désespoir, rires et larmes, d’une fantaisie à l’autre, toujours plus extravagante.

On ne sait pas encore si l’on ne sera plus jamais triste après cette lecture, mais ce qui est certain, c’est que voici un antidote qui ramène à la vie et à la joie au moins pour quelques temps. Baptiste Beaulieu aime les gens, et ça se sent à l’intérieur de ses livres. Je veux dire, ça se sent VRAIMENT à l’intérieur de ses livres.

A noter également qu’à l’occasion de la sortie en Poche de Alors voilà, une nouvelle gratuite du même auteur est disponible en librairie : La mort est une garce.

Photo B. Beaulieu. Source : alorsvoila.com

Et si vous voulez une belle dédicace, vous pouvez vous référer à cette page de son blog pour repérer son passage dans votre ville.

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Publié le 20 mars 2015, dans Bouillon De Culture, Lire, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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