Drive : l’explosion de Ryan Gosling

A la vue de l’affiche, vous pensez sans doute que Drive n’est qu’un Fast & Furious de plus. Je ne sais pas si vous avez notez le petit épis de blé au dessus du titre, avec l’inscription « Prix de la mise en scène, Festival de Cannes ». On ne donne pas ce genre d’épis de blé à des films comme Fast & Furious.

A l’origine du projet, Ryan Gosling, enthousiasmé par le script de Drive, avait décidé que seul Nicolas Winding Refn pourrait réaliser le film à la hauteur de ce qu’il devrait être. C’est à la suite d’une soirée au cinéma devant Valhalla Rising où les spectateurs avaient littéralement « pris vie » devant une scène d’arrachage de tripes insoutenable que Ryan Gosling avait conclu que Nicolas Winding Refn ne pouvait qu’en avoir. Des tripes.

« The Driver » (puisqu’il n’a pas de nom) répare des voitures le jour, les conduit la nuit. S’il les conduit pour des gangsters, c’est sous certaines conditions : il les attendra 5 minutes, pas plus, pas moins, ne portera pas d’armes, ne prendra pas part aux crimes de ses commanditaires.

La vie de ce jeune homme silencieux semble réglée comme une pendule, jusqu’à ce qu’il rencontre Irene (la délicieuse Carey Mulligan) et son petit garçon. Ils habitent à deux portes de chez lui, semblent en détresse, un peu perdus, un peu abandonnés par les mauvais choix d’un mari et père pourtant de bonne volonté. Dès lors the Driver n’est plus seul.

Ryan Gosling et Carey Mulligan

Drive raconte l’histoire d’un super héros des temps modernes, d’un loup garou dont la plus grande difficulté est qu’il ne sait pas qui, ni quoi, le fera se transformer. Il se tient prêt néanmoins, dans son costume de super héros, arborant un bombers orné d’un scorpion en toute occasion. On ne sait pas d’où il vient, on ne sait pas qui il est, on ne lui connait ni famille, ni amis ou si peu : Shannon (le génial Bryan Cranston, vu dans Malcom et Breaking Bad), son patron et entremetteur un peu foireux. On n’en saura pas plus. La grande qualité de Drive est de ne se contenter que du nécessaire.

Le scénario a en effet été dépouillé de tous dialogues superflus : reprenant une règle immuable du théâtre, les acteurs n’avaient qu’à s’enfermer dans leurs mondes respectifs, n’avaient qu’à « être », littéralement, ceux qu’ils incarnaient. Au réalisateur de raconter l’histoire.

Egréné par une bande son 80’s et urbaine à couper le souffle, le temps semble ne plus s’écouler pareil face à la mise en scène minutée, mécanique, qui sert ainsi une histoire aussi extraordinaire que sobre. Sa Chevrolet Impala nous promène dans ce Los Angeles méconnu, aux petites rues industrielles, aux larges étendues désertiques, loin du faste d’Hollywood, jusqu’à ce qu’une violence inouie nous explose à la tête d’un coup sec. Et quelle violence : Nicolas Winding Refn était inspiré par Irreversible et sa fameuse scène d’ouverture. Dès lors the Driver se transforme et ne peux plus rebrousser chemin : il a désormais une mission.

Drive a en outre la grande qualité d’être interprété par celui qu’on appelle en ce moment, « le meilleur acteur du monde » : Ryan Gosling explose – enfin, diront certains – en cette fin 2011 après dix ans d’un parcours discret dans d’excellents films indépendants (The Believer, United States of Leland, Half Nelson, pour lequel il avait été nominé aux Oscars, une performance pour un si petit film). Intense et mutique, séduisant et glacial, Ryan Gosling est comme à son habitude d’une justesse à toute épreuve : la seule différence, c’est qu’aujourd’hui le grand public le découvre.

Alors est-ce une bonne chose ? Pouvons – nous espérer que Ryan Gosling continuera à choisir ses films avec soin, à s’investir dans des projets qui lui tiennent à coeur, à ne pas céder aux sirènes d’Hollywood en vendant son âme au diable par la même occasion, comme tant d’autres avant lui ? Jusqu’ici, tout va bien : il sera le 26 octobre à l’affiche des Marches du Pouvoir, le dernier Georges Clooney, aux côtés de ce dernier et du deuxième meilleur acteur du monde : Phillip Seymour Hoffman. Et tant que Gosling continue à citer Les 400 Coups de Truffaut comme première émotion cinématographie de sa vie, rien n’est perdu.

Drive, de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Goslign, Carey Mulligan, Bryan Cranston. Sortie le 5 octobre.

À propos de Aime Pi

-  C'est  tout  c'que  vous  trouvez  à  dire  ?                                                                                                                                            -  Ouais.  Allez  vous  faire  foutre.

Publié le 4 octobre 2011, dans Bouillon De Culture, Ciné, Monidole, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 7 Commentaires.

  1. JAMAIS DEUX SANS TROIS.
    Comme tu dis, j’suis une vraie, dès que je reçois ma carte UGC-MK2, j’y retourne.

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  2. C’est clair, ça donne grave envie! Je pense aller le voir bientôt 😀

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  3. J’ai bien envie de voir ce film. Toutes les critiques que j’ai pu lire sont positives et surtout j’suis tombée sous le charme de Ryan depuis « N’oublie jamais »

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  4. Vu ! et wouhaa, que dire de plus à part ce que tu dis dans ton article Mallory.
    La mise en scène est épatante, la BO en jette, Ryan Gosling est superbe et l’action parfaite…
    J’espère tout comme toi que ce bel et bon acteur continuera sur cette voie =) ! (moi je l’avais adoré dans Blue Valentine…)

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  5. je vais le voir demain… de bons acteurs, une belle BO et de l’action, ça devrait être sympa =)

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  6. J’aime beaucoup l’analyse que tu en as fait, ça donne vraiment envie de le voir !

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  1. Pingback: The Artist : du neuf avec du vieux « Glory Box

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