J’ai testé pour vous : partir faire un camp de solidarité internationale

Se sentir (et se rendre!) utile, rencontrer de nouvelles personnes, de nouveaux pays, de nouvelles cultures, forcer le choc culturel, aider autrui… Beaucoup de raisons poussent chaque année des milliers de volontaires à partir pendant plusieurs semaines ou mois dans des zones occupées et déchirées par les combats, recluses, précaires, afin de tenter d’apporter quelque chose à une population.

Cet été j’ai aussi pris mon courage à deux mains et réalisé deux de mes plus grands rêves : fouler le sol de l’Afrique noire et partir dans le but d’aider, ou du moins de mettre la main à la pâte physiquement en espérant améliorer la vie de quelques Togolais.

J’aimerai d’abord faire une mise au point, ou du moins apporter une précision d’ordre lexicale, qui me semble importante : cette expérience n’est en aucun cas une mission humanitaire puisqu’une mission dite humanitaire a pour but de combattre en faveur du respect de l’être humain et de mener des actions dans la recherche du bien de l’humanité. Je suis partie au Togo dans le cadre d’un camp de solidarité internationale, ce qui consiste, techniquement, à partager, à échanger avec d’autres personnes venant de milieux géographiques différents, de cultures différentes tout en menant des actions localisées dans un but précis. En quelques sortes un camp de solidarité internationale aura pour but de mélanger des cultures et de pousser au choc culturel.

Plutôt que de parler uniquement de mon expérience et de mes démarches je vais essayer de dresser une liste des questions que l’on se pose généralement quand on a ce genre de projet en tête – en tout cas, que je me suis posées.

Où partir ?

Pour ma part en ce qui concerne le choix de la destination, je me suis laissée influencer par un ami parti précédemment au Togo. J’avais deux critères : trouver un pays francophone – pas par commodité mais surtout par lucidité : je ne parle PAS anglais – ; et un pays d’Afrique noire. Si vous avez un pays ou une région bien précise en tête ne lâchez pas, même si vous ne trouvez pas tout de suite, il doit bien exister des dizaines d’associations spécialisées dans les projets de ce type, vous trouverez donc certainement votre destination !

Dans quel but ?

Il y a plusieurs façons de partir, tant du point de vue de la durée, de forme (stage universitaire, professionnel, occuper vos vacances) ou encore en fonction de ce que vous recherchez comme expérience : immersion culturelle dans le quotidien d’une population, immersion professionnelle et sociale… Définissez bien votre projet avant de vous lancer dans la recherche d’association.

Dans mes recherches j’ai pu voir que beaucoup d’associations proposaient des stages d’un ou plusieurs mois pour les étudiants ou encore des camps chantier d’un mois, qui se déroulent pendant l’été ou d’hiver. Je recherchais justement un camp chantier, suite à une émission sur Arte qui montrait la reconstruction d’une école dans un village de Tanzanie. Le quotidien des volontaires au milieu des communautaires (dans le village où j’étais les habitants détestaient le terme « villageois » trop arriéré et discriminatoire visiblement) m’a vraiment donné envie de partir !

Avec quel organisme partir ?                                                                                                      

Soyez averties : en terme d’association on peut en voir des vertes et des pas mûres sur le net. C’est comme tout, il faut bien chercher et surtout ne pas hésiter à contacter des personnes déjà parties avec l’organisme que vous aurez élu pour avoir un avis. Vous partez dans un autre pays, une autre culture, à des milliers de kilomètres de chez vous… il est donc fortement conseillé de se renseigner sur l’association qui organisera votre départ avant même de commencer à regarder les camps et stages proposés. Certaines grandes associations ou organismes proposent des camps et stages aux quatre coins du monde mais j’ai préféré une petite association togolaise qui proposait énormément de camps dans différents villages et qui semblait très conviviale.

Les organismes « vitrines » comme Urgence Afrique proposent des stages et camps très intéressants mais ont des prix qui ne correspondent pas nécessairement aux petites bourses étudiantes… Entre 2000 et 3500€ les trois semaines de camp, sans compter les billets d’avion qui représenteront le plus gros poste de votre projet. Les camps, par ailleurs, y seraient surchargés et l’immersion avec la population locale est rendue plus difficile par le statut « d’expatrié » que peuvent avoir les membres de ces grosses organisations. Être dans une plus petite structure, avec des volontaires togolais a fortement favorisé le contact avec les habitants du village où on était, ne serait-ce que pour la langue et les coutumes.

Aussi, n’ayez pas peur de vous engager dans une association d’apparence plus modeste, spécialement si comme moi votre budget oscille plutôt les 1800€ (billets et frais tertiaires (médicaments et équipement, dont je parlerai plus tard) compris). Dirigez-vous vers des associations nationales, spécialisées dans un pays, qui proposent davantage de camps, situés dans différentes régions du pays qui vous accueillera quelques semaines.

Comment trouver votre association et quelles précautions prendre ?

C’est un peu par hasard que je suis tombée sur l’association qui allait encadrer mon expérience togolaise. A force de recherche (après avoir cerné ma destination) je suis tombée sur cette association (Jeunesse en Mouvement pour le Volontariat au TOGO, en partenariat avec Volontaires Sans Frontières), laquelle proposait des camps de soutien scolaire ou de reboisement, de sensibilisation VIH/Sida et d’animations avec les enfants. Les camps s’étendent sur trois semaines avec une semaine offerte à Lomé, la capitale, pour visiter et se remettre des trois semaines au village avant de rentrer chez soi.

J’ai vérifié auprès du site de recensement des associations africaines à but solidaire la véracité et l’authenticité de l’association. Au Togo, et plus généralement en Afrique et dans tous les pays du monde où le volontariat se pratique beaucoup, il peut apparaître comme une attraction touristique, les arnaques sont donc fréquentes – il arrive que des associations n’existent pas vraiment ou alors soutirent beaucoup d’argent pour peu d’activités réalisées sur place. J’ai également contacté leur représentante en France pour avoir plus d’informations sur l’association.

Une fois ces précautions prises j’ai pris contact avec le directeur de l’association pour demander les disponibilités des camps chantiers et m’organiser avec lui pour mon départ. Une fois une date fixée, début du rassemblement des papiers administratifs et bien sûr, le billet d’avion.

Les démarches administratives

Une fois l’association choisie et une date fixée, ainsi que la réservation du billet d’avion faites, l’association m’a renvoyé un papier certifiant que je serai hébergée à l’association et sous la tutelle de la JMV-TOGO, ce qui m’a permis de compléter ma demande de visa. Le Consulat du Togo se trouvant uniquement à Paris, vous pourrez éviter un déplacement à la capitale en envoyant votre passeport et un mandat cash par la poste. J’ai eu de la chance, quelqu’un de ma famille était sur place et a pu faire les papiers pour moi.

Le visa fait, il faut aussi s’assurer d’avoir une assurance voyageur, souvent proposée lors de la réservation du billet d’avion (j’ai pris Assurance Mondiale), obligatoire pour passer les douanes et le contrôle de police à Lomé.

On pense à prévenir sa banque de son départ, histoire qu’ils ne bloquent pas le compte en voyant des retraits d’un pays lointain.

On vérifie son passeport avant même de réserver un billet d’avion – de toute façon, pour certaines compagnies il faut indiquer le numéro de papier d’identité pour réserver.

Renseignez vous également sur la monnaie locale, souvent basée sur la valeur du franc à l’époque de la colonisation et donc de l’euro maintenant. Au Togo, 1€= 655,96 Francs CFA (une bière de 65cL et des cacahuètes dans un bar pour donner une idée)

La santé

Si vous choisissez l’Afrique, pensez à vous renseigner sur le taux de paludisme dans la région que vous visiterez. Et, dans tous les cas achetez une moustiquaire et beaucoup de sprays anti-moustique tropical (j’ai utilisé 4 bombonnes en un mois), ainsi qu’un répulsif pour vêtements.

Au niveau des vaccinations cherchez le centre de vaccinations le plus proche pour vous faire vacciner contre la fièvre jaune -obligatoire en Afrique. Un carnet de vaccination international vous sera remis et il faudra le prendre avec vous durant votre voyage. On vous le demandera surement lors de votre arrivée à l’aéroport : à Lomé un médecin passait même dans les files de la douane et vaccinait dans une salle annexe toutes les personnes sans le justificatif.

L’hépatite B est fortement conseillé donc surveillez vos rappels.  Anecdote : j’ai failli partir sans faire le rappel, heureusement que mon médecin l’a vu sinon j’aurais surement attrapé quelque chose à force jouer avec les enfants, les soigner sans gants et à ne pas avoir la même hygiène qu’en France. Prenez de toutes façons rendez-vous avec votre médecin afin de vous faire prescrire une liste de médicaments nécessaires sur place : un anti-vomissement et anti-diarrhées – ça vaut la vie -, des pansements, du désinfectant, des gants chirurgicaux (faites moi confiance), les médicaments habituels pour le mal de tête, de ventre, les règles… Egalement un antibiotique à spectre large et bien sûr votre traitement anti-palu.

L’équipement et les bagages

Si vous avez prévu d’apporter des choses pour votre séjour ou laisser aux enfants, dispensaires, que vous croiserez, faites un sac à part : question de pratique. Vous pourrez le réutiliser au retour pour ramener des souvenirs, notamment. (merci les 23 kg de bagages en soute !)

Renseignez vous sur les coutumes et la religion du pays : en Afrique beaucoup sont chrétiens ou musulmans ou pratiquent une religion traditionnelle Adaptez vos vêtements aux coutumes.  Les africains aiment faire la fête, aussi pensez à prendre quelques jolies tenues pour des soirées.

Je ne vais pas vous apprendre à vous habiller ni à faire une valise mais pensez à des choses pratiques et surtout de la lessive, une paire de tongs, de baskets, un gros pull et un k-way. Les sacs à  dos sont plus pratiques (surtout pour changer de terminal à Roisy) mais c’est vous qui choisissez en fonction du type de voyage que vous avez prévu.

Avec tout ça vous êtes déjà bien parés. On n’oublie pas les appareils photos, un portable débloqué pour acheter une carte sim sur place et tenir papa-maman-copain-copine au courant. Il faut pas oublier que vous partez dans un pays lointain, qu’on vous a vacciné contre des maladies que nous, petits européens choyés, ne connaissons pas et que papa-maman ne sont pas trop trooooop rassurés même s’ils vous disent le contraire. Donc on garde un moyen de communication avec son petit monde. Pensez à laisser vos différentes adresses où on pourra vous trouver, vous joindre, ainsi que le nom des les personnes responsables de vous une fois sur place.

On part l’esprit le plus « propre » possible : pas de préjugés, d’idées reçues sur les gens qu’on va rencontrer, les lieux qu’on va voir et la culture qui nous attend. Positive attitude et une soif de découverte !

Ce que je retiens de mon aventure au Togo cet été c’est qu’on a beau savoir qu’on va rentrer changé, on ne sait pas encore à quel point et surtout combien ça a pu nous apporter sur la connaissance qu’on a de soi et la perception qu’on a du monde. La seule chose que je regrette c’est de ne pas pouvoir en parler avec mes proches, ils ont beau essayer de s’imaginer ou de comprendre il y a comme une barrière entre ce que je partage et ce qu’ils perçoivent : il faut le vivre pour comprendre ce sentiment. Un dernier petit conseil : pensez à un petit carnet pour écrire vos journées, impressions, dessiner… Je pense que je serai contente de relire le mien dans quelques années.

Alors, convaincues par le témoignage de Sunsh ? Qui partira en camp de solidarité internationale pour ses prochaines vacances ?

À propos de Sunsh

Etudiante à plein-temps, brunch-addict, coureuse des montagnes de l'après-midi, fétarde de la nuit et globetrotteuse continuellement.

Publié le 23 septembre 2012, dans Day By Day, J'ai testé pour vous, Les voyages de Sunsh, Société, Vis ma vie, Voyages, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 8 Commentaires.

  1. Beau témoignage! Ca doit être une expérience tellement enrichissante…

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  2. Oui complètement convaincue par Sunsh! T’as vraiment du vivre quelque chose de fou là-bas, j’ai hâte de lire la suite et merci pour tes conseils ! 🙂

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  3. C’est super… D’ailleurs je pensais à toi il y a peu , je me disais que j’aimerais vivre ça aussi , l’an prochain pourquoi pas mais avec Loni je ne sais pas trop …. Mais c’est vraiment une chouette experience que tu viens de vivre!

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  4. Très très bon article !
    Et très belle expérience :).

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  5. Ca m’a fait très plaisir de partager ça avec vous, ça me replonge un petit peu au mois d’août. Rendez-vous très prochainement pour la suite et les photos de mon mois passé au Togo et dans une classe avec des enfants de primaire.

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  6. C’est un très bel article. Tu expliques beaucoup de choses pour celles qui souhaiteraient faire pareil.
    Merci ++++ !

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  7. Merci beaucoup pour ton témoignage Sunsh, c’est génial d’avoir le récit de cette expérience sur glorybox, en espérant que ça inspire un tas de lectrices !

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  1. Pingback: 10 trucs pour affronter la rentrée | GloryBox

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