Aung San Suu Kyi

Maintes et maintes fois récompensée pour son combat pour la paix, Aung San Suu Kye est une femme qui fait depuis des années le sacrifice de sa vie pour pouvoir  instaurer et conserver la paix dans son pays, la Birmanie.

Aujourd’hui, la Birmanie, est sous un régime autoritaire, dirigé par une junte armée aux pratiques controversées. Là-bas, le respect de la liberté de la presse et des droit de l’homme n’a rien d’exemplaire, les pouvoirs judiciaires et exécutifs s’entremêlent,  ont applique encore le châtiment des travaux forcés, et l’opposition dont Aung San Suu Ki est le leader, subi une très forte répression. Même si la situation n’a pas toujours été idéale, elle n’a pas toujours atteint de telles extrémités. Le 4 janvier 1948, la Birmanie acquiert son indépendance auprès du Royaume-Uni, ainsi que son nom : Birman en anglais et Myanmar en birman. L’un des symboles et des artisans de cette indépendance est le général Aung San, président du Mouvement Antifasciste, au courant communiste et soutien des Alliés de la Seconde Guerre. Il sera assassiné par ses rivaux le 19 juillet 1947.

Le Général Aung San, Daw Khin Kyi, Aung San Suu Kyi et ses deux frères.

Il laisse derrière lui une fratrie de trois enfants. Sa fille Aung San Suu Kye, n’a alors que 2 ans. Quant à sa mère,  Daw Khin Kyi, elle décide de s’engager dans les milieux sociaux et publics. Bénéficiant du rayonnement symbolique de son mari, et grâce à ses actions, elle jouit très vite d’une certaine importance dans le paysage politique birman. Et dans les années 60 elle est nommée ambassadrice de la Birmanie en Inde.

Pendant ce temps, Suu Kye grandit, étudie. D’abord en Birmanie, puis en Inde où elle rejoint sa mère. Elle part ensuite aux Royaume-Uni  suivre un cursus de  philosophie, politique et économie à St High’s College à Oxford de 1964 à 1967 et termine ses études par un doctorat à la School of Oriental and African Studies. A 24 ans, elle poursuit d’autres études à New-York et obtient dans le même temps un poste de secrétaire-assistante au Comité des Questions Administrative et Economique aux Nations Unies.  A Oxford, elle rencontre Michael Aris, étudiant en civilisation tibétaine. Ils se marient et ont deux enfants : Alexander et Kim nés respectivement en 1973 et 1977. La vie d’Aung San Suu Kye est alors rythmée par les vols entre le Royaume-Uni et le Bhoutan, pays où vit son mari, qui réalise une étude sur l’Himalaya et le Tibet.

Michael Aris et Aung San Suu Kyi

En 1988, Aung San Suu Kyi retourne en Birmanie seule, pour s’occuper de sa mère mourante. La même année, un mouvement populaire est lancé par des étudiants, dans l’espoir d’acquérir plus de démocratie. Des manifestations éclatent dans tous le pays, et le général  Ne Win, leader socialiste au pouvoir, fait appel à l’armée pour réprimer ces manifestations. Mais très vite, la junte militaire prend le pouvoir.

Face à une répression aussi violente et à un régime autoritaire, les convictions non-violente de Suu Kyi, influencée par Mahatma Gandhi, ainsi que les principes démocratiques qu’elle retient de ses expériences en Occident, et l’aura de son père, véritable symbole d’espoir, la font entrer en politique. Après un appel à la Démocratie  à la Pagode Shwedagon, elle participe à la création de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) en septembre et devient plus tard Présidente de ce partie.

C’est le début d’un combat pour la Démocratie. En 1990, la junte militaire organise, sous la pression de la population et pour asseoir son pouvoir, une élection générale. Mais rien ne se passe comme prévu, et le LND, Suu Kyi à sa tête, est largement plébiscité (le parti récolte près de 80% des voix). Pourtant, la junte militaire renie le scrutin et refuse à Suu Kyi le poste de Premier Ministre. Pire encore, elle est condamnée à une assignation en résidence, et ce sans procès, la junte militaire profitant d’un état de loi martiale.

La communauté internationale s’insurge et soutient Suu Kyi. En 1990, elle reçoit le prix Sakharov, pour sa Liberté de Pensée et en 1991, elle obtient un prix Nobel de la Paix qui s’élève  à 1,3 million de dollar qu’elle utilisera pour mettre en place un système de santé et d’éducation pour le peuple Birman.

Elle est ensuite libéré en juillet 1995, mais la pression de la junte armé sur un personnage devenu un symbole ne s’arrête pas pour autant : Aung San Suu Kyi qui vit seule à Rangoon, capitale birmane, est mise face à un dilemme de taille : sa famille ou son combat. En effet elle doit choisir entre s’exiler pour rejoindre son mari alors atteint d’un cancer de la prostate, deux enfants qui grandissent sans elle et à qui le gouvernement s’évertue à ne pas fournir de visa pour intégrer la Birmanie, ou continuer à mener son combat pour la Démocratie et la non-violence en Birmanie. Et elle a fait son choix, et le maintient depuis maintenant 19 ans.

Entre temps son mari décède sans qu’elle ne puisse le revoir, son assignation à résidence est sans cesse renouvelée et la moindre occasion est bonne pour la justifier. Dernière en date : un américain pénètre dans la résidence d’Aung San Suu Kyi à la nage. Il prétend avoir essayé de lui sauver la vie après avoir rêvé qu’on tentait de l’assassiner…  Une aubaine pour la junte qui prolonge son assignation à résidence et l’écarte ainsi des élections prévue en 2010.

Mais  la Dame de Rangoon n’est pas seule : elle bénéficie du soutient de la communauté internationale qui tente de faire pression sur le gouvernement Birman et de nombreuses manifestations sont organisées en l’honneur de la cause qu’elle défend. La population aussi la soutient, mais sous un régime de terreur et de violence, la peur est le plus grand rempart qui les sépare de plus de liberté.

« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… » Aung San Suu Kyi, dans son discours Freedom from Fear (1990)

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Débutante.

Publié le 23 mai 2010, dans Bouillon De Culture, Monidole. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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