Athènes, le berceau européen

Longtemps oubliée et écartée des grands changements mondiaux au cours des dix-huit derniers siècles, Athènes, et plus largement la Grèce, refont surface, mais peut-être pas dans les meilleures circonstances. Le grand empire qui dominait le monde dans les cinq derniers siècles avant Jésus Christ est bien loin. En effet, la profonde crise que subit la Grèce depuis quelques années n’a du échapper à personne et encore moins à la divinité grecque emblème de la capitale, Athéna, qui descend une nouvelle fois de l’Olympe pour voir de plus près ce qu’est devenu son peuple chéri.

« Des gens dans les rues, criant et brandissant des pancartes de ras-le-bol, voilà mon spectacle du 1er mai. J’avais déjà suivi la vague de révolte qui avait mouvementé le pays durant quelques mois il y a deux ans mais je pensais, comme au cours du VIIème et VIème siècle avant J.C., que la Grèce avait trouvé une nouvelle idée géniale, rapidement calquée à nouveau par plusieurs pays d’Europe comme le fut celle de la démocratie. A en voir mes chers athéniens aujourd’hui, je dois me rendre à l’évidence : l’idée appliquée est loin d’être bonne.

Plongée dans une crise plus importante encore, la ville semble plus fragile et n’être plus que l’ombre d’elle-même depuis quelques années. Même si le doux rêve de revoir un jour cette civilisation – qui permit à d’autres en Europe de se développer – redevenir la puissance qu’elle fut autrefois, je n’aurais jamais pensé voir le jeune peuple athénien se retourner contre les autorités pour crier leur indignation. Le pays n’a jamais été aussi fracturé. Mais même en temps de crise, en temps de changement politique, le peuple a toujours semblé uni, et aujourd’hui, en voyant ces rassemblements, je peux dire que c’est le cas. »

La puissance économique est peut-être loin de celle de la Grèce Antique mais la puissance culturelle et touristique est, depuis une cinquantaine d’années, en plein essor et lui a valu une renommée qui semble éternelle. Athènes a connu de nombreuses conquêtes, guerres et changements de pouvoir en deux millénaires et c’est ce qui en fait l’une des villes les plus touristiques d’Europe. Un dynamisme architectural divers, de nombreux musées pour conserver l’immense collection de fresques, statues et poteries de la Grèce Antique et une conservation presque incroyable de ses édifices l’ont placée parmi les villes les plus riches culturellement. Au départ plutôt petite, elle a vu sa population doubler suite au traité de Lausanne en 1923 qui mit fin à la guerre avec la Turquie.

Athènes s’étale sur huit collines dont les deux plus célèbres (et les plus hautes): l’Acropole et Lycabette. Sur l’Acropole se dresse le célèbre Parthénon dont le toit en marbre fut détruit pendant la guerre par des bombardements. Tas de ruines pour certains, il est aussi l’un des plus beaux vestiges de l’architecture antique et représente toute la technique et le souci du détail et de la géométrie des architectes grecs de l’époque. Aujourd’hui envahi de touristes à l’année, ce site ne perd pas de son charme pour autant. De plus, c’est toujours un lieu de fête : le site accueille chaque année au théâtre d’Atticus un festival de danse, de théâtre et de musique.

Malgré d’innombrables collections de l’art antique, la Grèce est aujourd’hui en quête de son patrimoine culturel et demande aux divers musées du monde entier de lui rendre ce qui lui appartient. En effet, si l’on peut trouver les plus beaux morceaux des fresques qui ornent le Parthénon au British Museum à Londres, si l’on trouve la fameuse Déesse de Milo au Louvres à Paris, quel est alors l’intérêt de se déplacer jusqu’en Grèce? Depuis que les États se sont rendu compte de l’influence du tourisme dans l’économie du pays, ils semblent plus soucieux de leur patrimoine culturel.

Le touriste peut vite se sentir étouffé par la chaleur et oppressé par le nombre de gens dans les rues, ou par l’anarchie architecturale qui caractérisent Athènes. Avec l’arrivée d’immigrants dans les années 1920, la ville a du construire, et ce jusque dans les années 1970, de nombreux immeubles en béton qui masquent sans doute un peu la beauté des autres bâtiments, plus soignés. Comme des champignons, ces bâtiments ont poussé partout où il y avait de la place et rendent l’orientation dans cette capitale plus difficile pour les novices. Si aux premiers abords on se sent perdu et tout petit, on peut compter sur l’hospitalité des Grecs, soucieux de créer autour d’eux une unité et une ambiance chaleureuse.

 

Dans le quartier de Plaka on trouve les plus belles terrasses, mais elles font partie des plus chères de la ville. Le quartier est le refuge de petits musées qui exposent tout genre de choses sur la Grèce antique, ou des galeries d’art contemporain. On se laisse aller au gré des ruelles pour découvrir ce quartier aux bâtisses datant des XVIIIème et XIXème siècles. Autre quartier chic  et regorgeant de musées : Kolonaki et Lycabette, avec notamment le musée Benaki qui retrace toute l’Histoire de la Grèce avec des costumes, toiles et poteries.

Omonia, dont la place du même nom est la plus importante et l’une des plus grandes d’Athènes, est peut-être le lieu qui montre le mieux la crise qui secoue le pays depuis quelques temps. En effet, elle est la jonction entre le monde Européanisé moderne et un autre monde, rappelant celui des Balkans et de l’Asie. D’un côté les quartiers chics et branchés, de l’autre un niveau de vie plus modeste. Ce coin de la ville est pourtant le lieu qui représente le mieux l’identité culturelle du peuple grec.

Athènes, mais plus largement la Grèce entière, regorge de vestiges de l’ancienne civilisation grecque. C’est peut-être ce qui m’a plu le plus dans cette ville et ce pays : marcher au gré de mes envies et tomber nez à nez avec une maison en ruines ou un édifice abandonné et loin de tout touriste. Il y a tant de sites ça et là qu’on a l’impression de n’avoir jamais vraiment quitté le monde antique et d’être encore un peu témoin de la richesse de cette civilisation.

Attention, Athènes est plus qu’une simple ville étape dans votre quête culturelle : elle est moderne et est en voix de se faire une place dans d’autres domaines artistiques tel que le cinéma avec Théo Angélopoulos qui a remporté la palme d’or au festival de Cannes en 1998 avec son film L’Eternité et un Jour.

À propos de Sunsh

Etudiante à plein-temps, brunch-addict, coureuse des montagnes de l'après-midi, fétarde de la nuit et globetrotteuse continuellement.

Publié le 5 mai 2011, dans Day By Day, Les voyages de Sunsh, Voyages, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. C’est sur que question pollution et bruit, la ville bat des records. Dans les petites iles il y Mikonos, Paros, Santorini ou encore Amorgos, en autres.

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  2. Ah, Athènes, la Grèce..! Mon tout premier vrai voyage, j’avais à peine 7 ans quand j’y suis allée et j’en garde un merveilleux souvenir (même si je ne me rappelle malheureusement pas de tout).

    Je me souviens avoir visité pas mal de sites historiques, dont le Parthénon évidemment, je pense qu’il faut le voir en vrai au moins une fois dans sa vie ! Mais j’ai le souvenir aussi d’une ville très polluée et étouffante. Néanmoins, j’ai toujours voulu y retourner, histoire de voir ça de mes yeux de « petite fille qui a bien grandi depuis » ^^ et j’aimerais aussi beaucoup beaucoup visité les petites îles grecques, on en avait visité une mais je ne me souviens plus du tout de laquelle :/.

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  3. J’y pars cet été, je reviendrai lire cet article! 🙂

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  1. Pingback: La Grèce, ses multiples îles et moi. « glorybox

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