Des romans qui sentent le bain de soleil

Puisque les vacances approchent, ou sont déjà entamées pour certaines, de toute évidence, les préparatifs pour le jour du départ seront au cœur de toutes les discussions. S’il s’agit de penser à tout, dans les moindres détails, notre sélection bouquin est alors une part essentielle de tous ces préparatifs : quoi de mieux que des livres ayant pour sujet un ailleurs exotique, différent, captivant ? Eh oui, pour tromper l’ennui sur la plage quand on tente de transfigurer notre teint blafard en un hâle somptueux, lors des kilomètres que représentent le trajet ou alors tout simplement parce qu’en vacances on a le temps de LIRE justement, il faut être dûment équipée ! Mais ces conseils vaudront aussi pour celles qui n’ont pas eu la possibilité de partir cet été, qui sont coincées chez elles à maudire chacune d’entre nous partant vers de nouvelles aventures… Pour vous aujourd’hui une petite sélection de bouquins à lire, que ce soit en vacances sur un transat ou durant la pause déjeuner au boulot, qui vous feront autant voyager que leurs narrateurs!

La ferme africaine, de Karen Blixen.

Un livre d’amour, de découvertes et d’épanouissements ainsi que de belles histoires racontées tantôt par la baronne Karen von Blixen-Finecke à ses amis ou nous, lecteurs, et tantôt par les voyageurs que rencontra la baronne lors des années qu’elle passa  au Kenya au début du siècle dernier. Avant d’être un roman qui semble annoncer une double histoire d’amour, avec l’Afrique et avec un homme, La ferme africaine regroupe des anecdotes et des récits de voyage (l’arrivée au Kenya, le retour en Europe, les différentes traversées du pays africain de l’auteur) et c’est presque un traité d’anthropologie que Blixen nous soumet ici.

Blixen raconte avec simplicité et sans détails superflus comment son amour pour l’Afrique est né et elle en dépeint un portrait qui donnerait à chacune d’entre nous l’envie de prendre nos affaires et y partir sans regrets. Ayant rédigé son livre après avoir quitté définitivement l’Afrique, on sent à chaque page la nostalgie qu’éprouvait pour ce pays la baronne et on ne peut s’empêcher de ressentir avec elle du chagrin et un certain pincement au cœur quand on tourne la dernière page du livre et que nous sommes face à une page vierge : celle de la fin. C’est un livre qu’on ne voudrait pas quitter. Si Blixen y a laissé une partie de son âme et continuera jusqu’à sa mort de penser au continent africain, à ses habitants et à sa « ferme en Afrique, au pied du Ngong », nous, lecteurs, nous délectons de son récit et on ne peut être qu’en admiration devant le portrait, si majestueux, qu’elle fait de ce continent toujours trop oublié.

Meryl Streep dans Out of Africa, l’adaptation
cinématographique de l’oeuvre de Karen Blixen.

La ferme africaine n’est pas un roman à proprement parlé mais plutôt la somme des anecdotes d’une femme qui fait découvrir au monde de l’entre-deux guerres le visage d’une Afrique méconnue, la puissance de ses habitants et de la nature. A travers des citations de Shakespeare, Shelly ou Homère, la baronne von Blixen-Finecke entremèle nos références occidentales à ses impressions africaines, en glissant entre deux descriptions d’un Kikuyu de son exploitation de café ou de sa ferme à deux mille mètres d’altitude, telle ou telle référence, qui sollicitera la culture du héros.

Loin de Chandigarh, de Tarin J Tejpal.

Il s’agit d’un de ses pavés (oui, autant annoncer la couleur d’entrée, ce livre est un pavé même s’il referme un style d’écriture grandiose) qui nous habite, nous transporte et nous maintient en haleine jusqu’à la fin. Pourtant contrairement à mon habitude je ne l’ai pas lu d’une traite et j’ai préféré laisser du répit à mes yeux régulièrement lorsque je me plongeais dans les pages de ce roman de Tarin Tejpal. Mais ce petit manège était tout calculé : je voulais faire trainer en longueur le régal que me procurait ce livre.

L’inde. Voici le cadre dans lequel un couple s’aime, se désire et se déchire. Loin de Chandigarh est un enchevêtrement de plusieurs histoires, de personnages qui se croisent, tissent des liens sans que personne ne sache vraiment ce qui les unie, ce que les maintient ensemble et au final, se séparent alors que le lecteur commençait à s’attacher. Le narrateur, très amoureux de Fizz, sa femme, fait la découverte d’une soixantaine de carnets qui se révèlent être le journal intime que l’ancienne propriétaire de la maison du couple tenait. En mal d’inspiration pour son propre récit, le narrateur se plonge peu à peu dans la lecture de ces carnets et découvre au fur et à mesure une américaine du siècle dernier qui n’a pas froid aux yeux. Ces carnets amènent le narrateur à se demander qu’est-ce qu’est l’amour ? Qu’est-ce qu’être écrivain et comment le devient-on ?

Oubliez tout ce que vous pensiez savoir de l’Inde et découvrez l’Inde comme nos deux personnages principaux la voit et la connaisse, l’Inde moderne qui sait prendre ce qui est bon dans la culture occidentale et qui sait se développer en toute autonomie. Même si l’auteur semble montrer un certain scepticisme quant au bon développement économique et politique du pays il n’en est pas pour autant pessimiste et montre, à travers son personnage principal et quelques personnages secondaires, que chacun a sa juste place, peut la trouver et que chacun d’entre nous a un chemin à découvrir, à faire jusqu’au bout pour trouver réponses aux questions parfois existentielles que l’on peut être amené à se poser.

Enfoncez-vous dans les terres, imaginez-vous la petite maison  aux conforts de l’Himalaya et les nuits d’orage lors de la mousson où le couple vit des instants érotiques (le livre en est truffé) et passionnés, ainsi observez l’histoire d’amour unissant les deux personnages principaux et qui semble ne jamais s’essoufler, toujours aussi forte qu’aux premiers jours. Immiscez-vous, comme les soixante-quatres carnets de bord qui tenait une américaine, ancienne propriétaire des lieux, et ressentez ce sentiment de culpabilité quand ce couple qui avait peut-être ravivé une certaine croyance de l’amour véritable en vous se déchire et se hait. Laissez les questions fuser, laissez aller votre esprit et laissez-vous submerger par toutes les interrogations que soulèvent ce roman sur l’existance et la condition humaine.

Le voyage de Théo, de Catherine.

Théo est un enfant occidental,  atteint d’une grave maladie qui semble ne pouvoir être guérie. Sans réelle culture religieuse sauf celle que ses parents lui ont apprise, à savoir le respect de toute religion et lui laissant le choix de croyance, Théo suit sa tante Marthe dans un tour du monde des religions afin de connaître différents peuples et spiritualités ainsi que rites et croyances, au-delà même des religions principales que tout le monde connait. On s’attache à cet adolescent de quatorze ans et, en plus, de découvrir de page en page les différentes croyances qui sont pratiquées dans notre monde, on prie pour sa guérison, de manière universelle; en passant par toutes les religions vues.

Ce livre éducatif est rédigé sur un fond romancé qui rend l’apprentissage et la découverte de la religion peut être plus simple et plus intéressant. En effet, au fur et à mesure des découvertes de nouvelles croyances et de leur histoire Théo va se découvrir. En plus d’être un livre instructif le lecteur étudie et en apprend davantage sur le passage de l’enfance à l’age adulte, cet entre-deux qu’est l’adolescence, rempli tout autant de questions que de doutes.

Catherine Clément nous permet là un grand voyage, plus intense que la découverte d’un pays en particulier et plus grandiose également. Le ton neutre que tente d’adopter l’auteur lorsqu’elle présente une à une les religions/croyances permet de donner à chacun de ses lecteurs l’occasion de porter un nouveau regard sur la religion – quelle qu’elle soit – ainsi que de pouvoir juger en ayant pris connaissance des fondements de chacune. Ce livre n’a pas pour but de valoriser une religion en particulier ni de défendre les croyants mais de dresser un tableau de ce qui a fondé et fonde encore nos sociétés, le tout à travers les yeux d’un enfant, neutre d’avis (de par l’éducation laïque et ouverte de ses parents et le manque de connaissances à ce sujet).

Bref, voici trois livres selectionnés sur le thème du voyage et de la découverte, pour annoncer l’été qui est souvent synonyme de vacances et donc départ pour un ailleurs, rupture avec le quotidien. La ferme africaine rend compte de l’amour d’un pays et d’une culture, Loin de Chandigarh dresse un portrait moderne de l’Inde et Le voyage de Théo offre un tour panoramique de ce qui unit tout un chacun, à travers un voyage autour du monde qui se veut instructif. Bonne lecture !

À propos de Sunsh

Etudiante à plein-temps, brunch-addict, coureuse des montagnes de l'après-midi, fétarde de la nuit et globetrotteuse continuellement.

Publié le 3 juillet 2011, dans Bouillon De Culture, Lire, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Merci Sunsh, moi qui cherchait comment occuper mes pauses déjeuner =)

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