Eloge des basiques

D’abord, 5 minutes d’introspection :

– Êtes vous de ceux qui retournent frénétiquement leur placard afin de trouver quelque chose d’adéquat à porter absolument chaque matin ?

– Achetez vous sans cesse de nouveaux vêtements, y laissant plus d’une paie, car vous avez l’impression de ne « riiiien avoir à vous meeeettre », alors que votre armoire dégueule de vêtements probablement superflus puisque 1) vous ne les mettez pas ou plus 2) vous ignorez que vous les possédiez.

– Finissez vous par porter encore et toujours les mêmes sappes  ?

– Echangeriez-vous sur le champ tous vos vêtements de mauvaise qualités (fabriqués, en prime, dans des conditions désastreuses humainement et écologiquement) contre LE sac de créateur de vos rêves ?

Vous avez répondu oui à trois reprises ? Cet article est fait pour vous !

Pourquoi le minimalisme? Dans une société qui glorifie la possession d’objets matériels et fait de nous des pousseurs de caddie du lundi au dimanche, c’est devenu un programme en soi, une résolution existentielle et un véritable objectif louable de ne pas céder à la surconsommation. Dans la mode particulièrement: elle a le don de susciter la frénésie d’achats, c’est d’ailleurs son principe – Zola, ayant observé la création des premiers grands magasins, le décrit avec finesse dans Au Bonheur des Dames. Une tendance en remplace une autre, qui en remplace une autre, en avril 2012 tout d’un coup il vous fallait du « néon » (du fluo quoi), cet automne des « studs » (traduction : des clous), et à chaque fois on parvient à nous faire croire qu’il s’agit d’un GRAND RETOUR FRACASSANT. Bref on crée du désir.

En pleine période de soldes, et si, pour une fois, on ne cédait pas au it-truc du moment (en fait déjà obsolète pour ceux qui courbent l’échine sur les carnets de tendance avec 2 saisons d’avance) mais on en profitait plutôt pour faire de bonnes affaires en se constituant une garde robe de basiques d’excellente qualité, qui nous suivraient longtemps, de saison en saison et même d’année en année. Acheter moins, après tout c’est pouvoir acheter mieux ! En dehors de toutes considérations socialo-politiques plutôt fumeuses et probablement subjectives, l’immense avantage de la garde robe basique c’est (aussi) l’économie d’énergie qui s’en suit : dans une garde robe de basiques.. Tout va avec tout, et, à l’image du président des Etats Unis himself qui dit ne posséder que des costumes bleu marine et gris afin de garder toute son énergie pour se concentrer sur de vrais problèmes, vous vous éviterez bien des drames en vous constituant un « uniforme ». Vous aussi vous serez d’attaque pour gérer les conflits au Moyen Orient, les prises d’otage au Mali, la faillite des banques et le dossier du gaz de schiste. Voilà. Tout ce qui vous manquait, pour devenir maître du monde, c’était ces 20 minutes perdues à mettre à sac votre garde robe quotidiennement ! Entre nous, on le savait.

La blogueuse Dead Fleurette prétend avoir pour idéal ne s’acheter que 4 ou 5 pièces par saison. Je ne sais pas ce que cela vous évoque (la disette? La crise? Une vie monacale?), mais pour moi c’est le rêve, à savoir le sens absolu du style. Se connaître et savoir ce que l’on aime si précisément que l’on s’entoure du strict nécessaire, du minimum vital, juste quelques achats qui nous feront plaisir car ils correspondront à un besoin réel, c’est ça la perfection!

Ma version du basique, version hiver

De haut en bas et de gauche à droite :
Pull bleu marine, gilet noir
Sweater Gris, pull en maille blanc
Blouse, chemise blanche
Chemise en chambray, chemise vichy
Skinny noir, pantalon de flannelle gris, short de costume
Robe à carreaux, robe noire, jupe bleue
Bottines à talons Sarenza (plus disponibles), Converses chez Sarenza (plus disponibles), derbies

3 à 4 tenues pour la semaine que l’on peut mixer et remixer à souhait. Deux tenues de week end : celle pour sortir en rendez vous ou en soirée, à accompagner de talons, et celle pour traîner au marché aux puces, aller bruncher et se promener en ville (plus ou moins chic suivant les chaussures qui l’accompagneront : en baskets pour aller à un concert, en derbies pour un vernissage). Et, bien sûr, une courte série d’accessoires qui vous permettront de finir votre nouveau look : un blazer habillé pour sortir, un manteau d’hiver et une parka pour la mi-saison, un petit sac et un plus grand, une écharpe toute bête et un foulard plus raffiné.

L’idée sous-jacente est d’une simplicité biblique : se faciliter la vie. Avoir le luxe de pouvoir tout assortir ensemble, tout en ayant ce qu’il faut pour chaque circonstance – puis de pouvoir compléter vos basiques, petit à petit, de pièces plus audacieuses si le cœur vous en dit… ou bien de la paire de chaussures ou de la splendide montre que vous estimiez tout à fait hors de votre budget avant cette conversion au style minimal. A moins que d’ici là vous soyez convaincues des commodités du « less is more », au point de parvenir à ce sentiment digne des Dieux de l’Olympe : être enfin contentée, avoir le sentiment d’avoir tout ce qu’il vous faut puisque rien ne vous manque !

 

De haut en bas et de gauche à droite :petit sac, gros sac
bonnet, borsalino
écharpe tube, foulard à motif
parka, caban
manteau en laine, blazer

Elles en sont déjà adeptes

Dead Fleurette est une pianiste et blogueuse norvégienne qui depuis 2010 régale les internautes de ses errances à la recherche de son « personal style ». Très portée sur les coupes idéales, une garde robe minimale, et l’élégance à la française, elle est quasi névrotique dans sa quête de la pièce parfaite et sa lutte sans merci contre la consommation à outrance et les achats compulsifs. Rafraîchissant aux pays des blogs mode dont la profusion de liens affiliés, l’étalage et les « hauls » incessants peuvent donner la nausée…

Légende du Hollywood des années 30 et 40, Katharine Hepburn était aussi une pionnière en matière de mode androgyne : elle apparaissait toujours sur les sets de ses films habillés des mêmes pantalons taille haute et d’une chemise savamment déboutonnée. Si ses performances d’actrice on fait date, on peut en dire autant de son sens du style : cet automne se tenait à la New York une exposition rassemblant les effets qui constituaient sa garde robe à l’écran comme à la ville.

 Son mort d’ordre : le confort, elle devait pouvoir se pelotonner dans un fauteuil pour réviser son texte, s’asseoir par terre, bref bouger. Son uniforme se résumait alors à des silhouettes nettes, valorisant la commodité aux ornements et fanfreluches, et lui donne cette allure toujours vaillante et énergique. Si au premier abord son look fétiche, grand pantalon large et chemise, peut apparaître masculin, la douceur des matières qui transparaît à travers les photos, la coupe on ne peut mieux taillée dénote d’un parfait équilibre entre féminité et hardiesse. Elle était l’incarnation vivante du « American Style », bien avant Ralph Lauren : classique, chic, et au grand air, un contraste saisissant avec la mode qui suivra, dont Marilyn Monroe sera la meilleure émissaire : tout en courbes et regard enjôleur.

Elle n’était pas véritablement partie pour aimer la mode : avant de rencontrer Peggy Roche, qui sera sa compagne, Françoise Sagan s’habillait à la va vite et sans considération pour ses mensurations, ni goût pour les créateurs, tout a changé au fur et à mesure des rencontres, et finalement elle rattrapa le temps perdu au point de chroniquer pour des magazines féminins l’actualité de la mode (ses écrits sur le sujet sont aujourd’hui rassemblés dans le bien nommé petit volume La petite robe noire). Mais avant de s’intéresser de plus près aux créations du tout Paris, elle avait déjà belle allure, et adoptait un style simple, classique, idéal pour vadrouiller sur la côte d’Azur ou d’Amalfi, des vêtements dans lesquels on vit et vieillit tout simplement.

D’origine allemande, Jil Sander est une styliste qui était déjà dans les parages à la fin des années 70 mais n’a vraiment explosé que dans les nineties, époque où le minimalisme ambiant a su reconnaître ses coupes exceptionnelles et les matériaux superbes qu’elle employait : elle sera même surnommée « Queen of the minimalism». Elle est revenue (après quelques collaborations avec la super marque japonaise Uniqlo, connue pour son traitement exhaustif des basiques) dans la maison qui porte son nom il y a seulement quelques mois, signant à 68 ans une collection « crisp clean », franche et précise, fidèle à sa réputation : les lignes sont structurées, sans fioriture dans une palette de couleur sûre – bleu marine, bordeaux, blanc.. Son look, un costume intemporel, reflète la même aspiration à l’hyper épuré.

Un dernier mot ? Pour constituer une garde robe idéale mais réaliste, donc réduite et fonctionnelle, le point de départ devrait toujours être le genre de vie qu’on mène, pas les tendances que les journalistes féminins exhument toutes les 2 saisons.

Se concentrer d’abord sur l’essentiel : quelle est notre silhouette et quelles sont nos proportions, à quoi occupe t-on ses journées, aime t-on passer inaperçue ou être remarquée, quelles sont les couleurs qui vous vont le mieux – certaines peuvent complètement raviver votre teint, l’éclat de vos yeux, et d’autres vous éteindre follement, de quoi a t-on besoin plutôt que ce qui a frappé notre rétine et suscité un désir (ce kimono en soie magnifique dans la collection Kenzo m’a tapé dans l’oeil : ai-je pour autant besoin de le posséder ? non, c’est simplement beau). Et à tout prix, il faut s’entourer de vêtement dans lesquels on va aimer se glisser – si finalement vous trouvez que vous avez l’air emprunté avec un trench coat, laissez tomber ! A vous de créer vos propres indispensables (quels seraient les vôtres ? aiguillez nous dans les commentaires !), de créer votre uniforme !

L’émergence des fast foods a provoqué, en réaction, l’émergence du mouvement « slow food » – qui se concentre sur la fraicheur et la saisonnalité des produits et a pour dogme la dolce vita : enfin vivre ! De même en réaction à la consommation massive de vêtements quasi-jetables, on pourrait imaginer une « slow fashion », dont les principes seraient : rompre avec l’enchaînement stakhanoviste du renouvellement des stock chez Zara, Bershka, et H&M pour se concentrer sur l’essentiel et s’entourer plutôt, années après années, avec patience, d’une garde robe bien pensée, dans laquelle on vieillira. Des blogueuses bien avisées ont ainsi créer un nouvel indicateur : le « cost-per-wear » : sachant que les vêtements achetés à très bas prix ont un fort risque de se déformer au lavage, de s’abîmer, ou tout simplement de se démoder, ils seront sortis 3 fois de leur armoire… Ils peuvent alors s’avérer plus cher, en tout cas moins amortis, qu’un pull pour lequel certes on aurait cassé sa tirelire, mais que l’on aurait porté tout l’hiver, et que l’on aurait retrouvé avec plaisir l’hiver suivant, et encore de nombreuses années !

 Qu’en pensez vous ? Une armoire réduite aux basiques c’est la solution ultime pour posséder une garde robe à toute épreuve ou c’est déprimant au possible ?

Publié le 11 janvier 2013, dans Beauty Queen, Mode, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 22 Commentaires.

  1. Super article Grey ! Je découvre une bloggeuse cool par la même occasion.
    Pour moi, j’achete mes basiques relativement chers (Cos, Sandro, Chattawak, Petit Bateau, Kookai, Comptoir) et les pièces un peu plus folklo sur Asos, Urban, Zara, H&M… Parce que je m’en lasse vite, que ça se démode vite…

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  2. Excellent article très inspirant et qui tombe à pic pour ma part !

    J’ai par contre du mal avec l’idée d’uniforme qui me paraît vite déprimante, car j’aime me surprendre tous les jours, presque changer de style : je peux être rock, classique, bobo chic dans la même semaine et ça me plait. ( ou alors ça montre mon manque criant de « style » justement, de patte qui me colle à la peau.) Le gros inconvénient c’est un peu la cause de cet article : avoir trop de pièces dans tous les sens c’est se retrouver sans « plus rien à se mettre » parce que les possibilités se limitent vite.

    En ça je rejoins totalement ton article : de bons basiques c’est la vie, ça booste ta garde robe avec un rien. Je suis très adepte du mixe basiques/pièces + folklo. C’est ça le must du chic pour moi (par exemple un jean brut évasé sur les bottines que tu proposes, un sac passe partout ET : une blouse fushia).et ce à quoi j’aspire !
    Par contre cet article est perfide, il me donne une nouvelle excuse pour consommer  » attends le pull en maille blanc je ne l’ai pas et c’est the BASIQUE kua, Grey l’a dit » (ça marche aussi avec les bottines ou le short)

    Et pour finir, LE basique selon moi dont je ne pourrais pas me passer : le blazer ! Indémodable, il casse une tenue trop décontractée la journée et fini parfaitement ta robe de soirée. Pour l’effet inverse : sa copine la petite veste en cuir hyper simple.

    Encore une fois très chouette article!

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  3. Je suis assez d’accord dans le fond, et c’est justement l’une de mes résolutions 2013 que d’acheter moins au coup de foudre et plus de belles matières bien coupées qui tiendront longtemps et vont avec tout !
    Cependant (et ce n’est pas exactement ce que j’ai cru comprendre dans l’article et si c’est moi qui l’ai mal interprété je m’en excuse platement) il faut aussi quelques pieces non basiques pour twister une tenue.
    L’ensemble des tenues que tu as montré (ou presque) me parait trop fade (c’est mon avis hein), et autant je pourrais m’habiller comme ca les jours ou je suis malade quand je dois sortir et que j’ai pas la foi autant en ce qui me concerne elles ne représentent pas specialement le style parfait. Perso, j’adore mixer basique (jean bleu fonce par exempl) a une pièce plus originale, qu’il s’ agisse d’accessoires (chaussures pailletées ou rouges, écharpe graphique…) ou de vetements (genre un haut en dentelle, une blouse bleue electrique ou jaune…)

    en gros je suis d’accord avec l’idee que chacune devrait plus reflechir en fonction de ce qu’elle aime réellement et de ce qui la met en valeur plutôt que suivre les diktats de la mode, mais je n’accroche pas avec les exemples et la garde robe minimaliste que tu as utilisé en exemple 🙂

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    • Oui, je défends bien l’idée que le minimalisme, enfin les basiques en l’occurrence, en soi est désirable ! En version moins extrême je pense que c’est une bonne base pour tout le monde, pour avoir un peu de tout pour chaque moment de la vie ou presque et accessoiriser facilement ses tenues (comme tu le dis avec une petite touche : un foulard à motif – j’adore celui de la sélection!), c’est un bon début pour la garde robe idéale. Ensuite en ce qui me concerne, je suis une fan immense de minimalisme (même de la philosophie derrière!), du net, du monochrome, je trouve ça hyper chic ! Et j’adore l’idée d’un uniforme, pour moi c’est la quintessence du style car cela veut dire que l’on se connaît !

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  4. J’aime beaucoup cet article! Pour ma part je fonctionne un peu comme Mallory: beaucoup de basiques + des accessoires OU des couleurs.
    Et c’est un peu présomptueux mais j’aime être « créative » dans mes tenues, pour moi assortir les formes et les couleurs c’est un réel plaisir. J’aime bien trouver la meilleure combinaison possible avec différentes pièces, et si l’harmonie devait être (presque) toujours la même je crois que je m’ennuierai. J’en suis au point où j’achète des trucs qui me semblent importables mais que j’aime quand même et je me mets au défi de trouver comment les incorporer à mes tenues (ex: des collants roses). Bref, du coup n’acheter que des basiques c’est pas pour moi.

    Ah, et pour revenir sur un détail de l’article, concernant Dead Fleurette: je trouve qu’acheter 4-5 pièces à chaque saison c’est déjà pas mal! Bon, personnellement j’achète plus parce que la plupart de mes achats sont très très peu onéreux et je ne me permets qu’une très belle pièce exceptionnellement. Mais je trouve que 4 ou 5 belles pièces qui tiennent (= sûrement assez chères) pour la saison c’est déjà un budget! Je me trouve même plus écologique puisque la bonne moitié de mon armoire est de la récup.

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    • Il faudrait faire un look book sur toi, une armoire de récup et de vêtement « défis » à porter, c’est cool ! Les collants roses à associer, ça me fait penser à Carrie Bradshaw, c’est la REINE quand il s’agit de porter l’importable ! Merci beaucoup d’avoir lu l’article et de m’avoir laissé un commentaire. ❤

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  5. Très très bon article !

    Alors je suis d’accord du point de vue éthique / politique : acheter moins mais plus cher, c’est acheter mieux, on ne peut pas tergiverser là dessus. MAIS :
    – y a quand même le risque de se retrouver tous habiller pareil. Uniforme.
    – s’habiller tout en basique, je trouve ça quand même un peu ennuyeux (pour pas dire « déprimant au possible) : beige bleu marine et beige quoi.
    – je suis d’accord avec toi concernant la classe ULTIME des Françoise Sagan et Katharine Hepburn, mais clairement pour moi c’est pas leurs fringues qui m’interpellent, mais bien ce qu’elles dégagent. Je crois pas que je les aurais trouvé moins classes si elles s’habillaient en toges.

    Du coup, mon bémol :

    – s’habiller avec des bons basiques, ok, mais à condition de les mixer avec des accessoires fous, un foulard oversize qui pète, une veste rock, des derbies rigolottes. Du coup moi je cherche systématiquement un bon jean bleu, un bon débardeur en coton blanc, deux trois bonnes chemises, une joli veste, et pour le reste : DES TRUCS FOUFOUS ! Même si j’ai aussi pris la résolution du acheter moins mais mieux. En fait le basic est certes indispensable (la base, c’est bien ce que ça veut dire), mais vraiment, vraiment pas amusant. Et perso j’ai besoin de me marrer quand je me fringue, ça passe donc par ne pas faire de ma garde robe ‘un projet’, un truc assommant avec des règles et des buts à atteindre, j’aime aussi mes gros craquages pour des derbies leopard que je regarderai peut être avec gêne dans quelques années.

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    • Oui je comprends parfaitement que ça puisse apparaître austère. MAIS C’EST LA CRISE, LA MODE C’EST L’AUSTERITE MAINTENANT, get with the program !

      Bon sinon en fait moi je suis hyper mal à l’aise, en général dans la vie, avec « ce qui ne sert à rien » (pas très baudelairien comme attitude) : ce qui ne sert à rien je trouve que ça appartient aux musées, pour que l’on s’extasie dessus, que l’on contemple avec attention et minutie, mais dans ma vie je suis tout pour le fonctionnel, le pratique, l’épuré, du coup en mode, tous les petits ornements et détails qui « servent à rien » (bon bah si, à se distinguer, à être « amusant » même si bon c’est pas de la franche rigolade non plus) ça me met hors de moi, je suis contre par principe, parce que je comprends pas pourquoi c’est là, et surtout je trouve très rapidement qu’une tenue est surchargée, sur les femmes particulièrement, j’ai envie de leur ôter la moitié de leur bijoux et quolifichets (genre froufrou sur le col, stud le long de la jambe sur le jean, nail art, paillette sur les yeux : DU CALME!).

      C’est comme ça dans tous les domaines esthétiques, architecture, déco, et mode (c’est sans doute là où c’est le plus poussé). Autant j’apprécie le travail d’orfèvre, qc de très raffiné, je sais pas la marqueterie, le style rocaille, ou des robes avec de la passementerie ou des brocards, mais pas sur moi ! Mais je suis d’accord, une fois les basiques maîtrisés quelques touches (donc UNE) : les chaussures (j’ai quand même une paire de baskets roses tyrien), ou un vernis coloré, un détail sur un pull (les boutons sur l’épaule d’une marinière – qui avaient leur fonction cela dit… avant!), un tatouage super beau – mais pour moi ça se traduirait plus pour un jeu de couleurs, ou de volumes, que juste l’originalité pour elle même, qui n’a pas beaucoup de sens pour moi – elle n’en a qu’en réaction à qc, elle est rarement authentique.

      En tout cas merci pour vos réactions, c’est super ! Peut-être qu’on devrait faire comme les autres bloggueuses « sélection de vos commentaires ! »

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      • Wow, une paire de basket « roses tyrien » ?! Mais t’es une ouf ! x)

        Bon je comprends pas trop trop cette histoire de « ce qui ne sert à rien », dans la mesure où l’esthétique, à par l’être bah effectivement « ça sert à rien », du coup parti de ce postulat il va falloir que tout soit monochrome et ou épuré et oui bon disons le, je trouve ça très chiant.
        Mais en fait pour être honnête je le trouve un peu vexant le « ce qui ne sert à rien », en te lisant je me suis dit « hey elle doit trouver que les 3/4 de ma garde robe, de ma déco, de mes photos mêmes, sont à mettre dans la catégorie de ce qui ne sert à rien ». Mais bon c’est pas un scoop, on a pas les mêmes gouts du tout, et puis le « ce qui ne sert à rien » peut être assez subjectif, je peux considérer qu’un truc (pull, déco, que sais je) qui ne se démarque pas un peu « ne sert à rien » non plus, c’est sur.

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        • Voilà, on a pas la même définition du « sert à rien » ! Tu considères que ne sert à rien ce qui est « chiant » ! Mais c’est bien pour ça que différentes esthétiques ont toujours cohabité / se sont toujours suivis dans l’histoire du goût (elles dialoguent aussi avec une époque, des conventions!), et c’est en soi passionnant , il ne FAUT rien, c’est une vision qui ne se veut pas normative (et personne, je crois, n’a tort ou raison sur le sujet), il n’y a pas UN canon par essence de ce qui est beau, et va plaire aux sens et c’est heureux, le contraire serait inquiétant (point Godwin quasi atteint), ça ne compromet pas l’existence de l’un ou de l’autre, faut pas se sentir personnellement touché ou vexé puisque rien ne nous force à s’accorder là dessus!

          Mais c’est très intéressant cette question du « sert à rien », pour moi le beau a forcément un caractère utile, ma vision de la beauté s’inscrit bien plus – par névrose ou histoire personnelle, que sais-je, dans la vision d’un Eames (qui disait quand même « innovate as a last resort ! » ou « design is the appropriate combination of materials in order to solve a problem » : on sent le mec marrant qui voit juste toute l’existence en terme de pbs à régler / d’optimisation de l’espace ou de la vie – et c’est exactement comme ça que je vois la mode, enfin celle que je veux porter en tout cas donc disons MA garde robe, car ça n’empêche pas de trouver beau autre chose, bien sûr que les robes à crinoline sont belles, les palais sont beaux, l’art nouveau c’est beau, mais j’ajouterai : à regarder, c’est pas là dedans que je veux et même peux vivre), et toi alors tu serais plutôt team Baudelaire (justement « le beau est toujours inutile »). J’ai l’impression que c’est qc qu’on ne décide pas, c’est tout d’un coup, une rencontre on se dit « voilà c’est ce que je pense et sens ». Je crois que c’est pour ça que le Japon m’avait fait une si forte impression, c’est le pays du raffinement par la simplicité et le fonctionnel !

          Et ouais elles sont trop cool mes baskets roses, elles vont trop bien avec ma parka, et quand je les mets je sens que je peux conquérir le monde, sketba roses au pied.

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  6. Alors moi c’est l’inverse, j’aimerais oser des fringues un peu plus funky (mais ça ne me correspond pas DONC c’est nul) et un peu moins chères parce que justement, depuis quelques temps j’ai constaté que j’achetais assez peu mais très cher et ça me frustre un peu de ne shopper qu’une fringue par ci par là, même si j’en suis au final ultra contente ! Du coup ma garde robe se constitue très lentement… J’aimerais trouver des basiques cools sans qu’ils coûtent 300 euros. :/ (j’en ai alors je sais que c’est possible, faut juste de la persévérance haha et de la chance !) En fait je crois que j’aimerais juste un peu plus de budget… histoire de pouvoir shopper 2/3 fringues par mois.

    En tout cas j’ai beaucoup aimé l’article, il est absolument parfait et pose les bonnes questions ! Et le borsalino sélectionné est parfait ! (et on m’a offert l’écharpe american apparel pour Noël, j’en suis DINGUE, trop confort !)n = Bonne sélection!

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    • Merci pau’ ! (on t’appelle Pau ?), je suis contente que ça ait pu être intéressant, j’adore aussi le borsalino et l’écharpe (je comptais me l’offrir, l’écharpe en premier, et tu me convaincs encore plus !).

      Ca fait très longtemps que je ne vais plus chez H&M / Zara, (j’ai eu la même expérience que tout le monde, un jour tu y vas tu rentres avec pour plus de 100 euros de vêtements et ils sont tous moches et déformés au premier lavage), mais il y a peu j’avais vraiment besoin d’une mini noire, et vraiment pas 190 euros à mettre dedans, j’ai refait un tour dans ces boutiques et suis sortie avec un sac plein de fringues (complètement basique – la mini, un gilet noir, un gilet gris, un pull beige, on se refait pas) et tout juste 100€ de dépensés, je m’en suis toujours pas remise, ça me faisait bizarre. Donc c’est pratique, reconnaissons le, quand on a besoin d’un petit fix de vêtements nouveaux (comme quand je sors des épreuves du capes hem), pour aborder la nouvelle saison tranquille et couverte, genre 3 d’un coup, qu’on les choisit BIEN dans le magasin, mais surtout que ça répond toujours à un besoin, comme tu dis, pour « constituer sa garde robe » (je ne pouvais plus vivre sans mini noire!).

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  7. Putain mais oui, il faut se forcer à acheter moins ET mieux. Faut que je me force. Mais psychologiquement, j’ai toujours du mal à mettre le prix dans un truc qui je sais, sera moins cher ailleurs. MAIS TRES BON ARTICLE, je vais y réfléchir, car peut être que oui, c’est ça la solution au problème récurrent qui survient tous les matins à savoir : « WHAT THE FUCK AM I SUPPOSED TO WEAR TODAY ».

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    • Bon toi, déjà commence par arrêter d’acheter chez les chinois sur ebay, miss je-fais-du-droit-de-l’environnement !

      Only joking, of course. Mais tu dois avoir des dilemmes, parce que de base t’as l’air de bien aimer les vêtements urbains, histoire d’avoir un peu de street cred’ dans la rue des mo’ (en fait disons le, tout le 15è repose sur toi pour ne pas être envahis de marie chantal à serre tête), de base aussi t’as 20 ans tout simplement, ce qui ne doit pas toujours être compatible avec faire des stages dans des cabinets d’avocat ! Si tu veux un jour on fera un article spéciale pour toi : comment avoir 20 ans, être fierce, et quand même être propre sur soi au stage ?

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  8. Cet article tombe à point nommé! Ca fait quelques temps que je me dis: achète moins et mieux, et surtout dégote les basiques!
    On devrait ouvrir un topic carrément pour qu’on puisse dire toutes quels sont les basiques à avoir absolument dans son placard (à moins qu’il n’existe déjà).
    En ce moment, je rêve d’une marinière petit bateau….

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  9. Je me sens incapable de faire ça, je crois que je paniquerais. J’fais trop d’achats compulsifs que j’aime d’amour.

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  10. Merci pour cet article, ça « soulage » presque ! Moi aussi je pense que s’acheter une belle fringue de temps en temps suffit largement, j’ai ni le temps ni l’argent pour faire du shopping toutes les semaines et un style très sobre/classique, ce qui fait que ton article est exactement ce qu’il me faut. Les magazines de mode me donnent le vertige, comment font les gens pour s’acheter autant de trucs ??

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  11. Super article Grey ! Ca donne vraiment envie d’être un peu plus réfléchie sur ses choix mode. J’aimerais également investir un peu plus cher, ras le bol des fringues jetables !

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