Pourquoi les gentils garçons vont gagner ?

Plus vieille que la querelle Ben & Jerry’s contre Haagen Daaz, plus authentique que celle des Beatles vs Rolling Stones et plus  cruciale que la question Chuck ou Nate, on a toutes eu affaire à un moment dans nos vies à ce doute insoutenable : gentil garçon ou bad boy? Références à l’appui, il est temps de résoudre cette question de première ordre en le disant une fois pour toutes : les gentils garçons vont gagner.

Gentil garçon corp.

Un gentil garçon? On a tôt fait de cataloguer le gentil garçon comme un individu de sexe mâle caractérisé par la spécialité suivante : le sujet choisirait d’exceller dans une discipline de choix, celle de l’inertie amoureuse. Il a toujours le chic pour s’embourber de son propre chef et ad vitam aeternam s’il vous plaît (du moins tel qu’on le comprend à la lecture de son journal intime) dans la zone « je préfère qu’on reste amis » même s’il lui arrive aussi parfois de jouer le rôle dit « du bouche trou de service » : partenaire de shopping, de ciné y compris pour les pires comédies romantiques, il ne vous causera point d’ennui, pour peu qu’on consente à lui claquer la seule et unique bise qu’il aura du mois. Certains médisants au contraire voient le gentil garçon comme un fieffé opportuniste : un peu facile à leur goût d’être toujours là au bon moment avec des cookies sous le bras pour consoler la jeune fille déprimée par un einième coup de pute de ce connard inutile de bad boy.

A l’aube du 21ème siècle, il est temps de lever le mystère, l’essence première du gentil garçon : vrai manipulateur ou loser international? En matière de gentil garçon, on est bien documentés. Les premières traces du genre nous viennent du Moyen-Âge, et à cette époque, on constate déjà deux écoles. Pendant qu’Abélard, brillant universitaire totalement amouraché d’une de ses élèves, écrit des lettres à sa chère Héloïse, et se fait punir de castration à l’occasion, ce bon Chevalier Des Grieux suit Manon Lescaut dans tous ses délires : prostitution, adultère, belle famille qui se tape l’incruste, mais aussi incarcération et même bagne, bref la totale. Manon Lescaut, notre über bitch à toutes.

Fréquenter des mauvais garçons nuit à votre teint et à celui de votre entourage.

Au vu de ces mésaventures, rien d’étonnant à ce que jusque là, le gentil garçon n’ait pas tellement la côte. Sexuellement inoffensif, toujours là pour t’aider à t’évader de prison, et même prêt à y laisser ses organes génitaux au passage, on a vite fait de détourner le regard du gentil garçon d’une moue dédaigneuse « pas de challenge, pas de piquant, on s’ennuie ! ». Au duel Passion/Raison, on a beau invoquer les miracles des Lumières, même la plus zélée d’entre nous préfère les papillons dans le ventre et se prendre pour une descendante des Capulet.

Assoiffée de romance et de passion, on préfère bien sûr les mecs ombragés , très compliqués et le plus retord possible, là au moins, bien gonflée d’ego, on a l’illusion de servir à quelque chose. Seulement, les mauvais garçons et autres succédanés d’Heathcliffe ont enfin trouvé leur rival, le gentil garçon nouvelle génération, parce qu’à un moment, on se lasse : jusqu’à preuve du contraire, venir à bout d’un puzzle c’est un hobby de mémé. D’ailleurs, Brangelina, l’ultra combo finish en matière de couple de sales gosses rebelles, nous laisse eux aussi tomber… la passion envers et contre tout, c’était au mieux, une imposture de première catégorie, au pire, une voix express vers le boycott des soirées entre filles pourtant pas très sélect, mais voilà, vous êtes à deux coups de fils de perdre votre meilleure copine à force d’interminables monologues larmoyants.

Le nouveau It-boy

Le G.G. en action

Résultat de notre enquête : on cherche aujourd’hui toutes un gentil garçon. Même Nicole Richie, party girl première du nom, préfère rester à la maison et pouponner avec son emo de boyfriend. Profil du gentil garçon cru 2009 ? Impossible de le confondre avec un caniche : il te fait des compiles pour ton ipod, t’attend pour regarder Fringe et il a toujours de la glace dans son congélo pour toi (et râle pas si t’en prends plus que lui). Pas la peine d’espérer un cheval blanc et tout le tralala, au mieux, il a du sens de l’humour et des tickets de bus : socialement inepte, le G.G. (gentil garçon) se souvient du petit bonhomme qu’il était et qui collectait le recyclable des voisins pour sauver les arbres et la planète (au lieu d’affirmer sa virilité en allant piquer des carambars à l’épicerie).

Exit Big qui a mis 6 saisons à piger qu’il avait le droit d’être aimable avec Carrie, la preuve ce sont  les comédies américaines de Judd Apatow et consorts, mettant en scène des paumés de 40 ans encore puceaux, les losers du lycée et les geeks de tout poil qui vivent leur âge d’or à l’instant même, surfant sur la vague : Michael Cera et son fidèle hoodie. Même pas 20 ans et déjà ex de Juno, co-star d’une petite poignée de comédies devenues rapidement incontournables, au casting de l’ultra culte Arrested Development, Michael Cera est le nouveau chouchou avec sa voix fluette et sa bonne tête de nerd trop gentil. Alors, qu’en dites vous, ce sera quoi au menu chez vous : le mec qui vous donne du fil à retordre ou celui qui ne ferait pas de mal à une mouche?

Publié le 22 mai 2009, dans Société, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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