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Retour de Werchter

Dans le sac que je mets sur mon dos jeudi dernier pour me rendre à la Gare du Nord, on trouve pêle-mèle : deux shorts, un marteau, des bottes en caoutchouc, des lunettes de soleil, et de très rock’n’rolls boule quiès que je laisse soigneusement de côté, contre la recommandation de ma prévoyante maman. (toutefois, vos oreilles sont un don précieux, prenez en soin). Direction la petite ville de Werchter, en Belgique, pour quatre jours de musique !

L’avantage du Rock Werchter, c’est qu’il n’y a pas cinquante douze milles scènes, seulement deux. Ainsi, en règle générale, point de dilemme cornélien lorsqu’il s’agit de choisir à qui donner son attention. Une fois notre tente planté dans un des campings du festival, ni une, ni deux, Festivalbuddy et moi nous rendons sur « Marquee », la plus petite des deux scènes, pour y voir mes überchéris du printemps dernier, les Vampire Weekend, un groupe de pop-rock us mâtinés de beat africains, tout droit sortis de Columbia University. Parfait pour débuter les hostilités : c’est joyeux et entraînant, tout comme il faut.

La première soirée s’annonce mainstream pour nous, puisqu’on se rend ensuite sur Main Stage pour ne plus la quitter. Mika, Lenny Kravitz, REM et les Chemical Brothers s’y succèdent ! La pluie s’invite durant le set du premier, qu’à cela ne tienne, le festif Mika finit tout de même torse nu, entouré de ses big girls, de pin up, ou d’ours géants, toutes paillettes dehors. Cette rockstar de Lenny Kravitz prend des bains de foule sans oublier de nous donner une leçon de musique, avec ses tubes à rallonge hyper chiadés, ses solos en veux tu en voilà et ses riffs de guitare dégueulasses à souhait. Le public ne boude pas son plaisir et chante en chœur.

REM arrive et je réalise que les bottes de pluie façon Kate Moss à Glastonburry ce n’est finalement  PAS une coquetterie. J’ai de la peine pour la fille qui passe devant moi, a du être super stylish à un moment dans l’après midi, mais vient juste de perdre sa tong. La plaine du Werchter prend une allure apocalyptique : il fait froid, il fait nuit, tout le monde est mouillé, le sol n’est plus rien d’autre qu’une immense flaque de boue. Mais REM est évidemment, trop trop cool, ça donne du courage pour la suite : je finis par attendre les Chemical Bros en grelottant, espérant me réchauffer en dansant.

Ils arrivent à une heure du mat’, je suis dans une autre dimension mais ça va. Ensuite, Festivalbuddy et moi regagnons à peu près notre tente, pour se rendre compte que, dans notre maîtrise totale de l’organisation nous avons oublié d’emporter une… lampe torche ! Dîner de conserve en tête, à tête, dans le noir, avec nos pelisses trempées sur le dos. La première nuit est pas facile facile (bof le tapis de sol en pente et le partage du sac de couchage), et le réveil le lendemain matin promet une petite journée tranquille. D’ailleurs, il fait beau et quand on gagne Main Stage vers midi et des brouettes, le site nous paraît méconnaissable tant il est désert.

Bonne surprise à la découverte du premier groupe du jour, Black Box Revelation, deux vaillants gaillards (une guitare, une batterie) qui assènent un bon garage rock furieux. Le mythique groupe de metal californien Slayer vient faire headbanger quelques fans. Puis, ça devient l’anecdote nécessaire à tout festival réussi, on nous annonce que les Babyshambles ne pourront pas assurer leur concert, Pete Doherty parait-il aurait quelques soucis avec la loi. On déserte ensuite Main Stage pour se poser tranquille devant Marquee, on écoute d’un œil et d’une oreille My Morning Jacket puis la petite Duffy. Direction la scène principale en fin d’aprèm : Jay-Z rocks grave ! La soirée se déroule doucement entre The Verve (sympa de t’avoir vu Richard Ashcroft, mais tu me laisseras pas un souvenir impérissable) et ce vieux papy indispensable de Neil Young. De quoi reprendre des forces avant Digitalism : pogo, pogo, promettait le programme du festival (je t’avoue que comme tout était écrit en flamand, c’est le seul truc que j’ai compris).


La deuxième nuit est tout aussi folklorique que la première, on joue brutalement au Uno au camping ! Mais samedi matin arrive, et moi, j’ai pris le pli. Ca fait maintenant 48h que je m’hydrate à la bière, me nourris de conserve et de frites (3 food tickets !), n’ai pas eu de toit sur la tête, mes bottes sont devenus ma seconde peau, j’ai repéré les warpzones (aka : les wc à éviter et celles qui restent pratiquables). Qui plus est, aujourd’hui c’est « la grosse journée », de MGMT à Radiohead, en passant par les Hives et les Kings Of Leon !

Coup de cœur pour Galaxy, un groupe de hiphop complètement ouf qui enflamme la petite scène. Petite déception devant MGMT (le chant pas toujours juste juste juste), mais c’est encore plus psyché live que sur cd : good enough for me, et puis, le buzz opère : ça danse, crie et tape des mains sous la tente du Marquee. Les Hives, un vrai ouragan, sont aussi géniaux et déments qu’on pouvait s’y attendre. Freezemob en pleine chanson, plein de grimaces, 3 bains de foule, quota de conneries racontées entre les chansons au-delà de toute espérance, c’est vraiment LE groupe à voir live. Mes chouchoux du Tennessee, les Kings Of Leon, nous font découvrir de nouvelles chansons et jouent leurs titres phares (On Call, She’s such a charmer, Molly’s Chamber, Mc Fearless, Fans…).


La petite pause du jour, les fesses posés sur des sacs poubelles (l’accessoire dernier cri apparemment), c’est Ben Harper. Festivalbuddy ayant flashé sur « un gros noir qui groove méchamment », rendez-vous à Marquee. Tout le monde semble connaître Gnarls Barkley, puisque ça danse sévère là bas. Comme d’hab, suis la dernière au courant, il s’agit d’une chanteur du tube « Crazy » ! Autre ambiance sur Main Stage, où on parvient à capter la fin du set de Sigur Ros, qui font plâner Werchter. Puis, on se recueille devant les incontestables stars du jours (« best band in the whole world », nous promettait le leader des Editors dans l’après-midi), Radiohead. Pas grand-chose à rajouter si ce n’est, énorme et magnifique. Idiotheque, Just, Lucky, 2+2=5, Paranoid Android, You and Whose Army… Je m’attendais à un set super brainiac, c’est juste hallucinant. De ma très convoitée “liste des groupes à voir”, Thom York et ses acolytes passent sans conteste à la “liste des groupes à REvoir”.


C’est repus de soleil et de musique qu’on gagne la tente sur ces entrefaits, et quoiqu’il se passe durant la troisième nuit, je ne suis pas au courant : à bout de force, je dors. Tant que j’irai même jusqu’à me réveiller le lendemain en déclarant un stupéfiant « qu’est ce que j’ai bien dormi » (au moins 4h d’affilée). Quatrième et dernier jour de festival, ça sent la fin… J’imagine les organisateurs de la 34ème édition du Rock Werchter en apné, attendant ce soir pour respirer de soulagement. Pour se réveiller doucement en ce dimanche matin, John Butler Trio est du service. C’est super bon et gai. Suivent les coqueluches des kids, Panic @ The Disco. Ensuite on patiente en attendant Jack White et la fin d’après midi en se promenant une dernière fois sur la plaine, à travers le chill out, le stand où se ridiculiser à Guitar Hero, et « hey on peut même manger des trucs healthy ici ! », veggie wok pour tout le monde ! Aux alentours de 18h, heure rock’n’roll s’il en est, The Raconteurs investissent Main Stage, c’est complètement kiffant et lourd au dernier degré. On saute Justice pour rempaqueter à toute vitesse la tente, et on s’achève devant Beck et Tom Barman de Deus.

Conclusion : Werchter, yeah !

Sélection streetstyle de festival / Hommage au public foufou, farfelu et souvent looké du Rockwerchter 2008.

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