Archives Mensuelles: mars 2012

Faye Dunaway : incroyable emmerdeuse

Faye Dunaway par Jerry Schatzberg

Faye Dunaway est, comme elle aime à le rappeler, « une fille du Sud frustrée de vivre dans ce petit environnement« . Et oui, le sud des Etats Unis, pour Faye Dunaway, c’est « petit ».

Repérée par Elia Kazan à 21 ans alors qu’elle joue sur les planches dans Les Sorcières de Salem, Faye Dunaway est déja ingérable : dépressive chronique, collectionnant les psychanalystes, jouissant d’une vie privée plus qu’instable, elle est décrite par le réalisateur d’Un Tramway Nommé Désir de la manière suivante : « Il y a quelque chose chez Faye qui rappelle Jeanne Moreau. Elle est toujours en train de se précipiter quelque part et il semble émaner d’elle une impression de drame permanent« . Pour autant, cela n’effraiera pas Elia Kazan qui non seulement la recommandera à Arthur Penn pour le rôle de Bonnie dans le film éponyme, mais la fera aussi tourner aux côtés de Kirk Douglas en 1969. C’est bien connu, les hommes préfèrent les folles.

A partir de 1965 Faye en a ras le cul du théâtre. Mais pas question de passer à la télé : ce qu’elle veut, c’est devenir une star de cinéma. Et elle y met toute son énergie : sa partenaire Estelle Parsons dans Bonnie & Clyde glissera d’elle (pas trop fort, pour ne pas qu’elle entende) « Je n’ai jamais rencontré quelqu’un avec une énergie aussi démoniaque pour devenir star de cinéma« . Elle fait des pieds et des mains pour obtenir un contrat, et elle y parvient : en 66, le réalisateur Otto Preminger (deux fois nommé aux Oscars) l’engage pour 5 ans, et commence par la faire tourner dans Que Vienne la Nuit, aux côtés de Michael Caine. C’est un fiasco : la jeune actrice prend le vieux réalisateur de haut, arguant qu’il ne connait rien au processus du jeu d’acteur (c’est son premier film, il en a déja réalisé 33). Elle rachète une fortune son contrat à Preminger, caprice qui la met complètement sur la paille. Lire la suite

Le retour de Mad Men

25 mars. La date était attendue. Parce qu’on changeait d’heure pour passer à l’heure d’été ? Parce qu’on célébrait le premier week end de beau temps de l’année ? Non. Parce que Mad men revenait, après près d’un an et demi d’absence. Madmen : une série touchée par la grâce (Matt Weiner, son créateur, a remporté quatre années consécutives –i.e., pour CHACUNE des saisons de Mad men, le Emmy Award de la meilleure série dramatique), était enfin rattrapée par la réalité : des querelles de budget avec la chaîne, dit-on.

Nous quittions Don Draper, observant son régime habituel de coucheries et s’envoyant des whisky à longueur de journée – jusqu’à en avoir des remords, en octobre 2010 : la saison 5 aura tardé. Un petit article pour se rafraîchir la mémoire avant de savourer le premier double épisode de la saison, ou, pour celles qui ne connaissent pas encore la série, découvrir pourquoi même le New York Times considère, en pleine campagne électorale aux Etats-Unis, le retour de Mad Men comme une information digne d’être annoncée.

La première chose qui surprendra le spectateur devant Mad men : outre sa lenteur et sa précision inhabituelle pour le format «série » est son esthétique. La série est enrobée d’un hyperréalisme glacial : on avait devant nous les sixties que seules une cinquantaine d’années obsessionnelles bourrées de nostalgie et de fantasmes pouvait recréer, rappelant la société américaine rigide et étouffante pre-Civil Rights. Chaque plan est réfléchi – ce qui vaudra à Madmen de faire la couverture des Cahiers du Cinéma, revue de cinéphile au delà de tout soupçon, l’été 2010, au même titre qu’un film de Rohmer, Lynch ou Terrence Malick. Barbet Schroeder viendra d’ailleurs réaliser un épisode dans la saison 3.

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Campagnes électorales : c’était comment, avant ?

Au cas où vous seriez passée à côté, les élections présidentielles, c’est dans moins d’un mois. Comme on a toujours tendance à dire que c’était mieux avant, j’ai décidé de vous rafraîchir la mémoire avec un petit bond dans le temps pour vous ramener aux campagnes présidentielles d’antan. Toute ressemblance avec la réalité n’est pas fortuite.

En 1974, Valéry Giscard d’Estaing a ancré sa campagne présidentielle sur l'idée de rajeunissement. Photo SIPA/UNIVERSAL PHOTO

  1. Les idées

Le chômage, l’emploi, le pouvoir d’achat ou la santé publique, voilà que ce qui préoccupent les Français de 2012. Est-ce si différent d’il y a trente ans ? Pas tellement. Evidemment, avec De Gaulle, la problématique tient beaucoup à la paix et à l’indépendance de la France mais dès 1974, la crise du pétrole pose une problématique qui a comme un air de déjà-vu : comment va évoluer la situation économique ? Ni une ni deux, François Mitterrand saute sur l’occasion : les socialistes seront unis pour faire face à cette crise. Lire la suite

Phil Spector : Ascenseur pour l’échafaud


Recommandation de l’auteur : faire tourner la vidéo suivante pendant la lecture de l’article.


 

On ne peut pas vivre correctement sa passion pour le rock et ses génies malades sans un jour croiser le chemin de Phil Spector. Longtemps il fut bon ton d’ignorer son importance capitale dans le monde de la Pop, il a quasiment fallut attendre son incarcération en 2003 (voir en fin d’article) pour que son travail soit reconnu à sa juste et inestimable valeur. Qu’on le tienne responsable du présumé échec artistique du Let it Be des Beatles ou de la spectaculaire dégringolade du rock’n’roll vers les affres du show business, Spector n’en demeure pas moins le plus brillant des pères fondateurs du courant le plus inutile et le plus vital de l’histoire de la musique, la Pop.

Car si Warhol a prédit l’art éphémère, l’art comme produit de consommation et le quart d’heure de gloire, c’est Spector qui a illustré le concept à son paroxysme, l’étirant dans de phénoménales proportions, jusqu’à la contradiction. Nous sommes en 1960, et désormais, les artistes sont jetables une fois essorés de leur talent, et les petites bluettes naïves que l’on en a tirées sont d’éternels chefs d’œuvres. Laissons le blues, la country et le rockabilly aux fifties : les années 60 seront Pop.

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Les beaux gosses 1930-1960

Le beau gosse n’est pas une invention marketing de l’Hollywood des années 1990 pour vendre des films au scénario douteux. En effet, le beau gosse sur les écrans est un argument de vente depuis bien plus longtemps, depuis toujours en fait ! On le sait tous, la beauté ouvre plus de portes, permet de réussir plus facilement et attise la fascination. En clair il semblerait que l’on réussit socialement plus facilement en étant beau ou belle. Cet article n’a pas pour but de rendre compte de ce phénomène latent présent dans nos sociétés mais plutôt de voir le verre à moitié plein en se rincant l’oeil sur les beautés masculines passées que nous, enfants du nouveau millénaire avons manqué d’admirer sur grand écran. Voici donc une petite sélection de ces hommes qui ont fait chavirer le cœur des femmes (et des hommes !) entre les années 1930 et 1960. N’hésitez pas à partager ce recueil de photos à vos grand-mères et mères adorées. Toutefois, pour vos mamies chéries évitez le mail et favorisez une version papier : nous ne sommes pas tous des génies de l’informatique.

Clark Gable

Dans les années 1930 Clark Gable est la vedette d’un nouveau pan de l’histoire du cinéma : le parlant. On peut retenir La belle de Saïgon en 1932 de Jean Harlow où la belle s’éprend d’amour et de fascination pour le personnage de Clark ou encore New York-Miami de Frank Capra en 1934. D’ailleurs ce film et notamment une scène où Gable se met au lit et enlève sa chemise, dévoilant un torse nu, aurait eu une influence sur la mode masculine de l’époque et les ventes de sous-vêtements masculins auraient considérablement baissé à la suite de New York-Miami. Il faut dire qu’à l’époque rare étaient les hommes qui ne portaient pas le marcel sous leur chemise. Plus tard il deviendra célèbre pour toujours et à jamais avec Autant en emporte le vent, de David O. Selznick, en 1939. Lire la suite

Aislinn nous raconte le Sri Lanka

L'aéroport de Colombo

Le Sri Lanka : ancienne île de Ceylan

Tout commence à la sortie de l’aéroport après 13h de vol. Il est 6h du matin, le ciel est déjà bleu et la température extérieure avoisine les 25°.
La première chose qui frappe, c’est le vert, on peut poser son regard n’importe où autour de soi, tout est vert. Car le Sri Lanka bénéficie d’un climat tropical, ce qui implique une saison humide et donc une végétation débordante. En sachant que la journée on dépasse facilement les 30° sans pour autant mourir de chaud.

La deuxième chose qui frappe, c’est le car. Environ 5h pour faire 130km (c’est pas des autoroutes), les Sri Lankais conduisent comme des malades, tout le monde se double, en côte, en pente, en virage, de jour comme de nuit, à vélo, en bus, en tuk tuk ou en voiture, ils sont tous des fous du volant.

On apprends donc à prier pour arriver entier, et on finit par découvrir qu’en fait, la conduite, ils gèrent, et qu’on pourraient les lâcher sur le périph’ parisien sans problème. On a d’ailleurs fais une course en 4×4 à la fin d’un safari de nuit sur la route à plus de 100 km/h c’était assez dingue (notre 4×4 est arrivé 3e sur 10 !) Lire la suite

Revue mode : play it retro !

Copyright photo Mallory Pérot, all rights reserved (voir sur Facebook)

 Pour cette toute première revue mode faite main par la rédaction de Glory Box, Sam, Vaité et Pauline ont accepté de se prêter au jeu et de surtout nous laisser leur plastique de rêve le temps d’une séance photo.

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24h dans la peau d’une femme des années 50

GloryBox s’intéresse ce mois ci au « Bon vieux temps ». Votre reportrice investigatrice, rien que ça, Greta ne recule devant rien pour vous faire vivre le mois rétro au plus fort : elle s’est doté d’une machine à remonter le temps, trouvée sur eBay pour 40$ hongkongais, et hop, la voici transportée en 1956, flanquée d’un mari et d’enfants, et prête à consigner ses impressions de femme des années 50. Martin Luther King et ses comparses commencent une bataille héroïque pour les droits des Noirs, les peuples de l’Europe de l’Est se révoltaient en vain contre le totalitarisme soviet, Grace Kelly épousait un prince monégasque et moi, je me levais aux aurores.

5h30 : Lever, il fait encore noir dehors. Au lieu de bailler comme une femme élastique en prenant toute la place du lit évidemment conjugal, je dois procéder à un réveil « classe », un « get up gracefully » suivant le manuel de femme au foyer parfaite, qui m’accompagne dans mon expérience. Si j’arrive, non sans difficultés, à me lever, le « gracefully » est un échec – je n’ai pas de brushing divin digne d’une vraie dame des fifties : mes cheveux dansent la nouba et mon mascara en mode panda de 2012 n’est pas parti pendant la faille spatiotemporelle.

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The Puppini Sisters

Les Puppini Sisters, ne sont pas vraiment soeurs. Du moins pas soeurs de sang. Ces trois londoniennes, qui se sont rencontrées sur les bancs d’une école de jazz, sont unies par la musique mais aussi un goût immodéré pour l’âge d’or d’Hollywood. Une époque flamboyante qui s’étend des années 30 aux années 50. L’époque où les Andrew Sisters animaient les pistes de danse avec leur formation de close harmony (des morceaux chantés à l’unisson mais sur des harmonies décalées).

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Rétro make up : du neuf avec du vieux !

Cette année la tendance est résolument rétro : mode, déco, cuisine, même les légumes oubliés d’avant guerre qu’on pensait bien où ils étaient réapparaissent dans nos assiettes ! D’ailleurs le topinambour, franchement, c’est pas super rigolo comme mot ? Parce que moi quand on me parle de topinambour j’ai l’impression que c’est une sorte de taupe orange qui joue du tambour et QUI SE MANGE. Bref, je voulais vous parler de maquillage à la base.

20’s

Les années 20 : Louise Brooks, l'inspiration

Dans les années 20 la grande spécificité était la petite bouche Louise Brooks : dans un rouge sombre, on affadit les coins de la bouche, pour mieux dépasser largement et redessiner deux petites montages rebondies au dessus des lèvres. Ce petit coeur en lieu et place de la bouche donnait aux femmes de l’époque un petit air mi geisha mi angelot, renforcé par le carré court et la petite frange droite, résolument moderne ! Lire la suite

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