Pourquoi les jeux de société sont respectables

L’homme de l’année 2009 était le geek. De Big Bang Theory, le remake de Star Trek, des Wayfarer en lunettes de vue, en passant par les Keynotes d’Apple qui sont devenus de tels événements mondiaux que les quotidiens n’hésitent plus à consacrer des paragraphes au moindre mouvement de sourcil de Steve Jobs, le geek occupait une place de choix cette année dans les médias et la culture. Mais pas n’importe quel geek : le geek bien sappé, stylé, devenu boyfriend material depuis sa traversée du désert en 1983.

Quelles sont les activités du geek en dehors d’heures perdues sur xkcd et 4chan à la recherche de «meme» et autres moments de lol bien gras, lui qui aime le divertissement, mais aussi se servir de sa tête ? Il joue bien sûr. Mais comme on parle du geek évolué, le geek 4.0 qui a développé des -sinon des talents, au moins des compétences en matières de relation sociale, il a laissé tombé son écran et son perso de World Of Warcraft et réunit ses amis geek pour jouer au truc que vous croyez encore ringard, jusqu’à ce que Glory box vous persuade du contraire… les jeux de société.

Oui oui, cette pratique auquel vous adoriez vous adonner entre 24 mois et 8 ans et demi, jusqu’à ce que vous découvriez que papoter avec les copines c’est plus marrant. Mais, comme le dit la désormais célèbre maxime, les jeux c’est pourtant du plaisir de 7 à 77 ans. J’ai toujours aimé cette distinction arbitraire : attention hein! au premier jour de ta 79ème année c’est juste interdit de jouer aux jeux de société ! Il te reste plein d’activité de vrai papy comme regarder tes timbres par contre. Parce qu’au contraire, ce serait aller vite en besogne que d’assumer que tous les jeux de société sont au mieux chiants, au pire nuls.

Chronique quotidienne du joueur de société mondain

Mal avisé celui qui réduit ce type de jeu au Monopoly ou à la belote ! Je ne vous mentionnerai pas les bienfaits du Scrabble car il en va du Scrabble comme d’autres relations humaines éminemment populaires et hautes en couleur : tout est question de partenaire. Une sorte d’intimité se crée, de routine, et on finit par se disputer comme un vieux couple. Scène type :
– c’est ton tour là.
rmm.. je sais.
ok.
..
donc tu vas jouer?
ouais mais de toutes façons ça tombe toujours sur moi, là je fais quoi comme mot avec X, Q, W, F et A ?
…. plus tard dans la même partie
c’est pas un mot
mais si c’est un mot ! ‘tin tu connais rien, t’as pas de vocabulaire ou quoi ? *se rue furieusement sur le dictionnaire* tu vois là *cache soigneusement de son pouce la définition indiquée.
….
on a toujours pas le droit aux mots anglais?
….
NAN! AH NAN! Tu vas pas encore piquer le mot compte triple pour placer une fois de plus «yuan-monnaie-chinoise», j’ai «kératose» qui attends là!

Non. Vraiment, on s’ennuie pas. Tout est question d’alchimie : si la recherche de votre âme soeur, unique, rare, qui vous comprendra mieux que personne vous passionne et occupe tout votre temps libre, je ne saurais que trop vous recommander de changer votre fusil d’épaule et opter pour la quête du partenaire de Scrabble : nettement plus ardue, longue et délicate, il y a de quoi en updater des statuts facebook là dessus ! «Encore déçue… il croyait que «pawned» était un mot».

Elfes, sorcières, et orgues en options.

Reconnaissons le : on part trop peu à la bataille. On ne va définitivement pas assez souvent chasser le bison. Que reste t-il dans nos vies de périlleux, de grand, de noble ? Jouer des coudes dans le RER, se rendre au Carrefour pour acheter de la viande en promotion, tout ça c’est bien mais l’homme est un être de puissance, qui a besoin d’exercer ses talents de stratège, sa cruauté, sa sournoiserie et son sens du défi. Tout de suite, tenter de gagner une partie de Trivial Pursuit contre l’imbattable Lucie, ça anime le quotidien. Un petit, tout petit Alexandre demeure en chacun de nous. Mais pour autant,  les jeux de rôle et autres fantasmagories ne sont pas un passage obligé…

Je vous apprendrais sans doute de cette manière qu’il existe des jeux de cartes dont le but est de récolter le plus de têtes nobles ou religieuses possibles (l’hérétique, le cardinal, la comtesse et Louis XVI compris) au moyen de cartes délicatement intitulé «effusion de sang», «vaine prière» et autres «à la brouette», un autre où le but est d’accumuler un maximum de points «glandouille», en achetant d’indispensables «piles de cds usées», en lançant les dés pour voir si votre coup d’un soir s’est (ou pas) passé et, éventuellement en emmerdant ses «colocs» (partenaire de jeux) grâce aux très pertinentes cartes : «soirée télé», «camion poubelle» etc… Enfin, pour les plus paranos d’entre nous, on peut jouer à Illuminati, un jeu où, tout simplement, il s’agit de contrôler le monde : des associations de parents d’élèves au complot international communiste, en oubliant pas bien sûr, les lobbys républicains, le gang des photocopieurs ou la poste. Vous ne le saviez pas, mais un monde parallèle existe, où des gens sont capables de se réunir le dimanche religieusement mais pour faire autre chose que comater devant une rediffusion de déco et s’affrontent des heures durant dans la plus grande apprêté. Et même pas besoin d’avoir lu (et aimé) Le Seigneur des Anneaux pour participer.

Saturday night fever

Car tout le propos des jeux de société est bien sûr de jouer en commun. Ils rapprochent les générations dit-on. Si jamais la dernière chose que vous avez envie de faire avec vos parents, c’est passer plus de 20’ avec eux, c’est pas grave, il n’y a pas prescriptions, on peut – aussi, se contenter de ses amis. Organiser une soirée «jeu de société», ça permet de sortir des sentiers battus de la soirée cinéma – murge – trash tv, et le faire en cultivant ses méninges (et originalité) : il est presque certain tout le monde passera une bonne soirée. Mais bien sûr, rien n’empêche de faire des soirées hybrides, ce serait même plutôt encouragé si jamais vous avez l’ambition de jouer à certains jeux où après que vous ayez perdu votre honneur, votre sens du ridicule et votre crédibilité, il faudra mieux compter sur un taux d’alcoolémie très très élevé chez vos comparses pour pouvoir (re)sortir de chez vous un jour. Qui n’a pas imité devant public : Dora (pour les garçons), Sebastien Chabal (pour les filles) ou Bob L’Eponge (pour tout le monde) ne peut comprendre.

Dès la première grosse pluie, on a tous envie de rester chez soi emmitouflé et retrouver l’animal de confort qui demeure en nous, mais histoire d’animer un peu les longues soirées hivernales, pourquoi ne pas renouveler vos passe temps et vous procurer quelques jeux ?

PS : articles sponsorisé par -liste non exhaustive : Times Up, Caylus, Scrabble, Illuminati, Les Colocs, Guillotine, Race for the Galaxy, Citadelles, Cranium… 🙂

Publié le 19 novembre 2009, dans Day By Day, Société, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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