Pourquoi les filles aussi doivent partir en vacances à l’arrache ?

Ce mois-ci n’échappe pas à la règle et à nouveau chères glory-boxeuses nous nous retrouvons pour analyser un épiphénomène de société, au programme bien sûr : les vacances, véritable sport national. Faut-il partir en vacances ? Oui. Faut-il partir en vacances à l’aventure : OUI.

L’heure est grave. Nous sommes en 2009 et les rumeurs vont bon train : les filles seraient devenues de petites choses fragiles en comparaison à leurs congénères masculins, impossible pour elles d’envisager s’exiler dans un endroit où la température de l’eau n’atteint pas un réglementaire 36°C, où l’on ne peut pas se faire de manucure, où, comble de régression et de trivialité, il faudrait marcher en baskets pour accéder à n’importe quelle trace de civilisation. Certains combats sont de la plus urgente des nécessités, et, parmi eux, réhabiliter la fille qui part en vacances sac aux dos, car nous aussi les filles on sait partir en vacances à l’arrache.

Identifier son ennemi

Tout commence avec cette princesse qui faisait la maligne parce qu’après avoir rembourré sa couche ad nauseam, elle était soit disant toujours capable de sentir à travers pléthores de matelas tous plus moelleux les uns que les autres la présence d’un humble petit pois. De là, la route est toute tracée : délicatesse, charme, caprices ou mystifications, on a su affubler les représentantes de la gent féminine de tous les qualificatifs les plus heureux. S’il n’y a certainement aucun mal à se faire chouchouter de temps en temps, il faut tout de même reconnaître qu’à un moment, le trip drama queen de la fille qui craint de se casser un ongle en ouvrant la porte du métro, c’est un tout petit peu relou, parce qu’à force de penser à son vernis, elle loupe quelque peu tout ce qu’il y a de beau à voir dans le monde. Cette fille là n’est pas passionnante. La fille qui se lave pas les cheveux, sait reconnaître les arbres, sait différencier les insectes sans pousser des cries d’orfraies et ne jure que par le camping sauvage l’est elle plus ? C’est à démontrer, mais au moins, les associations de défense de hippies et mouvements de vie alternatifs : elle s’amuse davantage.

Heather Menicucci, l’auteur de Let’s Get Primitive, guide de camping à l’usage de la fille des villes a tout compris.

Le nouveau zen.

Pour décompresser et quitter les hautes sphères du lycée, de la fac, de votre vie sociale que vous bichonnez à raison toute l’année, rien ne vaut un bon festival de rock aussi boueux que possible. S’hydrater à la bière, porter le même short pendant 4 jours, dormir dans une tente de fortune, abandonner l’idée de se doucher au bout du deuxième, et surtout, utiliser les toilettes publiques. (On a quand même le droit de partir à la recherche des moins crades). Garanti, si vous survivez à l’expérience, vous n’aurez plus rien de la brat pourrie gâtée : vous apprécierez même les choses les plus simples : un toit sur votre tête, de l’eau courante, vous sustenter à l’aide de couverts… Mais surtout, vous aurez eu l’occasion de déconnecter avec votre vie habituelle. Bref quand il en va de s’aérer la tête post-exams : Rock Festival 1 – Feng Shui 0.

ATTENTION : Pas la peine d’être aussi premier degré qu’Eva Longoria dans l’exercice en participant à Fort Boyard.

 

Comment rompre avec son coach en épanouissement personnel en 1 étape?

Un point commun entre Nicole Kidman, Paris Hilton, Arlette Chabot et Laurence Parisot? Ca paraît difficile à croire mais il existe : toutes ces femmes luttent âprement pour préserver leur image de marque. Premièrement, ça coûte cher : transposez au kilo le prix de votre fard à paupières, soudainement le caviar vous paraîtra bon marché, deuxièmement c’est long (au bas mot 15′ de plus par jour pour glander devant tumblr), enfin ça nécessite un talent certain : une connaissance de l’optique digne d’un nobel doublée d’une dextérité sans faille (se maquiller à 6h00 dans la lumière de salle de bains, voire au néon du métro et obtenir résultat optimal à toute heure de la journée ? devrait faire l’objet d’un papier dans Nature).

Qui bouderait alors une petite dispense de ces conventions sociales réglementaires? Pour enfin se réconcilier avec sa tête de réveil, rien ne vaut un petit trip camping à l’arrache, offrez vous un court répit des tenues qu’on porte pour impressionner les copines et succombez à la pire indécence : des fringues confortables. Si vous croyez encore qu’une psychothérapie est la clé pour avoir confiance en soi, c’est que vous n’êtes jamais partie en voyage à l’arrache.

Leaving Kittenish behind for Wildcat

On mène rapidement une vie en mode automatique, et pour se prouver qu’on a encore un brin de spontanéité rien ne vaut un voyage où l’on part à l’aventure, sans prévoir à l’avance où dormir, où manger, comment vivre. Quand on a dit que les voyages formaient la jeunesse, soyez en sûres, on ne parlait pas des séjours tout compris où les jours se suivent et une fois de plus, se ressemblent, entre farniente au bord de la piscine et cocktails au bar de l’hôtel. Les vacances bringuebalantes, seule ou accompagnée, sont sinon celles où l’on s’amuse le plus, définitivement les plus marquantes. Qu’on dorme à l’auberge de jeunesse, qu’on campe à la sauvage, qu’on aille toquer chez des gens pour squatter leur canapé, rien ne vaut ces moments où, contrairement au quotidien, tout ne nous arrive pas tout cuit dans le bec.

On découvre alors que grâce à notre détermination, notre débrouillardise ou un sens de l’orientation qu’on gardait plus secret que l’adresse de notre friperie favorite, on parvient à effectuer les choses (apparemment) les plus basiques : se trouver un lit, manger, aller d’un point A à un point B. Dans une mégalopole surindustrialisée, en montagne, ou en rase campagne, d’une randonnée épuisante au repas de fortune qu’on déguste face à un ruisseau, ce qu’on n’obtient toute seule en comptant seulement sur soi ne rencontrera jamais d’équivalent, ni dans la vie de tous les jours, ni dans le plus insensé des traitements royaux. On se rend enfin compte qu’on n’est pas si handicapée que ça, que vivre avec son fond de teint n’est pas un réquisit, et, chose qu’on ne soupçonnait pas au moindre samedi après-midi qu’on passait seule et donc désoeuvrée, qu’on peut même être de bonne compagnie.

Cet été pour renouer avec un moi intérieur serein, détendu, confiant en lui et même audacieux, évitez le spa et réservez plutôt un pass interrails car jusqu’à preuve du contraire, personne ne vivra votre jeunesse pour vous, d’ailleurs vous avez toute votre vie pour les hôtels 5 étoiles. Alors, qui laisse ses talons à la maison cet été?

Publié le 21 juin 2009, dans Société, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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