United States of Tara, ou comment se sentir un peu moins folle

Tara Gregson pourrait mener une vie paisible dans sa banlieue typiquement  américaine et paumée, elle pourrait faire des hamburgers maison à ses enfants qu’elle glisserait dans des sacs en papier pour le midi, elle pourrait aussi faire comme tout le monde quand on a des soucis, aller voir un psy, pleurer un peu sur le canapé, et s’en aller.

A la place, Tara Gregson a de multiples personnalités. Plus que de multiples personnalités, Tara a de véritables alter égo qui ont une place (voire prennent sa place) dans la famille Gregson.

C’est sa façon à elle d’exorciser ses démons : il y a T., adolescente folle du cul prête à dégainer string et gloss à chaque coin de rue, Alice, horripilant cliché maternel tout droit sorti des années 50, et Buck, le vétéran du Viet Nam alcoolique (pléonasme) et sa tendance à laisser trainer sa langue dans des nids à MST (miam). Si on se limite à ses trois là, c’est déja la merde. Et penser que Tara va s’arrêter là, c’est mal connaitre Diablo Cody.

Si vous ne connaissez pas Diablo Cody, je ne vous parle plus : écrivain et blogueuse mais surtout fantastique scénariste du film Juno pour lequel elle n’a gagné rien de moins qu’un Oscar en 2008, Diablo Cody excelle dans l’art d’intégrer des situations extraordinaires dans une vie tout ce qu’il y a de plus quotidienne.

Ainsi pendant que Buck siffone sa moto à la bière ou que T. se maquille comme un camion volé, il faut bien que quelqu’un s’occupe des enfants de Tara : et c’est Max, le papa, son mari compréhensif-sexy-viril-drole-et-trop-bien, qui prend le relais. Si Marshall et Kate, leurs deux ados, étaient des enfants conciliants, raisonnables et obéissants, vous pensez bien que tout cela serait trop simple : Kate est déja beaucoup trop active sexuellement au gout de sa mère et aime plus que tout faire enrager les gens, Marshall s’habille vintage, est surdoué et explose comme une bombe à retardement à force de prendre sur ses frèles épaules tous les malheurs du monde.

Là vous vous dites : ok, on est au maximum de ce que l’on peut faire en matière de délire et de complications familiales. Eh bien non.

Tara a une soeur, Charmaine. Et… comment vous dire, prenez une personne égoïste. Non non, attendez, prenez une personne TRES égoïste.  Rendez-là suffisamment capricieuse et égocentrique pour qu’elle soupçonne sa soeur de simuler ses alter égo afin d’obtenir toute l’attention. Saupoudrez le tout d’inconstance sexuelle et du fameux tandem complexe d’infériorité / supériorité selon les personnes à qui elle s’adresse. Bravo, vous avez Charmaine.

United States of Tara captive par son ton, résolumment moderne et drole, par sa finesse, par sa psychologie qui tombe à pic et ce malgré les élucubrations de ses personnages, par sa photo et ses décors léchés et authentiques, par son atmosphère cosy qui nous chope et nous fait nous sentir comme à la maison, membre de cette famille à part entière, concernés par leurs problèmes, leurs souffrances, leur folie et leurs éclats de rire, nous laissant pleurant de joie ou de tristesse à la fin de chaque épisode. United States of Tara, au delà du divertissement, nous aide à nous interroger sur nous mêmes, sur les raisons pour lesquelles nous agissons sans réfléchir, presque par réflexe, et nous fait relativiser… Au moins, nous, on est tout seuls dans notre tête !

United States of Tara c’est aussi des acteurs géniaux, à commencer par la fantastique Toni Collette, découverte dans Muriel puis explosant dans Little Miss Sunshine. Toni Collette a cette façon toute particulière de vous toucher quoi qu’elle fasse, qu’elle prépare une salade de beans ou qu’elle arrache un rideau au comble de la crise de nerf pour s’enrouler dedans, et on l’aime pour sa façon d’être belle, d’être vraie, d’être intelligente et fine (je ne suis pas du tout fan). John Corbett la talonne de près puisque, très simplement, il nous donne envie de l’épouser. Cela dit, dans la mesure où il nous donnait déja envie de le manger tout cru dans Sex & the City, cela semble être une habitude chez lui (ah oui, je ne vous avais pas dit, John Corbett incarnait le bel Aidan délaissé par cette bigleuse de Carry Bradshaw…)

Je vois difficilement ce que je pourrais vous dire de plus à part : regardez United States of Tara, c’est la meilleure série du monde, la troisième saison passe en ce moment sur Canal et tout le reste est disponible sur tous les bons sites de téléchargement… Légaux ou non… J’dis ça j’dis rien…

Ah oui, j’oubliais : elle est produite par Steven Spielberg. Vous savez, La liste de Schindler, Jurrassic Park, Indiana Jones, E.T, tout ça… Voilà, lui.

À propos de Aime Pi

-  C'est  tout  c'que  vous  trouvez  à  dire  ?                                                                                                                                            -  Ouais.  Allez  vous  faire  foutre.

Publié le 21 avril 2011, dans Bouillon De Culture, Télé, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 9 Commentaires.

  1. greymalkin

    La saison 3 est BIEN BIEN canon. J’aime de plus en plus les enfants (qui ont un vrai rôle dans la série et sont pas là juste pour les besoins du casting), par contre des claques pour Charmaine. Et il y a un nouveau perso, génial ! J’en dis pas plus pour pas spoiler… Mais à regarder, regarder, regarder. Je peux même pas attendre d’avoir une saison complète et je les regarde au compte gouttes tellement j’aime l’univers de Tara que ton article retranscrit au détail près ! Kudos !

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  2. Je ne connais pas mais ça a l’air bien drôle donc je sens que je vais m’y plonger assez vite!

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  3. MERCI Khiera, grâce à toi je ne m’ennuie plus x)
    Ton article est super bien écrit en plus.

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  4. Oh bah je connaissais pas du tout du tout , j’ai découvert grâce à ton article et je kiffe !!!!
    Merci beaucoup pour cette découverte très sympathique !

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  5. Elle est diffusée en ce moment aux Etats Unis !

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  6. J’aime trop cette série, c’est grâce à toi Khiera que je l’ai connu en + !
    La saison 3 est sortie ou pas ?

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  7. Je crois que je me suis arrêté à la moitié de la saison 2. J’ai vraiment adoré cette série au début mais ça s’est un peu essoufflé. En fait je trouvais que certain personnages pouvait être encore plus délirant (notamment Buck qui pourrait être super hilarant s’il était plus déjanté et pas seulement vulgaire, un peu brutal et obsédé).
    Mais je dois avouer que ton article m’a bien donné envie de me replonger dans la série malgré tout.

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  8. Woh, je ne savais pas que c’était une production Steven Spielberg.
    Ce que tu as dis sur Tony Collette c’est absolument ça ! Elle nous touche, quoi qu’elle fasse et me vraiment rire (j’ai un petite préférence pour T. l’ado).

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  1. Pingback: Les séries de l’automne 2011 « Glory Box

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