Carnet de voyage: le Monténégro

Avec le froid qui revient et le soleil qui se fait la malle il est normal que la nostalgie des beaux jours soit ressentie par un grand nombre d’entre nous. Pas de panique, un nouveau carnet de voyage arrive ! Cette fois, partez avec moi pour une destination moins lointaine en miles mais surement plus mystérieuse encore au cœur de l’ex-Yougoslavie : le Monténégro.

Cette fois-ci, on laisse la rapidité qu’offre un voyage en avion de côté pour partir en voiture. Oui-oui, en voiture ! Il faut donc pour cela étudier convenablement les cartes routières pour prendre le chemin le plus court et réserver l’hôtel une fois nos haltes nocturnes définies. Vivant dans le sud et seulement à quelques heures de la frontière France-Italie (quatre heures environ) un seul arrêt fut nécessaire pour rejoindre Ancona, ville portuaire qui nous ouvrait les portes de la mer adriatique et donc sur l’ancienne côte Yougoslave. C’est donc après une halte à Alessandria (que je ne recommande pas, c’est une ville industrielle et d’affaires comme certaines chez nous et il n’y a rien à visiter en particulier à part le centre qui se résume en deux grandes rues) que nous arrivons à Ancona pour prendre le bateau direction le Monténégro. Contrairement à d’autres pays où le tourisme maritime est très développé et donc plusieurs compagnies offrent leurs services, pour aller au Monténégro il n’y a qu’une seule compagnie et deux bateaux en circulation. Il ne faut pas oublier que c’est un pays indépendant depuis vingt-deux ans et qui a commence tout juste à s’ouvrir au reste du monde. La traversée fut assez laborieuse et mouvementée : le bateau bougeait pas mal ce qui m’empêcha de profiter de ma couchette en cabine. Je passais donc ma nuit dans la salle de repos, tout en haut du bateau, collée au hublot pour surveiller que l’eau était toujours bien sous le bateau et non l’inverse.

Le lendemain matin, après une nuit agitée c’est au port de Bar que nous ouvrons les yeux. Le ciel est gris et ce sont d’immenses montagnes noires qui nous font face. La sortie de la voiture du bateau fut vraiment une expédition : un agent de circulation dictait des ordres avec son sifflet à un rythme très rapide, des voitures dans tous les sens qui récupèrent les passagers ci et là, des hôtesses qui passent entre les files de voitures qui attendent de passer la douane toquent aux portes pour demander du cash pour la taxe de séjour… Le bateau étant majoritairement peuplé d’Albanais, d’Italiens d’origine slave et de Monténégrins ça tchate dans des langues bien différentes du français ; ça dépayse vite et cela rappelle l’excitation que l’on ressent en arrivant dans un nouveau pays ! La douane passée, direction notre première maison à plus de quelques dizaine de kilomètres (je dis plus car les conditions routières sont bien différents de chez nous : nos nationales sont leurs autoroutes, nos routes départementales leurs routes nationales et nos routes secondaires sont des sentiers de pierre) il nous aura donc fallut près de sept heures de routes pour parcourir la petite distance. Nous avons pu admirer la diversité des paysages comme celle que l’on peut observer en France : en passant près du Skadarsko jezero (un lac immense qui s’étale jusqu’en Albanie !) des paysages comparables aux rizières en Chine ou des espaces montagneux tels que ceux observés dans les Alpes en passant par les villages semblables à ceux de la région des Cinq terres en Italie… Après des longues heures de route la baie de Kotor montre le bout de son nez. La découverte de notre maison qui s’étend sur deux étages nous occupe le reste de la soirée. Pour accéder à l’habitation, il est nécessaire de faire le tour de la baie par une route longeant la mer qui est aussi étroite que nos rues à sens unique et pourtant qui sont à double sens ! Heureusement que mon père est un as du volant parce que plus d’une fois il a valu se coller au bord avec l’eau à moins de dix centimètres pour laisser passer une voiture. Il faut savoir que pour eux la politesse est en option et que ce sont des bourrins du volant par moment.

Les premiers jours passent vite dans cette baie qui rappelle l’ambiance BCBG de St Tropez et Monaco. Le soir les filles sortent en tenue de soirée semblable à celles que nous portons pour le nouvel an ou celles que nos Gossip girls préférées portent pour le brunch du dimanche – réflexion faite, les hommes sont habillés comme cela également. En plus d’être habillées avec beaucoup de classe, elles sont souvent des jambes interminables et une très bonne plastique. Et oui, le mélange slave et serbe est proche de la perfection ! Il est bon de noter que c’est dans ce coin là que sont estimés les plus belles femmes et hommes (En Croatie par exemple, le taux de beauté y est bien supérieur à la moyenne mondiale et les autres pays des Balkans sont proches de ce score), donc n’en voulez pas à votre Jules s’il reste parfois bouche-bée devant ses créatures. (Entre nous, elles sont souvent des nez à la Cléopâtre…) Zone la plus riche et la plus touristique du Monténégro les clubs branchés et autres yachts spectaculaires y font partis du décor.

Après quelques jours à Kotor, nous reprenons la voiture pour rejoindre Žabljak (prononcez Jabiac) qui se trouve au cœur de la région Durmitor et est la ville la plus haute de tous les Balkans. Mais avant ça un « petit » détour pour monter au Monastère d’Ostrog qui se trouve en pleine roche et dont la route est bien aussi étroite que celles connues à Kotor. Cependant le vide intimide beaucoup et nous fait presque prier à chaque fois qu’une voiture arrive dans l’autre sens ; d’ailleurs je ne remercierai jamais assez le petit vendeur d’huile sur le bord de la route qui nous a dit d’attendre car un bus arrivait dans l’autre sens. Comment aurait-on fait dans ce cas-là ? Brr, je ne préfère même pas y penser. Après cette escale c’est parti pour  Žabljak. Station touristique de ski, les habitants qui pour la plupart ont investis pour ouvrir un commerce ou des chalets à louer espèrent que la station va prendre de l’ampleur dans les années à venir. Ne pensez pas que cette station est semblable à celles que nous connaissons dans les Alpes ou les Pyrénées, il y a bien seulement trois télésièges et deux téléskis. Dans cette région il est possible de faire également du rafting dans le canyon de la Tara qui est le deuxième plus profond du monde (1300 m de profondeur)  ou bien faire des randonnées par exemple au mont Bobotov Kuk qui offre une vue imprenable sur la région. Plutôt bonne marcheuse j’ai fait son ascension un matin de bonne heure pour ne pas mourir sous la chaleur même à plus de 2 000 mètres d’altitude ; il est indiqué qu’il faut deux heures trente de marche et c’est bien ce que j’ai fait alors que dans les Alpes je mets la moitié du temps indiqué par les guides. Il n’y a pas à dire, ces Monténégrins ont de sacrées jambes ! Un autre site, inscrit au patrimoine de l’UNESCO offre un aperçu de la richesse des paysages au Monténégro : le Lac Noir (on peut même apercevoir de très mignons petits écureuils noirs).

Hop, on redescend un peu en altitude pour rejoindre Kolašin, un autre village de montagne et autre petite station de ski où la température avoisine plus les 35°C en été que les 25°C comme dans le Durmitor. Ici aussi un chalet nous attend (et un super beau garçon il faut le dire !) et un village très sympa : ici aussi le soir rime avec tenue de soirée et hauts talons, la place centrale est faite avec les restes de rails de trains et l’ambiance y est très agréable. Dans un restaurant typique du coin nous découvrons les bases de leur cuisine : aligot, patates, bœuf, tartiflette, pièces de porc, veau et agneau… le tout pour moins de 50 euros à neuf ! « Ce sont des produits qui poussent très bien chez nous et nos élevages donnent de la très bonne viande ! » nous confie le propriétaire. A ce prix-là, le soir suivant on refuse de faire la cuisine et retournons au même restaurant. Dans ce coin aussi, de profonds canyons à découvrir se trouvent et un lac peut-être un peu moins spectaculaire que le Lac Noir du Durmitor offre un bel espace de nature.  Les jours passent trop rapidement à mon goût et le départ pour la Grèce approche.

 

Triste et comblée à la fois c’est ainsi que je quitterai ce pays qui m’a surprise tout au long de mon voyage et émerveillée plus d’une fois. Après une quinzaine de jours au pays des Montagnes noires nous nous apprêtons à reprendre la voiture pour traverser cette fois-ci l’Albanie mais ça, c’est une autre histoire…

(photos récupérées un peu partout : je pense surtout à http://www.flickr.com/photos/8177104@N02/489611701, en plus de mes photos personnelles)

À propos de Sunsh

Etudiante à plein-temps, brunch-addict, coureuse des montagnes de l'après-midi, fétarde de la nuit et globetrotteuse continuellement.

Publié le 18 octobre 2010, dans Day By Day, Les voyages de Sunsh, Voyages, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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