Archives Mensuelles: janvier 2011

John Cale : l’autre face du Velvet Underground


En 1973, John Cale, l’autre Européen du Velvet Underground (avec Nico), exploite enfin pleinement son potentiel solo. Affranchis du groupe de rock le plus influent de tous les temps par un Lou Reed en pleine crise mégalo, et après quelques balbutiements discographiques prometteurs, le Gallois sort son chef d’œuvre : Paris 1919, album dandy ultime.

Biberonné à l’expérimental contemporain et à la musique répétitive dont il alimentera ses premiers opus, John Cale est un musicien cérébral et novateur, refusant catégoriquement les compromis du rock business, dont il est d’ailleurs peu client, préférant laisser la décadence clinquante à cette grande gueule de Lou. Mais derrière cette façade rigide d’artiste réservé aux élites, on trouve aussi un gigantesque compositeur pop, capable d’allier l’efficacité à la délicatesse et l’élégance à la détresse.


John Cale, Lou Reed et Andy Warhol, à l’époque de la Factory

En 1919, Paris est l’un des plus importants berceaux du surréalisme et du dadaïsme, une capitale où se rencontrent des artistes qui firent date dans l’histoire, peintres ou littéraires. L’endroit de la victoire d’une guerre que l’on remet en cause, l’endroit où l’émulation des esprits enfante des révolutions esthétiques, artistiques et philosophiques, l’endroit où il fallait être si on ne voulait pas passer pour un gros ringard, quoi. Un peu comme le New York des sixties, avec Warhol et sa Factory, le Pop art. Le Velvet Underground.

Berlin, la perdante magnifique, avec son désormais fameux album crade, John Cale se positionne à plusieurs centaines de kilomètres, là où il pleut du Beaujolais. John Cale se place du côté lumineux de la mélancolie, où tout peut être reconstruit, aussi intenses les souffrances ont-elles été. Son Paris 1919 n’est pas seulement sublime, il est l’incarnation ultime du dandysme, dans ce qu’il a de plus étincelant, charmant et attirant. Avec Paris 1919, on virevolte aux quatre coins de l’Europe, du Pays de Galles (Child’s Christmas in Wales) à l’Andalousie (Andalucia) pour échouer en Antartique (Antartica Starts Here). Entre-temps, on a atteint l’extase à chaque étape, même lors du brutal McBeth, blues violent et inattendu qui tranche en son milieu un album d’un calme faussement angélique (voir l’étrangement beau et angoissant The Endless Plain of Fortune). Et bien sûr, qui n’a jamais entendu la merveilleuse chanson titre n’a jamais vraiment écouté de musique de sa vie.

D’autres sommets discographiques jalonneront la carrière de John Cale, que plus personne ne considère comme le second couteau du Velvet. Mais seul Paris 1919 atteint les cimes du merveilleux, la Beauté avec une majuscule. D’ailleurs, l’artiste n’essaiera plus vraiment d’atteindre la perfection cristalline de Paris 1919, puisqu’il se frottera plutôt aux pires recoins de l’âme humaine avec ses opus suivants (Fear, Slow Dazzle, Helen Of Troy, Music for a New Society…) avec une justesse et une intensité plus qu’inquiétante. Car en plus d’être un compositeur de génie, John Cale est un grand malade, un grand taré, à peu près à 7 sur l’échelle Phil Spector, soit un peu moins que Brian Wilson. Il suffit de voir ses monstrueuses performances hurlées du début des années 80, les pianos qu’il martèle de ses poings furibards, ses mimiques grimaçantes et glaciales…

Le 5 septembre 2010, John Cale montre l’un de ses nombreux visages à la salle Pleyel de Paris, où je suis confortablement installé, tenaillé par l’impatience. Paris 1919 y est joué dans son entièreté, John Cale étant accompagné d’un solide groupe de rock mais surtout de l’Orchestre national d’Île de France, indispensable pour livrer en live l’album culte dans toute sa grandiose ampleur. Deux années auparavant, c’est Lou Reed qui s’essayait à l’exercice dans cette même salle avec son chef d’œuvre Berlin, accompagné d’un impressionnant orchestre symphonique et d’une chorale d’enfants. Concurrence éternelle…

Moins théâtrale et grandiloquente fut la prestation de John Cale. Logique : Paris 1919 ne tient pas sa force de la prétention over the top de Berlin, le « film pour les yeux ». Et c’est d’abord une étrange déception qui culmine lors de la première chanson, Child’s Christmas in Wales : la réinterprétation est ici honnête mais trop modeste, presqu’effacée. On regrette l’absence de chœur du refrain, bien que Cale soit incontestablement un grand chanteur, on se demande d’ailleurs comment sa voix ne put avoir de plus grande place dans la musique du Velvet. Depuis si longtemps déraciné de son pays natal, cet éternel Européen garde encore cet irrésistible accent Gallois qui donne tant de saveur à ses images verbales d’une grande poésie, à mille lieues de la réalité urbaine de Lou Reed.

Paris 1919 live à Amsterdam par John Cale

Hanky Panky Nohow est une courte ballade, mais d’une beauté telle qu’elle apaiserait n’importe quel cœur fatigué. Those planing lakes will surely calm you down… Ce qui contraste avec The Endless Plain of Fortune, chanson calme mais inquiète, dont le pont magistral constitue la pièce maîtresse où les violoncelles se déchainent comme pour s’échapper d’un climat malsain, pour finalement s’évanouir et laisser place à nouveau à un chant troublé.

Andalucia est une des plus belles chansons d’amour jamais écrites. Ce soir, Cale la chante quelques octaves plus bas, ce qui lui fait perdre un poil de son charme délicat. Pour autant, le titre garde toute sa force, sa romance tranquille.

Lorsque débarque la chanson titre, chef d’œuvre parmi les chefs d’œuvres, quelque chose me tracasse : une chanson a été zappée. OUI, zappée ! La question se pose : where the fuck is MacBeth ? Autour, le public ne semble pas percuter, mais moi, je ne suis pas dupe, j’ai bien remarqué. Du coup, lorsque les trombones sévères de Paris 1919 résonnent, mon attention est ailleurs. Where the fuck is MacBeth ? Les touches du clavier de Cale sautillent, soutenues par une envolée de violons majestueux, le refrain illumine la salle Pleyel des plus élégants La la la qu’on ait jamais entendus, le pont, tout en chuchotement de corde et sifflements d’oiseaux, surpasse les Beach Boys et leur Pet Sounds, tout termine en apothéose, mais moi, je suis à peine là, je me demande encore où est MacBeth. Graham Greene traverse le concert avec son ton enjoué et futé, dandy à mort, Half Past France sublime la nostalgie et la mélancolie, Antarctica Starts Here dévoile un paysage froid et désenchanté… Et MacBeth retentit enfin, toutes guitares dehors, batterie furieuse et voix vicieuse d’un Cale qui semble sortir d’un sommeil rêveur et agité pour tirer le public de son doux songe. Debout là-dedans ! Bien sûr, ça déménage, mais pourquoi avoir changé le titre de place ? Si l’explosion MacBeth a sa place au centre de Paris 1919, c’est pour, d’une part, mettre des claques à l’auditeur au moment où il l’attend le moins, et d’autre part pour laisser l’album mourir dans la douceur crépusculaire d’Antarctica ! Mais tout le monde sait ça, enfin ! Non ?

En fait, le placement stratégique de MacBeth à la fin de cette première partie semble avoir été réfléchit pour préparer le public à la suite, plus purement rock’n’roll. Cette deuxième partie est déclenchée par le rock bonhomme de Hello There, première chanson du premier album de Cale, Vintage Violence. La section rock de l’orchestre tient à nouveau le premier rôle, et même John Cale a troqué le clavier pour une guitare folk. La suite sort plutôt du cadre de la salle Pleyel, habituée à la musique classique, puisque guitare électrique, basse et batterie continuent à être à l’honneur. Jusqu’à Amsterdam, toujours tirée du premier album, chanson calme à la tristesse magique qui semble conter la fin d’une relation et trouverait parfaitement sa place au sein de Paris 1919. Do Not Go Gentle Into That Good Night, poème de Dylan Thomas, inspire à Cale une de ses plus brillantes partitions au piano, le public est absolument conquit. Hedda Gabler conclut le show par des prouesses vocales de Cale, qui n’a décidément rien perdu de son organe, à l’opposé d’un Dylan ou d’un… Lou Reed, pardi.

Et pour l’ultime rappel, Cale saisi une guitare électrique avant de retourner au centre de la scène. La salle Pleyel va-t-elle y survivre ? D’autant plus que les accords qui en ressortent sont ceux de l’inénarrable Gun, l’un des brûlots rock les plus impitoyables de Cale, dont les longs solos décharnés et agressifs en ont déjà fait fuir plus d’un. Et le groupe ne fait aucune concession : non seulement ils suivraient leur frontman fou jusque dans le pire des enfers métalliques, mais en plus ils enchaînent sur la reprise des Modern Lovers (groupe punk jadis produit par Cale) Pablo Picasso, titre abrasif et sec comme une trique, où Cale braille que Pablo Picasso n’est pas un asshole. Il manquerait plus que Cale tranche la tête à un poulet sur scène et on se croirait revenus au bon vieux temps.

On regrettera l’absence d’un Fear is a Man’s Best Friend hystérique comme il sait si bien les faire, et ceux même si ce n’est plus de son âge, où celle de la reprise suicidaire de Heartbreak Hotel, ou même un Venus In Fur ou Waiting for the Man de l’époque Velvet… Mais le show avait cette qualité rare d’attaquer un répertoire risqué et peu exploité. En cela, le concert, et c’est dans plusieurs années que je le réaliserai réellement, était parfaitement unique.

Hurts

« Un des groupes les plus étranges de la rentrée : il cite dans la même phrase, et avec une conviction identique, Prince et Joy Division, les Smiths et Michael Jackson. Et c’est bizarrement ce que l’on voit, ce que l’on entend sur scène : un drôle d’accord de paix entre l’euphorie tapageuse des uns et la mélancolie palpable des autres. »

Les Inrocks

Apparaissant sur les ondes avec « Wonderful life », chanson qui, une fois traduite, ne raconte rien de bien intéressant. Une rencontre un homme mal en point qui pense que la vie ne vaut pas le coup et une femme qui le réconforte comme elle peut : « Don’t let go Never give up, it’s such a wonderful life ». Aux premiers abords on se dit : encore un groupe à minettes certes mais qui dit paroles dit également musique et là, dans ce cas présent moi je suis oui ! Lire la suite

GB du mois n°33

La Gloryboxeuse du moment… c’est elle…
Sesilina !

Portrait…
… par Volksgeist


Sesilina, ou la « Maman des GB’s ».  Petit bout de femme adorable, qui a toujours eu une place très particulière dans le forum. Qui n’a jamais été touché par ses mots et sa légendaire douceur ? Elle trouve toujours les mots qu’il faut pour nous donner le sourire ou pour nous attendrir, le juste milieu entre la protection d’une mère et la complicité d’une amie. Elle est souvent présente pour nous conseiller, et nous apporter le réconfort dont on a besoin !
En soi, les mots qui la définissent le mieux sont : douceur et compréhension.

Qu’on se le dise, Sesilina, elle mérite d’être la GB du mois !

1.Qu’est ce qui te fait kiffer ?
Quand je ne peux pas m’arrêter de sourire. Quand mes pieds se font lêcher par la mer chaude d’été. Le soleil, le soir, au coucher. L’honnêteté et  l’intégrité. Les enfants très éveillés. Les bons plats cuisinés. Quand ceux que j’aime tiennent leurs promesses.  Tout ce qui me fait sourire en fait.

2.Qu’est ce qui te rebute ?
Le mensonge et l’irrespect. Les épinards. L’indifférence en général.

3. Ce que tu dis le plus souvent ?
« Pourquoi ? » Disons qu’en ce moment je me pose beaucouuuup de questions. Mais je commence souvent mes phrases par « Non, mais sinon…. » et ça m’énerve. J’essaie de me corriger.

4.Ton mot détesté
De par sa signification : lacheté.
De par sa prononciation : fluide.

5.Ta petite manie ?
Je ferme les portes de placard tout le temps ! J’ai peur d’y enfermer un chat ! Et sinon, j’adore recevoir des cartes postales et les accrocher au mur. Si jamais y’en a qui veulent m’écrire, mon adresse c’est au 146 rue … ^^

6.Ton geste beauté ?
Je mets tous les matin une crème hydratante. Je me maquille seulement les yeux, et en ce moment, c’est l’eye liner qui est mon boyfriend ! Le blush aussi, puisque c’est l’hiver. Et je me démaquille tous les soirs.

7.Ton style vestimentaire ?
Heu… Je crois pas que ce soit un style, mais je m’habille toujours, ou presque très féminine. Depuis peu, j’aime beaucoup faire ressortir ma féminité, je m’habille court souvent (jupe, short), mais avec élégance.
Et j’adore les robes :l:

8.Tes 3 films favoris ?
Fênetre secrête, Donnie Darko et j’ai beaucoup aimé Inception. Mais faut être honnête, j’en adore vraiment beaucoup d’autres !

9.Tes 3 chansons favorites ?
To build a home – The Cinematic Orchestra
Transformation – The cinematic orchestra
Soul meets body – Death cab for cubie
Mais là, c’est juste de la toture ! Des chansons, y’en a un million que j’adore !!! En fait j’en ai environ 15 qui sont ex aequo en tête de liste !

10.Le son, le bruit que tu aimes ?
Le ronronnement d’un chat, la neige qui craque, Chopin.

11.Le son, le bruit que tu détestes ?
Les pleurs de quelqu’un de triste. C’est pas vraiment que je déteste, mais ça me fait toujours beaucoup de mal (bonjour, c’est moi l’empathique !).
Et la fraise du dentiste !

12. Le métier que tu aimerais faire ?
J’aurai voulu être sage-femme. Mais je serais préparatrice en pharmacie, et ça me convient très bien.

13. Le métier que tu n’aimerais pas faire ?
Heu… Tout métier où je serais devant un ordi toute la journée, seule, avec des tas de responsabilités face à un client ou une équipe par exemple (genre concevoir des appareils informatiques, ou gérer un établissement). Je serais trop stressée, me sentirais seule, et complètement inutile !

14. Avec qui te confond-on le plus souvent ?
Ma mère lol ! Non mais sinon (tenez qu’est-ce que je vous disais !) on m’a déjà dit que je faisais penser à Vanessa Paradis (et je veux bien si j’ai mon Johnny Depp) et à Grace de Monaco.
Et bien je vous informe que ce n’est pas vrai.

15. Ton juron, gros mot ou blasphème favori ?
Mon favori est « moule a gauffres » mais je ne le dis jamais ! Je passe bien assez pour une folle comme ça, mais comme je suis amoureuse du Capitaine Haddock, j’avoue, je kiffe ces jurons.
Je dis rarement des jurons, mais quand ça arrive c’est assez soft et classique, du genre « t’es trop con » ou « ça me fait chier putain ! ».

16. Ta plus grande honte ?
Quand je lis celles des filles, je me dis que j’ai eu de la chance ! Jamais eu de grosse honte, à rougir ou à vouloir fuir. J’ai eu honte une fois dans ma vie, mais c’est même pas drôle.
Je fais pas mal de gaffe, mais ça passe toujours assez bien pour que je n’en ai pas honte ! Je touche du bois !!!

17. Ta plus grande fierté ?
D’être ce que je suis et d’être là où je suis arrivée. Quand je regarde derrière moi, je sais que je peux être fière de mon parcours. J’ai pas eu une vie horrible, mais j’ai mangé du pain noir, trop souvent, et je sais que je peux être fière d’être très exactement arrivée à la vie que je mène, et celle que je projette d’avoir, doublée d’avoir la personnalité que j’ai malgré tout.
Même si je reconnais, que c’est pas tous les jours que je pense ça.

18. A ton diner rêvé, qui inviterais-tu ?
Ceux que j’ai aimé, comme je les ai aimé.

19. Si Dieu existe, qu’aimerais-tu, après ta mort, l’entendre te dire ?
Tu as été vraiment aimé. Même par ceux qui n’ont pas su te le montrer.
ET/OU
Oui, oui, tu peux absolument tout espionner, voir, comprendre, tout le monde et toutes les choses du monde.

20. As-tu un blog ? De quoi parle-t-il ?
Oui. Ce sont mes maux.

21. Un dernier petit mot ?
BONNE ANNEE A TOUTES LES GBS !!!!
Merci à ce forum d’exister et d’avoir autant de membres attentionnés, gentils et absolument formidables !

JR – Women are heroes

JR. Des initiales derrière lesquelles se cache un artiste dont on ne sait que peu de chose. Un anonymat travaillé pour servir son travail. De son passé il ne laisse filtrer que son premier contact avec la photographie.  Ou l’histoire d’un premier appareil photo, trouvé dans le métro et dont il se servira pour suivre des graffeurs de Paris, comme un témoin immortalisant cet art éphémère. Par manque de moyens, il offrira aux graffeurs des photocopies noir et blanc de leur grafs. Et parfois, un surplus de photocopies finira par recouvrir des panneaux publicitaires. Avec le temps, du A4 au A0, les formats se sont agrandis. Et affiché sur les murs de Paris, JR signait d’un EXPO 2 RUE ses photos, encadrées à coups de « fat cap », qui signifiait déjà son ambition: amener l’art à la rue.

Portrait of JR. Courtesy Christopher Shay

Pourtant, JR ne se considère ni comme un photographe, ni comme un street-artiste, ni même comme un artiste engagé. Il est simplement un colleur d’affiche. Mais, lorsqu’en 2006 pour son projet Portrait d’une génération, il affiche des photos de jeunes de banlieue dans les quartiers bourgeois de Paris, ou qu’en 2007, avec FACE2FACE, il affiche en grand des visages de palestiniens et d’israéliens de part et d’autre du mur qui sépare les deux peuples, son action artistique a tout de politique. Mais le terme le gène et il préfère le tenir à distance. Dans le fond, son objectif est de ramener l’œil sur des endroits du monde qui ont fait les gros titres et y apporter un regard nouveau, susciter des questionnements et apporter un point de vue moins réducteur que celui des médias globalisants.

Women Are Heroes

C’est d’ailleurs pour cette initiative qu’il sera récompensé par le TED cette année, et c’est dans cette optique que le projet Women Are Heroes est mené.  Amorcé en 2007, le projet avait pour but d’honorer la femme à la fois forte et vulnérable. D’abord en Sierra Leone, au Libéria, au Sud-Soudan et au Kenya, puis au Brésil, au Cambodge et en Inde, Jr dresse sous son 28 millimètre, le portrait de femmes ayant souffert des situations souvent critique de leurs pays.

Mais un projet photo, exposé sans autorisation à Londres, Bruxelles, Paris et Los Angeles, ce n’était pas suffisant. L’envie est née de raconter l’histoire du projet dans un film, Women Are Heroes, sorti le 12 janvier. Il veut ainsi expliquer que son projet artistique est le résultat d’un dialogue constant avec ses « acteurs », qui ont participé à tous le processus artistique. Notamment le collage des affiches. C’est aussi le moyen pour JR, de rendre hommage une nouvelle fois aux femmes. Des femmes qui constamment passent du rire aux larmes, et qui toujours relativise et espère un avenir meilleur pour leurs enfants. Des femmes  dont la force, le courage et la sensibilité font d’elle des piliers constants. C’est un film qui s’épargne tous misérabilisme, pour laisser place à une humanité profonde, qui fait d’elles plus que des femmes. Elle fait d’elle des héroïnes.

Bande Annonce Women Are Heroes

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Liste des salles qui diffusent le film


Je voudrais une barbie pouf s’il vous plait !

Vendredi matin, alors que je déjeunais tranquillement en face de mon chat tout en feuilletant le journal, j’ai assisté au déclin de l’humanité.

Sans rire. Face à moi, entre la nécrologie et les pages société, se tenait une pub pour jouets vendus à un moindre prix en grande surface. « Oui, oui, Pills_, on sait, y’a trop de pubs, ça envoie des messages subliminaux au cerveau, c’est le miroir aux alouettes, on sait tout ça… »

Oui mais non mes jolis brugnons. Face à moi, imprimée sur du papier grisâtre, se tenait une Barbie souriante correspondant tout à fait à l’image que je me fais d’une cagole, version miniature avec bras et jambes articulés. Son petit haut ROSE était assorti à sa jupe ROSE, elle-même assortie à son petit sac à main ROSE en forme de petit chien. Elle était aussi accompagnée de deux chiens à tête énorme, probablement considérés comme trop mignons. Une vulgarité s’échappa de ma bouche tandis que je repensai à mes bonnes vieilles barbies à moi, qui certes, n’étaient pas vraiment bien en chair, mais tout de même, en plus de ressembler à une échappée  de strip club, Barbie a minci. Jusque là me direz-vous, il est possible que je m’emballe pour rien.

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La galette des reines

Le 6 janvier dernier les fans de tradition ont dégusté une galette des rois pour célébrer l’Epiphanie, fête chrétienne célébrant la visite des mages à l’enfant Jésus. Si vous faîtes ça dans les règles, le plus jeune de la tablée doit aller sous la table et désigner tour à tour à qui revient chaque part. Heureusement pour les gourmandes on a coutume de dire que les galettes se dégustent tout au long du mois de janvier ! Loin de la galette traditionnelle, il existe maintenant des dizaines de saveurs différentes (raison de plus pour en manger encore plus en ce début d’année) : chocolat, cassis, pomme, figue, aux noisettes, aux calissons… que l’on trouve partout, même chez les grands pâtissiers! On arrête de baver et on admire l’implication que j’ai mis dans cet article. Oui mesdemoiselles, j’ai sacrifié mon régime pour vous ! Voici la recette que j’ai testée: classique, à la frangipane.


Ingrédients (pour 8 personnes):

Pour la crème d’amandes:

– 2 rouleaux de pâte feuilletée

– 100g de poudre d’amandes

– 100g de sucre

– 50g de beurre mou

– quelques gouttes d’extrait d’amande amère

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Road Trip aux Etats-Unis – épisode 2

From Kansas City, MO to New Orleans, LA – 2011 kmNous nous étions quitté à Kansas City, Missouri où, après une courte nuit chez Shane et ses colocs, j’ai rapidement repris le bus, cette fois ci pour Austin, capitale fédérale du Texas. Le trajet jusqu’à Austin est long, et sera sans doute celui dont je me souviendrais le plus longtemps… Première apparté dont je suis témoin, en montant dans mon premier bus : «what’s your problem hun’ ?» «my problem ? It’s coke mixed with alcohol» «I’ve been down that road ! Lost 10 years of my life», je lève les yeux, il s’agit d’un échange entre une femme blonde, vieille avant l’heure, clairement, qui mâche compulsivement du chewing gum et a du mal à tenir en place et une brune, en short et débardeur, qui laisse voir une quantité impressionnante de cicatrices sur ses membres. Bon. Elles continuent d’échanger pendant le voyage et je ne peux pas m’empêcher d’écouter, après tout j’acquiers un savoir inestimable : quelles sont les régions à éviter quand on veut devenir clean (ma nouvelle voisine de greyhound se rend dans un centre de désintoxication, et en attendant elle est très occupée à compter et recompter de petits sachets de comprimés en se plaignant d’avoir oublié son xanax) Quelques kilomètres plus loin, après l’avoir récupéré, sur les bonnes grâces du chauffeur, elle nous quitte : tripler sa posologie journalière, bizarrement ça n’aide pas à faire la conversation. Mais quelqu’un d’autre s’est mis à converser avec ma voisine de derrière, un homme roux, aux yeux très bleux, qui sourit à tous, emprunte l’ipod d’un des passagers en disant «Metallica! Ca fait 5 ans que j’ai pas écouté de musique!». Il voyage depuis 3 jours, il vient de Seattle, c’est son premier voyage en liberté, il y a 4 jours il vivait encore en prison. BON. #funfact : quand tu sors de prison aux Etats-Unis on te remet 4 choses : une pièce d’identité qui indique que tu es un ex-détenu, 100$ en espèces, 50$ sur une carte de crédit, et un ticket de bus greyhound, pour où tu veux dans le pays. Wichita donc. Définitivement «couleur locale», ce voyage est aussi vraiment trop dur pour mes nerfs de française gâtée, bien entourée à domicile, j’ai l’impression d’être une hypocrite total : je vais d’un point A à B en bus, mais ces personnes là, autour de moi, n’ont même pas les moyens (et, aux Etats-Unis, ça dit beaucoup) d’avoir une voiture ou de prendre un ticket d’avion. Je suis encore en colère et triste quand j’arrive à Austin à 6h du matin le jour suivant, pour un week end «plus américain tu meurs».

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Théâtre : Mes Chers Amis

Affiche : Nicolas Vilet

Stanislas annonce à ses deux meilleurs amis et à son épouse qu’il a gagné une fortune au loto, mais qu’il ne veut pas percevoir ses gains. Après le premier moment de  stupeur, chacun d’eux va tenter de manœuvrer les trois autres pour tirer profit de la situation.

Tous les coups seront permis…

Voici le pitch de la prochaine comédie qui se jouera à partir du 13 janvier à la Comédie Bastille à Paris. Et c’est dans un style extrêmement piquant que Guillaume Labbe et Inan Çiçek ont décidé de traiter ce délicat sujet qu’est l’argent, comme révélateur de personnalité : peut-on vraiment connaître les personnes qui nous entourent ? Est-il vraiment possible de s’extraire de sa condition sociale ? Une famille de coeur vaut-elle une famille de sang ? Autant de questions auxquelles le héros Stanislas trouvera des réponses grâce à son incroyable annonce !

Tous deux issus de la télé, le tandem Inan et Guillaume signe une première pièce résolument moderne, loin des écueils du boulevard, sans amant dans le placard ni ersatz de Jacques Balutin. Vous allez adorez détester cette galerie de personnages infâmes et complètement fous, interprétés par une brochette d’acteurs aguerris, le tout saupoudré d’un ton politiquement très incorrect qui fait mouche !

GRAND CONCOURS MES CHERS AMIS

Que feriez-vous si votre compagnon refusait 37 millions d’euros gagnés au Loto ?

Répondez à cette question ICI jusqu’au 18 janvier : la réponse la plus originale gagnera deux places pour aller voir Mes Chers Amis !

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