Inscriptions universitaires: coulisses d’un enfer pour vous … et pour moi!

Juillet est arrivé et ces grands bâtiments grisâtres et tombant en ruines à certains endroits sont vides (pour des raisons évidentes l’université concernée ne sera pas citée). Seuls quelques fantômes errent ici et là dans les couloirs sans fin, mais la fac a perdu son âme. Heureusement, la fin des examens représente aussi le début des inscriptions administratives, les fameuses! Si vous venez vous inscrire vous tomberez peut-être sur moi, étudiante vacataire dans le célèbre service des inscriptions. Vous pensez que s’inscrire à la fac est synonyme de chercher le formulaire A-38 dans la Maison des fous? Pour répondre à cette question, Glory Box s’est infiltré dans les rangs de l’administration française spécialement pour vous.

Un tel emploi mérite trois jours de formation, même si parfois vous avez l’impression que la personne en face de vous sait à peine distinguer la différence entre un concombre et une courgette. On nous apprend à être patient, minutieux et à l’écoute. On nous renseigne aussi sur différents « profils » que l’on risque de croiser et c’est non sans crainte que je redoute l’étudiant sur les nerfs à qui il manque des pièces justificatives. Quelques conseils simples pour ne pas perdre un nombre trop important de neurones lors de votre inscription : vérifiez avec minutie votre dossier d’inscription si c’est votre 1ère année à l’université, choisissez d’avance une sécurité sociale étudiante (LMDE ou Smerep), réfléchissez à une éventuelle mutuelle (qui n’est pas obligatoire), préparez votre mode de paiement, faîtes-vous toute belle si votre fac propose de faire votre carte étudiante sur place et surtout, armez-vous de patience. Même si la machine est bien rodée, vous n’êtes jamais à l’abri de retard et les démarches sont un peu longues quoi qu’il arrive. Sinon, certaines facs proposent des réinscriptions en ligne pour gagner du temps! Dans tous les cas, restez ZEN!

Mais revenons aux coulisses. Ce n’est pas moins d’une bonne quarantaine de personnes qui sont mobilisées à différents postes: vérification du dossier, accueil, sécurité sociale, guichet d’inscription informatique, service comptable, carte étudiante, transfert, équivalence, archivage et contrôle des inscriptions web. Sans que vous le sachiez, votre chemin est au préalable tout tracé grâce à un vrai travail de fourmis.

Pendant quelques semaines, j’ai pu malheureusement confirmer certains préjugés sur l’administration française. Pour commencer, les responsables en font réellement des caisses pour pas grand chose. On commencerait presque à croire que savoir utiliser correctement une agrafeuse est une réelle prouesse et que le mot « initiative » n’existe pas dans les bureaux. Il y a aussi cette fameuse image de la secrétaire, les pieds sur le bureau, le vernis dans la main gauche et la lime dans la main droite en train de siffloter. Limite honteuse de laisser un bouquin sur mon bureau, j’avoue que parfois, l’ennui guette quand même et nous pousse à faire des choses inattendues … c’est ainsi que j’ai réalisé un superbe objet style art-déco, un pot à trombone multicolore (la photo en exclusivité sera bientôt révélée).

L’administration, c’est aussi un nid à potins, profession très féminine oblige. On apprend donc que Machine est une vraie vipère ou que Bidule boit du café gratis car elle ne met jamais de sous dans le pot commun. Le plus drôle c’est que, en un rien de temps, vous devenez une commère à part-entière, atteignant presque le niveau de Benoît et Thomas de Secret Story 4. L’oreille à l’affût, on devient très vite celle qui a du gros scoop à révéler. Qu’à cela ne tienne, les hommes aussi aiment les potins. Monsieur Shellyken – travaillant dans le même service – n’est pas le dernier à participer aux gossips … Cette ambiance reste tout de même pesante. On n’a pas constamment envie de connaître les détails de la vie sexuelle de notre nouvelle collègue Machine ou de savoir que Bidule sent des aisselles. Une fois pris dans le filet des potins, il est difficile de s’en sortir … Mais on ne rigole pas seulement grâce aux potins. La principale source de fous rire… c’est vous ! Nous voyons des dizaines de noms marrants par jour (les grands gagnants sont sans hésitation M. Lemort et Mlle Petitfour). Les moments les plus sympas restent quand même toutes ces personnes adorables que l’on voit chaque jour : les mamans angoissées, les jeunes bacheliers, les papis en reprise d’études, les grands-parents dévoués, les étrangers impatients de découvrir Paris …

Dernier préjugé – et pas des moindres -, l’administration serait lente, les personnes y travaillant aussi agréables que des mouches à merde. Alors oui, il est vrai que certaines étapes d’une inscription sont longues, surtout quand le super logiciel qui n’a pas été mis à jour depuis trois ans vous plante sans préavis et qu’il faut tout recommencer depuis le début. Évidemment, il y a des périodes à éviter: ne venez pas nous voir le vendredi (surtout en fin de journée), le matin à l’ouverture (la plupart des personnes en face de vous étant, il faut le dire, encore bien endormies), et en début d’après-midi (qui ne connaît pas le coup de barre de la digestion ?), et SURTOUT PAS sans rendez-vous. Mais en général, toutes les personnes qui vous accueillent sont souriantes, aimables et disponibles pour répondre à toutes vos questions.

Un service d’administration comme celui des inscriptions universitaires correspond donc en globalité à ce que vous imaginez. Cependant, il faut être honnête et dire que derrière ces nombreuses démarches que vous devez accomplir, se cachent des heures interminables de classement, d’organisation et de rigueur. Du côté des agents administratifs, on doit accomplir un nombre inimaginable de petites tâches agaçantes qui ne requièrent quasiment aucune activité cérébrale (compter les enveloppes, tamponner les enveloppes, classer par ordre alphabétique, faire des fiches navettes, enlever les petits points entre les numéros de téléphone, vérifier trois fois les pièces documents d’un étudiant…) mais qui restent très fatigantes. Soyez donc indulgentes avec les personnes qui vous inscrivent en pensant à la masse de travail que nous brassons et à la patience extraordinaire qu’il nous faut pour afficher ce joli sourire environ 50 fois par jour.

À propos de AnneLise

Funny, sensitive and generous but terribly emotional, touchy and not-confident.

Publié le 21 juillet 2011, dans Day By Day, Société, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Très bon article qui m’a bien fait sourire étant donné que j’ai moi aussi travaillé au sein de mon université pendant les inscriptions administratives des nouveaux bacheliers !

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  2. Haha Shellyken, je retrouve tellement de choses dans ta description de l’administration type. Ca me fait rire !! =)

    Très bon article !

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