Monidole – Florence + the machine : la sorcellerie faite musique

Difficile de décrire avec des mots le phénomène Florence + the machine.

Florence + the machine n’est pas un film de Tim Burton ou un roman caché de Lewis Caroll, c’est un groupe de rock indé ascendant soul. Porté par la sublime Florence Welch, ancienne étudiante aux Beaux Arts anglais, dyslexique, insomniaque et dysimétrique de son état, Florence + the machine c’est d’abord (quoi que, mais c’est en tous cas ce dont je vais parler en premier) sa voix : une sorte de coup de poing en plein ventre qui fait du bien. Ecoutez Florence Welch chanter à votre oreille, c’est accepter de se faire hypnotiser, ensorceller, c’est un peu remettre sa vie entre ses mains et accepter de la laisser vous emporter dans vos propres abysses, dans votre propre paradis, tout ça à dos de montagnes russes.

Florence + the machine c’est aussi un style, une indéfinissable aura, chaque chanson évoquant une nouvelle incantation : You’ve Got The Love ou l’être aimé qui vous fait pousser des ailes, de celles qui vous rendent invicibles et vous donnent le courage de tout, Dog Days Are Over ou votre ame d’enfant retrouvée, courrant dans les champs à pourchasser les papillons et les lapins de garènes volants, Kiss With A Fist ou l’infernale spirale de la relation passionnelle faite cartoon, un peu comme si Minnie et Mickey ne pouvaient décidément plus se blairer. Je pourrais aussi vous parler de la révolution Rabbit Heart, qui aurait bien plus d’efficacité dans une manif que n’importe quel slogan débile, mais je vais choisir de m’étendre sur mes deux chansons préférées : Blinding,  et Girl With One Eye.

La première est une triste fable, où les fantomes vous tiennent pieds et poings liés aux quatres coins de votre lit. Des rythmes d’Afrique, des choeurs de gospel, le mal qui s’échappe en volutes de plus en plus épaisses et toujours ces incantations : Blinding c’est un peu vous contre tout ce qui vous cloue au sol, tout ce qui vous empêche d’être vous même, Blinding vous donne envie de rentrer en transe, de faire la danse de la pluie, de revenir à la terre pour vous en sortir. La classe quoi.

La deuxième, Girl With One Eye, radicalement différente, est un rock lourd, à l’ascension fulgurante et aux guitares sèches laissant place aux vociférantes, Girl With One Eye c’est la chanson qui va vous empêcher de faire une bêtise, la grosse bêtise, celle qui pourrait vous attirer des ennuis avec la justice : vous n’écraserez pas la tête de votre patron avec un maillet, vous n’irez pas foutre le feu dans le bureau de cette connasse des assedics qui vous dit qu’il manque encore un papier à votre dossier pour toucher vos indémnités, vous ne couperez pas les couilles de votre ex dans son sommeil et ne les ferez pas manger à votre meilleure amie avec qui il vous a trompé pendant des mois, non : vous écouterez Girl With One Eye. Et ça ira mieux.

Florence Welch, accompagnée de musiciens hors pairs, revendiquent les influences suivantes : le Velvet Underground, les White Stripes, Love, Tom Jones, Les Smiths and last but not least (oh ça non) : Kate Bush.

Et combien de groupes de nos jours revendiquent l’influence de la déesse Kate Bush ?

Trop peu.

La raison ultime pour se jeter sur Lungs, le premier et pour l’instant unique album de Florence + the machine.

À propos de Aime Pi

-  C'est  tout  c'que  vous  trouvez  à  dire  ?                                                                                                                                            -  Ouais.  Allez  vous  faire  foutre.

Publié le 17 juillet 2011, dans Bouillon De Culture, Monidole, Musique, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. J’ai cet album depuis longtemps, et je l’ai vraiment écouté il y a un ou deux mois seulement, dans le train. Et c’est une vrai claque! A fond, ça emporte, ça coupe le souffle et comme tu le dis, c’est puissant comme une incantation. C’est trop bien!

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  2. Oh oui non mais l’année dernière, un keumé de ma classe, en voyant mon (feu) iPod, me dit d’écouter, me promet que je vais adorer et il avait RAISON. Eh ouais. C’était une grande claque dans ma gueule Florence+the machine, pour moi une des révélations de cette décennie (= depuis que j’écoute de la musique en fait quoi), bref j’adore.

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  3. Je kiffe !
    Pas les mêmes que toi, mais je kiffe, vraiment !

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