Je suis chrétienne et je le vis bien

Chrétiens, musulmans, juifs… chacun en prend un peu pour son grade en ce moment. Pas forcément facile de vivre sa foi, quelle qu’elle soit. Et pourtant, je suis chrétienne et je le vis bien !


Pourtant, ma vie ressemble grosso modo à la votre. J’ai mes qualités, mes défauts, mes réussites et mes échecs, mes combats. En fait, je ne suis même pas différente des autres, j’ai le même rythme de vie que vous : métro, boulot, dodo, galère et petits bonheurs. Sauf que je vais à l’église en plus. Je crois que Marcel Achard avait raison quand il disait que le bonheur, c’est la somme de tous les malheurs qu’on n’a pas. Et ma foi me permet de voir vraiment tous ces petits malheurs auxquels j’échappe. Il faut dire aussi qu’elle me donne une autre raison de me réjouir, une raison spirituelle, une espérance de la vie éternelle. Ça peut paraître idiot. Je sais. Mes proches les premiers n’ont pas hésité à dire « Comment une fille intelligente comme toi peut-elle croire à de telles choses ?« . Je ne le crois pas en fait ; je le vis. Et je pense que c’est pareil pour tous les croyants, quelle que soit leur foi. La foi, la vraie – je ne parle de la religiosité – est quelque chose qui se vit dans le coeur, au fond de son âme. Et je n’ai pas honte, aujourd’hui, de dire que oui, je crois à la vie après la mort et que cette espérance là me donne envie d’avancer dans ma vie, de suivre le plan que Dieu a tracé pour moi. Dieu. Voilà. Le mot est lâché. Un être à la fois intouchable et pourtant si proche de moi, au quotidien. Sans tomber dans la niaiserie religieuse de bas étage, sans rite ni traditionalisme, je lui parle. Pour tout et rien. Souvent pour rien. Surtout pour tout. Mes finances, mon couple, mon avenir professionnelle, ma famille… Et quand je vois certaines choses se débloquer dans ma vie, oui, je me réjouis et oui, je reconnais que je suis bénie. J’ai de la chance, diront certains. Oh mais je ne suis pas un Bisounours non plus ! J’ai des soucis de santé, des ennuis de boulot, des disputes. Une vie comme tout le monde, vraiment. Mais j’ai un bonus, un joker, un ami, un allié, un confident. Appelez-le comme vous voulez, mais il est là.

J’ai fait le choix de Dieu

Ze Bible, la toute nouvelle Bible pour les 15-25 ans.

Ze Bible, la toute nouvelle Bible pour les 15-25 ans.

Gna gna gna… oui oui, je sais, vous en avez assez des niaiseries religieuses. Oui oui, je l’entends d’ici. Moi aussi, ça m’agace. J’entends aussi d’ici les commentaires que certaines doivent se faire. Pourtant, je le dis sans amertume aucune : non, ma foi ne m’a pas rendu homophobe, rétrograde ou que sais-je encore. En fait, ma conversion n’a rien changé ni à mes amis, ni à ma façon d’être. Je ne vais pas vous sortir le discours habituel de « j’ai des amis homo »  car, même si c’est vrai, ça n’apporte pas grand-chose au schmilblick. De la même manière que tous les musulmans ne sont pas djihadistes, tous les chrétiens ne sont pas homophobes. Mais soyez rassurées, c’est aussi ce que je pensais jusqu’à ma conversion il y a un peu plus de deux ans ans.

Oui, parce qu’en plus, je suis une convertie. J’ai choisi d’accepter la foi. J’ai voulu Dieu dans ma vie. Cette foi qui paraît si froide, si vieillotte et consensuelle. Je n’expliquerais pas ici ma conversion, c’est trop personnel, mais l’athée convaincue que j’étais a fini par être touchée. Et pas par la rigueur de l’Église. Il faut dire que, comme beaucoup, ce que je connaissais d’une église se résumait aux enterrements et aux mariages. Et comme j’avais fait plus d’enterrements que de mariages… je vous laisse imaginer le tableau. Suivre un dogme et tout un convoi de cardinaux bien pensants, non merci, très peu pour moi. Je vous passe les détails mais un beau jour, j’ai fini par ouvrir la Bible. Pourquoi ce vieux bouquin est-il le plus vendu au monde ? Pourquoi tant de gens se réclament-ils du Christ ? D’ailleurs, Jésus, c’est qui ? C’est quoi ? Crucifié et ressuscité ? Et puis quoi encore ! Oui, je faisais partie de celles et ceux qui n’ont de seule croyance que celle en eux-même. Mais ce n’est qu’au fond du trou qu’on peut remonter disait un gars probablement pas idiot. Et, forcément, c’est à ce moment-là, en désespoir de cause que j’ai fini par découvrir que la Bible ne me demandait pas de changement foncièrement ma vie de non-croyante et qu’elle ne me demandait pas de me confesser auprès des hommes. Ah oui, c’est vrai, je crois que j’ai oublié : je suis protestante. Et pour être sure de finir de vous faire fuir : je suis évangélique.

Vivons heureux, vivons cachés ?

† = ♥, mouvement viral sur les réseaux sociaux lancé pour Pâques 2014.

† = ♥, mouvement viral sur les réseaux sociaux lancé pour Pâques 2014.

Comment ça, suivre les commandements de la Bible, ça ne change pas mes habitudes ? Ben non. Je sors toujours boire des bières avec des potes, j’écoute toujours la même musique, j’ai toujours les CD de Rammstein, Eluveitie et Shaka Ponk dans ma voiture, je mange toujours des McDo. Après, oui, c’est vrai, j’essaye d’être plus ouverte, plus compréhensive, plus généreuse dans ma façon d’être. Parce que c’est ça, concrètement, le message de l’Évangile. Et mon entourage s’en est rendu compte : je suis moins colérique, plus patiente (même si c’est pas encore gagné hein, c’est pas magique non plus) et franchement, plus épanouie. Et pourtant, c’était pas gagné. Mon entourage a mis beaucoup de temps à digérer ma conversion : 80% de ma famille est non croyante et les rares qui le sont sont catholiques. Faire accepter ma foi a été un combat de tous les jours parce que l’église est un milieu très galvaudé, notamment par les médias. Alors une église évangélique, imaginez… mes proches craignaient que j’entre dans une secte. Résultat : je l’ai caché pendant plus de six mois et quand j’ai pris la décision de me baptiser, je l’ai dit très, très tard à mes parents. Et contre toute attente, alors qu’ils m’avaient baptisé, petite, dans une église catholique, ils ont tenu à venir à mon baptême. Et ça leur a permis de mettre de côté leurs préjugés pour voir vraiment ce que c’était. Une communion puissante et solide entre croyants, un moment festif de louange mais aussi un temps d’adoration et d’enseignement.

Maintenant, ma foi, ils la comprennent très bien sans la partager, savent qu’on va à l’église toutes les semaines et ça se passe plutôt bien. Mais tout n’est pas gagné. Mes parents, il leur a fallu près d’un an et demi pour le gérer. Ma famille, c’est autre chose. Ça a été assez drôle pour mon mariage d’ailleurs. Pour beaucoup, ça a été la découverte. Aujourd’hui, après presque trois ans de conversion, j’ai décidé d’assumer mes choix, malgré les critiques très dures que j’ai pu entendre, souvent fondées sur la méconnaissance de ce qui nous anime. C’est profondément blessant d’être jugée, voire calomniée, pour quelque chose que beaucoup ne connaissent pas. Mais comment leur en vouloir ? J’ai été parmi eux, à juger les chrétiens, à les critiquer sans comprendre, sans savoir, sans connaître, simplement d’après ce que je pensais savoir et donc, en déduisais. Mais je n’ai pas honte de dire que je suis une femme. Je ne me cache plus de dire que je suis chrétienne parce que ça fait autant partie de moi. Parce que cette foi qui m’a sauvée m’a aussi rendu libre. J’apprends à m’aimer comme je suis – bon, ça, c’est pas encore gagné mais j’y travaille – parce que je ne suis pas un détail dans le plan de Dieu. Et je finirais avec une valeur sure. Je crois que Gad Elmaleh a raison quand il dit qu’on devrait tous se rendre dans une église, une synagogue et une mosquée pour apprendre à se découvrir et à se connaître.

Publié le 23 novembre 2014, dans Être une gloryboxeuse, Vis ma vie, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Bravo pour ton article! C’est vraiment très bien exprimé..
    J’admire le fait que tu te sois convertie, par choix, contre toutes attentes de ta famille. J’ai un peu de mal avec le fait « d’imposer » une religion à un enfant dès sa naissance. Pour moi, c’est un choix très personnel et qui nécessite une certaine maturité. Cependant, il faut avoir du courage pour s’y intéresser et se lancer dans l’inconnu d’une religion que personne nous a enseigné.
    Par contre, je ne suis pas d’accord avec la phrase de Gad Elmaleh. Tout le monde ne se découvre pas à travers la religion et donc encore moins à travers les lieux de culte à mon sens.. J’ai pourtant été baptisée catholique, fait les deux premières communions, après reflexions, la religion ne signifie pas grand chose pour moi (tout en respectant celles des autres évidemment). Je vois ça plutôt ça comme une faço n comme une autre de s’épanouir, d’être « meilleure ». Donc non, ça ne se limite à une église, une mosquée ou une synagogue.. Après j’ai peut-être mal interprété la phrase. Dans ce cas-là, je m’en excuse!
    C’était très intéressant de te lire en tout cas 🙂

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