« La Conquête » de Xavier Durringer

On en parle depuis le début de l’année : le premier film sur un président encore en exercice. La première fiction basée sur des faits sortis en plein mandat présidentiel. Un film sur Nicolas Sarkozy à l’aube d’une nouvelle campagne électorale. Et là, on se partage entre l’envie de  découvrir un portrait incisif et percutant et la crainte de souffrir un film-campagne, le portrait d’un homme, de sa sensibilité, de ses faiblesses et de son humanité.

Les gants de Xavier Durringer sont restés bien blancs après avoir ouvert le capot de cette « Ferrari » qu’est Nicolas Sarkozy. Sorti le 18 mai, le film raconte la période de 2002 à 2007, ou l’histoire d’un Ministre de l’Intérieur en lice pour une conquête du pouvoir face à Jacques Chirac (Bernard Le Coq) et Dominique de Villepin (Samuel Labarthe). Des faits connus de tous sont ici romancés, sous fond d’histoires de couple dégringolant et d’après rivalités. Ce que révèle le film : Rien de neuf. Des raisons du départ de Cécilia (Florence Pernel), aux répliques cinglantes reprises non sans humour, ce sont des faits qui n’ont pas été épargné par la presse ou par les multiples biographies. Difficile, en effet, de créer la surprise autour d’un homme qui a misé sur la « transparence » et le contrôle. Le manque est là : le film reprend une histoire connue de tous en n’apportant que peu de profondeur et sans regard neuf sur les mécanismes de cette campagne.

La Conquête est-elle un atout pour la prochaine campagne de Sarkozy? Peut-être. Même si le film n’épargne pas son côté colérique et nerveux, il fait aussi de lui un fin stratège, un homme touchant : seul au sommet et amoureux blessé. Comme l’explique le sociologue François Frost, « on s’attache toujours un peu à quelqu’un dont on pénètre les pensées »


Malgré les lacunes, l’ambition et l’audace du projet reste à saluer, le cinéma français étant encore très frileux dans ce genre d‘exercice. Le casting, la prise de risques des acteurs et leurs performances est aussi à applaudir. Leurs jeux sont relevés par des changements physiques frappants, et  applaudi pour son mimétisme impeccable (quoique frôlant parfois la caricature des Guignols).

À propos de Rookie

Débutante.

Publié le 21 mai 2011, dans Bouillon De Culture, Ciné, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. greymalkin

    Je suis allée le voir il y a quelques semaines, hyper d’accord avec ton analyse : on apprend rien et c’est confondant de réalité. J’ai DETESTE le personnage de Cécilia, comment on peut pousser si loin l’irrationalité et la victimisation ? c’est l’impression que m’avait déjà laissés les déboires du couple relatés par la presse, et je l’ai retrouvée, intacte !
    J’aurai aimé que le scénario s’attarde plus sur le politique, le rapport avec les « Sarko boys », comment, pourquoi, ils furent choisies, les mécanismes de la campagne pour reprendre ton expression, et moins sur « l’histoire d’amour ». Mais j’imagine que c’était le parti pris du réalisateur, de faire du président un homme amoureux esseulé.

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  2. Ca fait plusieurs mois que j’en entends parler et ton article m’a beaucoup plu, j’ai hâte d’aller me faire mon opinion. 🙂

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  3. Sunsh Holi

    Bon bhé j’ai voté « Excellent », voilà quoi ! Ce n’est pas du tout un film qui me donne envie mais tu as titillé ma curiosité.
    Article très intéressant.

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