Death Cab For Cutie : le groupe que tu dois écouter tout de suite

L’histoire du groupe

Death Cab For Cutie est un groupe de rock des environs de Seattle, dont l’histoire est on ne peut plus basique. Le groupe est né en 1997, d’abord, il s’agissait du side-project de Ben Gibbard (actuel guitariste, chanteur, clavier). Et la magie du rock opérant, le side-project deviendra le main-project. 11 ans plus tard, Death Cab a enregistré 5 albums, s’est payé le petit coup de stress inutile et complètement indispensable à tout groupe indie : le passage sur une major (Atlantic Records, avec leur 4ème opus : Plans, en 2005, après l’énorme succès en 2003 de Transatlanticism), mais a néanmoins sorti plusieurs dvds artsy dernièrement, continue d’encourager ses fans à télécharger leurs chansons… Bref la trajectoire plutôt typique d’un groupe de rock indépendant qui a eu du succès.

Narrow Stairs, le 5ème album

Au printemps dernier, Death Cab sort son cinquième album, Narrow Stairs. Chris Walla (guitariste et clavier) décrivait le son de Narrow Stairs comme “lunaire” en opposition au son urbain des premiers albums du groupe, et promettait des mélodies dissonantes, “loud”, et corrosives. Et, effectivement, avec Narrow Stairs il semble que le groupe acquiert une nouvelle ambition, preuve en est la master piece du premier album, et non moins premier single, la chanson épique de près de 10’ avec intro dévastatrice basse-batterie que tout groupe de rock se doit d’avoir : “I will possess your heart”, et il FAUT avoir vu son clip :

Après des albums tout simplement adorés à la fois par la critique et leurs fans -Death Cab For Cutie réussissant le tour de forces de faire des ballades qui te mettent les larmes aux yeux, avec une batterie toute furieuse et de vraies guitares saturées, étaient, évidemment, attendus au tournant. Narrow Stairs s’ouvre de la plus belle façon qui soit : avec la guitare éthérée de “Bixby Canyon Bridge”, une chanson magnifique et surpuissante, qui t’emporte sans concession dans le très bel univers de Death Cab où il n’est jamais question que d’amour, de filles qui s’échappent, de filles qu’on voit pas, et d’amour encore.

Avec ce disque Death Cab For Cutie choisit de s’éloigner du style léché, calibré, et peut être un peu trop propre et joli, qui fit d’eux les chouchoux de la critique us, pour des chansons un peu plus amples, et plus risquées, où la guitare se fait nettement plus grunge. La voix délicate de Ben Gibbard transperce “Talking Bird” ou “Your New Twin Size Bed”, à la limite du pathos et du trémolo, mais c’est maîtrisé, loin d’être affecté alors c’est tout simplement émouvant.

Narrow Stairs est aussi un disque qui comprend son lot de chansons fédératrices et bien pensées : “No Sunlight”, “You Can Do Better Than Me”, “Long Division” -toute en tension et groove entêtant, et ne se prive pas de quelques morceaux de bravoure outre le géniallissime I will possess your heart : les très beaux et imparables “Cath”, “Pity and Fear”, “The Ice Is Getting Thinner”…

Narrow Stairs est, véritablement, un disque qu’on peut écouter des heures et des heures, qu’on écoute dans un train en partant dans un endroit où on est jamais allés, qu’on écoute chez soi au casque, qu’on écoute plongé dans une ville bouillonnante d’énergie, c’est la synthèse parfaite de l’errance quotidienne, un disque un peu comme un ami, qu’on aime et aimera retrouver, qui emporte un peu plus loin que l’habituel, et nous fait entrevoir une nouvelle facette de Death Cab, plus intime et plus audacieuse.

En concert à Paris au Bataclan, le 23 novembre

Rendez vous sur la scène du Bataclan pour voir Death Cab For Cutie dimanche dernier. C’est Frightened Rabbits qui ouvre ce soir : un groupe de rock qui vient d’Ecosse mais est manifestement arrivé très à la bourre à Paris ce soir (20’ avant de rentrer sur scène nous dit le chanteur), mais qu’importe, c’est très bon, ça envoie bien dans le genre efficace + énergique, avis aux parisiennes, ils repassent dans la même salle le 4 décembre !

Peu avant 21h voilà la bande de Ben Gibbard. S’en suit un beau concert de près d’une heure et demie. On craint d’abord que les chansons soient trop clean, que le set soit trop mécanique : il faut dire que si la scène est aussi bien dégagé, c’est aussi pour faciliter les déplacements des musiciens. Pas que le jeu de scène soit si spectaculaire que ça : Ben aurait bien besoin de quelques cours de danse façon Mars Volta, le hoché de tête droite gauche, c’est mignon dans le style “je sais tellement pas quoi faire de mon corps”, mais assez peu rock’n’roll. Non, si ils ont besoin d’espace les musiciens de Death Cab For Cutie, c’est tout simplement parce qu’ils changent d’instrument une chanson sur deux ! On finit par s’habituer au ballet étrange roadie récupère basse-guitariste troque guitare-guitariste derrière piano tout au fond, mais effectivement on craint que tout ça soit un peu trop carré, et certaines chansons en pâtissent un peu, apparaissent trop lisses.

Mais arrivé au premier tiers du concert, quand je suis enthousiaste parce qu’objectivement, leur son est beau, leur set est pro, je finis par me demander si il va se passer quelque chose ce soir, si il va y avoir un peu d’électricité, ce bon sentiment que quelque chose est en train d’arriver là, et qu’on ânonne juste pas des chansons qu’on a écoutés cinquante fois chez soi. C’était sans compter sur “No Sunlight” qui débute, suivi de “Grapevines Fire” et l’archi convaincant “Soul Meets Body”, le groupe semble alors enfin se détendre. C’est chose absolument faite lorsque Ben balance “I will follow you into the dark”, LA balade résolument magnifique, tryptique infernal, suivent un “I will possess your heart” entêtant et le déchirant “Cath”.

La machine semble enfin lancée, et les chansons s’enchaînent avec grâce, sans effort, comme si elles prenaient toute leur ampleur live, Long Division, Crooked Teeth, Sound Of Settling (ah !), le batteur semble très sérieusement à la limite de se déchirer les triceps, biceps, tout ce qui lui sert à taper comme un bûcheron sur sa batterie. De façon inhabituelle, c’est sur leurs plus gros titres, qu’ils jouent version testostéronnée à bloc, que les Death Cab For Cutie sont les plus séduisants et emportent la foule ! Finalement, le groupe nous crédite même d’un “best sunday crowd”, il faut dire qu’avec la neige, les 70% d’humidité (au moins) de la journée, il fallait probablement un peu de courage pour aller à un concert ce soir là. Mais je vends mon empire pour un autre Transatlanticism (dernière chanson ce soir !) dyonisiaque et qui te casse le coeur en deux de beauté.

Death Cab For Cutie sont donc conformes à mes espérances : ils représentent la quintessence de Seattle, la rencontre parfaite entre les pins de Washington State, les cafés où on mange des baggels et où on boit de la bière de micro-brasserie, Seattle étant la quintessence du cool en matière de musique indie (et du cool en général), CQFD : Death Cab For Cutie, c’est la quintessence du cool.

(SET LIST : Employment Pages ; Your heart is an empty room ; The New Year ; We Laugh Indoors ; Photobooth ; A Movie Without Ending ; No Sunlight ; Grapevines Fire ; Soul Meets Body ; I Will Follow You Into The Dark ; I Will Possess Your Heart ; Cath ; Company Calls ; Long Division ; Crooked Teeth ; Sound Of Settling ; Brothers On a Hotel Bed ; Title and Registration ; Transatlanticism )

Pour écouter :
http://www.myspace.com/deathcabforcutie
Le site web (on apprécie qu’il ne soit pas délaissé au profit du consensuel myspace, on y trouve plein de choses, dont un bel artwork, de belles photos, et le blog du groupe, régulièrement mis à jour !)

Publié le 29 novembre 2008, dans Day By Day. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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