Archives Mensuelles: novembre 2008

Death Cab For Cutie : le groupe que tu dois écouter tout de suite

L’histoire du groupe

Death Cab For Cutie est un groupe de rock des environs de Seattle, dont l’histoire est on ne peut plus basique. Le groupe est né en 1997, d’abord, il s’agissait du side-project de Ben Gibbard (actuel guitariste, chanteur, clavier). Et la magie du rock opérant, le side-project deviendra le main-project. 11 ans plus tard, Death Cab a enregistré 5 albums, s’est payé le petit coup de stress inutile et complètement indispensable à tout groupe indie : le passage sur une major (Atlantic Records, avec leur 4ème opus : Plans, en 2005, après l’énorme succès en 2003 de Transatlanticism), mais a néanmoins sorti plusieurs dvds artsy dernièrement, continue d’encourager ses fans à télécharger leurs chansons… Bref la trajectoire plutôt typique d’un groupe de rock indépendant qui a eu du succès.

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Jeff Koons VS Versailles

Depuis le 10 septembre, et jusqu’au 14 décembre, les sculptures de Jeff Koons ont élu domicile au château de Versailles. En bon squatteur, Jeff Koons dérange.

Jeff Koons, l’enfant terrible de l’art contemporain ?

Jeff Koons est un artiste américain s’étant fait connaître à l’époque de l’argent facile, les années 80, il travaille, à la façon d’Andy Warhol ou Damien Hirst, dans un grand loft en pleine New-York, aidé d’une trentaine d’assistants.

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Vampire Weekend : révélation 2008

Ce n’est pas faire preuve de tendresse que de consacrer Vampire Weekend rien de moins que révélation rock de 2008 : démonstration en trois temps.

L’histoire du groupe

Il y a deux ans, les quatre membres de Vampire Weekend se rencontrent sur le campus de la prestigieuse université de l’Upper West Side de NYC, Columbia. Ezra Koenig (futur lead guitariste et chanteur) et Rostam Batmanglij (clavier et guitare) se rencontrent à une fête, Rostam, lui, connaissait Christopher Tomson (futur batteur) car ils suivaient les mêmes cours de musicologie à la fac. Rapidement, ils se mettent à jouer ensemble, d’abord sur le campus, à l’occasion de « Battle Of the Band » (anecdote : dont ils finissent à la troisième place). Puis, ils cherchent à donner davantage de concerts, et, comme par enchantement, un jour le groupe constate qu’il y a plus d’inconnus que d’amis dans leur public. Aussi simple que ça. C’est en avril 2007 que le blog musical de référence, Stereogum, parle pour la première fois de Vampire Weekend, en citant dans le même article à la fois les Talking Heads, les Kinks et Paul Simon comme influences occidentales, et Ladysmith Black Manbazo ou Kanda Bongo Man comme références africaines pour désigner leur pop mâtinée de beats d’Afrique de l’Ouest. Quelques mois plus tard, via le truchement bien éprouvé du web 2.0, voilà Vampire Weekend propulsé à la vitesse du buzz au coeur de la hype musicale. En mars 2008, ils font la couverture du magazine Spin, au moment où est rédigé l’article, ils n’ont pas encore sorti leur premier album : historique.


Les choses se sont accélérées pour Vampire Weekend dès que le groupe a cerné le son vers lequel ils tendaient : grand curieux devant l’éternel et boulimique de musique, Ezra Koenig, qui jouait par le passé du saxophone dans un groupe de free jazz et avait crée un duo de rap, L’homme Run, était alors devenu obsédé par une compile de pop de Madagascar. Au même moment Rotman revenait d’un voyage au Royaume-Uni avec un disque de la « Madonna de l’Afrique de l’Ouest ». Ezra, qui apparaît rapidement comme le leader décrit leur son comme « africain et preppy : 50% frais, 50% clean : la fusion parfaite entre de la musique du monde joyeuse avec toute la « preppiness » dont est capable la Nouvelle-Angleterre », et raconte à qui veut l’entendre, à leurs débuts du moins (c’est à dire, en vocabulaire de l’âge du buzz : il y a 6 mois environ), que le groupe tire ses influences d’Elvis Costello et Squeeze : fin des années 70, début des années 80 : pop-punk british et new wave. Ca vous dit rien ? C’est normal, leur son est totalement inventif et neuf : pensez New York, mais, sans le slim et le look 80’s de rigueur (côté look les Vampire Week end sont plutôt adeptes des chaussures bateau et pull à côte), musique afro, mais pas Youssou N’Dour. Musicalement, en tout cas, c’est évolué. Si les chansons font en moyenne 3 minutes, elles sont bien loin du standard : verse-pont-chorus.

Vampire Weekend, avec leurs têtes de jeunes premiers, ravivent d’impitoyables débats sur l’authenticité rock : peut-on être un Ivy Leaguer (de 4ème génération, thank you very much) et faire du rock ? Le rock est-il par essence le son de la working class ? Peut-on légitimement écouter à la fois du rock et de la pop ? Très franchement, ces questions cruciales s’envolent dès l’instant où résonnent les premières notes de Mansard Roof, qui ouvre leur premier album.

Vampire Weekend : la critique

Pas plus de 10 chansons pour ce disque étonnamment brillant et cohérent. Enregistré ça et là : dans une grange, dans un sous-sol parce que le son des percussions y étaient spécialement bon, enfin, un peu dans un studio de Brooklyn également, le premier album des Vampire Weekend, qui sera très très bien accueilli par la critique, surprend par sa précision et son homogénéité.

De Mansard Roof à M79, quatre bijoux pop (Oxford Coma, A-Punk, Cape Cod Kwassa Kwassa – classé n°67 dans le top 100 des meilleures chansons de 2008 par le magazine Rolling Stone), primesautiers, survoltés, marqués par de beaux interludes sophistiqués et le son malicieux du clavier de Rostam se succèdent dans un même élan. Lorsque Ezra Koenig apparaît comme le moteur créatif et le leader du groupe, Rostam Batmanglij, fils de Najmieh Batmanglij, autorité en matière de cuisine perse, est sans nul doute l’autre ingrédient magique de Vampire Weekend : pour lui la musique ne s’envisage pas autrement qu’en terme de « problèmes à résoudre » : trouver l’harmonique parfaite, la mélodie qu’il faut.

M79, avec ses relents de musique de chambre annonce les accents les plus musicaux de l’album, suit Bryn, un morceau très groovy, chaloupé, puis One (Blake’s got a new face), exultant et gai, I stand corrected, construits sur des changements de rythme, un dernier morceau upbeat : Walcott, pour terminer sur un The kids don’t stand a chance qui conclut de manière on ne peut plus ensoleillé ce premier cd en quelques 4 minutes. Vampire Weekend livre ainsi un album sans contingence : si harmonieux que c’en est presque dérangeant. On est rassurés quand Chris Baio, le bassiste, nous apprend, au détour d’une interview pour le webzine Wireless Bollinger, que le groupe a décidé laisser de côté certaines chansons pour ne pas menacer l’intégrité de l’album. On a affaire à un groupe conscient de son talent, et qui évolue en tant que tel.

Sur scène, Vampire Weekend à la Cigale (Paris) le 9 novembre 2008

Ce soir, c’est le dernier concert de la tournée européenne des Vampire Weekend : prochain voyage, pour retourner aux Etats-Unis et travailler sur un prochain album. L’année passée, ils jouaient déjà à la Cigale, mais pas en tête d’affiche, ils ouvraient en effet pour les Shins. Aujourd’hui, la première partie, c’est Kid Bombardos, un groupe français de Bordeaux. Lorsqu’ils arrivent sur scène, un instant de doutes : ont ils piqués leur sappes à la bande d’Ezra Koenig ? Mais au niveau du son, c’est nettement différent : une voix qui rappelle celle de Ian Curtis, pas mal de bouillis sonore, mais c’est prometteur. Autour de moi, le quota de filles dépassent largement la moyenne habituelle pour un concert de rock, et l’âge moyen doit tourner autour de 17 ans et demi : il y a trois jours, j’assistais au show des Datsuns… les concerts se suivent et ne se ressemblent pas…

C’est évidemment sous les cris que les Vampire Weekend montent sur scène, et, dès la première chanson lancée (Mansard Roof, comme sur leur disque), le sol de la Cigale tremble : on danse, on chahute, on chante les paroles en choeur. Pour ma part, c’est déjà la deuxième fois que je vois le groupe, la première c’était il y a 5 mois sur la scène du festival de Werchter. Rien qu’à la façon dont Ezra occupe la scène, empoigne sa guitare, on sait qu’ils se sont affirmés entre temps. Sur la petite scène du Rock Werchter, à 17h, pour commencer le festival, j’avais été contentée, rassurée, par ce petit groupe engageant, dimanche, je serai conquise, hâtive de connaître la suite tant le set est carré, ambitieux, définitivement, le groupe a pris son envol.

On en oublie presque le problème technique qui empêcha le bassiste de jouer pendant près d’une chanson ! Tout l’album défile, d’un Oxford Comma bondissant à un A-Punk irrésistible, lorsque Ezra lance Cape Cod Kwassa Kwassa, la foule rugit et se charge des backing vocals de One. Entre, le groupe parvient à intercaler deux chansons inédites, l’une pendant laquelle Ezra lâche la guitare, sophistiquée, à la rythmique recherchée, l’autre – California ?, qu’il dédie à leur guitar tech, originaire de l’Etat.

Ce qui frappe le plus, à un concert des Vampire Weekend, outre la bonne humeur ambiante et l’aisance très cool des musiciens, c’est à quel point le groupe est honnête : il n’est pas question de faire miroiter sur cds des arrangements qu’on ne retrouverait pas live. Sur scène, on retrouve le charme du cd : la voix espiègle du chanteur, les guitares claires, les rythmes entraînants, la batterie aussi précise que sèche, on est tout simplement enchantés.

Le groupe, en prenant le temps de tourner, adopte le contrepied des faiseurs de hype, qui attendent toujours au tournant ce qu’ils ont par de trop encensé, et s’engage d’ors et déjà sur la voie de la maturité. Presque sages, avec toujours une longueur d’avance, Vampire Weekend, le groupe qui a connu le buzz avant même d’être produit sur un label, a désormais le talent pour créer un deuxième album vigoureux, lorsqu’on dansera encore sur le premier.

Seul problème : un concert des Vampire Weekend ça passe très très bien, résultat, ça passe trop vite. Il est déjà l’heure du rappel : mignon jusqu’au bout, le groupe nous annonce, en français de surcroît (ils ont multiplié les tentatives, franchement réussies, de communication en langue locale, mais aussi en allemand ?), qu’ils joueront une chanson française. C’est « Ca plane pour moi » qui retentit ! Le concert se termine avec Walcott, les 20 premiers rangs de la fosse s’abandonnent alors dans un petit pogo terriblement gentil et dans la plus grande gaieté. Vivement le deuxième album !

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