Graphic Novels – La Bd aux frontières du roman

Le meilleur moment pour faire le plein de lecture, à part l’hiver avec un chocolat chaud fumant, c’est bien sûr l’été, lorsque les aprèm sont longues. Quoi de mieux que s’affaler sur un lit, une plage ou un hamac, une grosse pile de livres d’un côté, un smoothie framboise / lait d’amande de l’autre ? On en profiterait pour découvrir de nouveaux auteurs et pourquoi pas les «graphic novels», ces ouvrages grâce auxquels la Bande-Dessinée s’est offerte une respectabilité culturelle, au point d’inspirer les scénarii de plusieurs films cultes de ces dernières années…

La graphic novel en situation… D’une bd indépendante aux studios hollywoodiens.

Qui vous fait croire que le monde de la bande dessinée n’est qu’un sous genre littéraire, pauvre de surcroît, vous ment de manière éhontée. A côté des célèbres comics – de super héros aux pouvoirs fantastiques ou de chats paresseux, des bandes dessinés d’enfants ou des manga se trouve tout un genre encore relativement méconnu en France, celui des «Graphic Novels», ou «roman graphique», quoique l’expression ne soit pas tellement adoptée. Les «graphics novels» ne sont pas de «simples bande dessinées» mais de vrais récits, dont la complexité pourrait s’apparenter à celle des romans. Pourtant, les premiers à défendre l’appartenance des Graphic Novels au vulgum pecus de la B.D. sont les auteurs de graphic novels eux même. Alan Moore par exemple (le papa des Watchmen, V for Vendetta…) critique le terme qu’il réduit à une expression de marketing, quant à Daniel Raeburn, il considère que le terme «graphic novel» est à «comic book» ce que «technicien de surface» est à «femme de ménage» : au moins c’est clair, c’est pas parce qu’une B.D. a un début et une fin  une trame narrative, qu’elle doit s’émanciper du genre underground des comics indépendants.

Si l’on se dispute pour établir quel fut le tout premier format de Graphic Novels, le petit monde de la bd semble s’entendre pour dire qu’en tout état de choses, les premiers ouvrages revendiquant l’appellation datent de la fin des années 70. C’est Art Spiegelmann, avec sa b.d. Maus, qui retrace l’histoire de sa captivité en camp de concentration, récompensé par un prix Pullitzer en 1986, qui fait connaître le terme au grand public et à la critique littéraire, redorant du même coup le blason de la bande dessinée. Mais à l’origine, les Graphic Novels sont plutôt l’oeuvre de graphistes aussi déglingués et géniaux qu’underground, dans la lignée de Robert Crumb. On vend ces comic books d’un genre nouveau à quelques exemplaires dans de petites librairies à San Francisco jusqu’à ce que, rencontrant l’assentiment des lecteurs de bande dessinée habituels, mais aussi des journalistes, les Graphic Novels s’écoulent tels des best sellers, un tas de récompenses se créant d’ailleurs pour saluer les meilleurs efforts du genre…

Si les «graphic novels» semblent être caractérisé par une narrativité semblable à celle d’un roman, un format qui dépasse les réglementaires 45 pages des comics, et un graphisme relativement étudié, finalement, à en croire les commentaires des principaux intéressés -les auteurs, on reconnaît essentiellement la graphic novel au regard que pose la critique littéraire sur l’objet en question… Contrairement à la BD : la graphic novel est socialement et culturellement acceptable.

Peut-on réduire le monde des graphic novels à celui d’une B.D. plus prétentieuse que la moyenne, qui se passerait de super héros ? Que nenni, le géant Marvel DC est d’ailleurs parmi les premiers à adopter le format. Ce qu’il faudrait peut-être retenir, dans une tentative de caractériser ce pan hétéroclite de la bande dessinée (il y a des graphic novels autobiographiques, des fictives, des fantastiques…), c’est que la richesse des récits qui y sont mis en page et la créativité des graphismes – de Robert Crumb à Daniel Clowes, rend le genre très cinégique : on ne compte plus les ouvrages du genre passant au grand écran par le truchement des plus grosses maisons de production d’Hollywood : Ghost World, From Hell, Batman Begins, Sin City ou Watchmen pour ne citer qu’eux! Tous étaient, à l’origine, des bandes dessinées. Ou des graphic novels. Suivant votre camp.

Une sélection d’indispensables :

Temoignage historique, récit farfelu, ou super héros culte, ces différents ouvrages furent ou seront adaptés au cinéma, voici une petite sélection de bandes dessinées sont devenues aussi incontournables que n’importe quel roman classique.

 

Persepolis : le récit autobiographique de Marjane Satrapi est malheureusement plus que jamais d’actualité, en 4 tomes, Marjane raconte sa vie de jeune Iranienne, née en 1971 et qui doit vivre son enfance et adolescence en pleine Révolution Islamique.

Les bds de Frank Miller, Sin city, The Dark Knight : D’abord dessinateur chez Marvel et Dc Comics, Frank Miller n’a jamais tout à fait décroché des super héros, du fantastique et du polar, mais s’affranchit des codes du genre en créant son propre Batman (c’est à lui qu’on doit le Batman de Nolan, torturé et jusqu’au boutiste) et en renouvelant totalement Daredevil. Jackpot lorsqu’on lui propose de porter à l’écran Sin City ainsi que 300, qui sortiront tous deux en 2005. Avec plusieurs projets de ciné sous le bras, Frank Miller ne perd pas pour autant de vue la BD et lance une nouvelle série relatant la formation de Robin par Batman !

Ghost world, de Daniel Clowes, devenu un teen movie culte (et enfin intelligent), révélant au passage une Scarlett gravement adolescente. Ghost World est à l’origine une bd des 90‘s qui retrace avec l’objectivité du scientifique une histoire d’amitié qui s’effrite, une fois le lycée terminé. Familier mais cynique et mordant à souhait, Ghost World est à raison devenu une délicieuse référence en matière de comédie noire.

Black Hole de Charles Burns : enfin publié en France de manière intégrale en 2006, Black Hole a été largement récompensé et serait confié au réalisateur de Se7en, Fight Club, David Fincher. Charles Burns comptait rendre hommage aux films d’horreur des 70’s avec son intrigue rapportant comment un groupe d’adolescents de Seattle contracta une étrange MST à Seattle…

Un genre particulier, l’autobiographie :

Si un thème se distingue dans le récent milieu des graphic novels, c’est celui de l’autobiographie. Parce que la bande dessinée fait appel au dessin et donc s’avère être un format idéal pour restituer souvenirs et décors, et parce que son format long peut confiner à l’intime, l’autobiographie est rapidement devenue un genre de prédilections chez les graphistes.

Fun Home : Alison Bechdel revient sur sa vie familiale, en concentrant ses souvenirs sur la relation complexe qu’elle entretenait avec son père, mais rapporte aussi son expérience vis à vis de sujets sulfureux comme l’orientation sexuelle, la question de la construction du genre ou du suicide. Vraie autobiographie, à teneur psychanalytique garantie, et gros boulot sur le dessin (il a fallu sept ans à Alison Bechdel  pour illustrer son récit), Fun Home est un incontournable !

365 days : Pendant un an, de 2002 à 2003, Julie Doucet a écrit un journal illustré relatant son quotidien, son dessin grunge mais habité – elle n’utilise que de l’encre noire, rappelle celui de Crumb, et son style très intime a rapidement rendue les ouvrages de Julie Doucet cultes. Mais depuis, l’auteur canadienne a malheureusement décidé d’arrêter les comics… Nul doute que ses bande dessinées n’en deviendront que plus indispensables.

Blankets : Roman d’apprentissage de Craig Thompson qui relate son adolescence, son premier amour et son éveil sexuel, Blankets est en fait né du désir de l’auteur d’écrire une bande dessiné à propos de cette expérience métaphysique : dormir pour la première fois aux côtés de quelqu’un.

American Splendor : De 1976 à 2008, Harvey Pekar a publié des tranches de sa vie mises en bande dessinée ; la particularité de ce comic, mis à part son rythme de publication irrégulier, et sa très longue durée d’existence, c’est qu’au scénario on retrouve toujours Harvey Pekar, par contre, au crayon, les illustrateurs se succèdent, Harvey Pekar prend donc naissance à chaque fois sous des traits différents grâce à Eddie Campbell, Chester Brown, ou Alison Bechdel… Adapté en film en 2003, American Splendor est le récit autobiographie d’Harvey, qui n’a rien pour lui à la base, il s’agit d’un Mr Moyen, indécrotablement grogon et pourtant incroyablement touchant!

Publié le 20 juillet 2009, dans Lire, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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