La fin d’une émission

viiip

Alors que l’on vient d’apprendre l’arrêt pur et simple de l’émission à forte portée sociale Carrée Viiip, Glory Box entre pour vous dans les coulisses de la fin d’une émission…

Il était une fois…

Une petite stagiaire rentre par hasard dans une grosse boite de production afin de vivre sa première expérience journalistique.

La petite stagiaire intègre la rédaction effervescente d’une émission très critiquée par la presse (et par la petite stagiaire également). Pleine d’à priori, elle pense que la description de son poste sur sa convention de stage sera « chargée de caféine et de photocopie » et qu’elle sera mangée par une rédactrice en chef excédée après une tasse trop remplie. Mais que neni. La petite stagiaire se retrouve à faire du travail d’investigation, du casting, rédige des commentaires, des compte rendus, des fiches pour les animateurs, comme quelqu’un qui serait vraiment payé.

La petite stagiaire se retrouve un jour de tournage dans un grand studio de télévision. Elle n’aime pas l’émission, mais c’est pas grave, les animateurs sont sympas, elle trouve que les intervenants sont un peu bizarres, mais c’est pas grave, l’agitation de cette fourmilière la rend euphorique. Elle fait ce qui lui plait, elle apprécie les gens avec qui elle travaille, et pourra bien péter les plombs deux ou trois fois par semaine et travailler 28h par jour, si cela peut lui permettre de vivre de ce qu’elle aime.

Et la, c’est le drame

L’émission qui donne de l’urticaire à tous les intellectuels de France faisait les beaux jours de la chaine sur laquelle elle était diffusée depuis 5 belles années. Oui mais voila, après le beau temps vient la pluie (oui, on ne dit jamais que ce proverbe marche dans les deux sens). Les télespectateurs sont un peu comme une Paris Hilton en forme : capricieux, exigeants et ingrats. Ainsi, l’émission détestée par les lecteurs de Télérama ne remplie plus sa part du contrat : elle ne réunie plus assez de temps de cerveau humain disponible pour coca cola. Les directeurs de la chaine ne sont pas très contents, et les directeurs de chaine ne sont pas comme une Paris Hilton en forme, mais comme dix Paris Hilton réunies sous cocaine en intraveineuse.

Pendant ce temps, la vie continue dans la rédaction de la grosse boite de production. La petite stagaire aide les journalistes, trouve des histoires, appelle des témoins, et fait des petits dossiers. Les deux tournages qui doivent avoir lieu dans les deux prochaines semaines sont presque prêts, on aura bientot assez d’histoires pour tourner quatre émissions entières (deux par tournage). Et puis le régisseur vient chercher la coordinatrice de la petite stagiaire avec un air grave pour une réunion improvisée. Incompréhension dans la rédaction. La coordinatrice de la petite stagiaire revient quelques minutes après avec le même air encore plus grave que le régisseur : les deux tournages sont annulés.

Bon. On a travaillé pour rien.

Bon. La petite stagiaire va faire un baby foot.

La fin des haricots

Les journalistes de la rédaction ne s’inquiètent pas, elles se disent qu’elles pourront partir en vacances plus tot, et qu’elles reviendront en forme pour la rentrée. Elles se disent bien aussi qu’elles pourraient se retrouver en vacances forcées, mais essaient de ne pas trop y penser. La petite stagiaire continue de faire des baby foot. Elle entend ce que les journalistes pensent tout bas, et écoute aussi des émissions à la radio qui annoncent la fin des haricots. Mais pour l’instant, rien n’est officiel. La petite stagiaire prend son mal en patience. Jusqu’au jour où, après une longue journée de baby foot, la coordinatrice demande aux autres petites stagiaires de partir, puisqu’il n’y a plus de travail. Les petites stagiaires aquiècent, résignées, mais surtout soulagées de ne plus avoir à se faire chier comme des rats morts dans la rédaction. La petite stagiaire elle, est épargnée et ira travailler sur une autre émission de la boite de production.

Ca y est, c’est officiel, l’émission de la grosse boite de production a été condamnée à mort par la chaine de télévision. Les animateurs producteurs convoquent un par un les journalistes en CDD et intermittents, pour leur dire combien ils sont tristes d’avoir à se séparer d’eux. Les journalistes en CDI seront replacés dans la grosse boite de production, ou bénéficieront d’un plan social.

En attendant le jour de leur départ, les journalistes de la rédaction bénéficient d’horaires très confortables, errent dans les couloirs de la grosse boite de production, écoutent de la musique et envoient des CV. La petite stagiaire est un étage au dessus, fait moins de baby foot mais fait toujours semblant de travailler.

Des fois elle travaille vraiment, parce qu’elle a encore un peu peur de se faire manger. La dernière fois elle s’était trompée, c’est pas elle qui s’était faite bouffer, mais l’émission pour laquelle elle travaillait.

À propos de Aime Pi

-  C'est  tout  c'que  vous  trouvez  à  dire  ?                                                                                                                                            -  Ouais.  Allez  vous  faire  foutre.

Publié le 2 avril 2011, dans Bouillon De Culture, Télé, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. vraiment très intéressant même si pour moi cette émission n’avait vraiment aucun intérêt, ce nouveau point de vue apporte vraiment quelque chose… Merci!

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