Les mauvais jours

Il est 7h15, votre réveil a, en fait, sonné il y a une demi-heure, vous posez enfin un pied engourdi par le sommeil par terre : au lieu de sentir sous vos orteils un sol lisse et immaculé, vous vous prenez les pieds avec les jambes de votre jean de la veille, des miettes, poussières en tout genre, se collent à votre talon, vous vous traînez dans votre kitchenette d’étudiante (2 mètres carrés, des plaques électriques capricieuses et un évier tellement exigü que vos pollypockets avaient plus d’espace pour faire la vaisselle – à la main, évidemment) tout ça pour s’apercevoir qu’il n’y a plus de café, de thé ou de lait, vos déconvenues matinales s’ajoutent les unes aux autres, et vous êtes, par dessus le marché, toujours plus en retard. Bref. C’est un mauvais jour. Un jour que toutes les Parfaita du monde entier ne connaissent pas : elles se réveillent fraiches comme la rosée, délicatement échevelées, font quelques gracieux mouvement de yoga, et dans la boîte de thé chinée dans une super brocante de la ville hype du moment, il y a toujours du thé vert des plaines de Nagatsu. Du moins vous en êtes persuadées.

Les mauvais jours ont parfois des raisons : accumulation toujours sympathique de boutons, épis dans les cheveux, tâche de sauce tomate sur votre tee-shirt préféré, une note dégueulasse, des fâcheries qu’on voudrait déjà résolues avec les personnes qu’on aime, rupture amoureuse et facture impayées et parfois, ils débarquent sans même qu’on le sache, ils s’installent, prennent leurs aise, et sans savoir d’où ils viennent, on ne sait pas vraiment comment s’en débarrasser. Ce dont on est certain, c’est cette humeur lugubre qui nous suit à toute heure de la journée, qui ne parvient pas à se faire oublier, pèse sur nos épaules comme si on avait déjà 100 ans.

 

Mélancolie, déprime passagère, déprime saisonnière, anxiété, voire dépression… Les mauvais jours prennent toutes sortes de noms… Et vous en êtes peut-être pas convaincues, mais on les connaît toutes : parfois Gwyneth Paltrow hurle sur ses têtes blondes sans raison, parfois la fille qui a le petit copain le plus parfait du monde lui fait une crise de jalousie, parfois celle que vous trouvez tellement chic scrute sa peau 3h dans la soirée au miroir grossissant, persuadée d’y voir une demi-tonne d’imperfections, se sent tellement boudinée qu’elle ne veut pas sortir de chez elle. Bref, parfois, on est des personnes complexées et/ou merdeuses, des individus pas intéressants qui agissent mal et parfois on n’assure pas. Le pire étant que dans ces moments, au lieu d’analyser rationnellement la situation, on se fait encore un peu plus de mal : en menant des stratégies d’évitement, en s’affamant ou au contraire en se vengeant sur le contenu du placard, en se blessant, d’une façon ou d’une autre, le but étant toujours le même – s’anesthésier et ne plus rien sentir. Alors, qu’on peut et l’on devrait, se concentrer sur ce dont on a vraiment besoin : se faire du bien, pour, sinon chasser les mauvais jours, au moins leur donner une autre couleur…

– mettez le nez dehors : votre couette paraît très tentante là tout de suite – bien sûr la vie, le monde et les choses ne vont pas s’arranger après votre retraite enfouie dans les profondeurs de vos appartements, mais au moins, vous n’êtes pas là pour les endurer. WRONG. Enfilez vos chaussures, une écharpe, et allez battre un peu le pavé ! Allez dans un musée si l’envie vous dit, asseyez vous à un café et regardez les gens passer, pourvu que pendant une heure d’autres idées, perceptions, sensations remplacent ce à quoi vous pourriez songer, bien confortablement calée dans votre lit entre vos complexes et vos angoisses du moment.

– lancez votre playlist «chiale », ou au contraire, votre playlist « danse en petite culotte », suivant votre stratégie d’attaque et n’hésitez pas à appuyer sur repeat. A un moment ça ira mieux.

– sortez un livre et concentrez vous pour avaler les premières pages, perdez quelques heures à lire les déboires, aventures ou impressions de quelqu’un d’autre, histoire d’arrêter de ressasser les vôtres.

– créez un truc : sortez votre journal et écrivez ce qui se passe dans votre tête, dessinez, prenez votre instrument de musique et inventez une mélodie… Ca peut être moche, inquiétant, sans intérêt, tellement nul et affligeant que vous pourrez avoir envie de brûler le résultat à l’arrivée, peu importe de toutes façons c’était pas pour le Guggenheim.

– aller voir les tumblr, flickr, blogs les plus inspirants que vous connaissez, ceux qui vous font du bien, vous font vous extasier, sont excitants, intriguants, ou, tout simplement jolis : toutes les journées devraient commencer par une dose réglementaire de beauté de toutes façons ! (et laissez vos adresses favorites en commentaire histoire qu’on en profite !)

– donnez vous un projet qui sort (un peu) de l’ordinaire : trouver un correspondant ? Cuisiner un truc nouveau, d’un autre pays ? Changer les meubles de place dans votre chambre ? Rejoindre un club de lecture ? Changer de couleur de cheveux ? N’importe quoi, qui, à la fin de la journée, puisse vous laisser un sentiment d’accomplissement.

– Prendre enfin le temps de prendre soin de soi, des pieds à la tête, en se faisant tous les soins possibles et imaginables. Ne pas oublier de s’emmitoufler dans un peignoir et de lancer un épisode de votre série, chaîne youtube favorite et oublier le monde un instant après des ablutions dignes d’une star hollywoodienne.

– Faites une attaque feng-shui, séparez vous de ce dont vous ne vous servez pas / aimez plus – en le donnant plutôt qu’en le mettant simplement à la poubelle, quelqu’un pourrait redonner à votre pull h&m circa 2008 une nouvelle vie !

– Aller promener un chien, regarder vivre un chat, caresser le front des chevaux du manège d’équitation à côté. Parfois les humains sont trop compliqués, mais les animaux, eux, ça va.

– Aller faire du sport. Il fait froid ? Il pleut ? Et alors ? Je me souviens d’un jogging de 30′ sous une pluie torrentielle un dimanche midi où je ne parvenais tout simplement pas à me concentrer sur mes devoirs. J’étais trempée comme un rat et l’attraction de tous les passants au retour jusqu’à chez moi. Mais dans ma tête, c’était plus clair. Si vous n’aimez vraiment pas courir, des étirements et quelques postures de yoga, ça fait du bien aussi.

– Appeler un copain ou une copine. Celui ou celle qui vous fait rigoler comme une malade mentale.

– Appeler un copain ou une copine. Celui ou celle qui saura vous écouter sans vous interrompre au bout de 3′ et qui aura, ou non, de bons conseils à transmettre.

– Et quand, vraiment, votre chagrin vous dépasse, il n’y a rien de mal à aller parler à quelqu’un de vraiment qualifié pour vous écouter.

– Ne pas se sentir coupable de « perdre une journée » : à bouder, à re-regarder des épisodes de votre série télé préférée, même quand vous les connaissez déjà par cœur, à lire un blog, à lire des magazines pas géniaux ou un livre que vous admettez difficilement aimez. On mérite de se débrancher parfois, de ne pas simplement être dans une course à la performance, vérifiant toutes les 5′ si l’on a commenté votre nouvelle photo de profil (figurez vous que les gens ont aussi autre chose à faire, y’à rien de personnel en fait), calculant votre hypothétique moyenne de bac, du semestre, pire, en vous comparant à quelqu’un d’autre!

– Faites brûler une bougie, abaissez les stores et écoutez votre disque favori dans la pénombre.

– Si dans l’immédiat vous ne pouvez pas laisser tout tomber pour juste écoutez vos plus basses envies, pensez à la prochaine journée complètement libre que vous aurez, cette journée qui vous appartiendra du lever au coucher, qu’est ce que vous aimeriez en faire ? Aller à la piscine puis déjeuner avec quelqu’un, ou vous commander des sushis ? Est ce que vous aimeriez lire, aller au cinéma, vous vernir les ongles ou faire du shopping ? Listez tout dans un petit coin de votre tête !

– Faites une sieste, à 10h, 15h ou 18h. On est parfois si émotivement épuisés que tout ce dont on a besoin c’est de vraiment donner du repos à notre corps, alors reposez vous. Reposez vous encore après si ça ne suffit pas. Et au réveil, appliquez vous à donner à votre coin ce dont il a véritablement besoin : 1 litre d’eau ? Une salade de fruits ? Un pain au chocolat ? Un câlin ?

Les mauvais jours arriveront de nouveau, la science a beau chercher, il semblerait qu’on ne puisse pas, tout simplement, les éliminer de nos vies. Tout ce qu’on peut faire, c’est les apprécier pour ce qu’ils sont : l’occasion de renouer avec ce qui nous fait fondamentalement du bien ! Ce sera quoi au menu pour vous ?

Publié le 24 octobre 2011, dans Day By Day, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 13 Commentaires.

  1. Génial comme article ! D’autant plus avec les mauvais jours qui arrivent et qui en plus d’être froids raccourcissent !!
    Pour ma part j’ai un gros contrôle à préparer et pas le temps de penser à moi (d’ailleurs qu’est-ce que je fais sur GB ?… humm, une pause !), du coup je réfléchis au weekend qui sera là dans seulement 2 jour et je commence à apercevoir la lumière au bout du couloir !

    Merci pour ce remonte-moral !

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  2. Il est vraiment super cet article. J’ai eu le sourire pendant toute ma lecture alors qu’aujourd’hui est effectivement, pour moi, ce qu’on pourrait qualifier de « mauvais jour ».
    Souvent quand on me donne ce genre de conseils, je les trouve futiles, je me dis « qu’est ce que ça va changer ? », mais étrangement quand les choses sont dites par Grey, elles paraissent simples et évidentes !
    Merci pour cet article 🙂

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  3. C’est marrant de se reconnaitre un peu dans toutes ces situations ^^
    Perso, lors de mon dernier coup de blues le seul truc qui a marché c’est de parler avec une amie, de tout et de rien.

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  4. Moi je dis oui au jogging sous la pluie !

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  5. Buvez du thé et visitez ces quelques blogs/blogs photo:

    http://www.flickr.com/photos/46799990@N04/
    http://theburninghouse.com/
    http://explore-the-earth.tumblr.com/
    http://sensemina.tumblr.com/

    et pour une ambiance cosy, ouvrez ces trois onglets en même temps:

    http://www.rainymood.com/

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  6. Mon meilleur remonte moral c’est de faire une photo que je considère bonne. De partir marcher avec mon appareil et de prendre n’importe quoi autour de moi. Le meilleur remonte moral je pense que c’est faire quelque chose dans lequel on s’exprime : chanter, danser, dessiner, peindre ! C’est créer quelque chose. Ou aider quelqu’un. Pour se sentir moins inutile.

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  7. On ne peut que ce reconnaître !
    Qui n’a pas vécu de ces jours où l’on se dit « j’aurai mieux fait de rester coucher » ?
    En tout cas, plein de bons conseils, très rassurants 🙂
    C’est bon de savoir qu’on est pas les seules ^^

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  8. très sympa ce petit article =) il fait du bien,il motive !on aurait presque envie de voir un mauvais jour arriver tiens 😉

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  9. J’ai beaucoup aimé ton article, il fait du bien au moral ! On a toutes des coups de déprimes, chacune ses techniques ! En ce qui me concerne je mange pleins de cochonneries devant la télé ou devant youtube, si je peux j’essaye de sortir avec une copine et de me poser pour boire un verre ou faire du shopping, j’envoie pleins de sms futiles aux copines, je regarde mes chats qui me font souvent rire malgré eux.. et surement pleins d’autres petites choses que j’oublie !

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  10. J’ai bien aimé ton article, sympa a lire et surtout plein de trucs qu’on pense pas forcement!

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  11. Bon article 🙂
    C’est vrai qu’on a tous nos mauvais jours, moi dans ce cas, je regarde un bon film ou une bonne séries, j’essaye de penser à autre chose. Je m’allonge sur mon lit, une bonne musique dans les oreilles, je repense à des bons moments, genre les vacances, ça fait du bien une « pause ».
    Mais le must c’est quand même de prendre soin de soi. Une longue douuuche, un gommage, une manucure, un soin et appeler quelqu’un qu’on aime beaucoup à qui on a plus trop parlé ces derniers temps, prendre de ses nouvelles.
    Généralement, ça va mieux après !

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  12. Aha en plus ça me parle trop, le mois de novembre/décembre je trouve toujours ça horrible, y a la déprime du mauvais temps, la déprime des cours qui s’accumulent, du boulot par-dessus la tête, le ras-le-bol…

    Sympa comme article, personnellement les jours mauvais j’aime bien aller me promener dans Paris, voir aller à Notre-Dame. Boire un café toute seule (oui c’est hyper important, quand je suis déprimée je n’ai envie de voir personne), lire un peu de tout… ou regarder un épisode de série, voir un film parce que pour certains je me dis depuis longtemps qu’il faudrait que je prenne le temps de les voir.
    J’aime beaucoup écouter certaines musiques classiques aussi, ça exacerbe les sentiments un bon coup, ça fait du bien, on se sent mieux après.

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  1. Pingback: Cocooning des mauvais jours. « Glory Box

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