J’ai testé pour vous: être étudiante en école de mode

Quand j’étais plus jeune, j’organisais des défilés de mode dans le jardin de mes grands parents l’été. Je sélectionnais scrupuleusement les vêtements qui allaient être présentés avant de les lancer à ma cousine, qui me servait de mannequin. Ca a pris du temps mais quelques années plus tard, devant une émission de télé (« La mode la mode la mode » sur Paris Première), je me suis rendue compte que la mode était plus qu’un simple passe temps et qu’il était temps de m’y consacrer. Après 3 ans passés sur les bancs de la fac en Histoire de l’art et archéologie, j’ai donc pris un virage à 360 degrés pour entamer des études dans ce monde de strass et paillettes !

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Quand je dis que j’étudie la mode, ça fait souvent rêver…ou pas ! On m’imagine au choix, assurer la relève de Karl Lagerfeld ou en une Anna Wintour traumatisant une stagiaire façon « Le diable s’habille en Prada ». Si je devais (vraiment) simplifier et définir deux catégories de personnes dans le milieu de la mode, je dirais qu’il y a d’un côté les créatifs et de l’autre, les « commerciaux ». Je fais partie de cette seconde catégorie !

Après mon Bac+2 en Histoire de l’art, j’ai eu l’opportunité de me réorienter sans perdre mes années d’études antérieures et j’ai rejoint une école de mode pour un cursus de 2 ans en « management de la mode » destiné à me former au métier de chef de produit. Un chef de produit est une sorte de chef d’orchestre, il coordonne tout le cycle du vêtement, de sa conception à sa vente, en étroite collaboration avec les stylistes modélistes, les acheteurs, la production et les équipes de merchandising qui s’occupent d’analyser les ventes. Il est responsable de la rentabilité du produit.

Une formation en management de la mode : qu’est-ce que c’est ?

La première année s’est déroulée en deux temps : les cours et une période de 3 mois en entreprise (que j’ai passé dans un bureau de tendances). Autant vous prévenir tout de suite : j’ai adoré cette période et je ne me suis jamais autant épanouie dans mes études que cette année !

On pourrait m’imaginer comme une sorte de Carrie Bradshaw qui suit toutes les tendances avec admiration et sélectionne avec goût les pièces à porter…mais la réalité est à nuancer ! Je suis loin d’être une icône de mode, j’adore les beaux vêtements et je suis sensible aux matières, mais le style est une autre histoire ! J’étais d’ailleurs assez angoissée à l’idée de faire ma rentrée en école de mode. J’avais des clichés plein la tête et j’avais peur de ne tomber qu’avec des filles hautaines et super lookées. La réalité m’a vite fait déstresser. Nous venions tous d’horizons différents (il y avait des stylistes, des étudiants en commerce international ou en sciences humaines et il y avait aussi une grande partie d’étrangers) et peu d’entre eux m’ont finalement intimidée (bon, il y avait bien quelques bitches, mais le quota n’était pas plus élevé qu’autre part !)

Alleluia avoir du style n’est pas une condition sine qua non pour travailler dans le milieu de la mode.

Alleluia avoir du style n’est pas une condition sine qua non pour travailler dans le milieu de la mode.

Le but premier de la formation était de nous donner une solide culture mode. On avait des cours réguliers comme marketing, langues (anglais/italien), production, merchandising visuel, défilés, textilesmerchandising (établir un budget et un plan de collection). Il y avait aussi Culture mode où on étudiait principalement le « vestiaire » (c’est-à-dire les différents vêtements, leurs origines, leurs spécificités et histoires) et les aspects fondamentaux de la mode (les secteurs/niveaux de gamme, les quartiers de la mode, la culture d’image, le calendrier de la mode et les Fashion Weeks). On avait aussi un cours super passionnant sur l’histoire de la mode à travers l’étude de différents quartiers parisiens qui ont marqué l’histoire de la mode depuis le XVIIe siècle (la Rue du Faubourg Saint Honoré, « le triangle d’or » : Avenue Montaigne-George V-Champs Elysées, Saint Germain des Prés et le Marais)

Il y avait aussi de nombreuses interventions avec des professionnels, sur les secteurs qui gravitent autour de la mode. Ces interventions s’étalaient sur 1 à 4 cours : il y avait notamment achats, parfum, droit du travail, licences, mode enfantine ou mode homme. Certaines m’ont particulièrement plu comme haute couture, hôtellerie/décoration, lingerie, gastronomie et maroquinerie. J’ai adoré cet aspect touche à tout de ma formation, ça pousse à être hyper curieux sur des domaines qui ne nous fascinaient pas forcément à la base et les cours étaient vraiment participatifs (on a eu l’occasion de créer une identité pour un parfum, on a fait des dégustations en cours de gastronomie, touché les différentes dentelles en lingerie et même customisé un sac et une paire de chaussures en cours de maroquinerie!)

Je garde un très bon souvenir des cours de gastronomie.

Je garde un très bon souvenir des cours de gastronomie.

Et après ?

Sur le papier, ma formation prépare au métier de chef de produit. En réalité, c’est bien plus ouvert ! Mon projet est de me spécialiser dans le développement produit pour une grande marque, c’est-à-dire imaginer de nouveaux concepts de produits (inventer une histoire, un univers et le packaging des futurs produits), en collaboration avec les créatifs. Mon diplôme peut aussi mener vers le métier d’acheteur, de visual merchandiser, responsable de production, responsable marketing dans un bureau de tendances ou même rédacteur mode : Le tout est de faire des stages dans le secteur qui nous intéresse afin d’être repéré et de pouvoir pénétrer cet univers impitoyable. (ahhh les stages)

Voilà une brève introduction à ce que j’ai découvert lors de ma première année d’études en management de la mode ! J’ai eu l’opportunité de suivre mes cours de deuxième année à Londres grâce au programme Erasmus. Cette année, les cours sont beaucoup plus axés sur les stratégies marketing et l’image de marque des maisons de mode, bref c’est beaucoup plus commercial et tourné vers l’international. J’espère en tout cas, avoir démêlé une partie du mystère qui entoure ma formation et je vous conseille de tenter si c’est une voie qui vous attire. Le milieu de la mode est un peu spécial mais c’est réellement épanouissant quand ça nous plaît !

À propos de Pauline

Bonjour ! Je suis Pauline, j'ai 22 ans et la journée, je suis étudiante en management de la mode. Ma passion, c'est le Keno. Mais j'aime aussi beaucoup la mode, l'art, le design, manger des cookies et Joseph Gordon-Levitt.

Publié le 16 juin 2014, dans Être une gloryboxeuse, Day By Day, J'ai testé pour vous, Société, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 5 Commentaires.

  1. Merci pour cet article, on devine que ta première année d’étude dans la mode était franchement délicieuse et t’a affuté la rétine (et les papilles apparemment ?!), vivement la suite !!

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  2. Secretlyshecries

    Ton article est super intéressant, et tu as l’air de vraiment t’épanouir dans ce que tu fais, et ça c’est pire que cool !

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  3. TU VAS TOUT DECHIRER ! Très bon article !

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  4. Hey there ! Ton article est génial et spontané, juste une question : par quelle école es-tu passée ?
    Excellente continuation 🙂

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  1. Pingback: Los macarons: las galletas francesas de colores | Blog de Cupcakes

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