Une journée à Montréal

Le titre tant rêvé de « la ville la plus tellement cool que même un Hipster en ravalerait sa barbe » est disputé par beaucoup de villes du monde sur la planète : New York, Berlin, Londres, Los Angeles… mais une autre les déclassent tout de suite : Montréal. Celle qui n’est même pas capitale du Québec est mondialement connue pour sa coolness, son accent mais aussi aussi son froid glacial, donc n’y allons pas en plein hiver. Le million de personnes (plus de trois millions avec l’agglomération) qui y habitent sont les gens les plus chanceux du monde : en plus de vivre dans une ville cool, ils vivent dans la deuxième ville francophone du monde, après Paris, dans une région, le Québec, qui n’a aucun égal. Je fais partie de ces chanceux. Vous voulez squatter chez moi pour le weekend ? C’est sacoche !

A vrai dire, un weekend ne suffirait pas pour Montréal. Une semaine, voire deux, sont beaucoup plus raisonnables pour découvrir cette ville au mieux. Tentons de concentrer le meilleur de la région en une seule journée.

Samedi – Montréal

Pour ne pas rater une miette, levons-nous tôt, vers 8h. Prenons le métro pour relier le Plateau Mont-Royal, LE quartier bobo de la ville, et posons-nous dans un café comme les Québécois le feraient. Nous avons l’embarras du choix : Tim Hortons et son café au prix défiant toute concurrence, ou Starbucks, très bien représenté à MTL et qui est plutôt bon marché. Les lève-tard préfèreront un brunch canadien, constitué d’œufs brouillés et de bacon cuit, de pommes de terre et de toasts arrosés (Canada oblige) de sirop d’érable, comme par exemple à proximité du métro « Place-d’Armes ».

Après s’être délecté d’un café, faisons le tour de l’Avenue Mont-Royal en y examinant de près les friperies, particulièrement sympas sur le Plateau. A la gauche du métro (côté rue Saint-Denis) vous trouverez des friperies dont une qui vend des pièces de Sonia Rykiel et d’autres avec des articles aussi vintages que farfelus.

Autre point important: ignorons totalement les nombreux Parisiens émigrés expatriés sur le Plateau, souvent puants de suffisance, ou il faudra se résoudre à les observer se ridiculiser à se plaindre du fromage à 9$.

Après avoir longé l’avenue Mont-Royal, vous remarquerez un parc, deux même : le parc Jeanne-Mance et le parc Mont-Royal. Le premier, c’est pour l’été, lors de rassemblements spontanés de musiciens, le deuxième, bien plus intéressant est celui où se tiennent les « TamTams ». Prenons à présent le bus numéro 11 pour rejoindre l’observatoire qui nous donne une vue imprenable sur la ville. Il y a en fait deux observatoires : le premier, pour avoir une vue imprenable sur le côté est de la ville, dont sur le Stade Olympique, l’autre, situé sur un point beaucoup plus élevé  vous offre un panorama de la ville moderne, « Downtown », et qui vous laissera l’impression d’être à New York.

Le Stade Olympique Blanc au milieu de l’image

Downtown vue de l’observatoire du Parc Mont-Royal

En rejoignant cet observatoire, nous traversons le parc Mont-Royal, attraction parfaite pour tout Européen fan d’… écureuils, qui vous sautera peut être dessus (histoire vraie) et, si vous avez autant que chance que moi, vous croiserez aussi un raton laveur !

Le temps passe vite à Montréal ! Il est déjà l’heure du « dîner »… enfin, du déjeuner, en québécois. Le décalage horaire donne faim. On va manger une poutine ?

La poutine est le mot québécois pour « paradis gustatif ». Non c’est faux, mais ça pourrait : toute fan de gras frisera l’orgasme grâce à cette barquette de frites. Mais pas n’importe laquelle : sauce barbecue et fromage surmontent un amas de frites, et constitue  le plat typique de la Belle Province. Beaucoup de restaurants se disputent le titre de la meilleure poutine de Montréal, « La Banquise » rue Rachel est, pour moi, sur le podium. Toutes sortes de sauces sont proposées, avec bacon, petits pois ou encore saucisse merguez, si après ça vous avez faim, c’est probablement qu’un ténia a élu domicile dans votre estomac.

L’aprèm : ville souterraine

Une poutine cale comme une brique dans le ventre. La culpabilité des millions de calories absorbées se fait sentir : quoi de mieux que du shopping pour dépenser ? Venez, on va prendre le métro jusqu’à la station McGill. On va « magasiner » ! Montréal n’égale certes pas Paris, mais se défend bien mieux que l’Allemagne entière par exemple. Certaines enseignes sont de vieilles connaissances : H&M, Zara, Mango et Levi’s. Mais connaissez-vous Garage, Simon’s, Old Navy et La Senza ? « Garage », pur produit montréalais, a su trouver une faveur à mes yeux. Vous trouverez chez « Aldo » des sacs à faire pâlir de jalousie pas mal de grandes marques, et des chaussures rivalisant de beauté avec « André ».

Toutes ces boutiques se trouvent dans la « ville souterraine » de Montréal, au dessous de la terre ! La ville possède environ 30 km de tunnels souterrains : boutiques, bureaux, campus d’université (telle que l’UQAM), ce qui en fait… la plus grande ville souterraine du monde. Un atout considérable pour ceux qui vivent et travaillent en centre-ville, ils n’ont donc pas besoin de sortir dehors pour se déplacer, ce qui fait plaisir quand on sait que -30°C ne sont pas rares en janvier/février !

Le « highlight » du magasinage au Canada est Forever 21. Deux étages de pur bonheur et de classe ultime. Restons-y une heure… mais, conseil d’amie, cette marque est bien plus bon marché « chez les voisins du Sud », au delà de la frontière… chez l’Oncle Sam !

La fin d’aprèm : le centre-ville

Bien magasiné ? Prenons le métro direction « Place-d’Armes » pour voir un peu le quartier chinois « Chinatown », certes pas aussi grand que son grand frère américain, mais qui vaut le détour. Si vous avez une fringale, on y ira manger chinois.

Vous avez remarqué ? On prend souvent le métro. Pourquoi ? Le métro montréalais, opéré par la STM, a été élu meilleur métro d’Amérique du Nord ! Il est rapide et pratique. Mais est souvent en panne, quand aux bus, ils suivent une logique bien particulière, des fois, à l’heure, ou non, en retard, ou non, en avance tiens…

Okay, partons de Chinatown et allons métro « Champ-de-Mars », rejoindre le Vieux-Montréal. La place Jacques-Cartier, où se trouve le très bel Hôtel-de-Ville, nous rappellera la France. Normal, nous sommes certes en Amérique du Nord, mais le Québec est d’héritage français ! Une chose que les Québécois ne savent que trop bien. Flânons vers le Vieux-Port et passons la rue Notre-Dame pour son côté pittoresque. Les amatrices d’art ne manqueront sous aucun prétexte les nombreuses galeries et le Marché Bonsecours, où vous trouverez une boutique de tableaux d’arts tenue par une très charmante Polonaise. Gardons le musée Beausecours pour demain !

L’Hôtel-de-Ville

La soirée : la partey !

Les Français font la teuf, les Québécois une partey (prononcez : partée). Libre à vous de faire un 5 à 7 dans un bar branché sur le Vieux-Montréal ou autre, puis allons danser en boîte comme au « Zaz », aux « Foufounes électriques » (ce nom est véridique !) ou « Club 737 », mais n’oubliez juste pas une chose : ici, on fait la fête très dur, mais jusqu’à 3h du matin, heure où toutes les boîtes et bars ferment ! Le Québec est d’ailleurs bien loti, les voisins de l’Ontario (région d’Ottawa et Toronto) retournent à leur pénates à 1h…

Quoiqu’il en soit, Montréal, c’est l’fun.
Une journée ne suffit évidemment PAS à vivre cette ville à 100% : allez au Musée des Beaux-Arts, allez manger une queue de castor, allez au centre-ville voir ces gratte-ciels, à Mile-End faire coucou aux hipsters, nombreux dans ce quartier (métro Laurier), allez prendre la température du quartier chic et anglophone Westmount, promenez-vous de nuit ( !!) sur la rue principale de Montréal, la rue Sainte-Cath(erine) (toujours le théâtre de choses farfelues et de gens totalement barrés), allez danser dans le Village-Gai (l’un des quartiers LGBT les plus célèbres au monde) ou allez-y pour les chippendales, allez écouter les « boîtes à chansons » typiquement québécoises dans les bars comme « La boîte à Marius », bref, vivez Montréal, peut-être pas la ville la plus belle au monde, mais sans doute la plus attachante, la plus cool, la plus déjantée : celle qui me manquera tellement.

À propos de Greta

Française (de papiers), Allemande, Québécoise et Suisse de coeur qui a mangé l'ironie et l'humour (périmé) avec la cuillère. Manie la langue et la culture allemande comme les mecs manient l'hélicobite. J'aime les épinards, la littérature française et regarder "Confessions Intimes". J'aime pas la guerre, le racisme et la croûte des gâteaux.

Publié le 25 novembre 2012, dans Day By Day. Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Ca donne vraiment envie (sauf la poutine, erk !)
    Très chouette article en tout cas :).

    J'aime

  2. Oh super article ! 😀
    « Crisse de tabarnac » c’est pas très sympa de me narguer avec les poutines et queues de castor, j’en veux maintenant !!! xD

    J'aime

  3. Tres bon article. Ca donne vraiment envie d’aller a Montreal. J’espere y aller un jour.
    Profite bien en tout cas Greta 🙂 Tu as vraiment la chance 🙂

    J'aime

  4. Tu vends du rêve avec ton article Greta. Juste prononcer Montréal me fait frissonner de curiosité. la journée que tu proposes a l’air parfaite.
    J’ai essayé d’instaurer un 5 à 7 avec mes potes mais bizarrement dans le sud on tient à nos apéros tard et nos sorties encore plus tard…

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :