Pourquoi vous ne ferez pas de régime cet été

Il y a deux catégories de filles au régime : celles qui le sont officiellement, le petit copain, la famille, les amies sont au courant, on essaye de pas la tenter, et, de son côté, elle essaye d’honorer la promesse qu’elle s’est faite. Et puis, surtout, il y a toutes celles qui sont au régime de manière officieuse, chaque dimanche soir, elles reprennent -en urgence, à bout de nerf en enfournant un dernier schokobon, leur bonne résolution de manger uniquement du concombre et des endives jusqu’à atteindre leur poids rêvé, et tant qu’à faire avant une date butoire au degré d’arbitraire relatif : son anniversaire, le départ en vacances, la fête de machinchose.

Hollywood, les macarons et moi.

Bienvenue au 21ème siècle, l’époque où avoir 3 kilos en trop est plus grave – j’exagère presque, que d’avoir un cancer ! L’humain est paradoxal : on n’a jamais été mieux informée sur quoi manger pour éviter une mort prématuré, le teint brouillé, des cheveux ternes, et pourtant, il semblerait que l’humanité connaisse au même moment une épidémie d’obésité, mais surtout… se trouve la victime d’une psychose générale : ceux qui échappent à la malédiction du bourrelet en trop n’ont qu’une peur : tomber de l’autre côté, celui de la force obscure de la cuisse trop lourde ou du tour de taille pas réglementaire.

On pourrait passer longtemps à scruter toutes les silhouettes féminines, réelles ou fantasmées, qui s’affichent toutes azimuts : des sirènes improbables sorties tout droit de photoshop pour vous vendre du savon/des petits pois/des yaourts, aux squelettes ambulants qui font fortune à Hollywood, dans l’espoir de trouver le ou les coupables. Mais ce serait peine perdue, il est suffisamment alarmant de constater qu’aujourd’hui, celles « qui ont la ligne », cherchent la plupart du temps à la garder, et les malheureuses qui ne l’ont pas, cherchent par tous les moyens à s’en approcher, comme si c’était une occupation en soi, voire, un gage de qualité ou un moyen d’évaluer son interlocuteur…

Hors du 36, point de salut ?

Entre tests de régimes au mieux bidons, au pire dangereux, potassage intensif de fiches minceur, jeans-talismans qu’on garde comme des témoins d’une époque révolue, et pleurs d’énervement dans une cabine d’essayage, verte de rage à l’idée de se trouver deux kilos en trop, une chose est sûre mon cher Watson : beaucoup (trop) de temps perdu, d’envies repoussées, et de complexes étouffants. Et franchement, de quoi voulez vous vous souvenir d’ici quelques années ? Que vous étiez une jeune fille, certes avec des petits mollets ronds comme des moineaux bien nourris, mais au moins heureuse et, surtout, en bonne santé, ou bien une fille paralysée à l’idée d’être boudinée dans son jean, au point de s’imposer la torture psychologique du régime chaque premier du mois ?

Si vous considérez que pendant les trois mois qui viennent vous n’avez fondamentalement rien de mieux à faire de votre énergie que scruter votre alimentation, la façon dont votre chemisier tombe, vous imposer du sport alors que vous détestez ça, tout ça dans l’espoir de perdre trois kilos -souvent- imaginaires, je ne vous retiens pas plus longtemps, allez râper vos carottes. Mais peut-être que vous serez d’accord pour dire qu’il est temps d’accepter son corps et d’arrêter de faire de la dictature de la minceur une priorité et une source de complexes.

La gourmandise est un joli défaut

Surchargées d’images, on vit un tel lavage de cerveau qu’il est aujourd’hui difficile pour certaines de faire la différence entre « avoir des hanches » et « être grassouillette »… Et c’est à coup de devises, et autres injonctions culpabilisantes qu’on rythme notre rapport à l’alimentation, alors que comme la Marie-Antoinette de Sofia Coppola, on pourrait déguster avec concupiscence un St Honoré crémeux à souhait.

Aujourd’hui, la mode, c’est de cuisiner, et si possible, comme une fille, en témoignent les blogs culinaires qui lancent d’apprenties cuisinières. Cupcakes rose girly, pépites en forme d’étoile, sirop de violette et eau de rose, avalanche de mots doux pour ravir les esthètes et les gourmandes. Peut-être parce que c’est nettement plus mignon et gai de ne pas bouder le goûter que de surveiller scrupuleusement le diamètre de son séant.

Mon conseil alors : adoptez le meilleur régime du monde, j’ai nommé le « mais c’est délicieux et tromignon, donne moi la recette »-régime. A moins que cela vous fasse pousser des cris d’extase, rien ne doit effleurer vos délicates papilles, à moins que cela ne vous fasse frétiller la rétine, rien ne doit apparaître à vos pupilles. Simple, efficace et redoutable, car, après tout, la gourmandise est un joli défaut.

Publié le 23 mars 2009, dans Société, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. bon chronique, je suis arrive sur votre article grace à yahoo et vraiment je ne suis pas decu.

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