Monidole : James Dean, la jeunesse éternelle.

Figure emblématique du cinéma américain et devenu une légende après sa mort, James Dean fait partie de la liste des Grands du monde culturel à s’être éteint au tout début de sa carrière. En effet, à l’aube de ses 25 ans, James rejoignit Marilyn Monroe, Jayne Mansfield, Patrick Deweare, Gérard Phillipe et Romy Schneider entre autres.

Plus jeune acteur de l’époque à entrer dans la prestigieuse Actor’s Studio, Jimmy (n’est-ce pas mignon ?) souhaite améliorer ses capacités à s’approprier un personnage et ne faire plus qu’un avec. Comme beaucoup d’acteurs, il commence par faire du théâtre dans sa petite ville natale, Fairmont, soutenu par sa mère et le pasteur et docteur James De Weerd qui semble lui avoir donné le goût des pratiques artistiques et notamment la comédie. Habité par une grande soif de reconnaissance, le jeune homme en veut toujours plus et quitte rapidement la ville pour tenter sa chance à New York. Il parvient à figurer et même obtenir un rôle plus important dans quelques séries B, la plupart du temps grâce aux relations qu’il entretient avec le réalisateur Rogers Brackett. Mais se considérant comme un acteur sérieux, James décide en novembre 1952 de s’inscrire à l’Actor’s Studio pour être enfin reconnu comme un artiste et prétendre ainsi à de plus grands rôles. Face à 150 candidats il s’impose et devient ainsi le plus jeune des acteurs inscrits dans cette école new-yorkaise. Vient alors la proposition d’un producteur de Broadway pour interpréter un attardé mental, confiné du reste du monde par sa mère, au théâtre, See the Jaguar. Même si les critiques n’accueillent pas avec un grand engouement la pièce, elle marque un tournant dans la vie du jeune acteur.

Au début des années 1950, l’essor de la télévision est en plein boom et présente un tremplin de taille pour tout acteur qui souhaite percer dans le métier. L’industrie de la télévision présente donc un intérêt pour James Dean qui souhaite trouver son propre style scénique. Il enchaine alors les rôles dans plusieurs téléfilms comme The Harvest de la série Robert Montgomery Presents. Il est important de faire remarquer que la plupart (pour ne pas dire tous) de ses rôles incarnent des rebelles en marge de la société, qui rejettent le système et souhaitent le modifier : James excelle dans ce genre interprétations.

Tout porte à croire que sa carrière semble sur le point de prendre un nouveau tournant, plus proche de celui qu’il tente d’atteindre, il faut prendre en compte l’attitude enfantine et désinvolte qu’adopte l’acteur sur les lieux de tournage. Pour donner un exemple, il avait la fâcheuse manie de marmonner durant les répétitions pour s’économiser pour le grand soir et garder de sa spontanéité, qui faisait alors tout le personnage (selon James Dean). Cette attitude le rend antipathique aux yeux de ses collèges de travail et réalisateurs, dans le monde du cinéma et des arts scéniques, le jeune acteur n’a pas très bonne réputation.

Contrairement à la mauvaise image que James Dean a dans le monde du travail, ses fans sont de plus en plus nombreux et de toutes les générations, notamment celle de la jeunesse, jusqu’ici souvent mise de côté dans la société. L’acteur symbolise la jeunesse, il rappelle le désespoir de chacun autant dans ses rôles que dans sa vie personnelle (ses nuits d’ivresse, sa passion pour la vitesse et les courses automobiles, ses esclandres amoureuses…). Il va, sans le vouloir, encourager la jeunesse américaine à se manifester et faire entendre son avis, son mal-être et sa colère contre la société bourgeoise des adultes. Le fait d’avoir perdu très tôt sa mère et en même temps de devoir accepter le choix de son père de le renvoyer chez sa tante par faute de moyens financiers pour l’élever donne à l’acteur un côté « petit garçon perdu » qui ne l’a plus quitté et qui faisait une grande part de sa prestance scénique exceptionnelle.

A la suite d’East of Eden,qui va rendre alors James Dean célébre aux yeux de tous,réalisé par Elia Kazan, vientRebel without a Cause (1955) réalisé par Nicholas Ray, un jeune réalisateur qui partage l’idéologie de la jeunesse américaine de l’époque. La particularité de ce film est d’être réalisé par des jeunes, avec une équipe d’acteurs jeunes et destiné à un public jeune. Nicholas Ray veut ici rompre avec les dictatures du cinéma hollywoodien composé de ses grands studios et ses stars vieillissantes qui semblent ne plus correspondre à la société de l’époque. Dans ce film, James Dean joue aux côtés de Nathalie Wood et Sal Mineo et interprète un adolescent solitaire qui a du mal à s’intégrer dans son nouveau lycée. Le réalisateur a choisi James Dean pour son travail spontané et son côté imprévisible : il le laisse d’ailleurs revoir le scénario à sa sauce lors de ses scènes. Rebel without a Cause semble être le film qui laisse le plus entrevoir le talent en tant qu’artiste et interprète de Jimmy, celui où l’acteur a été le plus libre dans ses expressions et son jeu scénique ainsi que le film où l’acteur se révèle réellement au public et à lui-même. Il joue un personnage qui aurait pu être lui : désespoir qui le pousse à l’autodestruction, le goût du risque avec les courses automobiles…

En mai 1955, James Dean accepte le rôle le plus aboutit de sa carrière – malheureusement très courte en acceptant de jouer Jett Rink dans la superproduction de Georges Stevens : Giant. Il y incarne un cow-boy pauvre qui, soudainement devient riche mais garde une vieille rancune contre la riche famille Benedict (Rock Hudson et Elizabeth Taylor). Dans ce film, l’acteur de 24 ans partage l’affiche avec deux géants du cinéma de l’époque mais sera, à la sortie en salle de Giant, le plus salué par la critique et le plus remarqué. Sur le plateau de tournage, James Dean rencontre des désaccords quant aux méthodes de travail avec le réalisateur et le film se déroulera dans une ambiance tendue jusqu’au bout.

Parallèlement à cela, l’acteur a depuis toujours eu une passion pour les voitures et notamment la course automobile. C’est d’ailleurs pour l’une de ces courses que James Dean va connaître la mort le 30 septembre 1955, à bord de sa porsche 550 spyder. Encore aujourd’hui James Dean reste un des grands acteurs du cinéma américain et incarne à tout jamais la jeunesse américaine, trop souvent mise de côté dans la société des années 1950. Pour répondre aux milliers de lettres reçues aux Studios Warner dans le mois qui suivit le drame, la production réalisa un documentaire sur la vie de cet acteur parti trop tôt : The James Dean Story

Une des questions principales qui se pose autour de cette légende du cinéma pourrait-être la carrière qu’aurait pu avoir James Dean s’il avait survécu à son accident. Son penchant à vouloir tout contrôler et à improviser ses rôles aurait pu le pousser à passer de l’autre côté de la caméra et produire, à l’image de Clint Eastwood, ses propres films, tout en se mettant en scène lui-même. Une spécialisation de son travail dans la jeunesse aurait pu être également envisageable, se plaçant ainsi comme un porte-parole de la classe adolescente américaine.

À propos de Sunsh

Soignante à plein-temps, brunch-addict, coureuse des montagnes de l'après-midi, fétarde de la nuit et globetrotteuse continuellement.

Publié le 11 novembre 2011, dans Bouillon De Culture, Ciné, Monidole, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Ou il aurait pu finir comme Marlon Brando, ça fait tout de suite moins légendaire :/
    Moi aussi j’aime bien James Dean, j’ai jamais vu Giant par contre, faudra que je change ça !

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  2. Cet homme me fascine…d’ailleurs dans la maison de Papa il y avait des dizaines de posters , de photos de James Dean , étant un grand Fan…D’ailleurs j’ai failli m’appeler James car je suis née un 8 Février comme lui !

    Très chouette article en tout cas!

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