Guillaume Labbé boit du lait

Petite gueule d’ange, petites lunettes sages, gros muscles pudiquement cachés sous un polo comme les restes d’un passé sportif entretenu, un air de gendre idéal comme le grand garçon sain qu’il a l’air d’être, on pourrait présenter Guillaume Labbé à notre mère jusqu’à ce qu’il se mette à incarner avec une décontraction désarmante un nazi gay faisant passer à de jeunes éphèbes des entretiens pour des stages en camps de concentration, et plus si affinités.

Vous m’avez bien lu.

Ce qui l’intéresse au point d’en avoir fait un premier one man show prometteur, c’est le quotidien dans l’horreur… et inversement. Adolf a exterminé plus de dix millions de personnes, Joseph plus de quinze millions, Bernard, votre voisin, pique votre journal tous les matins, et Labbé de vous demander : finalement, lequel vous emmerde le plus ? Car si tous les dictateurs n’ont pas la chance d’avoir le IIIe Reich ou l’URSS derrière eux, ils n’en demeurent pas moins des dictateurs qui fréquentent peut-être la même machine à café que vous.

Âmes politiquement correctes s’abstenir, Guillaume Labbé fait pousser des « Ooooooh » faussement indignés à son public après chaque éclat de rire (compter en moyenne toutes les deux phrases), son génie consistant à faire culpabiliser la salle entière de rire de si bon cœur de ses horreurs, parce que « oh, dis donc, quand même, il va loin« . Une sorte d’humour syntolisant, qui fait du bien là où ça fait mal, qui rappelle que l’humanité peut être capable du pire comme du meilleur, sans jamais se forcer ni tromper sa nature profonde. Devant une salle pleine et ravie de se faire torturer, Guillaume Labbé joue avec les pires bassesses, les pires ignominies, nous les faisant passer comme papa dans maman. Car après tout, ne sommes-nous pas tous le despote d’un autre ?

Si vous aimez l’humour anthracite à la Gaspard Proust, si vous aimez que les choses soient dites et bien dites et que vous considérez qu’on peut rire de tout, courez voir ce Ceausescu caché dans le corps d’un boy next door, comme tous ces autocrates du quotidien qui n’ont pas besoin d’exterminer une ethnie pour nous pourrir la vie.

Jusqu’au 22 juin 2011 au
Funambule Montmartre
53 rue des saules, 75018 Paris
M° Lamarck Caulaincourt

Durée : 1h10

Tarif unique : 3 euros

Plan d’accès

À propos de Aime Pi

-  C'est  tout  c'que  vous  trouvez  à  dire  ?                                                                                                                                            -  Ouais.  Allez  vous  faire  foutre.

Publié le 5 mai 2011, dans Bouillon De Culture, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 5 Commentaires.

  1. Ahah comme quoi la moustache c’est pas si flagrant!
    Bon ben j’ai envie de le voir aussi! J’irai peut être avec Marion d’ailleurs. 😀

    J'aime

  2. Ah ben je comprenais pas pourquoi sa moustache en lait avait une forme bizarre, mais après avoir lu l’article je comprends xD

    J’aimerais bien voir ce qu’il fait, j’adore l’humour noir -vivement qu’il soit connu que je le regarde sur Dailymotion (je suppose que ça arrivera plus vite que ma venue à Paris …) !

    J'aime

  3. J’aurais bien aimer y aller. J’aime bien ce genre d’humour, j’aime bien faire « Oooooh »

    J'aime

  4. Raaaah! J’y vais! Ca me donne trop envie de le voir sur scène!! C’est noté! ^^

    J'aime

  1. Pingback: Qui es tu, toi qui nous lis ? « Glory Box

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :