Ohayo tokyo !

La ville inspire les réalisateurs ! Après Paris (Paris, je t’aime ! en 2006, Paris vu par… puis Paris vu par… vingt ans après, et New York avec New York Stories, un triptyque réalisé par Martin Scorcese, Woody Allen et Coppola père), c’est au tour de Tokyo d’inspirer trois réalisateurs. Les français Michel Gondry, Leos Carax et le coréen Joon Ho Bung ont investi la capitale nippone pour y créer trois moyen métrages à leur image.

Michel Gondry, musicien puis réalisateurs de clips, enchante depuis 2001 les cinéphiles avec ses films poétiques et bricolés, et s’inspire ici d’une bande dessinée de Gabrielle Bell, Cecil and Jordan in New York, pour réaliser Interior Design. Un couple de jeunes japonais s’installe à Tokyo, chez une amie d’école. On retrouve l’humour, tout en douceur de Gondry, son goût pour les excellentes bande originale et son sujet de prédilection : les relations amoureuses peu conventionnelles.

Le deuxième petit film, Merde, est une production décalée et drôle. Un monstre résolument hideux, ayant élu domicile dans les égouts, fait surface, de temps à autre, motivé par le but unique de terroriser les Tokyoïtes. On doit ce moyen métrage déjanté à Leos Carax, qu’on connaît surtout pour avoir réalisé Les Amants du Pont-Neuf, qui est en fait le troisième volet d’une trilogie sur “la rencontre compliquée” (après Boy Meets Girl et Mauvais Sang). L’occasion de faire connaissance avec ce réalisateur, qui confirme qu’il fonctionne uniquement selon sa fantaisie personnelle.

Avec Shaking Tokyo, Joon Ho Bung, réalisateur d’un thriller (Memories of a Murder) et d’une comédie satyrique (The Host), témoigne de son talent de cinéaste protéiforme. Petite fable sur l’amour et ce que pourrait être une post-humanité, Shaking Tokyo est l’histoire d’un hikikomori (une personne ayant fait le choix de vivre reclue de la société), tombant amoureux d’une étonnante livreuse de pizza.

Présenté au dernier festival de Cannes dans la sélection “Un certain regard”, Tokyo! est avant tout un film de cinéastes pour les cinéphiles. Trois jeunes réalisateurs (moyenne de films réalisés : 4), mais déjà emprunts de sensibilité et de personnalité, signe chacun une création, un sketch presque, qui s’accorde à leur univers respectifs, et pourtant, surprise, c’est cohérent, et drôle, à l’arrivée.

Avec Tokyo! on découvre non seulement la ville (et, changement bienvenu pas que Shibuya) mais aussi trois façons de filmer et d’exploiter la solitude, l’absurdité, mais sans tomber dans l’écueil : “Tokyo-mégalopole inhumaine”. Au contraire, Gondry, Carax et Joon Ho Bung concourent d’inventivité et de poésie lorsqu’il s’agit de filmer la vie de ceux qui sont seuls et décalés. A voir !

Publié le 13 février 2009, dans Bouillon De Culture, Ciné, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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