Mon album de merde préféré… le cas Britney

Il y a des choses dont on est pas fier, surtout celles qui nous rappellent une période révolue : lorsqu’on était jeune et con. S’il est vrai qu’on finit par grandir, au contraire de Saez, une certaine catégorie d’individus, des gens qu’on appelle potes ou bien même frères n’hésitent jamais à vous rappeler un truc que vous auriez préféré avoir oublié dans les abîmes de la honte, et dans mon cas, il s’agit de mes frères qui adorent me rappeler… ma période Britney.

Mais malheureuses, n’imaginez MEME PAS me ridiculiser, me pointer du doigt tel Nelson, « ha ha », car vous aussi vous l’avez kiffé, si vous aviez dans les 10 – 12 ans en 1998-1999. Toi même tu sais.

Petite Greta commençait à cette époque à grandir, un jardin de boutons fleurissait sur sa peau mate, les (cor)nichons pointaient leur nez et, surtout, le goût musical presque toujours douteux de la période pré-ado s’affinait. Après la séparation des Spice Girls sur fond de « Viva forever » pour étouffer leurs combats d’avocats, il me fallait bien sûr une nouvelle star à adorer, histoire d’être toujours en mesure d’étaler des posters sur les murs de ma chambre – chose d’ailleurs à laquelle je n’ai jamais eu le droit, comme je partageais ma chambre avec ma sœur de 11 ans mon aînée. 1999, l’époque où Larusso faisait les couvertures de Star Club et Oussama Ben Laden aurait pu être un joueur de foot. J’avais 10 ans et suis devenue fan de Britney Spears. Sa chanson Baby One More Time cartonnait, cette chanteuse au sourire Colgate White Blancheur, à l’accent du Sud américain, dont le mot « fellation » ne faisait pas partie du vocabulaire et qui chantait qu’on la frappe encore une fois. Mais bon, avec ma décade fraîchement fêtée, je débutais tout juste de commencer les cours d’anglais, alors j’étais totalement passé à côté de ce titre maso et me mis à l’adorer. Sans raison particulière, j’avais trouvé sa chanson géniale, adorais la chanter (en yaourt évidemment) et han Britney elle est tro bell elle chante tro bien c la meilleur!!!!!!§§§§§§§§§§§

Mes parents à l’époque n’avaient pas un rond. Alors lorsqu’ils m’offrent son CD, après les avoir soûlé des années jours entiers, et qui coutait 100 Francs environ, c’est la fête chez Michou et ne peux plus m’arrêter de l’écouter, alors que…

Rien que la pochette de l’album annonce le ton: photo faite par Jean-Michel Jean-Michel, photographe à Trifounieux-les-oies, retouchée avec Paint Windows 98. Elle pose à gauche, l’air plus sage qu’une nonne grecque, les mains posées vers la bouche, collées l’une à l’autre. Une pose très vraisemblablement destinée à faire plaisir à môman et à pôpa et au village qui va à la messe tous les dimanches, une pose où elle est sans nul doute en plein « Ave Maria » (le 5ème de la journée, ils ont passé l’hymne américain 4 fois aujourd’hui!). Le nom de la chanteuse écrit en bleu neuneu dans une police girly et le titre « …baby one more time » dans un Georgia des plus banals. Un truc simple, vraiment humble en fait pour une kikoolol, si elle avait commencé sa carrière 10 ans plus tard, je gage que cela aurait ressemblé à ça:

Mais allons au delà de la pochette, l’écoute du CD aussi, garantit de l’affreusement kitsch. Après un titre plus pop que le pop corn et le caramel réunis (You Drive Me) Crazy et la chanson phare Baby One More Time, vient Sometimes qui surprend par sa mélodie.. heu… pareille aux autres et qui signe la première ballade des 548453264 présentes dans cet album. Mais la ballade dont il doit être question est LA chanson qui me tuait, celle qui faisait naître en moi un émoi qui n’était pas de mon âge, I Was Born To Make You Happy. Dans cette chanson, Britney se remet de sa quarante-douzième rupture avec un mec qui n’a probablement pas voulu la frapper encore une fois, qui la rend folle à ne pas dormir (ça se trouve, c’est juste les règles qui vont débarquer!) et qui doit passer son temps à jouer à cache-cache avec elle (Sometimes I run, sometimes I hide). Ben là, ras les fesses d’avoir une copine aussi relou qu’elle, qui se met à chanter à chaque fois qu’on s’en va acheter du PQ à Shopi, il décide de la quitter, laissant une Britney persuadée qu’elle était née pour le rendre heureux. Le beat fait en 4 minutes, les notes tristes sur le piano de la vie, de l’amour, et mon éveil musical loin devant moi, je suis totalement tombée amoureuse de la chanson. Mon cœur n’en pouvait plus, il ne comprenait que trop Brit-Brit, alors qu’il ne connaissait l’amour que des romans de « Coeur Grenadine » (« Brenda elle adore faire du cheval avec Brandon mais sa jument risque d’aller à l’abattoir et il a dit ça une larme à l’oeil, tel un ruisseau de larmes dans le silence ») A chaque fois que je l’écoutais, je devenais folle, alors que je ne comprenais pas les paroles, sauf le titre que j’avais fait traduire et le trouvé tro bo on koiré du Bodelair.

A peu près la même chose pour From The Bottom Of My Broken Heart, rien à voir ni avec des coeurs ni avec des fesses, mais avec Brit-Brit qui est trop triste parce que son mec l’a encore quitté, mince alors. Mais Brit-Brit, elle a aussi des amis en or, Brenda et Brendessa, pour qui elle sera toujours là, ou pour être plus correct, I Will Be There.

Mais passons quelques chansons pour finir sur E-Mail My Heart. Rappelons qu’en 1999, Internet était en France une rareté, voire un luxe, et Britney nous parle donc d’e-mails, de son mec qui est décidément un gros bâtard à tout le temps partir et guette son écran s’il a enfin envoyé un mail. A cette époque, l’ADSL n’existait pas, ça allait donc prendre pas mal de temps jusqu’à ce qu’il arrive à l’envoyer, ce fichu mail.

La recette avait donc marché: une ado qui parlait aux ados, peu importe s’ils parlent sa langue ou pas. A grands renforts de rythmes aussi pop que dénués de créativité, de paroles écrites par une Kevina en plein chagrin d’amour (« Justin Bieber il a une copine, j’peux pas supporter jvais me tailler les veines avec le couteau de la dinette de ma soeur »)et un matraquage publicitaire digne de ce nom, tout cela avait suffit à me rendre la plus mieux des fans de Britney du monde entier. Elle était devenue à cette époque LA star, celle qui rassurait les mamans en disant qu’elle resterait vierge jusqu’au mariage, qui ne buvait pas une goutte d’alcool, mais si elle le faisait, c’était avec Mémé et Pépé, et en plus c’était du cidre, et du cidre doux, donc c’est pas grave, mais j’étais un peu grisée quand même hihihi. Mais comme il ne fallait quand même pas la laisser inaccessible, au risque de la faire passer pour une lesbienne, on l’a couplé avec Justin Timberlake, non, pas le bogoss de « Love Stoned », mais le gringalet aux cheveux de caniche séropositif du « Mickey Mouse Club ».

Puis Brit-brit a eu ses règles, son premier émoi sexuel, et on l’a plus arrêtée. Moi, on m’a arrêté, facilement d’ailleurs, car son deuxième album m’a tellement déçu que je rompais, je ne l’aimais plus, c’était fini. Ses poses lascives et sa prononciation du « l » où la langue sortait prendre l’air ont eu raison de moi.

Elle avait apparemment changé de cible: les garçons pré-pubères débiles. Ses habits devenant de plus en plus courts, frisant le néant, elle n’était plus un exemple pour moi, et A Slave 4 U m’a asséné le coup de grâce.

Cet album pourrit désormais dans la maison de mes parents, dans un carton dans le grenier, ou dans ma chambre, ou dans une poubelle, je ne sais plus. Alors que je le vénérais tel un slip de Zidane autrefois, maintenant je l’ai totalement oublié. S’il est vrai qu’il est un exemple de ma période insouciante, il est aussi et surtout la preuve que mes goûts musicaux étaient de la merde. Ce qui ne m’empêche pas encore maintenant, de temps en temps, d’écouter « Crazy »… mais ça, vous ne le raconterez pas. Non… Non?

À propos de Greta

Française (de papiers), Allemande, Québécoise et Suisse de coeur qui a mangé l'ironie et l'humour (périmé) avec la cuillère. Manie la langue et la culture allemande comme les mecs manient l'hélicobite. J'aime les épinards, la littérature française et regarder "Confessions Intimes". J'aime pas la guerre, le racisme et la croûte des gâteaux.

Publié le 5 juillet 2011, dans Mon album de merde préféré, Musique, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 13 Commentaires.

  1. je kiffe toujours autant britney moi!

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  2. Moi je l’adore brit-brit!!! J’achetais star club, OK podium et tout juste quand y’avais des poster d’elle! et quand j’ecoute ses albums (parce que oui ca m’arrive encore lol) ca le fait toujours penser a certaines choses, ca me rend un peu nostalgique…

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  3. J’étais trooooop fan, j’avais enregistré son concert sur VHS et je me le passais en boucle. Le premier album qu’on m’a offert, c’était le sien, et le premier single que j’ai acheté avec mes premières économies, c’était aussi du Britney. Et le premier poster que j’ai accroché. Et le premier look que j’ai copié (hum).

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  4. Quoi album de merde préféré??
    Mais Britney c’est une icône générationnelle! moi j’ai commencé la vie à l’âge de 6 ans quand j’entendais Baby one more time à la radio et à la tv! et quelle souffrance ai-je enduré quand ma mère, très hostile à l’industrie du disque, et sans un rond qui plus est, a toujours refusé de m’acheter un CD! Britney a grandi avec nous, je vois même pas comment quelqu’un de la génération 90 peut affirmer sérieusement « Britney c’est de la merde », elle a toujours su rebondir (même si j’avoue son dernier single ressemble à un sous-succès d’une chanteuse yougoslave [j’ai rien contre eux]).

    Je l’adore. C’est tout. x)

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  5. Aaaaah Britney ! J’avais kiffé aussi, je crois que c’était mon frère qui m’avait offert l’album. J’avais des photos d’elle partout dans ma chambre…
    Je suis toujours fan et j’en ai MEME PAS HONTE :p

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  6. Ahah britney c’est toute ma jeunesse, j’étais la plus grosse fan de la planète quoi.
    Et je trouve qu’elle s’en sort plutôt pas mal aujourd’hui, et j’avoue apprécier cet album, ça me dérangerait pas de le réécouter aujourd’hui. Et je pense connaître aussi à peu près toutes les paroles…

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  7. Mon album de merde préféré de Britney, c’est celui qui est passé super inaperçu dans le lot, comprenant des chansons que personne ne connait. Du coup ça ne pose pas trop problème, je m’en suis remise rapidement, merci.

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  8. J’ai jamais été une grande fan de Britney mais j’trouve pas ses chansons désagréables à écouter même encore aujourd’hui.

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  9. Je me souviens encore alors que j’avais genre 11-12 ans d’un passage du JT de TF1 qui parlait du phénomène Britney Spears en passant des extraits de son clip « baby one more time » et surtout… sa tenue pseudo-étudiante-japonais-manga-ponpons-roses-bonbon-à-couettes-dans-les-couloirs-à-casier-de-Beverly-hills… un grand moment qui a marqué au fer rouge mon cerveau puisque je m’en souviens encore maintenant…

    Mais surtout: Leave Britney alone!

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  10. Moi je l’adore cet album… A part « E-mail my heart » et « From the bottom of my broken heart » …

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  11. AH MON DIEU !

    J’ai jamais eu l’album, parce que j’avais 15 ans et que ça le faisait vraiment pas, mais j’avais kiffé Baby One More Time, j’adorais Born to make you happy, je ne comprenais déja pas pourquoi elle sortait sa langue comme ça et surtout comment elle pouvait prononcer un truc avec la langue pendue, et j’assumais super super pas.

    Maintenant j’assume mieux, parce que tu comprends maintenant j’ai enfin des vrais gouts musicaux, et pas plus tard qu’il y a deux semaines, le naf naf de chatelet passait le best of, et j’ai chanté toutes ses chansons comme une gogole… par coeur. Et le meilleur pour la fin : j’étais SUPER PAS la seule.

    Aaaah Brit Brit.

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