Comment survivre aux fêtes de fin d’années ?

23 décembre – 11h40 : vous vous pressez dans les grands magasins. Vous n’êtes pas la seule. Le hall des Galeries Lafayette rivalise avec la densité de Tokyo : 5000 hab/km². A midi et demi, elle l’explosera, et vous serez au coude à coude, luttant pour absorber un peu d’air comme si vous étiez au concert de Lady Gaga, pour atteindre : le présentoir à parfums, l’escalator, les étagères dégueulant de coffret dvd, la sortie.

23 décembre – 14h28 : entre le stand des écharpes et des toques et l’espace cuisine vous avez perdu votre conscience. Inutile de la chercher, elle refera surface vers le 27 décembre. Félicitations ! Vous êtes envahis par l’esprit de Noël

23 décembre – 17h10 : il fait nuit. Dans un élan de bonne volonté, vous vous décidez à faire de petits gâteaux de noël, à présenter avec le café ou à offrir à vos proches

23 décembre – 17h50 : vous avez de la pâte jusque dans vos cheveux.

23 décembre – 19h20 : la dernière plaque de petits gâteaux est dans le four. Votre cuisine quant à elle est… dans un état… intéressant.

23 décembre – 21h30 : épuisée, vous faites le cachalot devant How I Met Your Mother alors que vous vous étiez promis de regarder des films de Tarkovski pendant les vacances en préparant votre estomac pour les festivités à venir, au menu : vin blanc, foie gras, saumon fumé.

Nous sommes à la veille du réveillon, vous êtes à +6 cadeaux faits, -3 idées de cadeaux à trouver, -5 cadeaux en tout, et à -9 paquets emballés, de votre objectif « Noël » (+700 grammes sur la balance : check !), vous ne savez pas encore exactement comment vous habiller pour ne pas avoir de commentaires désobligeants de (rayer la mention inutile) votre mère-belle-mère-grand-mère, sans pour autant ressembler à votre grand tante (celle qui pique un peu sous le menton), et vous ne savez plus à quel moment vous allez pouvoir rassembler l’énergie nécessaire pour, non seulement survivre, mais éventuellement apprécier les fêtes de fin d’années. Pas de panique. Prenez 5 minutes. Lisez le guide.

 Ceci est évitable.

Merci la vie

Le désir, ce poison qui nous éloigne de toute raison, a un autre versant réjouissant : il nous offre de constater le vide abyssal qui sépare notre réalité de nos espérances. Constat qui se transforme aisément en cruel état des lieux.Vous aimeriez avoir des cheveux auburns. Ils sont juste bruns. Vous aimeriez avoir des jambes d’un mètre 35. Elles font un mètre 10. Vous aimeriez avoir une frange. Ca ne va vous pas du tout. Tellement proche ! Mais inatteignable. Pour la famille, c’est la même chose.

Vous arrivez les bras chargés de cadeaux qui vont ont endetté jusqu’au mois de mars en ayant en tête l’image de la famille Nutella : tout le monde parle à la fois, les membres de votre famille sont beaux et joyeusement névrotique comme dans un film de Woody Allen, de la cuisine sort un fumet délicieux et vous n’avez qu’à vous asseoir, passer un bon moment dans un cadre idyllique, entouré des personnes les plus proches de vous. A la place le sapin est bancal, on vous a bizarrement offert un stage d’équitation alors que vous avez peur des chevaux, et bon, avouons le, il y a une odeur persistante de brûlé. C’est comme ça.

On se répète ce qui suit comme un mantra : tant que vous vous focaliserez sur l’écart entre vos désirs et la réalité, vous aurez mal. Tout ce que vous pourrez mesurer c’est la béance flagrante entre vos aspirations et le bricolage qui tient lieu de réalité. A la limite, le désir doit vous tirer vers le haut, pas vers le bas ! Avant d’arriver à transformer sa propre famille (bon courage) on peut commencer par l’exercice suivant : se concentrer sur les choses telles qu’elles sont – la couleur ratée de votre sœur, reprenez un verre aux blagues racistes de votre oncle, à défaut de pouvoir fermer vos écoutilles, et ne comparez pas cette situation à ce que ce pourrait ou devrait être. C’est simplement, bêtement, la vie. Avec ses pleurs, ses micro-drames, et ses déceptions. D’autant plus grandes si l’on surinvestit l’évènement. Vous vous entendrez certainement mieux avec les membres de votre famille quand vous cesserez d’attendre eux des choses qu’ils ne peuvent pas donner, qu’ils n’ont simplement pas en stock. Vivez juste le moment comme un rassemblement, et, hey, on vous offre des trucs : pas si mal ! C’est pas du tout ce qui vous convient, vous ne comprenez absolument pas quel image ont de vous ces gens avec qui vous partagez du code génétique, disons qu’ils se sont trompés de destinataire !

Toto-I don’t think we’re in Kansas anymore

Noël nous renvoie inlassablement au caractère magique que la fête pouvait revêtir quand on était petite fille. Mais l’enfance est terminée, à présent vous aidez votre mère en cuisine, vous vivez de plein fouet le stress relatif aux fêtes de fin d’années (j’offre quoi à qui ? Pourquoi y a t-il autant de monde dans ce magasin ? Je sers quoi à mes beaux parents ? Et si je rate la recette de la bûche ancestrale qui se transmet de mère en fille, c’est seulement un peu la honte ou j’en entendrai parler jusqu’à mes 40 piges?), et finalement, vous ne retrouvez plus l’excitation de votre enfance : il manque toujours quelque chose qui fait que c’est moins : moins magique, moins parfait, moins réconfortant.

Enfant, on ne se rend pas compte des responsabilités qui pèsent sur les adultes : on se contente d’exploser notre taux de glycémie, de faire la teuf jusqu’à 23h, de manger religieusement les chocolats de notre calendrier de l’avent, et paf, à la fin du mois, on ouvre des paquets ! Evidemment quand on passe de l’autre côté du miroir, le choc est rude. Réjouissez vous, au moins vous avez une saine excuse pour passer 32h consécutives ivre et vous nourrir exclusivement de lipides.

Comment ne pas se transformer en Xavier de Ligonnès ?

Je crois volontiers qu’on puisse organiser un massacre familial à l’occasion de Noël, même si c’est pas très « petit Jésus » comme attitude. Si on finit par vivre chacun chez soi, c’est probablement parce qu’on est pas fait pour vivre ensemble trop d’heures consécutives. C’est NORMAL que votre mère, au bout de 5h, vous tape sur le système. C’est normal que le bavardage incessant de vos deux cousines vous donnent envie de prendre l’air. C’est normal que vous ayiez, littéralement, envie d’en prendre un pour taper sur l’autre. Moins normal : y céder. Surtout qu’au fond vous les aimez ces étranges animaux avec qui vous avez vécu les premières vingt années de votre vie ! Comment vivre un Noël inoubliable, pas parce que vous aurez atteint des décibels jamais atteints lors d’une dispute discussion avec votre frère, mais parce que cette année, vous aurez, simplement de bons souvenirs ?

C’est le moment d’ouvrir ses shakras, de faire le feng-shui de l’esprit. Ménagez vous du temps à vous : avant, pendant, après. Le matin de Noël, levez vous 20 minutes avant les autres, prenez votre café toute seule en regardant la maison encore calme. Savourez. Ensuite, quand les hostilités commencent, vous ne pourrez que mieux les apprécier à 100%. Si vous cuisinez, faites une chose à la fois, déléguez, et obligez les nuls en cuisine mais qui sont pas pour autant manchots à faire la vaisselle au fur et à mesure. Et vous savez quoi ? C’est pas un drame s’il y a un plat en moins, personne n’aura faim après l’apéro de toutes façons.

Pendant : éclipsez vous – prendre l’air, faire un saut en cuisine pour rapporter les plats (c’est là que vous recueillerez les meilleures confidences), envoyer un texto ou un mms à votre meilleur copain, regardez un peu la table de l’extérieur, profitez d’instants en simple observatrice. Ca vous permettra de retenir quelques détails, clichés, au lieu de ne pas voir passer la journée !

Après : re-déballez vos cadeaux, prenez un bouquin et lisez quelques heures, laissez la télé éteinte et faites un jeu de société ensemble. Ou abandonnez vous à votre food coma sans arrière pensée. Livrez vous à une overdose de bons sentiments : c’est permis. Mais surtout, c’est l’hiver, les jours sont les plus courts de l’année : vous n’êtes attendues nul part, c’est le moment de se reposer, d’une coupure salutaire avant de repartir pleine de bonnes résolutions en janvier. Hibernez les joues rougies en toute quiétude !

Le week end va passer vite, profitez en ! Joyeux Noël les Glory Boxeuses !

Publié le 23 décembre 2011, dans Day By Day, Société, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Mouahah bien joué, j’ai beaucoup aimé !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :